08/05/2008

Neuñviadenn gentañ/première baignade !

Graet eo, ma neuñviadenn gentañ barzh mor bras Atlantel, e Sant Filibert, traezhenn Kerneveste e bae Kiberen. Ne oa ket tomm tomm an dour (war dro 12°/13° hervez ar c'hazetennoù), marteze un nebeut muioc'h war ar bord (14° ?). Kaer e oa an amzer met n'on ket chomet pell, memestra... Me vourr bras neuñvial barzh mor, met pand eo tommoc'h ur sort.

C'est fait, mon premier bain de l'année dans l'océan Atlantique, à Saint-Philibert, plage de Kerneveste, en baie de Quiberon. La mer n'était pas chaude chaude :  12/13° selon les journaux, peut-être un peu plus au bord (14 ?). Le temps était beau, mais je ne suis pas resté longtemps, cependant. J'aime beaucoup nager dans l'océan, mais quand il est un peu plus chaud quand même.

 

07/05/2008

Et nous avons couru !

Et nous avons couru ! Nuits et jours. De Nantes à Carhaix, soit 600 km sous le soleil, la lune, la pluie, le vent, dans le brouillard, dans la chaleur ou dans le froid. Avec entrain, énergie, et douleur parfois. Sur le plat, dans les montées, les descentes; sur des routes étroires ou de larges avenues, et pour finir, dans un champs, nous avons couru.

Des centaines de personnes se sont passées le relais, des milliers ont couru derrière elles. D'autres milliers les attendaient sur le bord des routes pour les encourager. Enfants, adolescents, adultes, et parfois grand-parents. Elèves ou parents des écoles Diwan (immersion), des écoles bilingues publiques ou bilingues privées, membres d'associations ou de clubs sportifs, d'entreprises, de communes, de toutes professions; bretonnants ou non, apprenants, sympathisants. Avec parfois des élus.

Aucun accident à déplorer sur les 600 km, grâce aux bénévoles qui couraient eux aussi, pour bloquer la circulation, assurer l'animation, conduire les véhicules accompagnateurs, donner de l'eau aux coureurs, assurer la sécurité. 

Plus de 600 km vendus...
La première Redadeg, course pour la langue bretonne, du 1er au 3 mai, a donc été un succès. Tous les km ont été vendus, à 100 euros le km, au profit des écoles Diwan, cette année. La prochaine Redadeg devrait se faire pour le compte d'une autre association oeuvrant pour la langue bretonne. Des associations, particuliers, entreprises, communes, ont acheté ces kilomètres. Au final, plus de 600 km.  C'est donc environ 60.000 euros qui ont été, ou sont en cours d'être collectés pour Diwan. Association qui court, elle aussi, et tout le temps, pour boucler ses budgets.

L'écho de la course n'a, semble-t-il, pas trop atteint les médias parisiens. A part quelques flashs sur RTL, France Info, France Inter (mais peut-être en avez-vous entendu d'autres ?). Des reportages sur France 3 "Ouest". Ils sont un peu bloqués, du côté de Paris, par rapport aux langues "régionales"... Les radios bretonnantes étaient présentes, notamment Radio Bro Gwened avec Andrea Le Gall sur une moto, venant interviewer les porteurs de relais.

Ensemble
C'était émouvant de voir tellement de gens impliqués, courant pour montrer leur volonté, leur détermination, leur bonne humeur, leur "begon" (prononcer "beudjon", en breton vannetais, leur pêche, leur énergie); se passant le relais de main en main, de kilomètre en kilomètre, de commune en commune, de département en département. Bien-sûr, beaucoup d'entre nous, militants, bénévoles, parents d'élèves, enseignants, courons déjà toute l'année pour la langue bretonne mais là, nous l'avons fait ensemble, et pas chacun de son côté. 

Merci aux organisateurs, et félicitations à eux (à nous !).

Y-aura-t-il une autre Redadeg, une autre course pour la langue bretonne dans deux ans ? Ce serait "fiskal", "dreist", super. 

Et quoiqu'il arrive, ne perdons pas ce souffle, ce rythme, ni cet état d'esprit.

Christian Le Meut

http://arredadeg.free.fr/ 

05/05/2008

Ha redet hon eus !

Ha redet hon eus ! A Naoned da gKaraez. Noz ha deiz. Edan an amzer brav, edan an amzer fall, edan an heol, al loar, ar glav, an avel, al latar, ar yenijenn... Get tud all, ur bochad d'ar peurliesan, pe un nebeut a wezhoù. Get plijadur ha poan. Get startijenn ha skuizder ivez. Miliadoù a dud a oa war bord an hent evit reiñ kalon deomp; miliadoù o deus redet ivez : 2.000 ? 3.000 ? Bugale (a Ziwan, hag ar skolioù publik ha privez ivez), oadurion, gwazed, merc'hed; tud a bep sort micher; ha dilennidi ivez. N'eus ket bet gall zarvout ebet a-hed ar 600 km a drugarez d'an aozourion hag a oa e redek e pep lec'h, e komz barzh ar mikro, e reiñ dour d'ar rederion, ec'h ober ar dro ar surentez.

Berzh 'deus graet ar Redadeg. Dastumet eo bet geti argant : 60.000 €, ha marteze muioc'h. Euroioù a zo bet roet get tud, kevredigezhioù, embreregezhioù met ivez kumunioù. Pennadoù skrid a zo bet embannet barzh ar c'hazetennoù rannvroel, un nebeut abadennoù er skinwell (F3) hag er skingomz (France Info, France inter, RTL... ha Radio Bro Gwened a oa daet get ur moto !). Met dasson ar redadeg n'eo ket aet betek Paris. Bouzard awalc'h int, du-hont, e-keñver ar yezhoù rannvroel.

Fromus eo bet, gwelout kement-se a dud e redek evit ar brezhoneg, e tiskouezh ho youl, ho begon (distaget "beudjon" : "startijenn" e gwenedeg); e reiñ ar vazh test a zorn da zorn, a gilometr da gilometr. Anat eo, redet e vez geneomp a-hed ar bloaz evit ar brezhoneg, n'eo ket bet gortozet geneomp ar Redadeg evit redek da vat. Met ar wezh mañ, redet hon eus asambles, ha pas pep hini d'e du, pep hini barzh e vro, ar pezh a zo bet kalonekus bras. Trugarez d'an aozourion. Ha gourc'hemennoù dezhe.

Hag e vo ur redadeg all evit ar brezhoneg a-benn daou vloaz ? Fiskal vehe.

Ho leskel a ran bremañ, mont a ran da redek.

Christian Le Meut

01/05/2008

Redomp evit ar brezhoneg/Courons pour la langue bretonne

Hiriv, ha betek disadorn, kantadoù a zen, ha merteze miliadoù, a red hag a redo evit ar brezhoneg, ha me ivez. Ar Redadeg a zo loc'het a Naoned hag a dremen ar Morbihan hiriv, Penn ar bed warc'hoarzh. Mont a ran da redek ur c'hilometrad etre An Alré ha Lokoal-Mendon. Ma faota deoc'h gouiet muioc'h :

Aujourd'hui et jusqu'à samedi des centaines, des centaines de personnes, voire des milliers, courent et vont courir pour la langue bretonne. La Redadeg est partie de Nantes et traverse le Morbihan aujourd'hui, le Finistère demaine. Je vais courir un kilomètre entre Auray et Locoal-Mendon.  Pour en savoir plus :

http://arredadeg.free.fr/ 

La vidéo du départ est sur le net :

http://www.dailymotion.com/Setubzh/video/8848174 

29/04/2008

An Alré/Auray : Sten Kidna soutient Ar Redadeg

Kemenadenn a-berzh Kerlenn Sten Kidna - Communiqué du cercle Sten Kidna (pays d'Auray) :

"La course pour la langue bretonne, Ar Redadeg, passe en pays d'Auray jeudi après-midi, 1er mai. Cette initiative née hors de toute association, a pour but de promouvoir la langue bretonne à travers une course à pied avec passage de relais tous les km, de Nantes à Carhaix, en passant par Lorient, Quimper, Brest, Morlaix... Soit 600 km !

Pour sa première édition, les organisateurs de la Redadeg ont choisi de soutenir les écoles Diwan dont c'est le 30e anniversaire. Une prochaine édition, dans deux ans, soutiendra une autre association travaillant pour le breton. Kerlenn Sten Kidna a acheté, comme d'autres associations, ainsi que des communes, des entreprises, des commerces, ou de simples particuliers du pays d'Auray, un kilomètre, qui sera parcouru jeudi à partir de l'école de Kerstran, en Brec'h, pour prendre la direction de Locoal-Mendon.

Notre association appelle la population à venir encourager les coureurs sur le parcours ou sur les lieux de regroupement comme à Auray. Une animation organisée par l'école Diwan d'Auray  aura lieu à partir de 16h derrière la mairie, avec des bagadoù, des sonneurs, des stands de spécialités bretonnes...

Voici l'ordre de passage prévu des coureurs dans les communes du Pays d'Auray traversées : Santez-Anna an Alré 15h57; Plunered 17h27; An Alré (Auray-mairie) 17 h 46; Mendon 19 h 02; Landaol; Landevant : 19 h 42.
Le parcours précis et plus de renseignements sur Ar Redadeg : http://arredadeg.free.fr
Contact pour le pays d'Auray : David ar Gall : 06.83.27.83.14."

27/04/2008

Levr : Le mythe national

8b060d4ab930720ded55ff09667bb854.jpg"Le mythe national, l'histoire de France revisitée" a zo bet embannet en dro e miz Meurzh 2008. Skrivet get Suzanne Citron, al levr-se a oa bet embannet evit ar wezh kentañ e 1988. Suzanne Citron a zispleg e-barzh penaos a oa bet savet istor Bro C'Hall, get piv ha perak. Penaos e oa bet savet ar "roman national français" get istorourion brudet evel Lavisse, evit lakaat an dud da grediñ e oa Bro C'Hall hag ar Fransizion ur vro hag ur vroadelezh a vizkoazh, dre ar Galianed... E kuzhat istor ur bochad pobloù, evel istor ar Vretoned, da skouer.

Ar pal ? Kemer plas ar rouantelezh (roet veze d'ar roueed o galloud get Doue e unan !); lejitimañ ar republik. Met, mod-se, sonjoù strizh a zo bet lakaet barzh pennoù ur bochad tud : ur bobl, un istor, ur yezh. Pobloù all ? Istorioù all ? Yezhoù all ? Sevenadurioù all ? Dispriziet, dismeganset, ankouiet, skarzhet ag al levrioù istor roet d'ar skolidi. Komzet 'vez a Vreizh barzh al levrioù skol ofisiel, ur wezh daet da vout staget, "rattachet" (evel ma vez lâret), da vro Frans. Araok ? Istor ebet. Ha ma z'eus bet brezelioù ha miliadoù a dud lâzhet evit stagiñ Breizh a Vro Frans, an dra-se ne veze, ha ne vez ket c'hoazh, displeget d'ar vugale.

Mod-se ivez a oa bet desket d'ar vugale ag Afrika, pe d'ar C'hanaked, penaos e oa ar Galianed o gourdadoù ! An dra-se oa faos evite, met evidomp ivez : ar Galianed a zo e mesk hor gourdadoù, met n'int ket o unan. Ur bochad pobloù all a zo e-mesk hor gourdadoù met an dra-se a zo bet kuzhet deomp. Get al levr-se e c'hellomp kompreiñ gwelloc'h hon istor. Trugarez vras da Suzanne Citron.

Christian Le Meut

Le mythe national, Suzanne Citron, Embannadurioù De l'Atelier, 2008, stumm chakod (11,9 €). 

 

23/04/2008

Ici, "on n'a jamais parlé breton" : faut voir !

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Je lis chaque semaine Marianne chez mes parents; c'est un hebdo intéressant même si on n'y trouve rarement d'informations sur les langues régionales en France, par exemple. Ils et elles seraient un peu jacobins à Marianne, que ça ne m'étonnerait pas, mais il y a sans doute des exceptions. D'ailleurs, cette semaine, c'est tout une page qui est consacrée au gallo, cette langue d'oil parlée dans l'Est de la Bretagne. Et l'on y découvre avec étonnement qu'Alain Rémond, chroniqueur dans ce journal (page "Faut voir"), est gallèsant de langue maternelle. C'est le succès du film Bienvenue chez les Ch'tis qui le lui a rappelé. Il en parle d'ailleurs avec précaution et respect : "Je suis né bilingue, gallo-français". "Bilingue", cependant, cela signifie que l'on parle deux langues alors qu'il qualifie le gallo de "patois". Est-ce qu'il ne resterait pas dans l'approche d'Alain Rémond quelques préjugés, par rapport au gallo, mais aussi par rapport à la langue bretonne ? 

"On appelait ça le patois"
"Contrairement à ce que certains pourraient croire, écrit-il, (...), tout le monde ne parle pas breton en Bretagne. Il existe toute une région, dans l'est de l'Ouest, où on n'a jamais parlé breton. Mais gallo. Quoiqu'il puisse m'en coûter, mettons les points sur les i, si le breton est bel et bien une langue, le gallo, lui n'est qu'un dialecte. Comme le ch'ti. Et, comme le ch'ti, le gallo est un dérivé du vieux français. Donc du latin. Je n'ai su que très tard que je parlais gallo. Chez moi, dans mon village, on appelait ça le patois".

"Contrairement à ce que certains pourraient croire, écrit-il, (...), tout le monde ne parle pas breton en Bretagne" : je ne sais pas ce que peuvent "croire" les lecteurs de Marianne avec le peu d'informations que ce journal publie sur les langues régionales. Il y a actuellement eniron 250.000 locuteurs du breton contre plus d'un million il y a 60 ans. L'Unesco classe cette langue parmi les langues en danger de disparition. Je n'ai pas le souvenir d'avoir lu ça un jour dans Marianne. 

Dialecte ou langue ?
L'auteur considère le breton comme une vraie langue : c'est déjà ça, et je suis bien d'accord avec lui sur ce point. Par contre son gallo maternel ne serait "qu'un dialecte" (on notera la formulation restrictive), venant du "vieux français".  La linguiste Henriette Walter, qui a étudié de près le gallo à l'Université de Rennes, le définit comme "la forme que le latin a prise en Haute-Bretagne" (1). Je l'ai rencontrée il y a quelques années et je me souviens de cette phrase qu'elle m'a dite : "Parlez vos patois !" Elle utilisait ce mot sans caractère péjoratif et rappelait ainsi que les "patois" et autres "dialectes" recèlent des richesses linguistiques et scientifiques inestimables. Alors le gallo, langue ou dialecte ? La frontière est assez floue entre les deux. Personnellement, je considère le gallo comme une langue, la langue gallèse, qui mérite d'être transmise, étudiée, enseignée et soutenue.

88e1d793e17f0bdee6eb2346a4f9683e.jpgMais il y a une autre point dans la chronique d'Alain Rémond, qui me semble contestable d'un point de vue historique : "Il existe toute une région, dans l'est de l'Ouest, où on n'a jamais parlé breton. Mais gallo." Je ne connais pas Alain Rémond mais, à la lecture de ses chroniques, je ne serais pas étonné qu'il soit originaire de l'est du Morbihan, le Morbihan gallo. Or, la carte ci-contre le montre, "on a parlé breton" sur tout le territoire qui constitue actuellement le Morbihan; idem pour les Côtes d'Armor, la moitié ouest de l'Ile et Vilaine et le quart nord-ouest de la Loire-Atlantique (on parlait breton sur la presqu'île de Guérande au début du XXe siècle).

L'extension maximale de la langue bretonne, au IXe siècle, arrivait aux portes de Rennes, dépassait Dôle au nord et allait jusqu'à Pornic, dans l'actuelle Loire-Atlantique, au sud de la Loire. Une partie de la toponymie y est toujours d'origine bretonne. Histoire ancienne, me direz-vous ? Certes, mais la pratique de la langue bretonne y a duré quand même plusieurs siècles, puis a reculé. On y a donc parlé breton.

On a parlé (et on parle) breton à Nantes et Rennes
Il n'est pas rare d'entendre ce genre d'affirmation : "Ici on n'a jamais parlé breton"; "A Rennes on n'a jamais parlé breton"; ou encore "A Nantes on n'a jamais parlé breton"... En est-on si sûr ? Les Bretons de "Basse-Bretagne" (ou Bretagne bretonnante), se déplaçaient. Ils allaient travailler, vendre des marchandises, demander justice, rendre visite à de la famille, dans ces deux grandes villes qu'étaient Nantes et Rennes. Et l'on y a parlé breton pendant des siècles dans certains quartiers, j'en fais le pari... Comme à Paris et ailleurs. Certes, c'était (et c'est encore), la langue d'une minorité. Comme le français aussi, à l'époque, alors que le gallo était celle de la majorité des gens du peuple.

Je suis surpris d'ailleurs, de voir à quel point une langue parlée par une si petite quantité d'êtres humains a voyagé et voyage encore, et s'installe parfois jusque dans des lieux lointains comme New-York, l'Argentine, l'Islande, la Chine, etc. Les références à ce sujet ne manquent pas sur Rezore.

"Ici on n'a jamais parlé français" 
Et puis je n'ai jamais entendu l'équivalent de cette expression pour le français : "Ici, on n'a jamais parlé français". Pourtant il n'y a pas si longtemps encore, beaucoup de Bretons étaient monolingues (j'ai connu une grand-mère qui parlait uniquement sa langue maternelle et ne maîtrisait pas le français). Il y a beaucoup de communes de Bretagne, surtout en campagne, où l'on ne parlait pas français il y a 100, 150 ans, où très peu de gens maîtrisaient cette langue (le curé ? les nobles ?...); les témoignages historiques sont clairs là-dessus.

90f2a6fb981cfad5f06ceb35013f31cc.jpg La carte ci-contre le montre également (2). Elle date de 1863 : le Finistère, en noir, fait partie des départements où "aucune, ou presque aucune des communes ne parle français"; pour le Morbihan et les Côtes d'Armor "une proportion relativement importante de communes ne parlent pas le français". L'Ile et Vilaine est classée comme département "incertain"... Il y a 145 ans donc, l'étude du ministre de l'instruction publique de Napoléon III, Victor Duruy, montrait que 7,5 millions de Français (sur 30 millions) étaient des "patoisants monolingues", soit 25 % de la population.

Parmi eux, les Bretons bretonnants. Mes ancêtres sans doute, puisque mes quatre grand-parents étaient bilingues breton-français. Probablement aussi, les ancêtres d'Alain Rémond qui parlaient gallo dans des communes de l'Est de la Bretagne où, pendant des siècles, "on n'a jamais parlé le français". Ou si peu. 

Christian Le Meut

(1) Henriette Walter, "L'aventure des langues en Occident", Ed. Robert Laffont. 1994.

(2) R. Anthony Lodge, "Le français, histoire d'un dialecte devenu langue", Ed. Fayard, 1997.

22/04/2008

Amañ "n'eo ket bet james komzet brezhoneg"

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Lenn a ran bep sizhun Marianne ba' ti ma zud. Ur gelaouenn interesus eo, a gav din, met n'eus ket kalz a dra war danvez Breizh pe war ar rannvroioù all. Taol spered jakobined a zo gete a wezhoù ivez. E fin pep kelaouenn e kaver ur pennad skrivet get Alain Rémond. Fentus awalc'h, d'ar peurliesan. Ar c'hazetenner-se a zo a Vreizh a-orin, a Vro C'Hallo. Ha displegiñ a ra ba' Marianne diwezhañ (19/04/2008), goude bout gwellet ar film "Bienvenue chez les Ch'tis", penaos en deus eñv desket gallaoueg a vihanig, ha petra eo ar gallaoueg. Doujus eo Alain Rémond e keñver ar gallaoueg ("je suis né bilingue : gallo-français"), met, d'am sonj, un nebeut farioù a zo bet skrivet getan a zivout ar brezhoneg.

"Tout le monde ne parle pas breton en Bretagne" 
"Contrairement à ce que certains pourraient croire, eme Alain Rémond (...), tout le monde ne parle pas breton en Bretagne. Il existe toute une région, dans l'est de l'Ouest, où on n'a jamais parlé breton. Mais gallo. Quoiqu'il puisse m'en coûter, mettons les points sur les i, si le breton est bel et bien une langue, le gallo, lui n'est qu'un dialecte. Comme le ch'ti. Et, comme le ch'ti, le gallo est un dérivé du vieux français. Donc du latin. Je n'ai su que très tard que je parlais gallo. Chez moi, dans mon village, on appelait ça le patois". 

Krogomp get ar frasenn gentañ : "Contrairement à ce que certains pourraient croire,  (...), tout le monde ne parle pas breton en Bretagne". N'ouion ket petra a vez gouiet get lennerion Marianne, met n'eo ket get ar gelaouenn-se e c'hellehent bout kelaouet a-feson war an brezhoneg pe war ar yezhoù rannvroel all e Frans. E Breizh, razh an dud (kazimant) a gomz galleg ha ne chom ket nemet un nebeut (250.000 den ?) a gomz breton. Hor yezh a zo en arvar bras ha c'hellehe bout kollet da vat e-pad ar c'hantved-mañ, eme an Unesco. Met an dra-se n'eo ket bet displeget da lennourion Marianne abaoe pell, pe marteze, james.

Ar gallaoueg, rannyezh pe yezh ?
Alain Rémond n'eus graet e sonj : ar gallaoueg a vehe ur rannyezh a zeuhe ag ar galleg kozh, hag ar brezhoneg a vehe ur yezh da vat. N'ouion ket mard en deus, ar paotr-se, studiet kalz ar yezhoù met, d'am sonj, n'eo ket ken splann an traoù. A-du on getan e keñver ar brezhoneg met pas e keñver ar gallaoueg. Peseurt diforc'h a zo etre ur yezh hag ur rannyezh ? N'eo ket anat. Ur yezhourez evel Henriette Walter, studiet geti ar gallaoueg a dost, a skriv : "(...) le gallo, forme que le latin a prise en Haute-Bretagne" (1). Ar gallaoueg a vez levezonet get ar galleg abaoe kantvedoù, met ne za ket ag ar galleg kozh, hervez Henriette Walter. Ar brezhoneg ivez, a vez levezonet get ar galleg abaoe pell... Neuze, ar gallaoueg, yezh pe rannyezh ? An diforc'h etre an daou n'eo ket anat met, evidon-me, ar gallaoueg a zo ur yezh da vat.

321d6c228edf3df4adf1c5e0169cd527.jpgMet n'on ket a-du ivez get un dra all skrivet get Alain Rémond. N'ouion ket e-menn emañ e gumun a orin, met mechal ma ne vehe ket er Morbihan  (hervez pennadoù all skrivet getan an hañv paseet). Hervez Henriette Walter, ha yezhourion ha istorourion all ivez, tachenn ar brezhoneg a zo aet betek Roazhon, kazimant, ha betek Dol ha Pornic, e Liger Atlantel, d'an nawed kantved. Kozh eo, a sonj deoc'h ? Marteze, met an dra-se a ziskouezh penaos ar brezhoneg a zo bet komzet er Morbihan a-bezh, hag e Aodoù an Arvor a-bezh ivez e-pad kantvedoù zo memestra. Roudoù a chom ag an dra-se dre ur bochad anvioù lec'h. Alain Rémond n'en deus ket james klewet komz brezhoneg barzh kumun e dud, moarvat, met komzet e oa bet breton du-hont memestra, en amzer a gent.

"On n'a jamais parlé..." 
Klewet 'vez alies awalc'h ar frasenn-se : "Ici, on n'a jamais parlé breton"; pe "A Rennes on n'a jamais parlé breton", pe c'hoazh : "A Nantes on n'a jamais parlé breton", evel ma vehe ur gwir bater. N'on ket istorour na yezhoniour met, d'am sonj, komzet veze brezhoneg get tud zo (ha marteze ur bochad), barzh karterioù a Roazhon hag a Naoned e lec'h ma veze e chom Bretoned deuet a Vreizh Izel. Ha komzet veze brezhoneg e Paris, get ur bochad tud d'an XIXe ha d'an XXe kantved ivez. Ha bremañ c'hoazh, marteze. Ha lennourion Rezore a ouia penaos e vez komzet ha desket brezhoneg e meur a lec'h er bed (New-York, Pékin, Buenos Aires ha c'hoazh...). Mod-se emañ, ar yezhoù a ya da veajiñ.

f4e2dccaa1d61d7846a5c176d086197c.jpgJames m'eus klewet ar frasenn-se evit ar galleg : "Ici, on n'a jamais parlé français". Met 50 vloaz zo, 100 vloaz zo, pe 150 vloaz zo, ne veze ket preget galleg get kalz a dud e kumunioù 'zo a Vreizh Izel, war er maezioù dreist-holl, evel ar pezh a ziskouezh ar gartenn-se (2). Er bloaz 1863, hervez ur studiadenn graet get ministr an deskadurezh Napoléon an trived, Victor Duruy. 7 million a zen (war 30), ne gomzent ket galleg e Bro Frans ("monolingues patoisants"). E departamant Penn Ar Bed n'doa "kumun ebet e lec'h ma vez komzet galleg"; er Morbihan hag e Aodoù an Arvor ne veze ket komzet galleg barzh ul lodenn vras ag ar c'humunioù... En Ilez ha Gwilenn an disoc'hoù ne oant ket sklaer ("incertain").

D'ar prantad-se, brezhoneg 'veze komzet get ar bobl e Breizh Isel, ha galleg get un nebeut tud. Ha d'ar c'houlz-se ivez, marteze, gourdadoù Alain Rémond a brege gallaoueg e Bro C'Hallo. Du hont ivez, ne veze ket ivez komzet galleg get kalz tud war er maezioù kant hanterc'hant vloaz zo. Gallaoueg, ne lâran ket.

Christian Le Meut

(1) Henriette Walter : "l'aventure des langues en Occident" Embannadurioù Robert Laffont, 1994.

(2) Kartenn tenet a "Le français, histoire d'un dialecte devenu langue", R. Anthony Lodge, Ed. Fayard, 1997. 

14/04/2008

Jean Breurec : le bourlingueur est parti

f20f4527800fbd61365e7ae77909c770.jpgMon ami Jean Breurec est décédé jeudi dernier à l'âge de 79 ans. Nous avions fait connaissance il y a 5-6 ans au sein du collectif Pêche et développement, à Lorient. Marin pêcheur, Jean avait pas mal bourlingué; il avait écrit ses mémoires et je l'avais aidé à les mettre en forme. Ce travail a donné "Bourlingueur", un ouvrage édité chez Skol Vreizh en 2004.
Né en 1928 à Gâvres, Jean Breurec avait embarqué dès l’âge de 7-8 ans sur le bateau de son père, Fernando. Il était le témoin d’une époque révolue où les femmes gâvraises travaillaient dans les conserveries de sardines quand les hommes partaient en mer.
Officier de pêche industrielle à la morue dans les années 50, il revint s’installer à Gâvres en 1954 comme pêcheur artisan jusqu’en 1968. Responsable syndical CGT, inquiet de l'avenir de la pêche, il participa à la mise en place d'une zone de contingentement ayant pour but de limiter le prélèvement de poisson et d'assurer le renouvellement des stocks. Ce fut un échec. Il était également engagé au Parti communiste et se présenta à plusieurs scrutins.
En 1968, Jean Breurec et sa famille partirent s'installer à Dakar, puis à Madagascar. C’est en Algérie qu’il termina sa carrière professionnelle comme formateur de patrons pêcheurs.
De retour à Gâvres, Jean Breurec adhéra au collectif lorientais Pêche et développement. "Il est crucial que les marins prennent conscience que c’est à eux de mettre des limites à l’exploitation des ressources halieutiques, ne serait-ce que pour assurer la survie des espèces, l’alimentation des populations et la pérennité de la pêche côtière. Les pêcheurs ne sont pas propriétaires de ces ressources, ils n’en sont que les gestionnaires" écrivait-il en conclusion de son livre.
Christian Le Meut

12/04/2008

Brezhoneg e Bro vMontroulez/Le breton à Morlaix

Kemenadenn a-berzh kevredigezh KLT/Communiqué de l'association KLT :

"D'ho kelaouiñ ha da reiñ da c'houzout tro-dro deoc'h / Pour information et diffusion :
 
D'ar Yaou 17 a viz Ebrel / Jeudi 17 avril : Kaozeadenn e brezhoneg gant Herve Lossec, Bistrot de la gare - Koadelan - 08e15 noz - Digoust.
 
Causerie en breton avec Herve Lossec, Bistrot de la gare - Coatelan - 20h15 - Gratuit
 
Aozañ / Organisation : KLT
 
D'ar Sadorn 26 a viz Ebrel / Samedi 26 avril : Devezh-studi e Plijidi "Levezon ar galleg war sanadur ar brezhoneg"
Journée d'étude à Plésidy "Influence du français sur la prononciation du breton". Aozañ / Organisation : Ar Falz / Skol Vreizh
 
D'ar Sadorn 24 a viz Mae / Samedi 24 mai : Sant-Nouga : staj kanañ, pourmenadenn, pred krampouezh ha fest-noz
Saint-Vougay : stage de chants, promenade, repas crêpes et fest-noz. Aozañ / Organisation : Comité des fêtes de Saint-Vougay
 
Kristian Le Mener, KLT, 41 Kae Leon, 29600 Montroulez, 02 98 63 98 79, 06 82 77 10 10.

Muioc'h a ditouroù war hon lec'hienn/pour en savoir plus, le site internet : www.klt.fr

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