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20/11/2005

Les gendarmes et le baobab

Il y a quelques semaines j’ai été surpris en venant de Lorient à Hennebont par l’avenue de la République : il y avait un baobab sur la gendarmerie ! Pas un vrai baobab, ni même un tag, non, un panneau publicitaire pour une grande surface de jardinage... Et un panneau publicitaire énorme. En fait, il était installé dans le jardin de voisins de la gendarmerie, mais suffisamment près pour que l’on puisse le croire installer sur les murs de ce bâtiment public. Or l’on voit peu de publicité, sur les bâtiments publics, et c’est heureux. Cela doit être, probablement, interdit. Imaginez donc des panneaux publicitaires sur les gendarmeries, pour des marques d’alcool par exemple, cela pourrait faire jaser. Ou encore pour des marques de voitures. “Avec les véhicules machin, les criminels sont arrêtés plus rapidement !”; ou “Les 4-4 bidules facilitent la vie de nos gendarmes !”... La pub envahit nos vies quotidiennes, pas encore jusque là, heureusement.

Même le CCAS s'en mêle
Mais on s’en approche peut-être doucement, du moins dans ma belle ville d’Hennebont. Là, au début de cette année, j’ai remarqué un drôle de véhicule réfrigéré, bariolé de partout, avec des marques dessus, et qui s’arrêtait tous les jours près de chez moi... Je ne l’avais jamais remarqué auparavant et j’ai appris quelque temps plus tard qu’il s’agissait d’une voiture du CCAS... Oui, le Centre communal d’action social. Les responsables du CCAS, dont le maire fait partie, ont eu l’idée lumineuse de financer l’achat d’un véhicule réfrigéré par de la publicité peinte ou collé dessus. Les personnes chez qui les repas sont livrés tous les jours apprécient-elles un tel tapage publicitaire et aussi peu de discrétion ? Il n’est pas certain qu’on leur ait demandé leur avis... Ce véhicule du CCAS livre également des repas dans les écoles. La pub fait ainsi une entrée de plus dans les espaces scolaires hennebontais. Merci donc au CCASP, Centre communal d’action sociale et publicitaire.

Hennebont est une ville dirigée depuis quelques décennies par des élus de gauche. Mais des élus de droite oseraient-ils aller aussi loin ? Pourquoi pas de la pub sur les remparts ou sur la basilique, pour en financer les travaux de restauration ? Ou sur l’église de Saint Caradec, fermée et dont on ne sait pas quand elle sera restaurée, si elle l’est un jour ? Mais je m’arrête là parce qu’on ne sait jamais, certains pourraient prendre ces idées au sérieux du côté de la municipalité hennebontaise...

Les déboulonneurs débarquent
La publicité envahit notre vie quotidienne. Elle pollue les paysages de nos villes et nos campagnes avec ses panneaux publicitaires énormes qui font tâche. Un collectif de citoyens vient de se créer pour organiser des actions contre ce type de publicité. Le “collectif des déboulonneurs”, c’est son nom, propose d’organiser des actions publiques de désobéissance civile en barbouillant ces panneaux publicitaires à des moments précis, en avertissant la presse et en assumant publiquement ses actes. C’est illégal, mais il s’agit de faire pression sur le gouvernement afin qu’il édicte des règles limitant la surface de ces panneaux publicitaires. Ce collectif ne veut pas interdire la publicité, mais en limiter les effets négatifs. Les renseignements peuvent être demandés au Collectif des déboulonneurs, 24 rue Louis Blanc, 75010 Paris (lire également la note du 2/11 où les déboulonneurs se présentent eux-mêmes).

Un peu moins de pub dans nos vies quotidiennes, cela ne nous ferait pas de mal, non ?

Christian Le Meut

Site : deboulonneurs.free.fr

14/11/2005

Breizh d'ar Vretoned ?

Bep hañv 'vez lakaet e Breizh war pontoù hentoù bras skritelloù a lâr : “La Bretagne aux Bretons”, skrivet e galleg. Ur skritell all a ziskouezh ur moske : “Mod-se eman Bro C’hall...” Ya, moskeoù a zo e Bro-C’hall, ha neuze ? Musulmaned ‘zo e Breizh, perak nompas sevel moskeioù evite ? Unan zo e Roazhon. Un dra a bouez eo bout anavet an islam evel ur relijion par d'ar relijionoù all e Frans, dre ar "Conseil du culte musulman" savet bloavezhioù. Mod-se lec’hioù dign vo savet evit pediñ o doué e respetiñ al laikerezh, evel rezon. Met aliez c'hoazh 'vez pedet get ar Musulmaned e lec'hioù n'int ket dign.
Mard n’int ket sikouret genomp, sikouret e vint (ha sikouret int dija abaoe pell) get tud a vroioù all evel Arabia Saoudite, Turki, Maroko, da skouer, tud a zo, aliez, re strizh o feson da vout musulman. Paiet vez ar moskeioù gete, ha kaset gete ivez imamed n'anavezont ket anezhe lezennoù ha kustumoù a Frans. Gwasoc'h c'hoazh ul lodenn vras ag an imamed 'vez stummet evit stourm a enep hor c’hustumoù ha lezennoù. Gwelloc'h vehe stumman imamed aman, e Bro C'hall, evel ma vez stummet ar veleion...
Hiriv an deiz ur bochad tud yaouank kenidig ag ar broioù musulman ne gavont ket labour pe tier. Ur gwir gouennelouriezh (“racisme”) spontus zo. Emen 'vez degemeret mat ar re yaouank se...? Er moskeioù, evel rezon, ha levezonet int get imamed strizh o doare da vout musulman. Met meur a feson zo da vout musulman. Ar musulmaned e Bro C’hall a faota dezhe pediñ o doue, monet d’an overenn ha lidañ o festoù sioul ha trankil evel ar Gatoliked, ar Brotestanted, ar Juvezion, ar Voudisted, ha c’hoazh. Ar relijion zo un dra privez en ur vro laik. Met, seul muioc'h vo anavet an islam evel ur relijion par d'ar re all, seul bihanoc'h vo levezonet ar Musulmaned get an integristed.
Setu, ar pezh a sonjan e lenn ar gwall skritelloù lakaet war pontoù hentoù bras. “La Bretagne aux Bretons”. Strolladoù all a lâr : “La France aux Français”. Kavet m’eus ur slogan nevez : “La France aux Français ; la Bretagne aux Bretons et la Champagne aux Champignons”. Klotiñ a ra... Pep hini en e di hag ar re all er maez ! Met bon, marteze ne vehe un dra ken mat : sonjit ta, razh ar potironed, razh an tokoù touseg, razh ar c’habelloù touseg skarzhet e Bro Champagne ! Ne chomehe netra aman da lakaat war hor c’hrampouezh deomp-ni ! Nag ur spont...
Christian Le Meut

La Bretagne aux Bretons et... ?

Tous les ans fleurissent de belles affiches sur les routes bretonnes pour souhaiter la bienvenue aux gens qui viennent nous voir. Elles disent : “La Bretagne aux Bretons”. Une autre montre une affiche avec une mosquée et dit, je cite de mémoire “C’est ça la France”... Et oui, il y a des mosquées France, notamment en Bretagne, à Rennes. S’il y a des musulmans en Bretagne, ils ont droit à des lieux de cultes dignes, comme les catholiques, les protestants, les juifs, les bouddhistes et les autres. Et il est d’ailleurs particulièrement important de reconnaître à part entière l’islam dans la société française et de l’aider à se structurer, ce qui se fait depuis la création du Conseil français du culte musulman.
Ce type de structure existe également pour les églises chrétiennes et juives. Certes, cet organisme fonctionne de manière un peu chaotique et pas toujours très claire mais c’est probablement une voie pour intégrer l’islam et les musulmans, en France dans le cadre des lois sur la laïcité.

Les ravages du racisme
Trop souvent encore, les mosquées ou les salles de prières sont érigées avec de l’argent venant de pays étrangers, d’Arabie saoudite, de Turquie, du Maroc, et d’autres pays, en fonction des origines de la communauté qui, en France, érige le lieu de culte. L’imam est souvent de la même origine que l’argent ayant financé le bâtiment. Il n’est pas toujours français, ne parle pas toujours le français, et ne connaît pas forcément les lois et les usages de notre pays. Parfois même, il a été formé pour lutter contre ces lois et ces usages considérés comme contraire à l’islam...
Il est donc important de savoir d’où vient l’argent et de former des imams en France. Car une grande partie de la jeunesse d’origine musulmane cherche ses racines et son identité dans une société française où il est beaucoup plus difficile de trouver du travail et un logement quand on s’appelle Mouloud ou Mohamed, que quand on s’appelle Christian. Et la mosquée est l’un des rares endroits où ces jeunes sont accueillis à bras ouverts et pas toujours sans arrières pensées d’embrigadement.

Mille façons de vivre l'islam
Or il y a beaucoup de façons de vivre l’islam. La grande majorité des musulmans pratiquants de France veut pouvoir vivre sa foi tranquillement, prier dans des conditions décentes. Elle a intégré les règles de la laïcité, si tant est que la République traite à égalité l’islam et les autres religions. Si tant est également que les populations d’origine musulmane ne soient pas rejetées pour des raisons de couleur de peau.
Voilà les considérations qui me venaient en voyant, comme chaque année, hélas, ces affiches collées tout au long des routes bretonnes.
Dans le jeu des slogans débiles, mais dangereux, nous avons donc “La Bretagne aux Bretons”; d’autres disent “La France aux Français”. J’en ai trouvé un autre, encore mieux : “La Champagne aux champignons”. Oui mais voilà, si on expulse tous les champignons en Champagne, il ne nous restera plus grand chose à mettre sur nos galettes bretonnes... Des berniques peut-être ?

Christian Le Meut

08/11/2005

L'agriculteur Albert de Monaco bénéficie de la Politique agricole commune

L'AFP (lundi 7/11 - 19h50) livre une information qui n'a, semble-t-il, pas beaucoup été reprise dans les médias, c'est pourquoi je me permets...

"Le prince Albert de Monaco et plusieurs riches propriétaires terriens sont parmi les grands bénéficiaires des subventions versées en France dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC) européenne, a accusé l'organisation humanitaire britannique Oxfam lundi. Selon cette ONG britannique "70% des petits agriculteurs ont reçu 17% des subventions totales versées à la France", alors que 60% de ces subventions sont allées aux 15% d'entreprises agricoles françaises les plus prospères. "Ces chiffres montrent que l'argument français selon lequel la PAC sert principalement à aider ses petits exploitants sonne faux", a précisé Oxfam dans un communiqué.

Le prince Albert de Monaco "dont la fortune personnelle est estimée à 2 milliards d'euros, a reçu 287.308 euros de subventions agricoles de l'UE en 2004", précise encore Oxfam. Il possède en effet quelque 700 hectares de terres céréalières dans l'Aisne, dans le nord de la France. "Les deux plus grands bénéficiaires français de la politique agricole commune se sont partagés 1,7 million d'euros", affirme également l'ONG sans donner de nom. Le quotidien français La Tribune, qui ne donne pas non plus de nom, évoquait jeudi un riziculteur camarguais possédant 1.733 hectares, et le propriétaire de 1.500 hectares de maïs irrigué en Aquitaine. (...).

En mars dernier, sous la pression d'Oxfam, le gouvernement britannique avait rendu publique la liste des principaux bénéficiaires de la PAC. La compagnie sucrière Tate & Lyle (London: TATE.L - actualité) arrivait en tête en 2003-2004, avec 120 millions de livres (177 millions d'euros), suivie de plusieurs grandes figures de l'aristocratie britannique dont le duc de Westminster, l'un des hommes les plus riches de Grande-Bretagne (448.000 livres soit 663.000 euros), le duc de Malborough (511.000 livres, 756.000 euros), et même la reine Elizabeth, en 93è position avec une subvention d'environ 400.000 livres (592.000 euros)."

Le gouvernement britannique a proposé de plafonner les aides, ce qui serait une bonne chose. En matière de répartition équitable, il y a beaucoup à faire !

07/11/2005

Cajun - breton : deux ethnocides invisibles des médias ?

Les événements récents de Louisiane m’ont fait remettre à jour une chronique écrite en janvier 2004 sur une émission de France Inter qui aurait pu concerner la langue bretonne si l’on avait pu remplacer le mot “français” par “breton”. Car c’était de la Louisiane, dont il était question, région où la langue française a fait l’objet d’une politique d’éradication... J’ai été surpris, d’ailleurs, de ne pas entendre un seul francophone témoigner, en septembre, des ravages de l’ouragan Katrina en Louisiane, même sur les médias français, pourtant les premiers à se gargariser de la francophonie. Car plus de 200.000 personnes parlent encore français en Louisiane, mais pas à la Nouvelle-Orléans !
Selon Elaine F. Clément, membre du Conseil pour le développement du français en Louisiane : “Il y a très peu de francophones à La Nouvelle-Orléans. Pourquoi - c'est toute une histoire - l'américanisation, l'assimilation, l'avidité. La plupart des francophones sont dans les endroits plus ruraux. Les villes de Lafayette et Houma sont les plus grandes villes francophones. L'Ouragan Rita a frappé des endroits plus francophones. Dans la presse américaine, on était encore invisible”.

Le Lay : pas d'enquêtes mais des réfutations
Mais, autre constat surprenant, si les déclarations de Patrick Le Lay sur le “génocide culturel” pratiqué par la France à l’égard de la langue bretonne, ont suscité des commentaires dans certains médias parisiens, je n’ai vu aucun reportage, aucune enquête de terrain dans ces mêmes médias pour savoir si Patrick Le Lay disait vrai ou pas ! Aucun journaliste n’est, à ma connaissance, venu en Basse-Bretagne (la Bretagne bretonnante) pour établir sur les propos du patron de TF1 relèvent de l’élucubration “nationaliste” ou ont un fond de vérité... Par indifférence ? Par peur qu’il ait raison ?
Comme si établir les faits importait peu; comme si la réalité n’était pas importante... Comme si le commentaire valait plus que la compréhension de la réalité. Comme si le simple fait que cela soit dit par Patrick Le Lay lui ôte tout crédit... Mais les journalistes désireux de comprendre ce qu'est un ethnocide ne sont pas obligés de venir en Bretagne. Ils peuvent aussi se rendre en Louisiane où se trouve également une minorités "invisible" : à bien des égards, les francophones de Louisiane et les bretonnants de Bretagne sont dans le même bateau.

“Les Cajuns (chronique de janvier 2004)
“Le premier dimanche de cette nouvelle année, j’ai entendu, sur France inter, une émission surprenante. Elle était, en effet, consacrée à une langue régionale, sujet que les médias parisiens abordent assez peu d’habitude... Une langue régionale donc, sans statut officiel mais parlée depuis des siècles et transmise de génération en génération sauf pour les dernières qui n’ont pas appris la langue de leurs parents, mais uniquement la langue officielle.
En effet, l’école, l’Etat et quasiment toutes les institutions ont adopté une politique d’abandon de cette langue régionale. Méprisée, dépréciée, elle n’est plus parlée aujourd’hui, quotidiennement que dans certains coins à l’écart. Des personnes âgées ont dit à France Inter leur tristesse et leur colère de voir leur langue maternelle se perdre...
Je me suis dit qu’entendre une telle émission sur un radio nationale était une bonne chose pour montrer aux auditeurs français ce que signifie une politique délibérée visant à la disparition d’une langue... Mais, vous l’avez probablement compris, cette émission de radio n’était pas consacrée aux langues régionales en France, mais à une langue régionale aux États-Unis, le cajun. Nous étions en Louisiane mais il aurait suffi de pas grand chose pour se croire en Bretagne, en Occitanie, en Corse, au Pays-Basque... Déplorable est l’état de la langue française, dans son dialecte cajun, aux États-Unis : pas de statut officiel, un enseignement bilingue très récent et très partiel... Qui plus est, c’est le français de France qui est enseigné dans les écoles, pas le cajun ! Dur dur, alors, de se comprendre avec les anciens qui parlent encore la langue...
Mais quand aurons-nous droit, sur les médias dits nationaux, à des émissions permettant de mieux comprendre la situation des langues régionales en péril dans l’Hexagone ? A moins que ce qui se passe en Louisiane soit plus intéressant que ce qui se passe en Occitanie, en Alsace, en Corse ou en Bretagne...”
Christian Le Meut

05/11/2005

Asie : les effets d'un tsunami humanitaire

Le collectif Pêche et développement, basé à Lorient, suit de près l’évolution du monde de la pêche artisanale, et notamment la situation en Asie après le tsunami de décembre dernier. Une fois passée le temps de l’aide d’urgence (secours médicaux, accueil des réfugiés sans toit...), vient celui de la reconstruction. Or une aide venant de toute part (intéressée parfois : des Eglises ou des Etats cherchent à s’implanter ainsi), non planifiée, non maîtrisée par le pays d’accueil, peut avoir des effets pervers sur la population et la nature. Par exemple, si le nombre de bateaux de pêche augmente trop, le stock de poissons pêchés va augmenter rapidement et la ressource risque de s’épuiser, elle aussi, rapidement... Témoignage transmis par Pêche et développement :

“Sur la plage de Tharangambadi, ancienne colonie hollandaise au sud de l'Inde, là où le Tsunami du 26 décembre a emporté des enfants, des maisons et des moyens de subsistance, on voit des bateaux en fibre de verre tout neufs à perte de vue. Les noms peints sur les bateaux témoignent de l'étendue de la réponse à l'une des catastrophes naturelles les plus dramatiques : « L'église du Christ d'Oklahoma City », « L'association du Temple indien du New Jersey », « L'école de l'ambassade Américaine de New Delhi » parmi tant d'autres.

A Tharangambadi, ainsi que dans le reste du district de Nagapattinam, où l'on a dénombré les 2/3 des victimes du Tsunami sur le continent indien, le nombre de bateaux de pêche dépasse presque celui des pêcheurs et cela pose de nouveaux problèmes aux communautés traumatisées. « Le nombre de bateaux de pêche est une fois et demie ce qu'il était à l'origine » a déclaré à l'agence Reuters A. Radhakrishan, administrateur en chef du district.

Certains des nouveaux bateaux n'ont pas encore été mis à l'eau. Beaucoup d'autres s'entassent dans les chantiers navals du district – attendant ceux qui n'en ont pas encore reçu. Cette ruée pour remplacer les bateaux de pêche dans les semaines qui ont suivi le Tsunami ayant fait 232 000 victimes dans une douzaine de pays de l'océan Indien – la plupart d'entre elles membres des communautés de pêcheurs – s'expliquait par la volonté de restaurer au plus vite un moyen d'existence pour ces populations. Mais dans certains villages, on manque de personnel pour équiper ces bateaux qui ne sont pas tous en état de naviguer.

Un inspecteur de la FAO, détaché en Indonésie sur les sites du Tsunami, a été témoin du lancement de bateaux offerts par les donateurs qui ont sombré au bout d'une demi-heure. La même chose s'est produite à Hut Bay sur la petite île indienne d'Adaman en juillet. « Tout le monde veut construire des bateaux parce qu'on leur a donné de l'argent pour cela » dit Lahsen Abadouch de la FAO à Sydney.

Les grands bateaux en forme de canoë que l'on trouve en général autour de l'océan Indien ont besoin d'au moins 5 hommes pour travailler avec efficacité. Maintenant qu'un grand nombre de pêcheurs possèdent leur propre bateau, très peu de gens acceptent de travailler pour leur voisin”.

Source : Bill Tarrant (Reuters), extrait d' Alert News d'ICSF, traduit par Danièle Le Sann (Pêche et Développement).

04/11/2005

Rosa Parks

Marv eo Rosa Parks n'eus ket pell zo; ma faota deoc'h gouzout un tammig muioc'h a ziouti, sellit doc'h
www.rosaparks.org

Ur pennad skrid a feson zo war al lec'hienn internet Grioo.com :
http://grioo.com/info5692.html 

Rosa Parks est décédé il y a quelques jours; deux sites internet présentent cette femme courageuse qui a déclenché le mouvement des droits civiques aux Etats-Unis.

26/10/2005

Immigration : l'Europe forteresse va droit dans le mur de la honte

Plusieurs associations, dont la Ligue des droits de l'Homme, diffusent cet appel concernant la politique d'immigration de la France et l'Europe, et les événements de Ceuta et Melilla.

Appel à signatures à l'initiative de l'AEDH, FIDH, LDH France, LDH Belgique, APDHA

"Tous les jours, des migrants venus d'Afrique meurent aux frontières de l'Europe pour avoir eu l’audace de croire qu’ils pourraient y vivre en paix et dans la dignité.

A Ceuta, à Melilla, la situation a atteint un seuil intolérable : un mur de barbelés se dresse entre l'Union européenne et l'Afrique et on n’hésite pas à tirer, quitte à tuer, pour empêcher qu’il soit franchi.

Au Maroc même, une véritable chasse s’est organisée. Des enfants, des femmes, des hommes, assoiffés, affamés, sont traqués et abandonnés en plein désert.

 

Est-il tolérable que l'Union européenne renie ainsi son obligation morale d’au moins entendre la demande de ceux qui viennent chercher asile ? Comment un tel traitement est-il possible ? Comment, au prétexte de réguler des flux migratoires, la politique de l'Union européenne peut-elle conduire l'Espagne à fermer ses frontières, en érigeant un mur comme si elle était assiégée par un ennemi redoutable ? Comment l'Union européenne ose-t-elle décharger ses responsabilités sur des « États tampons », en l’espèce le Maroc qu’elle laisse, sans réagir, envoyer des migrants à la mort ? Pour tenter de pénétrer sur le territoire de l'Union européenne, ils ont parcouru à pied des centaines de kilomètres, au risque de leur unique bien qui est la vie. Est-il acceptable que ceux qui fuient la pauvreté, la guerre et les conflits politiques ne trouvent comme réponse que la répression, voire la mort, quand ils tentent, dans un suprême sursaut collectif, de franchir un mur de barbelés qui se dresse entre eux et la liberté ?

 

Cette situation, aussi absurde qu’inhumaine, qui donne une telle image de l'Europe et que montrent quotidiennement les télévisions, doit cesser.

 

Aujourd’hui, nous appelons solennellement :

 

  • Le gouvernement espagnol, les gouvernements des États de l'Union et la Commission européenne,

à en finir avec ces atteintes massives et répétées aux droits de l'Homme, conséquence d’une politique migratoire de fermeture et d’externalisation qui ne mène qu’à l’impasse et à la violence ;

 

  • Le gouvernement marocain,

à cesser ses pratiques mortelles à l’égard de ceux qui transitent sur son territoire dans le seul but de trouver en Europe une réponse à leur misère ;

 

  • L'Union européenne

à mettre en œuvre, sans tarder, une politique véritable d’asile et d’immigration, respectueuse des droits, de l’intégrité physique et de la dignité des personnes.

 

Les migrants, aussi, ont le droit d’être traités dans le respect des conventions internationales : les droits de l'Homme ne se divisent pas, ils s’appliquent à tous.

 

Paris, le 13 octobre 2005"

Pour signer cet appel, envoyer un courrier à :

 

  • l’Association européenne pour la défense des droits de l’Homme : fidh_ae@yahoo.fr

25/10/2005

Carcassonne : grosse manifestation pour l'occitan

Une forte mobilisation pour l'occitan a eu lieu samedi dernier dans les rues de Carcassonne. La cause des langues régionales mobilise : 20.000 personnes avaient manifesté pour la langue bretonne en mars 2003 dans les rues de Rennes. Pour autant, il n'y a toujours pas de statut officiel pour les langues régionales en France, en contradiction avec les lois européennes et les déclarations officielles sur la diversité culturelle (qui, semble-t-il, valent pour l'extérieur des frontières afin de lutter contre l'influence étasunienne et anglo-saxonne, mais pas à l'intérieur).

"CARCASSONNE : Plus de 10,000 personnes samedi dernier à Carcassonne pour la défense et la  promotion de la langua Occitane. Un collectif demandait un statut de langue officielle à l'occitan dans l'Etat français, statut que cette langue a déjà en Espagne (Val   d'Aran, Catalogne) et en Italie (Vallées Occitanes du Piémont).
L'occitan est gravement menacé, et alors que Chirac défend la diversité culturelle dans le monde entier, le gouvernement français méprise la langue de Corrèze et la diversité linguistique du territoire dont il a la charge.
Une chaîne de télévision, une radio publique, une loi qui permet aux initiatives privées de s'exprimer dans ces domaines, l'occitan dans la vie publique, des aides à la création, une véritable politique pour  l'enseignement de la langue en immersion et à parité horaire, voilà quelles étaient les revendication exprimées hier par plus de 10,000   personnes de toutes générations. De nombreux bretons (dont des journalistes de Breman et Radio Kerne),  catalans, basques et corses étaient présents aux côtés des occitans.  L'occitan est parlé chaque jour par 1 million de personnes, 2 autres millions pourraient le parler, et 6 autres millions le comprennent dans   33 départements du sud de l'Etat français. Jaume Còsta"               

Communiqué publié sur le site :
 http://www.agencebretagnepresse.com/

22/10/2005

“Bretagne, centre du monde habité !”

Petit complément à l'article "Nos ancêtres les Gaulois..." : Adolescent, j’écoutais le chanteur Alan Stivell. Dans un très beau chant appelé “Délivrance”, il parlait d’un Bretagne rêvée, indépendante, protectrice des personnes opprimées, de la nature, et... “centre du monde habitée”... Comment peut-on se représenter la Bretagne comme le “centre du monde habitée” me demandais-je ? Et bien certains géographes y sont arrivés en tronquant l’Australie, une partie de l’Afrique et de l’Amérique latine. Cette carte figure dans “L’Atlas historique de la Bretagne”, édition de 1986. Elle a été enlevée d’une réédition plus récente... Mais finalement chaque peuple ne se prend-il pas pour le centre du monde ? Et chaque Etat ? La France et l’Europe ne sont-elles pas au centre de nos représentations cartographiques ? Et surdimensionnées par rapport à leur surface réelle?
Christian Le Meut

19/10/2005

Ils ne tuent pas en mon nom !

Les soldats espagnols et marocains qui ont tiré sur des immigrants, qui en ont tué certains, blessé et tabassé d’autres, passeront-ils en procès ? Probablement pas car ils ont, je présume, obéi aux ordres. Alors leurs supérieurs seront-ils jugés ? Et les ministres responsables, en Espagne, au Maroc ?
Des soldats d’armées régulières tirent sur des hommes désarmés qui ne les menacent pas, qui ne menacent personne mais cherchent à forcer un passage pour espérer gagner l’Europe, et aucune suite judiciaire n’est envisagée ? C’est donc que la guerre est vraiment déclarée ?
Qu’il est normal de tuer sans avoir à répondre de ses actes ?
Que vouloir passer clandestinement en Europe est passible de la peine de mort ?
Allons-nous ressortir l’huile bouillante pour la lancer sur les assaillants ?
En sommes-nous arrivés là ?
Car la barbarie, ces temps-ci, n’est pas du côté de ces hommes qui tentent de venir travailler chez nous pour nourrir les leurs. Mais de nôtre côté. L’Afrique nous est trop souvent montrée comme le théâtre de guerres, de famines, de misère... Mais qui fait la guerre ? Nous, Européens. Des soldats tuent pour empêcher des immigrants d’entrer en Europe et nous, tranquillement, laissons faire. Et les survivants, on les lâche dans le désert sans eau ! Après la fusillade, la torture par la soif !
Ces crimes là ne relèveraient-ils pas du Tribunal pénal international ?
Je veux dire aujourd’hui que ces soldats qui ont tiré, et parmi eux des soldats de l’armée d’Espagne, donc des soldats européens; que ces soldats donc, je condamne leur acte. Je demande que les responsables civils et militaires de ces meurtres rendent compte devant la justice.
Moi, citoyen européen, ils ne me défendent pas. Ils m’agressent, au contraire, en tuant des hommes désarmés. Ils me font honte. Ils me révoltent. Ils ne protègent pas l’Europe ni ses citoyens mais ils appliquent d’une certaine manière -violente- une politique décidée par des gouvernements européens; ce n’est pas la même chose.
Ils foulent aux pieds, ainsi, les valeurs sur lesquelles l’Europe devrait se fonder. Les valeurs de respect de la personne humaine et d'Etat de droit, en premier lieu.
Si nous croyons, nous, Européens, que ces soldats protègent nos intérêts, nous nous trompons complètement. Les lignes Maginot, les grandes murailles de Chine, ne sont que des fantasmes trompeurs, elles n’assurent pas la sécurité, bien au contraire, elles engendrent la violence et la guerre car elles nous empêchent de voir plus loin.
Le monde aujourd’hui est suffisamment prospère pour nourrir tous les êtres humains. Pour les scolariser, les soigner, permettre leur épanouissement. La source de la violence actuelle, c’est l’absence de démocratie et de respect réel des droits de l’Homme, c’est la répartition inégale des richesses et l’accaparement des ressources mondiales par des minorités de plus en plus riches. Ce sont ces fortunes là, que nos lignes Maginot protègent, pas les citoyennes et citoyens européens.
Notre intérêt à nous, simples citoyens, est, au contraire, de faire tomber les murailles et de construire des solidarités. D’ouvrir les portes.
Non, décidément non, ces militaires n’ont pas tué en mon nom.

Christian Le Meut

11/10/2005

Accueillir l’étranger ou périr avec lui

Ils ont tiré. Ils ont tiré à balles réelles sur des personnes désarmées qui tentaient de forcer un barrage mais ne menaçaient personne. Des soldats espagnols et marocains ont tiré. La guerre économique montre ainsi son vrai visage. Elle tue à coup de fusils ceux qui réclament leur seul droit de survie. Jean-Marie Fardeau exprime sa colère, qui est aussi la mienne, dans un texte que vient de publier l'hebdo Témoignage Chrétien.


"Certains jours, la révolte monte en nous. A deux reprises, des militaires, marocains et espagnols - mais leur nationalité importe peu - ont tué des Africains cherchant à se rendre en Europe. L’Espagne expulse ceux qui sont entrés vers le Maroc où ils sont expédiés sans secours dans le désert. On tue donc aujourd’hui des hommes non armés parce qu’ils tentent de franchir la frontière entre l’Europe et l’Afrique ! Révoltant, inacceptable !
Notre société, dans sa grande majorité, assiste à ces assassinats pourtant médiatisés sans réagir. Un cran de plus est franchi dans notre échelle de tolérance. Déjà, l’opinion s’habitue à des expulsions musclées ou aux conditions « d’accueil » lamentables dans la zone internationale de l’aéroport de Roissy. Faudra-t-il qu’un Français sans papiers soit abattu aux Etats-Unis pour que nous nous posions quelques questions sur le lien indispensable entre immigration et droits de l’Homme ?

Ne succombons pas aux sirènes des prophètes de la déferlante migratoire s’abattant sur notre belle Europe !
Primo, « toute la misère du monde » (n’oublions pas qu’il s’agit tout simplement d’êtres humains) n’a pas l’intention de venir en Europe car l’immense majorité ne souhaite pas émigrer et se débrouille tant bien que mal pour survivre au sein de leur propre société. Y aurait-il des millions de Maliens, de Congolais, d’Ivoiriens aux portes de l’Europe ? Non, ceci est un fantasme soigneusement entretenu pour justifier des méthodes militaro-policières qui tiennent lieu aujourd’hui de politique à l’égard des étrangers « pauvres ».


Secundo, ces quelques dizaines de milliers de personnes qui cherchent chaque année à passer d’Afrique en Europe de manière clandestine, n’avons-nous pas les moyens de les accueillir dignement ? Et si, en dernier recours, un retour au pays est décidé, il doit avoir lieu dans des conditions conformes aux droits humains.
Tertio, il ne s’agit pas de nous protéger de la « misère du monde », mais de se donner les moyens de la résoudre. La solution n’est pas une Europe retranchée dans un égoïsme aux relents racistes derrière tranchées et barbelés, et des dispositifs de surveillance sophistiqués qui engloutissent une partie de l’aide au développement.
La solution n’est pas de confier hypocritement le « sale boulot » à l’armée marocaine, ou, comme certains l’envisagent, d’ouvrir des camps pour migrants en Libye ou en Ukraine, où nous viendrions choisir, comme au marché aux esclaves de l’empire romain, les étrangers « utiles ». La mesure est encore jugée choquante par certains pays européens. Pour combien de temps ?

Nous devons assumer le monde dans lequel nous vivons. Il est déséquilibré, inégalitaire, injuste. L’histoire a placé des populations dans des situations de grande précarité. Certains essaient de tenter leur chance dans des pays où ils n’ont pas le droit d’aller. Cessons de leur tirer dessus ! Quel est leur crime ? Etre pauvre ? Etre Africain ? Etre sans papiers ? Etre victimes de passeurs mafieux ? Ne pas être capable de jouer immédiatement en en équipe de France de football ? Ne pas répondre aux « besoins » de nos pays ? L’Europe doit s’organiser autrement. Contrôle aux frontières, sans doute, mais en recevant les gens, en respectant leur dignité et leur humanité. Et surtout, mettre en place des possibilités d’allers-retours en Europe pour y travailler pendant de courts séjours, afin de proposer une alternative au dilemme entre misère au pays et clandestinité en Europe.

Des milliers d’Africains sont probablement déjà morts en Méditerranée et dans le Sahara au cours de ces dernières années. Victimes de la misère, victimes de notre indifférence. Une société qui ne sait accueillir l’étranger, qui le tue brutalement ou à petit feu, périra elle aussi à son tour.
Et puis, au fait, si demain l’étranger c’était nous ?

Jean-Marie Fardeau
Secrétaire général du CCFD

(Article paru dans Témoignage Chrétien du 10 octobre)