09/05/2008

Auray/An Alré : prezegenn war ar brezhoneg/conférence sur le breton

Kemenadenn a-berzh Kerlenn Sten Kidna An Alré/Communiqué du Cercle Sten Kidna d'Auray :

"La langue bretonne situation actuelle et avenir/Ar brezhoneg bremañ hag en amzer da zonet

Conférence-débat  organisée par le Cercle Sten Kidna avec Meriadeg Vallerie  (de l'Office de la Langue Bretonne, auteur d'un rapport sur l'état du breton publié en 2007)

Prezegenn aozet get Kerlenn Sten Kidna get Meriadeg Vallerie (ag Ofis ar brezhoneg, skrivet getan ur studiadenn embannet e 2007 a zivout stad ar brezhoneg

Jeudi 22 mai à 20 h 30 à Auray/D'ar yaoù 22 a viz Mae, 8e30 da noz, en Alré

Salle du cercle Sten Kidna, ancienne école Rollo, rue Joseph-Rollo  - tél. 02.97.29.16.58.
Sal Kerlenn Sten Kidna, skol gozh Rollo, straed Joseph Rollo - pellgomz : 02.97.29.16.58.
Entrée gratuite/Netra evit monet e-barzh

E galleg e vo ar brezegenn/La conférence sera en français"

08/05/2008

Langues régionales : toujours pas de ratification de la Charte européenne

An diviz a zo bet dec'h er Vodadeg vroadel a zo bet interesant ha doujus awalc'h (ar pezh a chanche keñver tabutoù paseet war ar yezhoù rannvroel), met e fin an abadenn, an intron Albanel, ministrez ar Sevenadur, deus displeget c'hoazh penaoz ne vo ket kadarnaet, ratifiet, Karta Europa ar yezhoù minorel get gouarnamant Bro Frans, ar pezh a zo dipitus. Prometaet he deus ul lezenn nevez... Met petra a vo e-barzh ?

Ma faota deoc'h lenn ar pezh a zo bet lâret dec'h, embannet eo war lec'hienn ofisiel ar Vodadeg vroadel (eil lodenn ag an destenn) : 

Le débat qui a eu lieu hier à l'Assemblée Nationale a été intéressant et relativement respectueux (ce qui change par rapport à des débats précédents sur les langues régionales mais, en fin de séance, la ministre de la culture, Mme Albanel, a expliqué que le gouvernement ne ratifierait toujours pas la Charte européenne des langues minoritaires, ce qui est décevant. Elle a promis une nouvelle loi... Mais quel en sera le contenu.

Si vous voulez lire le contenu du débat, il est édité sur le site officiel de l'Assemblée nationale (deuxième partie du texte) :

http://www.assemblee-nationale.fr/13/cra/provisoire/netpr... 

Neuñviadenn gentañ/première baignade !

Graet eo, ma neuñviadenn gentañ barzh mor bras Atlantel, e Sant Filibert, traezhenn Kerneveste e bae Kiberen. Ne oa ket tomm tomm an dour (war dro 12°/13° hervez ar c'hazetennoù), marteze un nebeut muioc'h war ar bord (14° ?). Kaer e oa an amzer met n'on ket chomet pell, memestra... Me vourr bras neuñvial barzh mor, met pand eo tommoc'h ur sort.

C'est fait, mon premier bain de l'année dans l'océan Atlantique, à Saint-Philibert, plage de Kerneveste, en baie de Quiberon. La mer n'était pas chaude chaude :  12/13° selon les journaux, peut-être un peu plus au bord (14 ?). Le temps était beau, mais je ne suis pas resté longtemps, cependant. J'aime beaucoup nager dans l'océan, mais quand il est un peu plus chaud quand même.

 

07/05/2008

Langues régionales : débat aujourd'hui

Hervez ar pezh m'eus lennet, an diviz war ar yezhoù rannvroel er Vodadeg vroadel a grogo da 4e15 d'enderv hag a bado peder euriad (memestra), met n'ouion ket ma vo an abadenn skignet get ur chadenn skinwell.

D'après ce que j'ai lu le débat à l'Assemblée nationale sur les langues régionales commencera à 16h15 et durera quatre heures (quand même !) mais je ne sais pas s'il est diffusé par une chaîne de télévision.

Et nous avons couru !

Et nous avons couru ! Nuits et jours. De Nantes à Carhaix, soit 600 km sous le soleil, la lune, la pluie, le vent, dans le brouillard, dans la chaleur ou dans le froid. Avec entrain, énergie, et douleur parfois. Sur le plat, dans les montées, les descentes; sur des routes étroires ou de larges avenues, et pour finir, dans un champs, nous avons couru.

Des centaines de personnes se sont passées le relais, des milliers ont couru derrière elles. D'autres milliers les attendaient sur le bord des routes pour les encourager. Enfants, adolescents, adultes, et parfois grand-parents. Elèves ou parents des écoles Diwan (immersion), des écoles bilingues publiques ou bilingues privées, membres d'associations ou de clubs sportifs, d'entreprises, de communes, de toutes professions; bretonnants ou non, apprenants, sympathisants. Avec parfois des élus.

Aucun accident à déplorer sur les 600 km, grâce aux bénévoles qui couraient eux aussi, pour bloquer la circulation, assurer l'animation, conduire les véhicules accompagnateurs, donner de l'eau aux coureurs, assurer la sécurité. 

Plus de 600 km vendus...
La première Redadeg, course pour la langue bretonne, du 1er au 3 mai, a donc été un succès. Tous les km ont été vendus, à 100 euros le km, au profit des écoles Diwan, cette année. La prochaine Redadeg devrait se faire pour le compte d'une autre association oeuvrant pour la langue bretonne. Des associations, particuliers, entreprises, communes, ont acheté ces kilomètres. Au final, plus de 600 km.  C'est donc environ 60.000 euros qui ont été, ou sont en cours d'être collectés pour Diwan. Association qui court, elle aussi, et tout le temps, pour boucler ses budgets.

L'écho de la course n'a, semble-t-il, pas trop atteint les médias parisiens. A part quelques flashs sur RTL, France Info, France Inter (mais peut-être en avez-vous entendu d'autres ?). Des reportages sur France 3 "Ouest". Ils sont un peu bloqués, du côté de Paris, par rapport aux langues "régionales"... Les radios bretonnantes étaient présentes, notamment Radio Bro Gwened avec Andrea Le Gall sur une moto, venant interviewer les porteurs de relais.

Ensemble
C'était émouvant de voir tellement de gens impliqués, courant pour montrer leur volonté, leur détermination, leur bonne humeur, leur "begon" (prononcer "beudjon", en breton vannetais, leur pêche, leur énergie); se passant le relais de main en main, de kilomètre en kilomètre, de commune en commune, de département en département. Bien-sûr, beaucoup d'entre nous, militants, bénévoles, parents d'élèves, enseignants, courons déjà toute l'année pour la langue bretonne mais là, nous l'avons fait ensemble, et pas chacun de son côté. 

Merci aux organisateurs, et félicitations à eux (à nous !).

Y-aura-t-il une autre Redadeg, une autre course pour la langue bretonne dans deux ans ? Ce serait "fiskal", "dreist", super. 

Et quoiqu'il arrive, ne perdons pas ce souffle, ce rythme, ni cet état d'esprit.

Christian Le Meut

http://arredadeg.free.fr/ 

06/05/2008

Liberté de la presse : perquisition à Radio Frequenza Mora !

"Un an de présidence Sarkozy : triste anniversaire pour la liberté de la presse" est le titre d'un communiqué que le Syndicat national des journalistes (SNJ), vient de publier (intertitres de Rezore) :

"Raid de la PJ à radio Frequenza Mora à Bastia ce mardi 6 mai 2008. Les enquêteurs voulaient prendre l’ADN et les empreintes digitales de tout le personnel. Ils cherchaient, à l’évidence, à trouver les sources d’un communiqué du « FLNC 1976 » parvenu la veille à la station. Devant l’opposition collective et unanime, ils y ont renoncé.

Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), premier syndicat de la profession, dénonce ces méthodes scandaleuses qui visent à intimider, apporte tout son soutien aux personnels de RCFM et saisit les autorités concernées en leur demandant des explications. Dans quelle République sommes-nous où des citoyens se verraient fichés parce qu’une information a été diffusée ?

Sur la protection des sources des journalistes, la France, déjà très en retard sur la loi et la jurisprudence européennes, a enfin rédigé, il y a quelques semaines un projet de loi, un texte très insuffisant dans son état actuel. Il sera présenté aux députés le 15 mai sous le regard très attentif de tous les journalistes.

Quotidiens en grève
Deux quotidiens nationaux « Le Monde » et « La Tribune » ne paraissent pas ce même mardi car les personnels y sont en grève pour la survie de ces deux titres et le pluralisme de l’information. Dans quelle République sommes-nous où la liberté de l’information ne serait plus garantie par la possibilité pour la presse d’exister sans être soumise aux lois du marché qui, dans ce domaine, sont liberticides ?

“Les médias sont un élément primordial de la vie démocratique et il est donc tout à fait légitime de poser la question de leur indépendance et de leur pluralisme. Cela étant, j’observe que la France s’est dotée d’un nombre important d’instances de contrôle qui s’assurent de la régularité des opérations et de l’indépendance des supports médiatiques”, écrivait le candidat Sarkozy au SNJ le 20 avril 2007.

Réformer les aides et renforcer la déontologie
Un an après et des crises à répétition dans toute la presse, il est urgent de réformer le système des aides directes et indirectes de l’Etat afin qu’elles répondent vraiment aux nécessités du pluralisme essentiel dans un pays démocratique. Le SNJ y est prêt.

Parmi les autres engagements du candidat : « Je suis favorable à ce que les chartes nationales et internationales garantissant l’éthique de la profession soient annexées à la convention collective nationale de travail des journalistes. Je proposerai aux partenaires sociaux de se saisir de cette réforme importante et symboliquement très forte ». Rien à ce jour et les employeurs, pourtant relancés par les syndicats de journalistes refusent même de répondre !

Quant à l’Audiovisuel  de Service Public pour lequel le même candidat nous écrivait :  « Je pense que l’augmentation des ressources publicitaires est possible et qu’elle ne dénature pas le service public de l’audiovisuel », son existence est menacée si aucun financement pérenne ne lui est garanti pour l’accomplissement de toutes ses missions et sans ressources publicitaires.

Qui pourrait constater un tel bilan sans vouloir y remédier rapidement ? SNJ".

Langues régionales : une loi en 2009 ?...

Vingt députés UMP, dont plusieurs bretons, qui signent une tribune en faveur des langues régionales dans un journal basque; une loi qui serait en préparation pour 2009...C'est à lire sur le site Oui au breton.

Citation extraite de la tribune des députés : "Il est temps de sortir des clichés faciles et méprisants que certains répètent à l’envi dès que ceux qui sont attachés à leur identité culturelle s’expriment. Que l’on cesse à chaque fois que nous souhaitons faire reconnaître nos patrimoines linguistiques locaux de nous agiter le mistigri de la fin de l’unité française ! Aimer parler alsacien, basque, breton, corse, flamand, gallo, occitan ou provençal et vouloir transmettre ces langues, ce n’est pas trahir la France mais c’est l’aimer et l’enrichir ! Non, les langues régionales n’ont rien à voir avec le patois, elles sont le fruit d’une histoire et d’une culture qui, souvent, fondent l’histoire de notre pays. Comment construire l’avenir de notre pays en reniant ses fondements ? L’unité n’est pas l’unicité. Connaissez-vous une famille dont les membres sont absolument identiques ? Et même si cette famille existait, trouveriez-vous cela très sain ? Nous ne sommes pas des clones. L’égalité n’est pas l’uniformité, nous estimons au contraire que les différences contribuent à l’affirmation d’une richesse culturelle commune".

http://ouiaubreton.com/ 

05/05/2008

Ha redet hon eus !

Ha redet hon eus ! A Naoned da gKaraez. Noz ha deiz. Edan an amzer brav, edan an amzer fall, edan an heol, al loar, ar glav, an avel, al latar, ar yenijenn... Get tud all, ur bochad d'ar peurliesan, pe un nebeut a wezhoù. Get plijadur ha poan. Get startijenn ha skuizder ivez. Miliadoù a dud a oa war bord an hent evit reiñ kalon deomp; miliadoù o deus redet ivez : 2.000 ? 3.000 ? Bugale (a Ziwan, hag ar skolioù publik ha privez ivez), oadurion, gwazed, merc'hed; tud a bep sort micher; ha dilennidi ivez. N'eus ket bet gall zarvout ebet a-hed ar 600 km a drugarez d'an aozourion hag a oa e redek e pep lec'h, e komz barzh ar mikro, e reiñ dour d'ar rederion, ec'h ober ar dro ar surentez.

Berzh 'deus graet ar Redadeg. Dastumet eo bet geti argant : 60.000 €, ha marteze muioc'h. Euroioù a zo bet roet get tud, kevredigezhioù, embreregezhioù met ivez kumunioù. Pennadoù skrid a zo bet embannet barzh ar c'hazetennoù rannvroel, un nebeut abadennoù er skinwell (F3) hag er skingomz (France Info, France inter, RTL... ha Radio Bro Gwened a oa daet get ur moto !). Met dasson ar redadeg n'eo ket aet betek Paris. Bouzard awalc'h int, du-hont, e-keñver ar yezhoù rannvroel.

Fromus eo bet, gwelout kement-se a dud e redek evit ar brezhoneg, e tiskouezh ho youl, ho begon (distaget "beudjon" : "startijenn" e gwenedeg); e reiñ ar vazh test a zorn da zorn, a gilometr da gilometr. Anat eo, redet e vez geneomp a-hed ar bloaz evit ar brezhoneg, n'eo ket bet gortozet geneomp ar Redadeg evit redek da vat. Met ar wezh mañ, redet hon eus asambles, ha pas pep hini d'e du, pep hini barzh e vro, ar pezh a zo bet kalonekus bras. Trugarez d'an aozourion. Ha gourc'hemennoù dezhe.

Hag e vo ur redadeg all evit ar brezhoneg a-benn daou vloaz ? Fiskal vehe.

Ho leskel a ran bremañ, mont a ran da redek.

Christian Le Meut

Ar Redadeg : testenn Nolwenn Korbel

Sed amañ testenn ar gemennadenn he deus beajet er vazh-test etre Naoned ha Karaez.
Gant Nolwenn Corbel eo bet skrivet ha lennet eo bet war leurenn Kerampuilh gant Yann-Herle Gourves.

Voici le texte  écrit par  Nolwenn Korbel et qui était dans le témoin que 600 relayeurs se sont passés tout au long de la Redadeg. Il a été lu par l'acteur Yann-Herle Gourves sur la scène, à Carhaix, à l'arrivée des coureurs.

 "Tamm ha tamm 'vez graet e vragoù da Yann
Tamm ha tamm 'teu kof d'ar vamm
skolpenn ha skolpenn 'vez stummet an delwenn
Dorn ha dorn 'vez frailhet ar skorn
Delienn ha delienn 'teu blev d'ar wezenn
Kest ha kest 'teu reut ar voest
Bleuñv ha bleuñv 'vez fichet ar c'hleuz
Lagad ha lagad 'tiskoacher ar c'had
Taolenn ha taolenn 'tifluk an awen
Gwalenn ha gwalenn 'tistrujer ar chadenn
Ger ha ger 'vez kavet ar ster
Houlenn ha houlenn 'teu kein d'ar wagenn

Tamm ha tamm, ya, tamm ha tamm
Met tamm ha tamm n'eo ket bras a-walc'h al lamm

'Baoe m'eo savet an heol e redan
War hentoù distradet, plaen, strizh ha ledan
O teurel pled deus kement den a welan
O terc'hel soñj deus kement kan a glevan
'Baoe m'eo tarzhet an deiz e redan
War-lerc'h petra, piv ? N'em c'houlenn a ran !

Hir, hir, hir, hir, hir an hent
Hir, hir, hir, hir, hir an neudenn Her,
her, her, her, her an hent
Pe'r, pe'r, pe'r, pe'r 'vo e penn ?

'Baoe ar c'hokerikero kentañ e redan
Bountet, douget, heñchet ga'n avel, ar glizh, ar balan
Ailhenn, glav pil polos, ar grizilh a faoutan
Tan an heol, dev ar boan a zouran
'Baoe m'eo ganet ar bed e redan
War-lerc'h petra, piv ? N'em c'houlenn a ran !

Hir, hir, hir, hir, hir an hent
Hir, hir, hir, hir, hir an neudenn
Her, her, her, her, her an hent
Pe'r, pe'r, pe'r, pe'r 'vo e penn ?

'Baoe m'eo difoupet ar vuhez e redan
Met aze, hiou, bremañ, diouzhtu e skuizhan
O stouiñ ma fenn 'rak kement urzh a lonkan
O plegiñ ma choug di'an kement taol a dapan
'Baoe m'eo lusket ma c'halon e c'houlan
An aotre da sevel, da brechiñ, da vezañ
Met hiou eo an nevez-hañv, ga'r goukoug e kanan
Da gavout ma hent ha redek pa garan !
"

Nolwenn Korbell (miz Ebrel 2008)

BD : Chroniques birmanes

Le dessinateur Guy Delisle, Québécois d'origine, est allé avec sa femme et leur fils Louis, vivre au Myanmar en 2005-2006 (Myanmar, c'est la Birmanie, rebaptisée ainsi en 1989 par les généraux dictateurs). Là-bas, La maman travaillait pour Médecins sans frontières, le papa s'occupait du bébé, dessinait, et découvrait la vie quotidienne des Birmans. De ce séjour, il a tiré ce livre, un album de BD noir et blanc (couverture kakie), regard d'un étranger immergé dans le pays.

d657e39ff412a9f5331c0d4229d72219.jpgEn promenant son bébé, il se découvre voisin d'Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1992, en résidence surveillée depuis 1991 parce que son parti avait remporté des élections libres de 1990. Le mouvement démocratique fut réprimé dans le sang, comme les récentes manifestations de l'automne dernier menées par les moines bouddhistes... Mais, voisin ou pas, papa avec poussette ou pas, il est interdit de passer dans la rue où Aung San Suu Kyi est emprisonnée.

Ambiance à la "Brazil"
Les militaires sont partout et la surveillance est permanente. Même les magazines importés de l'extérieur font l'objet d'une censure : "Les articles peu flatteurs sur le pays sont systématiquement retirés", ce qui signifie que les pages en sont déchirées ! Les mails de Médecins sans frontières font également l'objet d'une surveillance, ce qui vaut aux lectrices et lecteurs une scène à la "Brazil" (le film), dans laquelle Guy Delisle se retrouve dans un bâtiment gardé d'où les ordinateurs gouvernementaux surveillent les mails de tout le pays...

Les Birmans vivent au quotidien cette oppression : le dessinateur montre leur désespoir, leur vie quotidienne, les fêtes... Son album est aussi intéressant en ce qu'il montre comment fonctionne une mission humanitaire : faut-il rester ou pas alors même que MSF ne peut pas atteindre les populations qu'elle vise, celles qui n'ont pas accès aux soins ? Réponse dans l'album.

L'auteur s'intéresse aux pays et à ses habitants. Il va jusqu'à suivre un stage de méditation dans un monastère bouddhiste. Ses surprises, ses révoltes, ses amusements, il les fait partager au fil des pages avec un trait de dessin simple et efficace. Avec un regard tendre, amusé et féroce qui donne à deviner, à approcher, la terreur qui règne au Myanmar.

Christian Le Meut

Chroniques birmanes, Guy Delisle, Ed. Shampooing, 16,5 €, 2007. 

04/05/2008

Langues régionales : un débat parlementaire attendu

Div gevredigezh ag ar Morbihan o deus skrivet d'ar gannaded araok an diviz a vo er Bodad vroadel dimerc'her kentañ, d'ar 7 a viz Mae. Deux associations morbihannaises ont écrit aux députés avant le débat sur les langues régionales qui aura lieu mercredi prochain, 7 mai. Setu o kemenadennoù/Voici leurs communiqués.

Lizher bet kaset d'ar c'hwec'h kannad ag ar Morbihan get Kerlenn Sten Kidna An Alré/Lettre envoyée par le cercle Sten Kidna aux six députés du Morbihan.

"Le 02/05/2008

    Madame/Monsieur le député   
    Pour la première fois un débat parlementaire est prévu à l'Assemblée nationale le 7 mai prochain afin d'évoquer la situation des langues régionales en France. Nous saluons cette initiative qui doit, à nos yeux, déboucher sur une véritable reconnaissance de ces langues, dont beaucoup sont menacées de disparaître dans le siècle actuel, situation que dénonce l'Unesco.

    Nous souhaitons que le gouvernement et le Parlement prennent, à la suite de ce débat, des mesures concrètes afin de lever des freins qui empêchent encore aujourd'hui la pleine reconnaissance de nos langues régionales. Il s'agit, notamment, de leur donner un statut officiel en ratifiant la charte européenne des langues minoritaires, signée par le Premier  Ministre Lionel Jospin en 1998 et jamais ratifiée. Et si cette ratification exige une modification de la Constitution, il faut la modifier.

    Nous demandons aussi qu'il ne soit pas mis de frein, notamment en terme de postes d'enseignants, à l'enseignement des langues régionales tant en maternelle et primaire  (classes en immersion, bilingues...), que dans le secondaire (immersion, filières bilingues, options) et à l'université. Il faut que les élèves bilingues puissent bénéficier d'un suivi durant l'ensemble de leur scolarité.

    Nous demandons que la place des langues régionales dans les médias publics régionaux (France 3, France Bleue) soit augmentée afin d'aboutir à une parité horaire des programmes dans les régions où des langues régionales sont parlées. Et pourquoi ne pas envisager des médias publics régionaux exclusivement en langues régionales ?

    Nous comptons sur vous, Monsieur le député, pour que les langues régionales de France, langues maternelles de beaucoup d'entre nous, soit enfin pleinement reconnues par la République Française; sans contester la place de la langue française comme langue commune.

    Nous espérons que vous prendrez pleinement part à ce débat. A wir galon geneoc'h/De tout coeur avec vous

    Kerlenn Sten Kidna - An Alré/L'association Kerlenn Sten Kidna - Auray"

Kemenadenn a-berzh Emglev Bro An Oriant/Communiqué de Emglev Bro An Oriant :
"Emglev Bro an Oriant, Fédération de 46 Associations du Pays de Lorient,  compte sur la présence des députés Françoise OLIVIER-COUPEAU (Présidente du Groupe d'Études sur les Langues Régionales à l'Assemblée Nationale), et Jacques LE NAY au débat prévu le 7 mai 2008 à l'Assemblée Nationale sur les langues régionales, pour faire enfin avancer le débat en France en vue de la ratification de la Charte Européenne des Langues Minoritaires". Emglev Bro an Oriant : Tel : 02.97.21.37.05."
emglev@bzh.net

02/05/2008

BT : Chroniques birmanes

8dc3b72a93ad8b633e8ab8257cdea9fc.jpg
Guy Delisle, tresour a vicher a-vro Gebek a orin, a zo dimezeet get ur vaouez a labour evit Médecins sans Frontières. Hag e vaouez a oa bet kaset d'ar Myanmar, war dro tri bloaz zo... Ar Myanmar, n'anavezit ket ? Anv kozh ar Birmanie, met ar jeneraled a zo e-penn an diktatur-se o doa chanchet anv ar vro e 1989. Ha setu ar familh, ar vamm, an tad hag o poupon Louis, da vont di. Da labourat, da glask un ti, da bourmen e kêr, da foetañ bro...

Frankiz ebet
Ar familh a zo e chom tost da di Aung San Suu Kyi, ur vaouez bet roet dezhi priz Nobel ar peoc'h e 1992, met toull bac'het abaoe 1991 goude bet gouniet ar votadegoù get he strollad politikel... Droad ebet da tostaad, zoken evit un tad a zo e bourmen get e vab... Soudarded a zo e pep lec'h. Spiet e vez an dud get an diktatur, betek mailoù Médecins sans Frontières a vez lennet gete ! Sonjet m'eus er film "Brazil" e lennet ar pajennoù-se...

Frankiz ebet da gomz, da lâr ho sonj, da sevel strolladoù politikel, da vanifestiñ pe da embann kazetennoù. Ar pennadoù skrid a lâr "traoù faos" a ziar benn Birmanie barzh kazetennoù kaset a estrenvro a vez troc'het, sizailhet, araok bout lakaet war ar marc'had ! Médecins sans frontières en em c'houlenn ma dalv ar poan chom er vro-se peogwir n'hellont mui tostaad d'an dud o deus dober a vout sikouret... Interesus eo an albom e keñver an dra-se ivez : penaos a gerzh an traoù get ur "mission humanitaire". Diaes bras eo labourat e broioù evel ar Myanmar...

Krizder an diktatur
Guy Delisle, eñv, a ra ar dro e vab, a dres, a sav tamm ha tamm darempredoù get tud ar vro. Gwellout a ra ivez gizioù hag emzalc'h an dud, souezhus-bras evit an estranjour. Diskouezh a ra ivez glac'har ar bobl, d'ar peurliesan, hag e levenez a wezhoù. Dedennet eo ar paotr get an dud. Dont a ra betek heuliañ ur sort staj barzh ur manati evit deskiñ penaos prederiañ, get boudisted.

Al levr-se a ziskouezh buhez ur bobl lakaet edan gwask ha krizder un diktatur taer ha sot penn da benn. Get un taol lagad fentus memestra. Ul levr kentelius ha talvoudus-tre.

Guy Delisle, Chroniques birmanes, Ed. Shampooing, 16,5 € 

Christian Le Meut 

01/05/2008

Redomp evit ar brezhoneg/Courons pour la langue bretonne

Hiriv, ha betek disadorn, kantadoù a zen, ha merteze miliadoù, a red hag a redo evit ar brezhoneg, ha me ivez. Ar Redadeg a zo loc'het a Naoned hag a dremen ar Morbihan hiriv, Penn ar bed warc'hoarzh. Mont a ran da redek ur c'hilometrad etre An Alré ha Lokoal-Mendon. Ma faota deoc'h gouiet muioc'h :

Aujourd'hui et jusqu'à samedi des centaines, des centaines de personnes, voire des milliers, courent et vont courir pour la langue bretonne. La Redadeg est partie de Nantes et traverse le Morbihan aujourd'hui, le Finistère demaine. Je vais courir un kilomètre entre Auray et Locoal-Mendon.  Pour en savoir plus :

http://arredadeg.free.fr/ 

La vidéo du départ est sur le net :

http://www.dailymotion.com/Setubzh/video/8848174 

29/04/2008

An Alré/Auray : Sten Kidna soutient Ar Redadeg

Kemenadenn a-berzh Kerlenn Sten Kidna - Communiqué du cercle Sten Kidna (pays d'Auray) :

"La course pour la langue bretonne, Ar Redadeg, passe en pays d'Auray jeudi après-midi, 1er mai. Cette initiative née hors de toute association, a pour but de promouvoir la langue bretonne à travers une course à pied avec passage de relais tous les km, de Nantes à Carhaix, en passant par Lorient, Quimper, Brest, Morlaix... Soit 600 km !

Pour sa première édition, les organisateurs de la Redadeg ont choisi de soutenir les écoles Diwan dont c'est le 30e anniversaire. Une prochaine édition, dans deux ans, soutiendra une autre association travaillant pour le breton. Kerlenn Sten Kidna a acheté, comme d'autres associations, ainsi que des communes, des entreprises, des commerces, ou de simples particuliers du pays d'Auray, un kilomètre, qui sera parcouru jeudi à partir de l'école de Kerstran, en Brec'h, pour prendre la direction de Locoal-Mendon.

Notre association appelle la population à venir encourager les coureurs sur le parcours ou sur les lieux de regroupement comme à Auray. Une animation organisée par l'école Diwan d'Auray  aura lieu à partir de 16h derrière la mairie, avec des bagadoù, des sonneurs, des stands de spécialités bretonnes...

Voici l'ordre de passage prévu des coureurs dans les communes du Pays d'Auray traversées : Santez-Anna an Alré 15h57; Plunered 17h27; An Alré (Auray-mairie) 17 h 46; Mendon 19 h 02; Landaol; Landevant : 19 h 42.
Le parcours précis et plus de renseignements sur Ar Redadeg : http://arredadeg.free.fr
Contact pour le pays d'Auray : David ar Gall : 06.83.27.83.14."

28/04/2008

Livre : "Le mythe national" réédité

35f02da921761f368298ebfa4f747c31.jpgJe conseille la lecture du "Mythe national, l'histoire de France revisitée", excellente étude historique de Suzanne Citron parue en 1988 et qui vient d'être rééditée, enrichie, en format poche. L'historienne y explique comment l'histoire de France s'est formée au cours des siècles, par qui et pourquoi. Elle montre particulièrement comment les historiens républicains du XIXe, comme Lavisse, ont bati un "roman historique" français cherchant à faire croire que la France et la nation française existaient de toute éternité, par le biais de "nos ancêtres les Gaulois... En cachant l'histoire de beaucoup d'autres peuples, commes celle des Bretons, par exemple.

Le but ? Prendre la place de la monarchie absolue (qui tenait son pouvoir de Dieu lui-même); légitimer la République. Mais, ainsi, des idées précises, voire étroites, ont été mises dans la tête de bien des gens : un peuple, une histoire, une langue. Les autres peuples ? Les autres langues ? Les autres cultures ? Dépréciés, méprisés, oubliés, évacués des livres d'histoires étudiés par les écoliers. Par exemple on y parle de la Bretagne une fois qu'elle est "rattachée" à la France. Avant ? Pas d'histoire. Et s'il ya eu des guerres et des milliers de morts pour aboutir à ce "rattachement", on ne l'explique pas aux écoliers.

C'est aussi ainsi que l'on a appris aux enfants d'Afrique, ou aux Kanak de Nouvelle-Calédonie, que les Gaulois étaient leurs ancêtres! C'était faux pour eux, mais ça l'est aussi pour nous : les Gaulois font partie de nos ancêtres mais ils ne sont pas les seuls. Il y a beaucoup d'autres peuples, parmi nos ancêtres mais cela nous a été cachés. Avec ce livre, Suzanne Citron nous rappelle que l'histoire est plurielle, comme le sont nos racines historiques, culturelles et humaines.

Christian Le Meut

Le mythe national, Suzanne Citron, Ed. de l'Atelier, 2008, format poche (11,9 €).