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09/08/2005

Histoire : la manifestation du 22 mars 2003 pour la langue bretonne

Je suis allé manifester le 22 mars 2003 dans les rues de Rennes pour la langue bretonne. La journée était belle et une foule pacifique a envahi les rues de cette grande ville. D’après les journaux, nous fumes 15.000 à manifester ce jour-là. C’est beaucoup mais, à mon avis, c’est une estimation minimum, je pense que nous étions plutôt 20.000. Des gens étaient venus de toute la Bretagne : écoliers, collégiens ou lycéens des écoles Diwan et des écoles bilingues, étudiants, parents, membres d’associations, etc.
Il était agréable aussi de voir autant de musiciens. Lors de la manifestation pour Diwan dans les rues de Vannes, en septembre dernier, nous étions trois mille personnes mais... cinq musiciens seulement ouvraient la marche. Le 22 mars, c’était plutôt l’équivalent de cinq bagad qui ouvrait la manifestation : un lien a ainsi été fait entre la langue et la musique, entre le milieu des sonneurs et celui des bretonnants : c’est important, car ce lien ne semble pas avoir toujours existé. Pourvu que cela dure.

Non à la guerre, oui au breitzel !
J’avais apporté une banderole un peu étrange pour cette manifestation, sur laquelle était écrit en breton “Brezel en Irak, n’omp ket a du” : “Guerre en Irak, nous ne sommes pas d’accord”. J’avais hésité un peu à l’apporter car la paix en Irak n’était pas le but de cette manifestation mais j’avais envie de manifester pour les deux causes en même temps. Aider par une amie, nous avons porté cette banderole tout le long du parcours et elle a été bien accueillie. Certaines personnes sont venues me demander ce qu’elle signifiait. D’autres ont vu “brezel” et ont cru à une allusion au fameux “breitzel” avec lequel le président Bush faillit s’étouffer ! D’ailleurs un autre manifestant avait un écriteau : “Brezel nann, breitzel ya”. “Non à la guerre, ou au breitzel”.
Dans le même temps une autre manifestation s’était formée, place de la mairie, contre la guerre. Les deux cortèges ont suivi leur chemin mais les organisateurs des deux manifestations s’étaient concertés pour qu’elles se rejoignent sur la place du Parlement. Emus, nous vîmes arriver le cortège pour la paix. Le premier discours à la tribune, installée pour l’occasion, fut celui d’un membre du Mouvement de la paix qui demanda l’arrêt immédiat des combats et le respect des lois internationales. Patrick Malrieu, président du Conseil culturel, lui emboîta le pas en demandant également l’arrêt des combats et le respect des textes internationaux garantissant les droits de l’Homme, en Irak comme en France, notamment en ce qui concerne les langues régionales.

Faible écho médiatique
Préparée depuis plusieurs mois, la manifestation pour la langue bretonne a eu la malchance de tomber en même temps que le début des combats en Irak. Cela n’a pas nui à la mobilisation mais, par contre, cela a nui à son écho médiatique. Focalisés sur la guerre, les radios, télés, journaux nationaux n’ont que peu parlé de cet événement. C’est dommage, car nous manifestions dans la bonne humeur pour être vus, entendus, écoutés. Nous l’avons certainement été, entendus, à Rennes, puisque les bagadoù se sont arrêtés pour donner un aubade devant le conseil régional ! Mais avons-nous vraiment été entendus par les élus ? Et entendus jusque Paris ? Rien n’est moins sûr même si 15.000 à 20.000 personnes, ce n’est pas rien.
Mais cette manifestation a eu un autre effet : redonner le moral et du tonus aux manifestants, ce n’est déjà pas si mal, d’autant qu’il faudra sûrement retourner manifester.

Christian Le Meut

Istor : manifestadeg evit ar brezhoneg an 22 a viz Meurzh 2003

Bet oan bet e vanifestiñ d’an 22 a viz Meurzh 2003 evit difenn ar brezhoneg war straedoù Roazhon. Brav oa an amzer hag ur bochad a dud oa, 15.000 hervez ar pezh m’eus lennet war ar c’hazetennoù. D’am sonj, ni oa un tammig muioc’h, 20.000 marteze, peogwir oa leun a dud kreiz ker Roazhon. Aloubet oa bet ar ger vras get tud deuet a Vreizh a bezh : skolidi, skolajidi, liseidi, studierien, kerent, bagadoù, gevredigezhioù ha c’hoazh. Tud a ranvroioù all oa deuet ivez. Bourrapl tre oa gwellout kement-se a dud, hag ivez, kement se a sonnerion. Sonj m’eus ag ar vanifestadeg diwezhañ, e Gwened, evit Diwan, e miz Gwengolo 2002 : 3.000 den ha pemp soner hepken.
E Roazhon, ne oa ket pemp soner a oa ganeomp met kentoc’h pemp bagad. Al liam a oa bet graet etre ar sonerezh hag ar yezh : un dra a bouez eo, kar al liam se ne oa ket graet alies tre araok war a seblant. Get ma pado !

Nann d'ar brezel ya d'ar breitzel !
Bet oan bet e vanifestiñ d’an 22 a viz Meurzh 2003 evit difenn ar brezhoneg war straedoù Roazhon. Brav oa an amzer hag ur bochad a dud oa, 15.000 hervez ar pezh m’eus lennet war ar c’hazetennoù. D’am sonj, ni oa un tammig muioc’h, 20.000 marteze, peogwir oa leun a dud kreiz ker Roazhon. Aloubet oa bet ar ger vras get tud deuet a Vreizh a bezh : skolidi, skolajidi, liseidi, studierien, kerent, bagadoù, gevredigezhioù ha c’hoazh. Tud a ranvroioù all oa deuet ivez. Bourrapl tre oa gwellout kement-se a dud, hag ivez, kement se a sonnerion. Sonj m’eus ag ar vanifestadeg diwezhañ, e Gwened, evit Diwan, e miz Gwengolo 2002 : 3.000 den ha pemp soner hepken.
E Roazhon, ne oa ket pemp soner a oa ganeomp met kentoc’h pemp bagad. Al liam a oa bet graet etre ar sonerezh hag ar yezh : un dra a bouez eo, kar al liam se ne oa ket graet alies tre araok war a seblant. Get ma pado !
Degaset m’boa ur vanderolenn un tammig iskis evit ar vanifestadeg se : “Brezel e Irak, n’omp ket a du” a oa skriwet warni. Ne oa ket pal ar vanifestadeg se met faote diñ lavarout an dra se e brezhoneg ha manifestiñ evit an daou dra d’un taol. A gaos d’an dra se ne oan ket en ma bleud penn da benn araok mont da vanifestiñ. Met degemeret mat tre emañ bet ma vanderolenn, douget e pad ar vanifestadeg genin hag get ur vignonez diñ. Tud zo deuet evit goulenn ganin petra a dalve ar pezh skrivet warni. Tud all o deus gwellet ar ger “brezel” hag o deus sonjet ag “ar breitzel” debret a dreuz un tammig araok get ar president Bush. Tost oa bet d’en em stoufiñ get ar gwastell spontus se... Un den yaouank en doa savet ur skritel a ziout an afer se : “Nan d’ar brezel, ya d’ar breitzel”.

N'omp ket bet klewet
E pad an amzer se oa ur vanifestadeg all war plasenn an Ti ker Roazhon, a enep ar brezel en Irak. Ni oa war plasen ar parliamant. Me gave domaj gwellout div vanifestadeg e memes mare met, benn ar fin, aozet mat oa an traou. An div vanifestadeg o deus manifestet pep hini d’he du met, e fin an abardaez, ar vanifestadeg evit ar peoc’h zo deuet ganeomp war plasenn ar parliamant. Fromus oa. Un den ag ar “mouvement de la paix” en deus komzet evit ar peoc’h. Patrick Malrieu, prezidant ar C’huzul sevenadurel, ‘deus komzet a c’houde evit goulenn an dra se ivez, hag evit goulen get ar stad Bro c’hall respetiñ gwiriou mab den a ziout ar yezhoù rannvroel.
Ar vanifestadeg evit ar brezhoneg oa aozet, kempennet, abaoe pell met, ben ar fin, an 22 a viz Meurzh ne oa ket an deiz gwellan evit manifestiñ a gaos d’ar brezel a gomanse e Bro Irak. Ar skinwelloù, ar skingomzoù hag ar c’hazetennoù n’o deus ket komzet kalz a ziout ar vanifestadeg se. Domaj eo peogwir e vanifestaemp evit bout klevet, gwelet ha selaouet get ar re all ha get ar bolitikourien a Vreizh (m’eus ket gwellet kalz anezho e pad ar vanifestadeg) hag a Frans a bezh. 15.000 pe 20.000 mil a dud, n’eo ket netra met evit pemp departamant.
Met e vo deomp ret deomp mont en dro da vanifestiñ. N’eo ket echu al labour. Neoazh, un devezh bourrapl tre m’eus bewet an 22 a viz Meurzh. An devezh se en deus roet diñ, ha d’ar vanifestourien all d’am sonj, muioc’h a energiezh, a veugon da genderc’hel.
Christian Le Meut

18/07/2005

Pipriac, "Piperia" ou Presperieg ?

Quand j’étais enfant, j’ai habité à Pipriac, en Ille-et-Vilaine, près de Redon. Je suis arrivé là-bas vers l’âge de trois ans mais mes frères, un peu plus âgés, eurent quelque mal au début à comprendre leurs petits camarades de l’école publique. Ils parlaient avec un fort accent et des mots différents, du français mélangé de gallo probablement. Moi, je ne me souviens pas avoir eu de difficulté à comprendre les enfants du coin, mais j’ai probablement été mis dans le bain, en immersion, dès que j’ai commencé l’école... Je me souviens cependant de quelques mots en gallo et notamment du nom gallo de Pipriac, "Piperia", disaient mes copains d'école. Aussi, j’avais été un peu surpris, l’année dernière, en voyant la carte éditée par l’Office de la langue bretonne*, tout en breton. Pipriac y figurait sous un nom breton, Presperieg (ci-dessus), mais pas la forme gallèse, pourtant encore employée... D’où vient ce Presperieg ? Pourquoi ressortir ce nom des vieux grimoires où il dormait probablement depuis des siècles ?...

Cousine du français
Le Pays gallo est donc la partie Est de la Bretagne où l’on parle le gallo, cette langue descendante du latin, comme le français, alors que le breton est une langue d’origine celte. Le gallo et le breton ont ceci de commun qu’elles n’ont pas de statut officiels, qu’elles ne sont pas uniformisées, standardisées comme l’est le français. Pourtant, elles sont parlées depuis des siècles par des populations importantes. Le gallo demeure peut enseigné, alors que le breton l’est et que des écoles bilingues breton-français ont même été créées en pays gallo : à Nantes, Rennes, Questembert, Ploermel...
Le département du Morbihan a voté à l’unanimité, l’année dernière, la pose de panneaux bilingues dans toutes les communes du Morbihan. Un ancien maire de Monténeuf, Joseph Orhan, s’est élevé contre cette mesure affirmant au journal Ouest-France, que “depuis huit siècles on ne parle plus breton dans cette région, mais français”... Sauf que, français ou gallo, ce n’est pas pareil. M. Orhan ne semble pas faire beaucoup de différences entre les deux. Pourtant il y en a, et il m’étonnerait que la majorité des gens du peuple parlaient français à Monténeuf il y a encore un siècle. Gallo, je ne dis pas. Mais si des communes du pays gallo refusent les panneaux en breton, comme c’est le cas de Réminiac, pourquoi pas ? Et pourquoi ne pas avoir pensé à des panneaux français-gallo comme à Loudéac ou le nom gallo, Loudia, est affiché ?
En ce qui me concerne, je trouve important de voir des panneaux bilingues (breton-français ou gallo-français) en Bretagne, pas forcément partout, mais au moins suffisamment pour rappeler à la population vivant dans la région, que nôtre région est multilingue et pluriculturelle depuis longtemps. Bien des habitants de la Bretagne, baignés dans l’école républicaine ou privée, gavés de médias quasi exclusivement francophones ou anglophones, oublient cette réalité que les panneaux viennent leur rappeler. Les panneaux bilingues donnent une visibilité et une sorte de statut non officiel au breton. Ils peuvent faire de même pour le gallo.

Lorient : panneaux bilingues mais ville unilingue ?
Ainsi Lorient est une ville bilingue du point de vue de la signalisation. Sauf, paradoxalement, pendant le festival interceltique où des panneaux uniquement en français viennent couvrir certains panneaux en breton. Les responsables du festival interceltique soutiennent-ils la langue bretonne ? La question reste posée...
Lorient donc, a beaucoup de panneaux bilingues, jusque dans les couloirs de sa mairie. Mais on n’y parle pas plus breton pour autant. Les panneaux ont une fonction symbolique importante mais ils ne font pas tout. Ils ne remplacent pas une vraie politique linguistique de réhabilitation du breton et du gallo comme langues de la vie quotidienne. Et il y a sûrement mieux à faire que d’imposer des panneaux en breton dans tous les communes du pays gallo.
Les animateurs de l’émission en gallo réalisée par Plum FM et diffusée le mercredi sur Radio Bro Gwened ont dit, eux aussi, leur désaccord avec cette mesure dans une émission diffusée début juillet. Pour moi, je ne suis pas choqué de voir des panneaux en breton dans les grandes villes du pays Gallo (Rennes, Nantes...), et dans les communes où il y a des écoles bilingues, voire de temps en temps le long des axes routiers importants. Mais pourquoi vouloir imposer; et pourquoi partout ?

Et derrière les panneaux ?
J’entendais récemment le président du conseil général, Joseph Kerguéris, expliquer, également sur Radio Bro Gwened que le but des panneaux bilingues étaient d’abord de montrer que nous avons, dans le Morbihan, deux langues, deux cultures, aux gens qui viennent de l’extérieur (deux seulement ? Et le gallo alors ?).
Il s’agit donc de montrer aux touristes, donc, combien notre pays est exotique... Mais qu’y-a-t-il derrière les panneaux bilingues, derrière le décorum ? Il reste actuellement autour de 50.000-60.000 personnes capables de parler breton dans notre département. 50.000. Il y a donc urgence à encourager les écoles bilingues, les médias en breton, la transmission entre générations, toutes sortes d’activités culturelles et quotidiennes en langues bretonne et gallèse. Faute de quoi, un jour, peut-être pas si lointain, le Morbihan risque de compter plus de panneaux bilingues que d’habitants bilingues, bretonnants et gallèsants compris. Le but sera-t-il atteint, ce jour-là ?
Christian Le Meut

*La carte de Bretagne en langue bretonne est disponible à l'Ofis ar brezhoneg, 8 bis straed Félix Faure, 29270 Karaez-Plougêr. 10 euros.

Pipriac, "Piperia" pe Presperieg ?

Pa oan krouadur eh oan e chom e Pipriac, e tal Redon en Il-ha-Gwillen. Erruet oan du-hont d’an oad a dri bloazh, er bloaz 1967, met diaes oa get ma daou breur, kozhoc’h un tammig, kompreñ bugale ag ar vro. Komzet veze galleg gete, met ivez, gallo (gallaoueg), get ur pouezh mouezh, un aksent, kreñv. Me, m’eus ket sonj bout lakaet diaes a gaos d’ar gallo ur wezh bout kaset d’ar skol. Akourset oan bet doc’htu get ar vugale all, dre soubidigezh moarvat. Ar lerc’h, aet oamp kuit, pa oan eizh vloaz met sonj m’eus a gerioù-zo evel anv gallo ar gumun e lec’h ma oamp e chom: "Piperia". Lâret veze "Piperia" get ur bochad tud du hont, d’ar c’houlz-se, war-dro tregont vloaz zo...

Ur gartenn souezhus
Ha souezhet oan bet, ar bloaz paseet, e wellet an anv lakaet get Ofis ar brezhoneg war ar gartenn Breizh savet getan e brezhoneg penn da benn : Presperieg. Presperieg oa, marteze, an anv kozh evit Pipriac, evit "Piperia", met den ebet a lâr an anv se hiriv an deiz. Perak kas a varv da viù anvioù kozh evel-se, ankoueit abaoe pell, pa z’eus anvioù all, e gallo hag a vez lâret c’hoazh hiriv an deiz ?
Bro C’hallo a vez graet ag ar vro e lec’h ma vez komzet gallaoueg. Morbihan reter zo e Bro C’hallo. Ne vez ket mui komzet brezhoneg abaoe pell e Ploermael (Ploermel) ha Kistrebrezh (Questembert), met skolioù divyezheg zo er parrezioù-se bremañ.

Har ag gallaoueg ?
Kuzul departamant ar Morbihan n’eus votet a unvouezh lakaat pannelloù divyezheg, brezhoneg ha galleg, e pep kumun an departamant, e fin ar bloaz paseet. Hag e Bro C’Hallo ivez ! Ha setu bec’h er vro-se. Tud kountant, ha tud kounnaret evel an aotrou Joseph Orhan, bet maer e Monteneuf. Hennezh n’eus savet ur gevredigezh a-enep ar raktress-se. “Perak lakaat pannelloù e brezhoneg ? Abaoe eizh kant vloaz ne vez ket mui komzet brezhoneg aman met galleg” emezan d’ar gazetenn Ouest-Frans... Ha bon, komzet vez galleg abaoe eizh kant vloaz e Monténeuf get al labourizion douar ? Gallaoueg, ne lâran ket... An aotrou Orhan ne ra ket an difor met ar galleg hag ar galloueg zo div yezh dishenvel, evel ar galleg hag ar spagnoleg. Kar int, merc’hed bihan al latineg, met n’int ket heñvel anezhe. Komzet veze, ha komzet vez c’hoazh, gallo get tud ag ar vro, labourizion douar, micherourien, met, gwir eo, nebeutoc’h nebeut. Ar gallaoueg ne vez ket desket nemet barzh un nebeut skolioù.

Un abadenn e gallaoueg savet get Plum FM a vez skignet bep merc’her da nozh war Radio Bro Gwened. Klewet m’eus an abadenn a ziout ar pannelloù divyezheg, skignet e penn kentañ miz Gouere. Hag ar pevar pe pemp den a gomze en abadenn-se ne oant ket a-du tamm ebed bout lakaet pannelloù e brezhoneg en o c’horn vro... Ne vehe ket “doujus” e kenver ar gallo, emezo ! Ur gumun a reter Morbihan, Réminiec, n’eus votet nompass lakaat ar pannelloù divyehzeg nevez roet get an departamant. Dezhe da welled. Ha perak pas lakaat panelloù gallaoueg-galleg evel ar pezh graet e Loudia, e Loudeac ?
Me, me gav bourrapl ha kalonekus gwellout pannelloù divyezheg e Breizh. N’eus ket afer anezhe e pep lec’h, sur awalc’h. Met ankoueit eo bet ar brezhoneg dija get ur bochad tud hiriv an deizh e Breizh... N’eus nemet ar pannelloù divyezheg evit o lakaat da zerch’el sonj er yezh-se. En Oriant, kalz pannelloù divyezheg zo. Brav eo met bon, ne vez ket komzet muioc’h brezhoneg du-hont a gres dezhe, gwir eo lâret...

Evit piv ?
Klevet m’eus an aotrou Joseph Kerguéris, prézidant kuzul meur Morbihan, n’eus ket pell-zo war Radio Bro Gwened. Hennezh a zisplege oa pal ar pannelloù divyezheg diskouez d’ar re all emañ Breizh ur vro get div yezh ha get ur sevenadur all... Diskouez d’an douristed, neuze, pegen exotik eo hor bro-ni ? Perak lakaat pannelloù divyezheg mard eo lesket da goll ar brezhoneg hag ar gallaoueg ? Evit diskouez yezhoù marv ag ar vro ? Perak pas lakaat pannelloù e latineg doc’htu neuze ?
Ar pannelloù divyezheg zo un arouez met ne reont ket ur bolitikerezh da vat evit lakaat an dud da gomz en-dro brezhoneg ha gallaoueg bemdez. Arouezioù zo traoù a bouez get ma n’int ket un digarez evit nompas monet pelloc’h. Sevel skolioù divyezheg nevez, mediaioù e brezhoneg (skinwell, skingomz), sikouriñ an tier embann e brezhoneg, ha c’hoazh. Mallusoc’h eo eget lakaat pannelloù divyezheg e pep lec’h e Bro C’hallo ! E kerioù bras, er parrezioù e lec’h ma z’eus skolioù divyezheg ha war an hentoù bras ivez, ur wezh an amzer, ne lâran ket...
Ne chom ket nemet etre 50.000 ha 60.000 den a gomz brezhoneg er Morbihan hiriv an deizh. Piv ouia ? A-benn un nebeut bloavezhioù e chomo muioc’h a bannelloù diviyzheg eget brezhonegerion en hor departamant. Ha tizhet vo ar pal an deiz-se ?
Christian Le Meut

15/07/2005

Jack Lang : "La République doit se réconcilier avec l'ensemble de ses langues"

Voici un entretien paru dans un numéro récent d'Historia (juillet), consacré à l'histoire de la langue bretonne. Jack Lang s'y exprime sur son soutien aux langues régionales.

"En 2001, Jack Lang, alors ministre de l'Education nationale, souhaite développer des filières d'enseignement bilingue, de la maternelle à l'université. Retour sur un débat politique houleux.
Historia - De 2001 à 2002, vous avez fermement défendu le développement de l'enseignement des langues régionales contre ses opposants. Une circulaire prévoyait que le breton, le corse, le basque, l'occitan, le catalan, l'alsacien et le mosellan soient reconnues langues d'enseignement à parité avec le français. Pourquoi tant de détermination ?
Jack Lang - Je défends depuis toujours les langues et les cultures régionales, considérant qu'il n'y pas de langues minoritaires mais des langues particulières qui font toutes partie de notre richesse nationale. Pendant plus deux siècles, les langues régionales ont été combattues par les pouvoirs publics. Or, toutes les langues sont des trésors humains. Et on oublie trop souvent que les langues, comme les civilisations, sont mortelles. J'ai donc voulu que cette injustice historique soit réparée. J'ai pris des mesures en faveur des langues particulières dès 1981. Non sans mal ! On m'a alors accusé de vouloir balkaniser la République. J'ai mis en place en 1985 un Conseil national des langues et cultures régionales qui est devenu aujourd'hui le Haut Conseil des langues et cultures de France. Entre 2001 et 2002, j'ai souhaité que soit franchi un nouveau cap. J'ai ainsi lancé un vaste plan pour les langues, complémentaire du plan pour les langues étrangères. Il a permis de renforcer les réalités culturelles et linguistiques des régions. La République doit se réconcilier avec l'ensemble de ses langues. Je crois profondément que la meilleure façon de protéger la langue française, c'est de développer le plurilinguisme sous toutes ses formes.
H. - Vous êtes allé bien au-delà de ce que prévoyait votre programme de mise en place de filière bilingues en plaidant, en vain, pour l'intégration de l'école associative Diwan, qui pratique un enseignement exclusivement breton, dans l'Education nationale. Vous vous êtes heurté aux syndicats d'enseignants, partisans de l'enseignement pour tous en français, qui estiment que cette méthode d'immersion pédagogique porte atteinte à l'unité de la République. Agiriez-vous de la même façon en 2005 et pourquoi ?
J. L. - Oui. Mon combat en faveur de la langue bretonne est d'ailleurs beaucoup plus ancien. Dès 1982, j'ai été le premier à financer l'association Diwan - comme j'ai d'ailleurs soutenu des mouvements artistiques occitans, corses, basques ou bretons. Je pense notamment au Festival interceltique de Lorient. En 2001, je suis effectivement allé plus loin en voulant intégrer les écoles Diwan dans l'enseignement public. Cette proposition, contenue dans le plan en faveur des langues de France, a été malheureusement annulée par le Conseil d'Etat. Je le regrette beaucoup. Toutes les études montrent pourtant que les enfants qui ont eu la chance d'être immergés très jeunes dans la langue bretonne sont ceux qui réussissent le mieux, en particulier en français, au baccalauréat. Plus on apprend de langues et plus on peut en apprendre. Il faut encourager la diversité linguistique. Défendre les langues régionales n'est en aucun cas le signe d'un repli sur des particularismes. C'est au contraire l'expression de la reconnaissance de la diversité de notre patrimoine national.
H. - Que pensez vous de l'enseignement des langues régionales tel qu'il est prévu par la loi Fillon ?
J. L. - Peu de chose. Je ne crois qu'aux actes. Pas aux textes proclamatoires ! Je constate ainsi que, depuis 2002, les postes mis au Capes des langues régionales sont en constante diminution. Les concours spéciaux de recrutement de professeurs des écoles chargés d'un enseignement en langues régionales sont remis en cause. Notre plan en faveur de l'enseignement bilingue, permettant l'utilisation d'une langue régionale comme langue d'enseignement, est en panne."

Source "Historia", dernier numéro (juillet 2005).

06/07/2005

La lune est-elle carrée ?

La lune est-elle carrée ? La question vous paraîtra insolite, voire stupide, tant il est évident que la lune est ronde (ou à peu près), il suffit de la regarder pour le constater.
La Loire Atlantique est-elle en Bretagne ? La question peut paraître insolite, voire stupide, tant il est vrai qu’il suffit d’ouvrir les yeux pour constater que la Loire-Atlantique est en Bretagne.
A Nantes chacun peut aller visiter le château... des ducs de Bretagne, et la superbe cathédrale de Nantes donc un duc... de Bretagne décida, au quinzième siècle, de la construction... Et puis, hors de Nantes, dans les marais de Brière par exemple, près de Guérande, les noms de nombreux villages commencent par “ker”, preuve parmi d’autres que l’on parlait breton dans cette région il n’y a pas encore très longtemps, un siècle, grosso modo.
Et si la Loire Atlantique et Nantes ne sont pas en Bretagne, où sont-ils ? En Lorraine, en Alsace, en Corse, en Picardie, en Anjou, en Vendée, dans le Maine, ou dans le triangle des Bermudes ? Dans les “Pays de Loire” ?
Si une loi française décrétait que la lune est carrée, il y aurait des gens pour soutenir que c’est vrai, que la lune est bien carrée, et que ceux qui diraient le contraire seraient des sots. Et, selon la loi française, Nantes n’est pas en Bretagne. Nous en avons encore eu l’illustration en 2003 avec l’arrêt de la diffusion par France 3 en Loire Atlantique des émissions en breton le dimanche matin. Pourquoi cette décision ? Ces émissions étaient-elles trop peu regardées ? Ce n’est pas l’argument avancé par les “pennoù bras” (les chefs) de France 3 Pays de Loire, mais il paraît que “tout le monde ne comprend pas le breton”... Par contre, beaucoup de gens savent lire le français et, justement, ces émissions sont sous-titrées en français ! Mais c’est ainsi que l’on tue les langues, en en limitant progressivement la diffusion sous des prétextes divers et obscurs.
Heureusement l’histoire est tenace. Car si l’on peut changer les frontières administratives, créer des régions artificielles comme les Pays de Loire (rappel : la Loire n'y passe que dans deux départements sur cinq) on ne peut si facilement effacer les traces. Le Château des ducs de Bretagne et la cathédrale de Nantes sont là pour rappeler l’identité historique bretonne de Nantes et de la Loire-Atlantique .
Christian Le Meut

05/07/2005

Hag emañ karre al louar ?

Ha karre emañ al louar ? Setu ur goulenn iskiz awalc’h. Ront eo a louar : tout an dud a ouia an dra se... N’eus nemet da sellet doc’h an oabl, da nozh, evit goueit an dra se. Setu, ur goulenn all : ha Liger Atlantel ha Naoned n'emaint ket e Breizh ?
Petra kaver e Naoned ? Kastel an duked a Vreizh, hag an iliz braz, an iliz-vamm savet er XVe kantved get an duk a Vreizh... Koste Gwerrann ur bern a anvioù a grog get “Ker”...
Ma n’emañ ket Liger Atlantel e Breizh, emen emañ hi ? E Lorraine, en Alzas, e Korsika, en Anjou ?... E rannvro “Pays de la Loire” : met petra eo ar rannvro se, ur rannvro nevez savet get ar melestradurezh, pas get an istoer, pas get ar pobl...
Ma vehe e Frans ul lezenn evit lâret emañ kare al louar, tud zo a wellehe kare al louar.
Met gwir eo, hervez al lezenn n’emañ ket Liger Atlantel e Breizh.
Ha Frans 3 n’eus paouezet skignan abadennoù e brezhoneg bep sul mintiñ e Liger Atlantel, abaoe 2003. Perak ta ? Gwellet veze an abadennoù se get re nebeut a dud ? N’eo ket ar pezh a oa bet displeget get pennoù bras Frans 3. Hervez ar re se, diaesamentoù oa kar razh an dud ne gompren ket brezhoneg. Evel reson, met kazimant tout an tud a ouia lenn galleg, hag abadennoù brezhoneg Frans 3 'vez istitlet e galleg d’ar sul mitiñ ! Difenet e breman sellet doc'h abadennoù e brezhoneg e Liger Atlantel ! Mod se e vez lazhet ar yezhoù...
Met ne vez ket chanchet an istor. Kastel an duked a Vreizh a chom e kreisker Naoned, ar pezh n’hella ket bout chanchet get pennoù bras Frans 3.
Christian Le Meut

17/06/2005

Un devezh hep mediaioù

Tud zo, zo kounnaret bras a-gaos d’ar mediaoù, d’ar chadennoù skinwell (télé), d’ar skingomzioù (radio) ha da gazetennoù-zo rak kazimant razh ar re-se, e Bro C’hall, oa evit ar “ya” araok ar referendum. TFunan, Frans daou, Frans Tri, Frans Inter, Frans Kultur, Europa unan, ha c’hoazh... Razh ar re-se oa evit ar “Ya”, sklaer oa evel lagad un naer... Ha tud, breman, d’en em sevel ha da vanifestiñ : un “devezh hep mediaioù”, “grève des médias” zo bet galvet gete, dec’h, yaou 16 a viz Mezheven. Moian zo da welled war ul lec’hienn internet ar pezh a zo bet graet gete, ar skritelloù, al lizhiri-klemm skrivet gete da gas d’ar mediaioù :
nomedia16.free.fr
Me, m’eus votet Ya. Met me c’hella kompreiñ ar-re se memestra. Ne sellan ket kalz doc’h ar skinwell, ma fost tele zo e vreinañ barzh ma c’hav memestra, met selaou a ran ar skingomz, bemdez. Radio Bro Gwened, evel reson (kazimant holl an testennoù lakaet war ar blog-man zo bet skrivet evit ar Radio-se e penn kentan), met ivez Frans Kultur. War Frans Kultur ‘vez skignet bep mintiñ un abadenn anvet get kazetennerion ha “kronikourion”. Selaou a ran a wezhoù an abadenn-se evit dihuniñ, ar pezh n’eo ket aes bemdez, me lâr deoc’h...
Pemp kronikour zo war Frans Kultur bep mintiñ (ha maouez ebet en o mesk), ha pevar a oa evit ar “Ya”; ar pempved a oa etre, met den ebet evit ar “nann”. Tud oa bet kouviet da zisplegiñ perak e votehent “ya” pe “nann”, met ar re a gomze bemdez barzh ar post a oa kazimant tout evit ar “Ya”. Un deiz, Alexandre Adler, ur c’hronikour, a gomze a-ziout Sina. Ha setu eñ, da blantiñ ur “ya” evit ar vonreizh Europa barzh e destenn.
Un deiz all un abadenn ispisial oa bet savet get Frans Kultur goude marv ar filosofour Paul Ricoeur. Kouviet oa bet Paul Thibaud, mignon an den marv ha filosofour ivez. Paul Thibaud oa evit votiñ “nann” d’ar vonreizh Europa met ne oa ket deuet da gomz a-ziar an dra se.
Ha setu ur c’hronikour all, Olivier Duhamel, da lakaat an traoù war an daol c’hoazh : “Perak e votehet nann, c’hwi, un den ken speredek eldeoc’h-c’hwi”. E klevout Olivier Duhamel ne oa ket oa posupl bout speredek ha votiñ “nann”. Ar paotr-se zo kronikour war Frans Kultur breman met araok oa kannad e parlament Europa; ha hennezh oa unan ag an dud ‘doa skrivet ar vonreizh Europa nevez ! Hervez an “deontologie”, gwelloc’h vehe bet dezhan mont kuit a Frans Kultur e-pad ur prantad amzer araok ar referendum met pas kenderc’hel da gomz barzh ur radio publik... Re geijet oa an traoù, d’am sonj.
Ha me da vout kounnaret ivez. Rak an doare-se d’ober zo bet fall “contreproductive” e larer e galleg.
E Penn kentan, ar mediaioù doa graet evel ma oa ret votiñ “Ya”, el ma ne oa ket hent all ebet. Ar lerc’h, e wellet an “nann” kreskiñ er sontadegoù, displeget o doa perak votiñ “nann” oa un dra sot ha spontus met hep displegiñ peseurt Europa a faota dezhe sevel, peseurt traoù gwelloc’h a gase ar vonreizh nevez, ha c’hoazh...
Setu a gaos da berak on kounnaret me ivez. Met bon, n’eo ket echu an traoù, ni wellay bremañ penaos a yay an traoù araok en Europa, pe ar gil...
Selaouet m’eus ar skingomz dec’h daoust d’ar galv “Un devezh hep mediaioù”. N’on ket sur a oa ur sonj vat “boycottiñ” un deiz, ar c'hazetennoù, ar chadennoù skinwell pe skingomz... Me gav gwelloc’h mennozhioù all : skrivañ d’ar c'hazetennoù evit lared ma sonjoù, da skouer. Ma n’oc’h ket a-du get traoù skrivet get kazetennoù pe kazetennerion-zo, larit dezhe. Ar re-se a c’hell chanch ivez o doareioù da labourad... Ha c’hwi c’hell ivez preniñ ur gazetenn all ma n’och ket eurus get an hani a brenit. Meur a gazetennoù-zo, eurusamant, ha meur a chadennoù skinwell ha skingomz !
Goude ar referendum, mediaioù-zo o deus bet poan da zisplegiñ an disoc’hoù ha perak kement-se a dud o deus votet nann, daoust d’ar mediaioù o-unan... Met, doc’htu, ur gouarnament nevez zo bet savet, ha setu ankouiet buan disoc’hoù ar referendum Europa evit sellout doc’h ar gouarnament nevez-se; savet get ar memes tud kazimant, lakaet war gadoerioù dishenvel. Hag e vo krogadoù etre Sarkozin ha Villepi ? Setu digarezioù da chanch tu, da chanch kaoz evit nompass sonjal re... Kar pall ar mediaioù brasan n’eo ket d’hor lakaat da sonjal, met d’hor zivertisan kentoc’h...
Christian Le Meut

15/06/2005

16 juin 2005 : une journée sans médias ?

Des citoyens et des citoyennes mécontents appellent, jeudi 16 juin à une “grève des médias”. “Pas de radios, pas de télé, pas de journaux ou alors “certains bien choisis” disent les initiateurs de cette journée. Ces partisans du “non” au référendum sur la constitution européenne estiment que leur vote a été “tourné en infamie” par la grande majorité des médias audio-visuels et par certains journaux...
J’ai beau avoir voté “oui”, je dois dire que je peux comprendre la colère de ces électeurs et électrices car leur constat n’est pas complètement faux.
Je regarde peu la télé, mais j’écoute beaucoup la radio, Radio Bro Gwened, evel reson (la plupart des textes figurant sur ce site ont été écrits pour cette radio), mais aussi France culture, radio de service publique donc, le matin, en essayant de me réveiller...
La tranche matinale accueille cinq chroniqueurs, talentueux pour la plupart, mais quatre d’entre-eux étaient ouvertement pour le “oui”, le cinquième étant plus en retrait. Mais aucun pour le “non”. Et ces chroniqueurs interviennent tous les jours. Une fois, dans une chronique sur l’évolution du régime chinois, Alexandre Adler a trouvé le moyen de développer un argument pour le “oui à la constitution européenne”.
Une autre fois, cette radio organisait une journée spéciale à l’occasion du décès du Paul Ricoeur, philosophe. Un de ses amis, Paul Thibaud, philosophe également, était invité à venir témoigner de l’oeuvre de Ricoeur. Il y avait beaucoup à dire mais il fallut quand même que l’un des chroniqueurs, Olivier Duhamel, l’apostrophe sur le style : “M. Thibaud, vous qui êtes si intelligent, comment pouvez-vous appeler à voter non”... Comme si l’on ne pouvait pas être intelligent et appeler à voter non...
Ce même Olivier Duhamel, avant d’être chroniqueur sur France Culture, était député européen socialiste. Co-rédacteur de la dite Constitution européenne... La déontologie journalistique aurait peut-être voulu qu’il se mette en réserve de France culture un moment et, au lieu de faire campagne sur une radio publique, aller faire campagne sur le terrain. Cela aurait peut-être été plus efficace. Car enfin, une telle insistance et une telle lourdeur ont été contreproductives. Au début, le “oui” était majoritaire dans les sondages et les médias dominants donnaient l’impression que la messe était dite et que, de toute façon, il n’y avait qu’un vote possible, le “oui”. Puis le non est monté et, au lieu de nous expliquer leur vision de l’Europe, les avancées contenus dans la constitution européenne, mais aussi ses limites et ses faiblesses, bien des partisans du “oui’ se sont bornés à caricaturer les arguments des partisans du “non”... Et réciproquement...
Y-aurait-il une trop grande proximité entre les médias dominants et le pouvoir en place ? Voire une vision trop parisiano-parisienne ? Paris a voté “oui” à 66%. Le référendum a montré un vrai clivage entre une France qui s’en sort, celle qui a les moyens de vivre à Paris intra-muros, ou à Vannes, ou à Rennes, villes où le “oui” a été largement majoritaire; et une autre France qui n’en a pas les moyens, qui se sent à l’écart, inquiète de l’avenir, fragilisée et pour laquelle l’Europe est une facette de la mondialisation...
Mais les médias audio-visuels se sont bien gardés d’une trop grande réflexion sur ce “non” qu’ils ne sauraient analyser de trop près. “Analyser”, vous n’y pensez pas. Le changement de gouvernement est venu à point pour les distraire d’une remise en cause en profondeur de leur pratique. De Sarkozin ou de Villepi, lequel va manger l’autre, voilà de quoi les occuper pour l’année qui vient et même plus... On ne va pas non plus trop se prendre la tête avec les résultats d’un référendum parce qu’on n’est pas là pour s’inquiéter, mais pour se distraire, parce que l’on n’est pas là pour informer réellement mais pour divertir. Voilà le hic...
Pour autant faut-il faire la grève des médias ce jeudi 16 juin ? A vous de voir, vous ferez bien ce que vous voudrez. Une journée ce n’est pas long et l’on peut, effectivement, en profiter pour aller se promener, profiter du beau temps, de l’été qui arrive et tout... La télévision, à mon avis, est une drogue dure qu’il faut consommer avec beaucoup de modération. Quant à la radio, on peut aussi lui couper la chique de temps en temps, pour écouter la musique que fait le vent. C’est joli aussi, la musique du vent ou celle de la rivière, quand elle n’est pas couverte par le bruit d’un camion ou d’une voiture...
Boycott ou pas, que nous soyons téléspectateurs, auditeurs ou lecteurs, nous avons toujours le moyen d’écrire ou de dire notre façon de penser aux médias, et aux journalistes quand nous pensons qu’ils n’ont pas bien fait leur travail. Discuter les pratiques journalistiques et médiatiques n’est jamais inutile. Même les journalistes et les médias sont capables d’écouter et d’évoluer dans leurs pratiques professionnelles, enfin j’espère...
Si vous voulez en savoir plus sur cette grève des médias vous pouvez trouver les renseignements sur le site internet:
http://nomedia16.free.fr
Si vous n’avez pas internet, et bien il n’y a pas d’autres moyens de trouver l’info, désolé. Quant aux camarades grévistes des médias ils auraient pu trouver un autre nom que “nomedia”. Ne cèderaient-ils pas à une mode qui met l’anglais à toutes les sauces médiatiques ?
Christian Le Meut

08/06/2005

Non aux Jeux Olympiques à Paris (bis) !

Au secours, les jeux olympiques reviennent ! Et il semble que Paris soit parmi les favoris. On n'a pas fini d'en entendre parler... Rappel d'un écho paru en mars dernier :
"Beaucoup de boucan a été fait au début du mois de mars 2005 à propos de la venue à Paris d’une délégation du Comité international olympique. Paris est sur les rangs pour organiser les jeux 2012, en concurrence avec Madrid, Londres New-York et Moscou... Une délégation a circulé dans un Paris quasiment en état de couvre-feu pour ne pas qu’elle voit les manifestations qui avaient lieu ce jour-là. Et télés et radios de chercher à savoir si les délégués étaient contents de leur séjour, s’ils avaient bien mangé, si tel clignement de l’oeil pouvait être interprété comme un signe favorable... Même le président Chirac s’est prosterné devant les délégués... Un grand moment d’unanimité médiatico-nationaliste.
Et ces syndicats, quels inconscients ! Ils n’avaient même pas cru bon d’annuler leurs manifestations ! Quasiment des traîtres à la patrie. Ils ne se rendent pas compte de l’enjeu. La venue des JO créeraient 40.000 emplois en France et occasionnerait 35 milliards d’euros de retombées d’ici 2019, d’après mon journal quotidien... Et tout cela risquait d’être raté à cause de manifestations d’inconscients, pour de misérables augmentations de salaires...
Car c’est le paradis, que promettent les JO. Rendez-vous compte, 40.000 emplois... Bon, sur les deux millions et demi de chômeurs que comptent la France, ce n’est pas grand chose... Mais ceux qui n’auront pas trouvé d’emplois pourront au moins regarder les JO à la télé ! Et puis pensez à cette moisson de médailles en or que nos champions vont rapporter ! Bon, c’est vrai, là encore, on reste dans l’hypothèse...
Mais quand même, 35 milliards d’euros de retombées, mesdames, messieurs... D’où vient ce chiffre trouvé dans un journal, je ne sais pas, mais j’en ai trouvé d’autres dans Courrier international du 10 mars dernier. Un article d’un journal grec y est traduit en français. Il fait le bilan des JO d’Athènes qui ont eu lieu l’été dernier...
Le coût total des JO s’est élevé à neuf milliards d’euros au lieu des quatre milliards prévus... Or les caisses de l’Etat grec sont vides, d’après ce journal... Seuls 10% des sites olympiques grecs “sont aujourd’hui utilisables à des fins commerciales”. Certains stades sont transformés en refuges pour sans-abris, d’autres plus ou moins en décharge...
Et puis la grande fête populaire a été plutôt un flop. Les Athéniens eux-mêmes ont été incités par les autorités locales à quitter la ville pour laisser la place aux visiteurs, éviter de créer des embouteillages et une pollution supplémentaire. Ils sont partis à la campagne regarder les JO à la télé... Mais il y a eu moins de visiteurs que prévus. Certains touristes ne sont pas venus car, un mois avant le début des JO, les journaux du monde entier parlaient encore des installations non-ter minées. Certains étrangers ne sont pas venus par peur des attentats alors même que des mesures de sécurité importantes ont été mises en place pour un coût largement supérieur à ce qui était prévu....
Et tout cela pour quoi ? Deux des champions grecs parmi les plus connus ont été exclus dès le début des épreuves suite à un contrôle antidopage positif... Un vrai psychodrame national !
Tout cela ressemble un peu à un flop olympique, dont on a peu entendu parlé lors de la venue de la délégation en France... Mais dites-moi, messieurs Chirac, Delanoë et consorts, les millions que l’on consacre à une participation hypothétique à des JO aux retombées économiques également hypothétiques, ne pourrait-on pas les consacrer plutôt à bâtir des écoles ? Des bibliothèques ? Des lieux où débattre et philosopher, comme les Grecs anciens ? Car la Grèce n’a pas donné au monde occidental uniquement les Jeux olympiques, elle a aussi inventé la philosophie, et une forme de démocratie. Deux choses autrement plus importantes que des médailles en chocolat.
Alors non, moi, je ne vote pas pour Paris. Ailleurs les JO ! Partout ailleurs, mais pas à Paris. Le CIO dira sa décision finale en juillet. Je n’ose imaginer le psychodrame si Paris n’est pas choisie... Mais pourquoi ne pas refaire les jeux à Athènes, et définitivement, histoire de rentabiliser les investissements faits par la Grèce et de renflouer les caisses publiques grecques ? En voilà une idée qu’elle est bonne. Allez les Grecs !"
Christian Le Meut

07/06/2005

Nann d’ar c’hoarioù olimpik e Paris !

Paris zo war ar rank evit degemer ar c'hoarioù olimpik, ha dibabet vo, marteze, hervez an doereieù m'eus lennet : siwazh !
Setu ar pezh m'boa skrivet daou vizh zo dija a-enep ar raktress-se. D'am sonj, ne vin ket selaouet, ur wezh all !
"Trouzioù spontus zo bet graet e penn-kentan miz Meurzh 2005 a ziar-benn ar c’hoarioù olimpik a vo er bloaz 2012. Paris zo war ar rank evit kempeiñ ha degemer ar c’hoarioù-se, get Madrid, Londres, New-York ha Moskoù... Pewarzek den ag ar “CIO, “Bodadeg etrebroadel olimpik” zo deuet da wellet Paris, he stadoù, ha c’hoazh. Ha setu, razh an dud e klask goueit o sonjoù, mard o deus kavet bourrapl an amzer e Bro C’hall, mard o deus debret mat, ha patati ha patata... Hag ar prezidant Chirak e-unan d’en em stouien dirak tud ar CIO...
Ha setu ! Manifestadegoù zo bet savet get ar sindikadoù evit goulenn goproù brasoc’h... Met kollet o spered gete ? Dre o faot vo, mar ne d’int ket ar c’hoarioù olimpik e Frans. An dreitourion brein... N’o deus ket komprenet e vo echu an dilabour e Frans a drugarez d’ar JO ? Hervez ar pezh m’eus lennet barzh ur gazetenn, daou ugent mill gobr vehe savet a drugarez d’ar JO e Paris... Bon, daou ugent mill gobr e-kenver daou villion pemp kant mill a-dud dilabour, n’eo ket kalz a-dra benn ar fin... Ya, met kaeroc’h vo : pemp milliard a tregont ag euroioù vehe kaset e Bro Frans a-drugarez d’ar JO ! 35 milliard euro memestra... Ur sapre sammad ! Ar baradoz war an douar vo Bro Frans, me lâr deoc’h, goude bout deuet ar JO aman... Ha sonjit ivez en ar medallenoù aour a vo tapet get hor sportourion... Bon, n’eo ket ken sur e vo tapet ur bochad, gwir eo......
Piv n’eus kollet e spered, a-benn ar fin ? Ar sindikadoù ? Pe, kentoc’h, kazetennerion zo ha politikourion-zo ivez, deuet da vout foll ha bammet dirak ar “JO” sakred...
Sellomp doc’h ar c’hoarioù olimpik 2004, bet degemeret en Athenes warlene... Tremenet mat du-hont ? Ya, sanset.... Met ne oa ket kement-se a dud daet da wellet ar JO en Athene, hervez ur gazetenn a Gresia troet barzh Courrier international (10/03/2005). Goulennet oa bet get ar gouarnamant d’an Atheniz, monet kuit evit leskel al lec’h d’an douristed. Hag an Atheniz da sellet ar JO doc’h an tele ! Met ne oa ket daet kalz touristed. Rak kazetennoù ag ar bed a-bezh a lâre, ur miz araok, ur bern traoù ne oant ket prest c’hoazh ! Hag ur bern tud zo aet d’ur vro all... Ha tud all doa tapet aon rak ar gwall daolioù. Ur bochad argant a zo bet fondet evit ar surentez... Met ivez evit sevel stadoù nevez ne servijont ket mui breman. Ha mod-se, nav milliard euro zo bet dispignet get Bro-Gres e-lerc’h pewar milliard euro sonjet araok.
Ouzpenn-se ar Gresianed n’int ket bet kountant bras. Daou sportour ag ar vro, brudet bras, zo bet tapet a gaos m’o doa kemeret drammoù ! Just e komansamant ar JO... Medalenn aour ebet evite, nemet medalenn ar vezh !
N’eo ket sur, benn ar fin, e vo gounizet argant a drugarez d’ar C’hoarioù olympik e Paris. Fondet vo kentoc’h, d’am sonj... Trouz bras zo bet graet dija ha trouz brasoc’h vo e miz gouere, pa vo lâret o choaz get tud ar CIO ! Me, ne votan ket evit Paris, kentoc’h evit Madrid, pe Moskoù, pe New York, pe Londres... Pe Athenes, evit an dro all ! E pep lec’h, met pas Paris. Aotroù Chirac, aotroù Delanoë, ma z’eus argant da zispign, savomp skolioù geti, pe levraouegoù, pe teatroù e-lec’h stadioù re-vras. Savomp lec’hioù da lenn ha da gomz... Filosofomp evel ar Gresianed kozh. Estroc’h evit ar c’hoarioù olimpik a zo bet savet gete : an demokratelezh hag ar filosofi ivez. Daou dra talvoudusoc’h, ha pouezusoc’h, evit ar c’hoarioù olimpik, d’am sonj."

Christian Le Meut 

31/05/2005

Raffarin : nous le regretterons...

Voici quelques "Maximes et raffarinades" pêchées sur le fil de l'AFP, à l'heure ou JPR nous quitte comme premier ministre. Comme c'est intraduisible en breton (et en toute autre langue pour certaines citations incompréhensibles), ce message est uniquement en français (ou presque).

"Raffarinades" choisies:
La vie:
- "Notre route est droite, mais la pente est forte"
- "Les jeunes sont destinés à devenir des adultes"
- "L'avenir est une suite de quotidiens"
- "La route, elle est faite pour bouger, pas pour mourir"
- "Je dis aux jeunes : la fête, c'est la vie. La vie, c'est ton visage !"
- "La modestie, ça ne se proclame pas, ça se vit"
- "Il existe aussi une intelligence de la main (...) et elle communique directement avec le coeur"
- "Les veuves vivent plus longtemps que leurs conjoints"
- "Je vous recommande la positive attitude"

La politique:
- "La France est forte quand c'est une force qui va et qui sait où elle va"
- "La Marseillaise sera d'autant moins sifflée qu'elle sera entonnée par tous"
- "Le citoyen est un piéton de la République"
- "Un peuple qui doute n'est pas un peuple qui marche"
- "La politique, ce n'est pas un sport, ce n'est pas une équipe contre une autre: on est tous l'équipe de France"
- "A force de penser au pluriel la politique, certains ont oublié le singulier de la France"
- "Merci (à Bernadette Chirac) de nous montrer que la victoire n'est pas facile, qu'elle se gagne étable par étable, commune par commune"
- "La rue doit s'exprimer mais ce n'est pas la rue qui gouverne"
- "Il faut mettre en place la République du bon sens"
- "Il y avait un projet de loi qu'on a arrêté à temps. C'était : quand on ne travaillera plus le lendemain du jour de repos, la fatigue sera vaincue"
- "C'est promis, l'année prochaine je viendrai avec des allègements d'impôts. Je ne prends pas de rique puisque le voisin d'en face l'a annoncé"
- "Les jeux +perso+ ne sont pas des jeux d'avenir"

L'Europe et le référendum:
- "L'Europe à laquelle nous devons penser demain, ce n'est pas l'Europe d'hier"
- "The yes needs the no to win against the no" ("le oui a besoin du non pour gagner contre le non")
- "Ne soyons pas frileux, ne soyons pas frigides" avec l'Europe
- "Mon oui est plus qu'un non au non"

Lui-même:
- "Je ne suis pas énarque, je parle directement comme je suis"
- "Je n'aime pas beaucoup ne pas être dans le logiciel central de moi-même"
- "Est-ce que j'ai l'air d'un psychosé ?"
- "J'ai mes rondeurs mais j'ai mon énergie"
- "Je suis le pilote de l'Airbus gouvernemental"
- "Je ne travaille pas pour moi, je n'ai pas un ego hypertrophié"
- "Il faut sauter des haies et finalement, je saute les haies les unes après les autres"
- "On annonce toujours mon départ pour la semaine prochaine. Finalement j'ai quelque résistance"
- "J'aimerais un jour être globe-trotter"
- "Je repars à neuf" : c'est ça, et kenavo !

N'hésitez pas à indiquer votre citation préférée, et à en rajouter s'il en manque de belles !