04/11/2009

L'identité française : une devise, "liberté, égalité, fraternité" à mettre en pratique

Selon un sondage CSA-Le Parisien publié dimanche*, la langue française est plébiscitée comme “élément constitutif” de "l'identité de la France" par (80%) des sondés devant la République (64%), le drapeau tricolore (63%), la laïcité (61%) les services publics (60%).  80 % ! C’est énorme. La croyance selon laquelle parler une langue unique (ou commune), est indispensable pour créer une “identité”, une “nation”, est largement répandue en France, malgré quelques faits qui contredisent cette croyance.

Premier fait : la France est multilingue, entre les langues parlées dans certaines régions depuis des siècles, voire avant l’apparition du français (Pays Basque, Bretagne, Alsace, Occitanie, Flandres, Corse...), et les langues des populations immigrées.

Deuxième fait : les frontières linguistiques ne recoupent pas les frontières nationales puisque la Suisse romande et la Wallonie belge ne sont pas en France. Suisse, Belgique, tiens donc, deux pays multilingues. Le premier n’a pas l’air d’en souffrir. On annonce depuis longtemps l’éclatement du second, mais il tient.

Troisième fait : pendant des siècles, et aujourd’hui encore, des millions de citoyennes et de citoyens français n’ont pas parlé le français. Les Bretons le savent bien. J’ai moi-même, qui suis né en 1964, connu quelques personnes âgées qui parlaient très bien leur langue maternelle, la langue bretonne, mais maîtrisaient très mal, voire pas du tout, le français. Des générations de Bretons, d’ailleurs, ont pris le français à l’école et n’ont pas pu jouir d’un droit que la convention des droits de l’enfant reconnaît désormais : celui d’être alphabétisé dans sa langue maternelle, ce qui n’empêche pas l’apprentissage précoce d’une seconde langue. Aujourd’hui, certaines personnes âgées d’une soixantaine d’années se souviennent qu’elles ne parlaient pas un mot de français en arrivant à l’école. Elles y ont appris la langue française, souvent punies quand elles parlaient breton. Il doit encore y avoir aujourd’hui, probablement, des milliers de Français qui ne parlent pas, ou très mal, le français, parce que leur langue maternelle et quotidienne est le créole, ou une langue amérindienne, ou une langue kanak...

Quatrième fait : une langue commune (souhaitable évidemment, si elle n’entraîne pas la mort des autres langues du territoire), n’est en rien suffisante pour créer une unité nationale. Les élites étasuniennes parlaient anglais et ça n’a pas empêché la guerre de Sécession au XIXe siècle. Les guerres civiles d’Espagne, d’Irlande, montrent bien qu’une langue commune n’est pas suffisante, et en France non plus : la guerre d’Algérie, la guerre entre résistants et collaborateurs entre 1940 et 1945, le montrent. En Yougoslavie, toutes les élites intellectuelles parlaient le “serbo-croate”, langue commune aujourd’hui éclatée en plusieurs langues officielles soi-disant différentes (croate, serbe...). Mais le pays a éclaté quand même,  à partir du conflit au Kosovo (1988-89), parce que Milosevic, adoptant un discours nationaliste, a supprimé les libertés des albanophones de cette région, notamment la liberté d’être scolarisés dans leur langue.

Contrat social
La langue commune est donc loin d’être suffisante pour créer une nation, ni même un contrat social dans lequel se retrouverait une population. Alors quoi donc ? La prospérité économique est un facteur essentiel, à condition que les richesses soient équitablement partagées. Or, aujourd’hui, l’Etat redistribue des impôts aux très riches. Est-ce cela, la République ? Il y a donc un modèle social à construire, qui garantisse l’accès à la santé, au logement, au travail, à un environnement sain, à l’éducation. Mais une éducation citoyenne, qui cherche à former des êtres humains épanouis, pas des futurs travailleurs à la chaîne. Un modèle politique qui agisse concrètement contre la discrimination. Un modèle politique, enfin, qui garantisse les droits des citoyens, et des minorités. L’Etat français continue d’être hyper centralisé et normatif. Les habitants des régions existent-ils ? Quand  20.000 personnes manifestent dans les rues de Carcassonne, en octobre 2009, ou dans celles de Rennes, en mars 2003, pour demander un vrai statut des langues régionales, pourquoi les médias dits “nationaux” en parlent-ils si peu ? pourquoi cela suscite-t-il si peu d'intérêt à Paris ?

Alors, la langue française, “élément constitutif” de de la France, de l’identité nationale ? Beaucoup de Français le croient, manifestement. Mais on peut être Français et ne pas parler le français. Et le fait de parler une langue commune ne garantit contre rien. Contre aucune injustice, contre aucune régression sociale, contre aucune avancée du libéralisme sauvage, contre aucune atteinte à la nature. Les pires pratiques sociales, les pires discours racistes, violents, diviseurs, peuvent se tenir en français, comme dans n'importe quelle autre langue.

Droit à la différence
Et chercher à imposer le français comme langue unique, en niant l’existence ou la valeur des autres langues de France, constituerait une injustice et une violation des droits de l’Homme. Alors il faut chercher plus loin, plus profond, autre chose. Dans un nouveau contrat social qui peut continuer à s’articuler autour des idées de démocratie et de république, de liberté, d’égalité, et de fraternité. Du droit à la différence. Idées qu’il faut mettre en pratique bien plus profondément qu’elles ne le sont aujourd’hui.

Christian Le Meut

* Sondage effectué par téléphone les 28 et 29 octobre auprès d'un échantillon  représentatif de 1.006 personnes majeures, selon la méthode des quotas.

03/11/2009

Langues régionales : rencontres en Finistère

Emgavioù zo ar  sizhun mañ e Penn ar Bed a zivout ar yezhoù rannvroel. Tud zo deuet a vor C'Hall a-bezh./Des rencontres sur les langues régionales ont lieu actuellement en Finistère, avec des intervenants venus de toute la France :

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/cotesarm...

31/10/2009

Robert Lafont et l'aliénation

Ul lec'hienn internet okitan, Fadarelas, a embann un destenn skrivet get ar skrivagner ha yezhour Robert Lafont, e galleg, a ziar an "aliénation". Interesus bras/. Le site internet  occitan Fadarelas publie un texte très intéressant de l'écrivain et linguiste Robert Lafont (1923-2009) sur "l'aliénation" :

http://fadarelas.blogspot.com/2009/10/los-que-volon-pas-d...

30/10/2009

2-7/11 : rencontres interrégionales des langues et cultures

Un emgav talvoudus a vo e Penn ar Bed ar sizhun gentañ a zivout ar yezhoù ha sevenadur rannvroel/Un rendez vous d'importance se tient la semaine prochaine à propos de langues et cultures régionales :

http://www.kuzul.info/article-rencontres-iterregionales-d...

25/10/2009

Okitaneg : etre 15.000 ha 20.000 den e vanifestiñ e Carcassonne

Etre 15.000 ha 20.000 den o deus dibunet e straedoù Carcassonne disadorn evit goulenn ul lezenn evit ar yezhoù rannvroel. Un taol vat ha kalonekus. Setu ul liamm get pennadoù da lenn war lec'hienn internet ar Midi Libre, kazetenn ar vro :

Entre 15.000 et 20.000 personnes ont manifesté dans les rues de Carcassonne samedi pour demander une loi pour les langues régionales. Un succès encourageant. Voici un lien avec plusieurs articles à lire sur le site du journal régional Le Midi Libre :

http://www.midilibre.com/carcassonne

Ur vanifestadeg all a zo bet e Baiona/Une autre manifestation a eu lieu à Bayonne :

http://www.vousnousils.fr/page.php?P=data/autour_de_nous/...

Elzas/Alsace : stad ar yezhoù/l'état des langues

War ur blog anvet "Politis" (liamm ebet get ar gazetenn sizhuniek war e seblant) e c'heller lenn ur pennad interesus a ziar stad ar yezhoù en Elzas (elzasianeg, alamaneg, saozneg...).

Un blog appelé Politis (mais sans lien semble-t-il avec l'hebdomadaire du même nom), on peut lire un article intéressant sur l'état des langues en Alsace (alsacien, allemand, français...).

http://politis-philippe.blogspot.com/2009/10/la-question-l...

21/10/2009

Des Innus et des Bretons

En début de ce mois une délégation du Québec est venu en pays d'Auray, composée de Québécois d'origine européenne, et d'Innus, un des peuples premiers du Québec, qui vit le long du fleuve Saint-Laurent, au nord-est du Québec. Ce peuple était autrefois appelé "Montagnais". Les trois représentants innus ont émis le souhait de rencontrer des personnes travaillant pour la culture et la langue bretonne, et c'est ainsi que la délégation a été reçue au local de l'association Kerlenn Sten Kidna, par des membres de l'association, dont moi. Nous avons pu échanger pendant près de deux heures et les trois membres du peuple innu nous ont dit leur attachement à leur langue et comment ils ont été la cible d'une politique d'acculturation. Jusqu'à il y a une trentaine d'années, les enfants innus étaient envoyés dans des internats catholiques afin d'y apprendre le français et  le mode de vie sédentaire. Leurs parents avaient déjà été, au milieu du XXe siècle, enfermés dans une réserve alors qu'ils étaient, jusque là, des nomades, se déplaçant sur des territoires précis. La politique d'acculturation n'a plus cours, l'enseignement se fait en langue innue, mais les traces sont profondes. Les adultes sont inquiets quant à la pratique de leur langue par les jeunes générations.

Un témoignage de cette rencontre est visible sur le site internet du quotidien Le Télégramme :

http://www.letelegramme.com/local/morbihan/vannes-auray/a...

 

 

 

18/10/2009

Bro An Alré : Bretoned ha Innued

Tud a vro-Gebek a zo deuet da Vreizh ha da Vro An Alré, e penn kentañ ar miz mañ, da sevel liammoù ekonomikel ha sevenadurel. Ar re-se a oa ag ar Minganie, ur rannvro a zo a-hed ar ster bras Saint Laurent, e reter Bro Gebek, a-dal da zDouar nevez. E-mesk an dek den deuet, tri a oa ag ar meuriad Innu, ur bobl a oa e chom du-se araok ma oa degouezhet an Europeaned evel Jakez Kartier, paotr a Vreizh kaset du-hont get Fanch ar c'hentañ er chwec'hzekved kantved... An tri den, ar chef Jean-Charles Piétacho, ha div vaouez, o deus kontet da izili Kerlenn Sten Kidna (an Alré), d'ar sadorn tri a viz-mañ, penaos, un nebeut bleadeù zo, e veze kaset bugale an Innued daou c'hant kilometre ag o pro, da vout skoliataet e skolioù privez, hep goulenn netra d'o zud, da zeskiñ galleg ha sevenadur ar re wenn. An Innued a oa kantreourion, forset int bet ivez da chom ba' lec'hioù resiz ("réserves"), e kreiz ar c'hantved paseet, ha n'hellont ket mui kantreal. An traoù-se a zo bet enduret, gouzanvet get tud a zo bev c'hoazh. Echu eo bremañ met roudoù a chom ag an darvoudoù spontus-se; ha bec'h a zo etre ar "pobloù kentañ" hag ar C'Hebekiz. An Innued o deus lâret d'an Alreiz pegen talvoudus eo o yezh dezhe, a zo en arvar, un tammig evel ar brezhoneg...

Setu al liamm :

http://www.letelegramme.com/local/morbihan/vannes-auray/a...

06/10/2009

Le Monde : "La diversité linguistique est une richesse menacée"

War lec'hienn internet Le Monde e c'heller lenn pennadoù a zivout ar yezhoù en arvar er bed a-bezh. Kazetennerion ar gazetenn a zo aet da glask pell (betek Afrika hag Amerika kreizteiz), ar pezh a zo edan o daoulagad e Bro C'hall... Marteze, ne faota ket dezhe gwelout a pezh a zo bet graet get Bro C'Hall a enep ar yezhoù rannvroel ? Interesus eo, memestra. Ur yezhourez a zo aterset, Colette Grinevald.

Sur le site du Monde on peut lire plusieurs articles sur les langues en danger dans le monde entier. Des journalistes de ce journal sont allés chercher loin (en Afrique, en Amérique du sud), ce qu'ils ont sous les yeux en France. Mais peut-être ne veulent-ils pas voir ce que la France a fait contre les langues régionales ? C'est quand même intéressant à lire. Une linguiste, Colette Grunewald, est interviewée.

http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/10/02/une-dive...

Mammenn/source : Diwan Breizh

15/09/2009

Bro Italia/Italie : tabutoù war ar rannyezhoù/débats sur les "dialectes"

Tabutoù 'zo e Bro Italia a ziar an italianeg hag ar "rannyezhoù", ar pezh a zo displeget war ar blog Taban.Le blog Taban publie une note sur les débats actuels en italie concernant les "dialectes".

http://taban.canalblog.com/

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