05/05/2008
BD : Chroniques birmanes
Le dessinateur Guy Delisle, Québécois d'origine, est allé avec sa femme et leur fils Louis, vivre au Myanmar en 2005-2006 (Myanmar, c'est la Birmanie, rebaptisée ainsi en 1989 par les généraux dictateurs). Là-bas, La maman travaillait pour Médecins sans frontières, le papa s'occupait du bébé, dessinait, et découvrait la vie quotidienne des Birmans. De ce séjour, il a tiré ce livre, un album de BD noir et blanc (couverture kakie), regard d'un étranger immergé dans le pays.
En promenant son bébé, il se découvre voisin d'Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1992, en résidence surveillée depuis 1991 parce que son parti avait remporté des élections libres de 1990. Le mouvement démocratique fut réprimé dans le sang, comme les récentes manifestations de l'automne dernier menées par les moines bouddhistes... Mais, voisin ou pas, papa avec poussette ou pas, il est interdit de passer dans la rue où Aung San Suu Kyi est emprisonnée.
Ambiance à la "Brazil"
Les militaires sont partout et la surveillance est permanente. Même les magazines importés de l'extérieur font l'objet d'une censure : "Les articles peu flatteurs sur le pays sont systématiquement retirés", ce qui signifie que les pages en sont déchirées ! Les mails de Médecins sans frontières font également l'objet d'une surveillance, ce qui vaut aux lectrices et lecteurs une scène à la "Brazil" (le film), dans laquelle Guy Delisle se retrouve dans un bâtiment gardé d'où les ordinateurs gouvernementaux surveillent les mails de tout le pays...
Les Birmans vivent au quotidien cette oppression : le dessinateur montre leur désespoir, leur vie quotidienne, les fêtes... Son album est aussi intéressant en ce qu'il montre comment fonctionne une mission humanitaire : faut-il rester ou pas alors même que MSF ne peut pas atteindre les populations qu'elle vise, celles qui n'ont pas accès aux soins ? Réponse dans l'album.
L'auteur s'intéresse aux pays et à ses habitants. Il va jusqu'à suivre un stage de méditation dans un monastère bouddhiste. Ses surprises, ses révoltes, ses amusements, il les fait partager au fil des pages avec un trait de dessin simple et efficace. Avec un regard tendre, amusé et féroce qui donne à deviner, à approcher, la terreur qui règne au Myanmar.
Christian Le Meut
Chroniques birmanes, Guy Delisle, Ed. Shampooing, 16,5 €, 2007.
00:15 Publié dans Etrebroadel/International , Gwirioù mab den/droits de l'être humain , Levrioù/Livres/BT/BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Birmanie, BD
02/05/2008
BT : Chroniques birmanes

Guy Delisle, tresour a vicher a-vro Gebek a orin, a zo dimezeet get ur vaouez a labour evit Médecins sans Frontières. Hag e vaouez a oa bet kaset d'ar Myanmar, war dro tri bloaz zo... Ar Myanmar, n'anavezit ket ? Anv kozh ar Birmanie, met ar jeneraled a zo e-penn an diktatur-se o doa chanchet anv ar vro e 1989. Ha setu ar familh, ar vamm, an tad hag o poupon Louis, da vont di. Da labourat, da glask un ti, da bourmen e kêr, da foetañ bro...
Frankiz ebet
Ar familh a zo e chom tost da di Aung San Suu Kyi, ur vaouez bet roet dezhi priz Nobel ar peoc'h e 1992, met toull bac'het abaoe 1991 goude bet gouniet ar votadegoù get he strollad politikel... Droad ebet da tostaad, zoken evit un tad a zo e bourmen get e vab... Soudarded a zo e pep lec'h. Spiet e vez an dud get an diktatur, betek mailoù Médecins sans Frontières a vez lennet gete ! Sonjet m'eus er film "Brazil" e lennet ar pajennoù-se...
Frankiz ebet da gomz, da lâr ho sonj, da sevel strolladoù politikel, da vanifestiñ pe da embann kazetennoù. Ar pennadoù skrid a lâr "traoù faos" a ziar benn Birmanie barzh kazetennoù kaset a estrenvro a vez troc'het, sizailhet, araok bout lakaet war ar marc'had ! Médecins sans frontières en em c'houlenn ma dalv ar poan chom er vro-se peogwir n'hellont mui tostaad d'an dud o deus dober a vout sikouret... Interesus eo an albom e keñver an dra-se ivez : penaos a gerzh an traoù get ur "mission humanitaire". Diaes bras eo labourat e broioù evel ar Myanmar...
Krizder an diktatur
Guy Delisle, eñv, a ra ar dro e vab, a dres, a sav tamm ha tamm darempredoù get tud ar vro. Gwellout a ra ivez gizioù hag emzalc'h an dud, souezhus-bras evit an estranjour. Diskouezh a ra ivez glac'har ar bobl, d'ar peurliesan, hag e levenez a wezhoù. Dedennet eo ar paotr get an dud. Dont a ra betek heuliañ ur sort staj barzh ur manati evit deskiñ penaos prederiañ, get boudisted.
Al levr-se a ziskouezh buhez ur bobl lakaet edan gwask ha krizder un diktatur taer ha sot penn da benn. Get un taol lagad fentus memestra. Ul levr kentelius ha talvoudus-tre.
Guy Delisle, Chroniques birmanes, Ed. Shampooing, 16,5 €
Christian Le Meut
09:55 Publié dans Etrebroadel/International , Levrioù/Livres/BT/BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Myanmar, Birmanie
28/04/2008
Livre : "Le mythe national" réédité
Je conseille la lecture du "Mythe national, l'histoire de France revisitée", excellente étude historique de Suzanne Citron parue en 1988 et qui vient d'être rééditée, enrichie, en format poche. L'historienne y explique comment l'histoire de France s'est formée au cours des siècles, par qui et pourquoi. Elle montre particulièrement comment les historiens républicains du XIXe, comme Lavisse, ont bati un "roman historique" français cherchant à faire croire que la France et la nation française existaient de toute éternité, par le biais de "nos ancêtres les Gaulois... En cachant l'histoire de beaucoup d'autres peuples, commes celle des Bretons, par exemple. Le but ? Prendre la place de la monarchie absolue (qui tenait son pouvoir de Dieu lui-même); légitimer la République. Mais, ainsi, des idées précises, voire étroites, ont été mises dans la tête de bien des gens : un peuple, une histoire, une langue. Les autres peuples ? Les autres langues ? Les autres cultures ? Dépréciés, méprisés, oubliés, évacués des livres d'histoires étudiés par les écoliers. Par exemple on y parle de la Bretagne une fois qu'elle est "rattachée" à la France. Avant ? Pas d'histoire. Et s'il ya eu des guerres et des milliers de morts pour aboutir à ce "rattachement", on ne l'explique pas aux écoliers.
C'est aussi ainsi que l'on a appris aux enfants d'Afrique, ou aux Kanak de Nouvelle-Calédonie, que les Gaulois étaient leurs ancêtres! C'était faux pour eux, mais ça l'est aussi pour nous : les Gaulois font partie de nos ancêtres mais ils ne sont pas les seuls. Il y a beaucoup d'autres peuples, parmi nos ancêtres mais cela nous a été cachés. Avec ce livre, Suzanne Citron nous rappelle que l'histoire est plurielle, comme le sont nos racines historiques, culturelles et humaines.
Christian Le Meut
Le mythe national, Suzanne Citron, Ed. de l'Atelier, 2008, format poche (11,9 €).
15:10 Publié dans Deskadurezh/Education , Istor/Histoire , Levrioù/Livres/BT/BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Histoire, France, livre, Suzanne Citron
27/04/2008
Levr : Le mythe national
"Le mythe national, l'histoire de France revisitée" a zo bet embannet en dro e miz Meurzh 2008. Skrivet get Suzanne Citron, al levr-se a oa bet embannet evit ar wezh kentañ e 1988. Suzanne Citron a zispleg e-barzh penaos a oa bet savet istor Bro C'Hall, get piv ha perak. Penaos e oa bet savet ar "roman national français" get istorourion brudet evel Lavisse, evit lakaat an dud da grediñ e oa Bro C'Hall hag ar Fransizion ur vro hag ur vroadelezh a vizkoazh, dre ar Galianed... E kuzhat istor ur bochad pobloù, evel istor ar Vretoned, da skouer.
Ar pal ? Kemer plas ar rouantelezh (roet veze d'ar roueed o galloud get Doue e unan !); lejitimañ ar republik. Met, mod-se, sonjoù strizh a zo bet lakaet barzh pennoù ur bochad tud : ur bobl, un istor, ur yezh. Pobloù all ? Istorioù all ? Yezhoù all ? Sevenadurioù all ? Dispriziet, dismeganset, ankouiet, skarzhet ag al levrioù istor roet d'ar skolidi. Komzet 'vez a Vreizh barzh al levrioù skol ofisiel, ur wezh daet da vout staget, "rattachet" (evel ma vez lâret), da vro Frans. Araok ? Istor ebet. Ha ma z'eus bet brezelioù ha miliadoù a dud lâzhet evit stagiñ Breizh a Vro Frans, an dra-se ne veze, ha ne vez ket c'hoazh, displeget d'ar vugale.
Mod-se ivez a oa bet desket d'ar vugale ag Afrika, pe d'ar C'hanaked, penaos e oa ar Galianed o gourdadoù ! An dra-se oa faos evite, met evidomp ivez : ar Galianed a zo e mesk hor gourdadoù, met n'int ket o unan. Ur bochad pobloù all a zo e-mesk hor gourdadoù met an dra-se a zo bet kuzhet deomp. Get al levr-se e c'hellomp kompreiñ gwelloc'h hon istor. Trugarez vras da Suzanne Citron.
Christian Le MeutLe mythe national, Suzanne Citron, Embannadurioù De l'Atelier, 2008, stumm chakod (11,9 €).
22:30 Publié dans Breizh/Bretagne , Deskadurezh/Education , Istor/Histoire , Levrioù/Livres/BT/BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Histoire, France
"Ce que nous prenons pour "notre" histoire..."
Citation de Suzanne Citron extraite du "Mythe national", page 307, éd. 2008 : "Ce que nous prenons pour "notre" histoire résulte, nous l'avons vu, d'une manipulation du passé par les élites au service, ou à l'appui, des différents pouvoirs. Une historiographie apologétique de l'Etat et d'un "génie français" hors normes sous-tendait l'imaginaire national construit par la Troisième République.Distanciée, aujord'hui, comme "roman national", cette histoire n'en demeure pas moins prescrite dans les programmes du collège, étape décisive de la scolarité obligatoire. Les instructions officielles présentent le découpage traditionnel, qui remonte à 1802*, comme une histoire "patrimoniale", qui serait tout à la fois mémoire collective, mémoire nationale, mémoire partagée. Ce qui est faux, puisque le récit de la France-Gaule méconnait l'histoire des trois quarts des Français, qu'ils soient corses, alsaciens, juifs ou arabes, petits enfants d'immigrés et/ou d'anciens colonisés. (...).
La culture républicaine, façonnée avant 1914, est aujourd'hui obsolète. Les Français du XXIe siècle ont à inventer une francité nouvelle, plurielle, métissée, généreuse, ouverte sur l'avenir".
Suzanne Citron
* S. Citron a également publié "L'histoire de France autrement", ed. de l'Atelier, 1992. Elle remet en question également le découpage chronologique de l'histoire de France.
12:55 Publié dans Istor/Histoire , Levrioù/Livres/BT/BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Livre, histoire, France
23/04/2008
Aimé Césaire : extrait du Discours sur le colonialisme
Aimé Césaire vient d'être enterré en grandes pompes; on parle de le transférer au Panthéon; le président Sarkozy assiste aux obsèques... Mais a-t-il lu Césaire ? Les responsables de la droite française, qui ont voulu réhabiliter les "aspects positifs" de la colonisation il n'y a pas si longtemps, l'ont ils lu ? Courte citation extraite du "Discours sur le colonialisme", édité en 1950 (page 19, réédition de 1991, Ed. Présence africaine) :
"Entre colonisateur et colonisé, il n'y a de place que pour la corvée, l'intimidation, la pression, la police, l'impôt, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la mufflerie, des élites décérébrées, des masses avilies.
Aucun contact humain, mais des rapports de domination et de soumission qui transforment l'homme colonisateur en pion, en adjudant, en garde-chiourme, en chicote, et l'homme indigène en instrument de production.
A mon tour de poser une équation : colonisation = chosification.
J'entends la tempête. On me parle, de "réalisations", de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d'eux-mêmes.
Moi je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, des cultures piétinées, d'institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d'extraordinaires possibilités supprimées".
Aimé Césaire
22:35 Publié dans Gwirioù mab den/droits de l'être humain , Levrioù/Livres/BT/BD , Politikerezh/Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Césaire, discours sur le colonialisme
16/04/2008
Levr/Livre : Avel gôrnog
Avel gornôg a zo levr diwezhañ ar Bigouter Yann Bijer. Istor e familh a zo kontet getan. N'eo ket skrivet "envorennoù" barzh al levr, na "roman". Envorennoù romanset neuze?
Ni'zo er bloaz 1916, e Lechiagad, Bro Vigoudenn. An tadoù a zo bet kaset d'ar brezel, ne chom nemet gwazed kozh, merc'hed ha bugale. Naïg ar Prad a zo e chom he unan get he mamm, met peurrest ar familh a zo tost-tre : tud kozh, moerebed, kenitervezed ha kendirvi... Ha surtout Tamm Bouchig, he c'henderv muiañ karet... Betek re ?
Heuliañ istor ar familh-se a zo bourrapl bras. Bez zo an tud ag ar mor (familh an tad); ha tud ag ar maezioù (familh ar vamm). Chikan ebet etreze, ar c'hontrel eo. Yann Bijer a ya pell a wezhoù : n'en deus ket aon da reiñ deomp un nebeut kentelioù Istor, evel ar gentel a ziar benn Charlez Veur, met kentelius eo...
Ur bochad tudennoù a zo barzh al levr, met n'omp ket kollet. Yann Bijer a gas an istor get begon hag, a-benn ar fin, daoust d'al levr bout hir pasapl (454 pajenn) m'eus ket kavet hir an amzer getan, ken deverrus eo. E gwirionez, neoazh, mard on bet plijet bras get doare Yann Bijer da skrivañ, on bet dipitet get an istor karantez etre Naïg hag he c'henderv.
An istor a grog e Lechiagad, met echuiñ a ra e Kiberen rak pesketourion a vro Vigouden a zeue da besketaat e Kiberen pand a rae diouer a besked en o bro. Bijer a zispleg ar vuhez e Kiberen er bleadeù 1920, get an douristed (dija), ar friturioù (n'eus ket mui kalz anezhe), ar besketourion (idem)...
Da lenn, neuze, Avel gornôg, Yann Bijer, ti embann Al Liamm. 2007. 18 €.
E galleg/En français : petite note pour encourager vivement la lecture de ce roman en langue bretonne, Avel gornôg, écrit par le Bigouden Yann Bijer. L'auteur, dans un style savoureux, retrace l'histoire de sa famille de marin-pêcheurs à Léchiagad (sud Finistère), au temps de la première guerre mondiale.
Christian Le Meut
00:05 Publié dans Auray (pays d') , Brezhoneg/Langue bretonne , Levrioù/Livres/BT/BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bretagne, livre, breton
14/04/2008
Jean Breurec : le bourlingueur est parti
Mon ami Jean Breurec est décédé jeudi dernier à l'âge de 79 ans. Nous avions fait connaissance il y a 5-6 ans au sein du collectif Pêche et développement, à Lorient. Marin pêcheur, Jean avait pas mal bourlingué; il avait écrit ses mémoires et je l'avais aidé à les mettre en forme. Ce travail a donné "Bourlingueur", un ouvrage édité chez Skol Vreizh en 2004.
Né en 1928 à Gâvres, Jean Breurec avait embarqué dès l’âge de 7-8 ans sur le bateau de son père, Fernando. Il était le témoin d’une époque révolue où les femmes gâvraises travaillaient dans les conserveries de sardines quand les hommes partaient en mer.
Officier de pêche industrielle à la morue dans les années 50, il revint s’installer à Gâvres en 1954 comme pêcheur artisan jusqu’en 1968. Responsable syndical CGT, inquiet de l'avenir de la pêche, il participa à la mise en place d'une zone de contingentement ayant pour but de limiter le prélèvement de poisson et d'assurer le renouvellement des stocks. Ce fut un échec. Il était également engagé au Parti communiste et se présenta à plusieurs scrutins.
En 1968, Jean Breurec et sa famille partirent s'installer à Dakar, puis à Madagascar. C’est en Algérie qu’il termina sa carrière professionnelle comme formateur de patrons pêcheurs.
De retour à Gâvres, Jean Breurec adhéra au collectif lorientais Pêche et développement. "Il est crucial que les marins prennent conscience que c’est à eux de mettre des limites à l’exploitation des ressources halieutiques, ne serait-ce que pour assurer la survie des espèces, l’alimentation des populations et la pérennité de la pêche côtière. Les pêcheurs ne sont pas propriétaires de ces ressources, ils n’en sont que les gestionnaires" écrivait-il en conclusion de son livre.
Christian Le Meut
10:30 Publié dans Breizh/Bretagne , Levrioù/Livres/BT/BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Gâvres, pêche
02/04/2008
Livre : Mon ami Frédéric
"Mon ami Frédéric" : ce livre, je viens de le découvrir dans sa version bretonne, puisqu'il a été traduit et édité en breton en 2007 sous le titre "Frederig" aux éditions Keit vimp bev. Pourtant, sa première édition, en allemand, date de 1980 (environ) et sa traduction en français a, semble-t-il, été simultanée. La couverture ci-contre est celle de l'édition 2007 avec une traduction d'Anne Georges. "Mon ami Frédéric" est édité au Livre de poche jeunesse, comme son édition en langue bretonne est dans une collection pour adolescents. Je ne sais si c'était l'intention de l'auteur, Hans Peter Richter, psychosociologue né à Cologne en 1925 et mort en 1993, qui a travaillé pour des émissions scolaires, mais je trouve celà un peu dommage car ce roman devrait être mis entre le plus de mains possibles, adolescentes et adultes.
1933
Nous sommes donc face au récit de la vie quotidienne de deux familles modestes, locataires d'un propriétaire acariâtre. Deux jeunes couples allemands, l'un chrétien, l'autre juif. Ils ne se fréquentent pas jusqu'en 1925, année de la naissance de deux garçons qui deviendront inséparables. Les parents aussi, deviennent amis. Les préjugés antisémites existent mais ne portent pas à conséquences. Jusqu'en 1933.
La vie quotidienne de la famille juive se compliqueà partir de 1933. Le père se fait renvoyer de son travail de facteur; Frédéric, né dans la famille juive, lui, est obligé de quitter son école pour rejoindre un établissement pour enfants juifs; les brimades se succèdent. Mais les résistances aussi. Le propriétaire, désormais membre du parti nazi, veut chasser ses locataires juifs. Un juge lui donne tord. L'instituteur, avant d'annoncer que Frédéric doit quitter la classe, donne un cours d'histoire des Juifs à ses élèves, très éloigné de la propagande nazie, et plus proche de la réalité historique.
Partir ?
Et puis les liens d'amitié durent entre les deux familles, alors que le père de famille chrétienne a pris sa carte au parti nazi. Chômeur de longue date, il compte ainsi trouver du travail. De fait, il en trouve. Par ce genre de petit détail, l'auteur, qui a vécu cette période, montre comment le régime nazi a su s'attirer les faveurs de millions d'Allemands : en donnant du travail, du logement, en améliorant la vie quotidienne des Allemands... aryens.
Cet homme, le père du narrateur, tente de prévenir ses voisins, les supplie de quitter l'Allemagne mais le père de Frédéric ne veut rien entendre. Il est allemand et pense que les choses se calmeront. Il se trompe. Un jour des pillards viennent voler tout ce qu'ils peuvent dans l'appartement familial, avec la participation du propriétaire, sous prétexte de récupérer des biens allemands volés par les Juifs... La mère est frappée violemment. Elle meurt... Pourtant, Frédéric conserve son envie de vivre, quitte à prendre des risques inconscients.
Ce roman, basé sur des faits historiques, montre comment la terreur s'installe petit à petit. Comment un Etat peut l'organiser, stigmatiser une partie de la population et aller jusqu'au crime de masse. "Mon ami Frédéric" est écrit dans un style simple, très efficace. La violence qu'il décrit n'en est que plus frappante.
Christian Le Meut
Mon ami Frédéric, Hans Peter Richter, Ed. Le livre de poche jeunesse, 2007.
22:21 Publié dans Galleg/français , Istor/Histoire , Levrioù/Livres/BT/BD , Politikerezh/Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Allemagne, livre
Levr : Frederig
Ur sonj vat : setu ar pezh a faota din skrivañ da gentañ. Troiñ hag embann al levr-se e brezhoneg a zo ur sonj vat ha ma c'hellehe "Frederig" bout troet en ur bochad yezhoù all, un dra fiskal vehe. Graet eo bet e galleg abaoe pell edan an titl : "Mon ami Frédéric" (embannet get Le livre de poche).
Frederig a zo istor daoù baotr, ganet e 1925 en Alamagn, evel ar skrivagner, Hans Peteer Richter (marv e 1993). Unan, ganet barzh ur familh kristen, a gonta an istor; an eil a zo ganet barzh familh ar voisined, yuzevien, Frederig Schneider. Feurmet e vez get an div familh ranndier get an aotroù Resch, ar perc'hennour a zo e chom en traon. Un den get sonjoù fall. An daou baotr a za da vout mignoned bras, hag o zud ivez. Tad Frederig a zo faktour, an eil a zo dilabour.
Skarzhet ag e skol
Ar vuhez a zo plijus evit an daou krouadur a ya d'ar skol asambles met Hans Peteer Richter a ziskoue penaos an traoù a ya war fallaat. Penaos eh eus raksonjoù e keñver ar Yuzevien barzh pennoù ur yoc'h tud. Betek 1933, n'eo ket ken grevus, met adalek ar bloaz-se...
Frederig a zo tamallet da vout torret getan gwer ur stal, ar pezh a oa bet graet get e vignon... Tad Frederig a zo skarzhet ag e labour... E 1934, emañ ret da Frederig mont kuit ag e skol : skolioù evit ar Yuzevien o unan a zo bet savet get an nazied. Ha c'hoazh, ha c'hoazh.
N'eo ket aes ivez ar vuhez ivez evit an eil familh, ar re gristen, a zo paour razh. Sikouret vezont get an tad kozh, un den a vag sonjoù fall e keñver ar Yuzevien. Ar familh kristen ne wella ket fall ar chanchamentoù kaset get an nazied. An tad a lak e anv barzh ar strollad nazi, get an esperans e vo roet labour dezhan; ar mab a ya d'ar "yaouankizioù hitlerian"... Ha benn ar fin, ar vuhez a ya gwelloc'h : roet eo ul labour d'an tad met rebechet eo dezhan e zarempredoù get e voisined. Richter a ziskouezh mod-se penaos an nazied o doa gwellaet buhez pemdeziek an Alamaned, an "Aryaned" e reiñ dezhe labour, lojeriz...
Evit ar re all (ar Yuzevien, hag an dud a oa a enep an nazied), falloc'h fallan oa ar vuhez. Al levr a zispleg penaos un nebeut tud a stourm a-enep sonjoù an nazied evel ur barner, ur mestr-skol... Met n'eo ket trawalc'h. Krizeo ar romant-se, kriz evel ar wirionez.
Ul levr evit razh an dud
"Frederig" a zo embannet (e galleg hag e brezhoneg) barzh rummadoù evit ar grennarded. Youll ar skrivagner oa, marteze ? Met domaj eo rak ul levr eo evit razh an dud, ar grennarded hag ar re vras. Frederig a zelehe bout lennet get ar muian posupl a dud. An doare da skrivañ a zo aes da lenn hag an istor a zo kreñv, kriz, ha kentelius. Komprenet vez gwelloc'h ar mare-se (1925-1942) en Alamagn goude bout lennet al levr-se.
Christian Le Meut
Frederig, Hans Peteer Richter; troet e brezhoneg get Hans Peter Richter. 2007. Embannadurioù Keit vimp bev.
22:18 Publié dans Brezhoneg/Langue bretonne , Gwirioù mab den/droits de l'être humain , Istor/Histoire , Levrioù/Livres/BT/BD , Politikerezh/Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Livre, nazisme, brezhoneg


