11/05/2008

BD : Chroniques birmanes

Le monde entier se rend compte aujourd'hui de la cruauté du régime birman; cet album de bande dessiné paru fin 2007 en donne également un aperçu...

Le dessinateur Guy Delisle, Québécois d'origine, est allé avec sa femme et leur fils Louis, vivre au Myanmar en 2005-2006 (Myanmar, c'est la Birmanie, rebaptisée ainsi en 1989 par les généraux dictateurs). Là-bas, La maman travaillait pour Médecins sans frontières, le papa s'occupait du bébé, dessinait, et découvrait la vie quotidienne des Birmans. De ce séjour, il a tiré ce livre, un album de BD noir et blanc (couverture kakie), regard d'un étranger immergé dans le pays.

d657e39ff412a9f5331c0d4229d72219.jpgEn promenant son bébé, il se découvre voisin d'Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1992, en résidence surveillée depuis 1991 parce que son parti avait remporté des élections libres de 1990. Le mouvement démocratique fut réprimé dans le sang, comme les récentes manifestations de l'automne dernier menées par les moines bouddhistes... Mais, voisin ou pas, papa avec poussette ou pas, il est interdit de passer dans la rue où Aung San Suu Kyi est emprisonnée.

Ambiance à la "Brazil"
Les militaires sont partout et la surveillance est permanente. Même les magazines importés de l'extérieur font l'objet d'une censure : "Les articles peu flatteurs sur le pays sont systématiquement retirés", ce qui signifie que les pages en sont déchirées ! Les mails de Médecins sans frontières font également l'objet d'une surveillance, ce qui vaut aux lectrices et lecteurs une scène à la "Brazil" (le film), dans laquelle Guy Delisle se retrouve dans un bâtiment gardé d'où les ordinateurs gouvernementaux surveillent les mails de tout le pays...

Les Birmans vivent au quotidien cette oppression : le dessinateur montre leur désespoir, leur vie quotidienne, les fêtes... Son album est aussi intéressant en ce qu'il montre comment fonctionne une mission humanitaire : faut-il rester ou pas alors même que MSF ne peut pas atteindre les populations qu'elle vise, celles qui n'ont pas accès aux soins ? Réponse dans l'album.

L'auteur s'intéresse aux pays et à ses habitants. Il va jusqu'à suivre un stage de méditation dans un monastère bouddhiste. Ses surprises, ses révoltes, ses amusements, il les fait partager au fil des pages avec un trait de dessin simple et efficace. Avec un regard tendre, amusé et féroce qui donne à deviner, à approcher, la terreur qui règne au Myanmar.

Christian Le Meut

Chroniques birmanes, Guy Delisle, Ed. Shampooing, 16,5 €, 2007. 

BT : Chroniques birmanes

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Ar bed a-bezh a c'hell kompreiñ bremañ krizder an dud a zo e-penn Bro Birmanie... An albom-se, embannet e fin 2007, a ziskoue ar c'hrizder-se ivez... 

Guy Delisle, tresour a vicher a-vro Gebek a orin, a zo dimezeet get ur vaouez a labour evit Médecins sans Frontières. Hag e vaouez a oa bet kaset d'ar Myanmar, war dro tri bloaz zo... Ar Myanmar, n'anavezit ket ? Anv kozh ar Birmanie, met ar jeneraled a zo e-penn an diktatur-se o doa chanchet anv ar vro e 1989. Ha setu ar familh, ar vamm, an tad hag o poupon Louis, da vont di. Da labourat, da glask un ti, da bourmen e kêr, da foetañ bro...

Frankiz ebet
Ar familh a zo e chom tost da di Aung San Suu Kyi, ur vaouez bet roet dezhi priz Nobel ar peoc'h e 1992, met toull bac'het abaoe 1991 goude bet gouniet ar votadegoù get he strollad politikel... Droad ebet da tostaad, zoken evit un tad a zo e bourmen get e vab... Soudarded a zo e pep lec'h. Spiet e vez an dud get an diktatur, betek mailoù Médecins sans Frontières a vez lennet gete ! Sonjet m'eus er film "Brazil" e lennet ar pajennoù-se...

Frankiz ebet da gomz, da lâr ho sonj, da sevel strolladoù politikel, da vanifestiñ pe da embann kazetennoù. Ar pennadoù skrid a lâr "traoù faos" a ziar benn Birmanie barzh kazetennoù kaset a estrenvro a vez troc'het, sizailhet, araok bout lakaet war ar marc'had ! Médecins sans frontières en em c'houlenn ma dalv ar poan chom er vro-se peogwir n'hellont mui tostaad d'an dud o deus dober a vout sikouret... Interesus eo an albom e keñver an dra-se ivez : penaos a gerzh an traoù get ur "mission humanitaire". Diaes bras eo labourat e broioù evel ar Myanmar...

Krizder an diktatur
Guy Delisle, eñv, a ra ar dro e vab, a dres, a sav tamm ha tamm darempredoù get tud ar vro. Gwellout a ra ivez gizioù hag emzalc'h an dud, souezhus-bras evit an estranjour. Diskouezh a ra ivez glac'har ar bobl, d'ar peurliesan, hag e levenez a wezhoù. Dedennet eo ar paotr get an dud. Dont a ra betek heuliañ ur sort staj barzh ur manati evit deskiñ penaos prederiañ, get boudisted.

Al levr-se a ziskouezh buhez ur bobl lakaet edan gwask ha krizder un diktatur taer ha sot penn da benn. Get un taol lagad fentus memestra. Ul levr kentelius ha talvoudus-tre.

Guy Delisle, Chroniques birmanes, Ed. Shampooing, 16,5 € 

Christian Le Meut 

22/04/2008

Internet : "La langue, comme gadget électoral"

Lennet m'eus war internet, lec'hienn Taban (e okitaneg hag e galleg) , un destenn anvet "La langue comme gadget électoral". Embannet eo bet d'an 8 a viz Ebrel a ziar benn ar votadegoù e Bro Italia ha penaos a zo bet implijet rannyezhoù komzet du hont get an tu kleiz (Strollad demokratel). Interesus bras. E Breizh ivez, ar brezhoneg a vez implijet ivez a wezhoù evel ur sort "gadget électoral", met m'eus ket amzer bremañ da skrivañ ur pennad war an dra-se... 

J'ai lu sur internet, le site Taban (bilingue occitan et français), un texte intitulé "La langue comme gadget électoral". Il a été édité le 8 avril à propos des élections en Italie et comment certains dialectes parlés là bas ont été utilisés par la gauche (Parti démocrate). Très intéressant. En Bretagne aussi, il y aurait des études à faire sur la façon dont la langue bretonne a été utilisée pendant la campagne des municipales. Le breton y est aussi, parfois, comme d'autres langues dans d'autres régions de France, utilisé comme une sorte de gadget électoral...

http://taban.canalblog.com/

10/04/2008

Tibet ha Surinam : tabutoù a ziar benn ar yezhoù

c2fba2916d22aaedbd029331d6e58a3a.jpgPennadoù skrid interesus e keñver ar yezhoù a zo bet embannet barzh Courrier International ar sizhun paseet (3-9 a viz Ebrel - n° 909) : unan a zivout Bro dTibet hag unan all war ar Surinam. Un den a ginnig d'an Dibetiz skrivañ chomlec'hioù o lizhiri e tibeteg, ha pas e sinaeg. Hiriv an deiz e vez ret gouieit skriv sinaeg (mandarineg) d'an dud a faota dezhe kas ul lizher, pe goulenn sikour get un den bennak ma ne ouiont ket. Met an tibeteg n'eo ket difenet memestra. Hervez bonreizh Bro Sina, an Dibetiz o deus gwirioù sevenadurel ha politikel. Un doare stourm didaer, difeulst, vehe, hervez an den a skriv, ha n'eo ket bet embannet e anv evit e surentez. Mod-se e vehe ret d'an dud deskiñ tibeteg (ha da velestradurezh Bro Sina ivez). Lakaet m'eus a-us ar ger "didaerded", "difeulster" skrivet kaer e tibeteg.

Ar pennad all a zo war Bro Surinam e lec'h ma z'eus ur yezh ofisiel hepken, an neerlandeg (ar vro-se oa bert kolonizet get Broioù Isel), daoust ma vez komzet ur bochad yezhoù all evel ar sinaeg, an hindi, yezhoù ameridian, ar javaneg ha ur yezh ag ar vro, meskaj savet a ziar ar saozneg, an neerlandeg ha yezhoù ag Afrika : ar "sranan tongo"... Perak chom get an neerlandeg hepken evel yezh ofisiel ? Penaos dibab ur yezh ofisiel all, pe meur a unan ?

Un teuliad talvoudus all a zo barzh an niverenn-se a zivout ar peoc'h e Bro Iwerzhon. Ur peoc'h padus met a chom bresk memestra.

E galleg/en français

Petite note pour signaler des articles intéressants parus dans Courrier international de la semaine passée; l'un sur le Tibet, l'autre sur le Surinam. Au Tibet, l'auteur d'un article suggère aux Tibétains d'écrire les adresses de leurs lettres en tibétain, et pas en chinois-mandarin comme cela se pratique actuellement. Aujourd'hui, les personnes qui veulent envoyer une lettre doivent savoir écrire l'adresse en chinois (ou demander de l'aide). L'auteur, dont le nom n'est pas publié pour des raisons de sécurité, rappelle que les Tibétains ont des droits culturels et politiques. Le tibétain n'est pas interdit. Ce serait là un moyen non-violent (en illustration le mot "non-violence" calligraphié en tibétain), pour que les gens apprennent à écrire en tibétain, et même l'administration chinoise.

Le Surinam a une seule langue officielle : le néerlandais (les Pays-Bas ont colonisé ce pays), bien qu'il s'y parle beaucoup d'autres langues comme le chinois l'hindi, le javanais, des langues amérindiennes et une langue du pays, issu de l'anglais, du néerlandais et de langues africaines : le "sranan tongo"... Pourquoi rester avec le néerlandais comme langue officielle ? Comment choisir une autre langue, ou plusieurs ?

Enfin, dans ce même numéro, un dossier intéressant sur la paix, durable mais fragile,  en Irlande.

Courrier international n° 909, 3-9 avril 2008. 

 

 

04/04/2008

Martin Luther King a zo marv 40 vloaz 'zo/Martin Luther King est mort il y a 40 ans

Ar 4 a viz Ebrel 1968, Martin Luther King oa bet lazhet. Setu un nebeut liammoù evit mont pelloc'h. Il y a 40 ans, le 4 avril 1968, Martin Luther King était assassiné. A la suite, quelques liens pour aller plus loin :

http://www.nonviolence-actualite.org/non_violence/mlk.htm 

http://www.non-violence-mp.org/la%20nonviolence_fichiers/... 

http://martinlutherking.blogspirit.com/accueil/

A ziar-benn an didaerded, klikit war ar rummad-se (a-gleiz)/Sur la non-violence, cliquez sur cette catégorie (à gauche).

07/03/2008

Et les Patagons parlaient breton ?

 Hag ar Batagoniz a brege brezhoneg ? Un nebeut anezhe, hervez ar pezh a zispleg Nevern, ur Breizhad a zo e chom en Argentina. "Bara", setu ur ger a veze anavezet get Patagoniz zo, desket gete e komz get Kembraiz a oa e chom du-hont. Hag e kembraeg, "bara" a vez lâret "bara"... Hn istor gwir, ha spontus awalc'h. Setu al liamm :

Et les Patagons parlaient breton s'interroge le blogueur Nevern, Breton vivant en Argentine ? "Bara", certains savaient ce mot-là, appris auprès de Gallois établis en Patagonie. En gallois, "bara", c'est le pain, comme dans sa langue soeur, le breton. Et des Indiens patagons  réclamaient du "bara" dans des circonstances plutôt tragiques. Voici le lien :

http://diaspora-bretonne.over-blog.com/article-15797219.h...

 

26/02/2008

Kosovo : l'indépendance, et après ?

C'est fait, le Kosovo est devenu "indépendant" dans l'enthousiasme populaire pour les Albanais du Kosovo, devant l'hostilité des autorités serbes (et d'une partie de la population serbe), ainsi que celle des autorités russes... Et le scepticisme de beaucoup. Cette indépendance, en effet, est très dépendante : dépendance économique vis-à-vis de l'Union européenne, mais aussi dépendance politique puisque l'Europe va maintenir sur place un fort contingent policier et administratif sur place. Dépendance aussi par rapport aux Etats-Unis qui ont une base militaire au Kosovo. 
 
Un peuple qui lutte pour son indépendance et finit par l'obtenir devrait pourtant recueillir la sympathie de l'opinion publique mondiale. En effet, les Albanais du Kosovo ont beaucoup souffert depuis une vingtaine d'années. Les médias n'ont d'ailleurs pas rappelé que c'est là qu'avait commencé le processus d'éclatement de la Yougoslavie. En 1989, il ya vingt ans, pour répondre à certaines mesures répressives de Milosevic (suppression de l'autonomie), des manifestations éclatèrent. Elles furent sévèrement réprimées (plusieurs morts), et d'autres républiques, comme la Croatie et la Slovénie, protestèrent. De fil en aiguille, leurs relations avec la Serbie se tendirent. Elles votèrent leur indépendance en 1991.
 
Des citoyens de seconde zone
 Les Albanais du Kosovo étaient presque deux millions à cette époque. Une population rurale, paysanne, religieuse (musulmane avec une minorité catholique), avec des familles nombreuses. Depuis la création de la Yougoslavie, après la première guerre mondiale, ce groupe ne fut pas traité à égalité avec les autres peuples : il n'était pas d'origine slave quand l'Etat était censé regroupé les "slaves du sud".
 
Pourtant, sous Tito, des avancées eurent lieu et le Kosovo fut reconnu comme région autonome mais dans la République serbe. Ce n'était pas encore l'égalité complète puisque les six républiques (Serbie, Monténégro, Macédoine, Slovénie, Croatie, Bosnie), avaient, par exemple, un droit de secéssion non reconnu au Kosovo (ni non plus à la Voïvodine, région autonome du Nord de la Serbie). Mais il y avait du progrès. Une université fut créée à Prishtina. Un responsable politique kosovar que j'avais rencontré en 1995 dans cette ville faisait remarquer que les Albanais auraient pu devenir de vrais citoyens yougoslaves, au bout de quelques décennies dans cette voie.
 
L'après Tito : faillite de la Yougoslavie 
 A la mort de Tito, la Yougoslavie n'a pas réussi son évolution démocratique. A la tête de la Serbie est arrivé un président, Milosevic, qui, pour asseoir son pouvoir, a entamé un discours nationaliste serbe jusque là interdit aux élites politiques communistes, le fédéralisme étant l'idéologie officielle. Milosevic a manoeuvré pour prendre le pouvoir en Serbie et tenté de le prendre sur l'ensemble de la Yougoslavie en contrôlant la présidence collégiale. Pour celà, il lui fallait des hommes à lui à la tête de la Voïvodine et du Kosovo (représentés à la présidence). Avec la voix de la Serbie, celle de l'allié traditionnel le Monténégro, celà faisait déjà quatre voix sur huit... Mais cette stratégie aboutit à des tensions telles que la Yougoslavie explosa, et qu'elle continue d'exploser.
 
La guerre éclata en Slovénie (courte, septembre 1991), puis en Croatie (1991-1995), puis encore en Bosnie (1992-1995). Pris dans la tourmente les Albanais du Kosovo tentèrent de résister par la non-violence à la mainmise du pouvoir de Belgrade qui, par la répression policière constante, maintenait la population dans la peur et organisait une forme d'épuration ethnique (émigration des Albanais, transplantation contre leur gré des populations serbes réfugiées de Bosnie...).
 
Résister par la non-violence 
Les Albanais développèrent une société parallèle (enseignement en albanais, gouvernement et parlement clandestins, économie parallèle...). A leur tête, les Kosovars élirent comme président, lors d'élections clandestines, Ibrahim Rugova. Mais, en 1995, les accords de paix de Dayton instaurèrent une paix précaire dans l'ex-Yougoslavie et... Le Kosovo était laissé à la Serbie. La stratégie non-violente de Rugova ne fut pas suffisamment soutenue par la communauté internationale alors même qu'elle pouvait éviter une guerre et garantir les droits de minorités au Kosovo.

Face à l'impatience d'une partie de la population, une guérilla apparue, l'UCK, menée, notamment, par Hashim Thaci, l'actuel premier ministre. La suite est connue : offensive de l'UCK, contre-offensive de l'armée serbe, répression sur la population qui fuit, intervention de l'OTAN en 1999, qui bombarde Belgrade. Retrait de l'armée serbe, protectorat international...

Une guerre de religion ? 
On le voit, le processus actuel est lié à des facteurs profondément politiques. L'aspect linguistique est devenu important, mais seulement quand les droits politiques linguistiques des Albanais ont été bafoués. Le facteur religieux me paraît secondaire. Les Kosovars pratiquent un islam européen, cultivent la vigne, boivent du vin pour certains (j'en ai vus). Leur démographie (galopante) est celle du population rurale qui ressemble en beaucoup de points à ce qu'était la démographie bretonne il y a 50 ans, avec  beaucoup de familles à 5, 6, 7, 10 enfants. La montée du niveau de vie et d'éducation, l'amélioration des garanties sociales (retraite, maladie...), feraient probalement baisser cette démographie, comme cela s'est passé ailleurs dans le monde.

Aujourd'hui, la proclamation d'indépendance est probablement la seule voie possible, mais sans doute transitoire : au mieux, le Kosovo indépendant intégrera dans quelques décennies l'Union européenne... Au pire ? Ses dirigeants pourraient être tentés de rejoindre l'Albanie car certains, nationalistes, rêvent de "Grande Albanie". Ce projet pourrait être un nouveau facteur de destabilisation dans la région où la Macédoine voisine a déjà connu des tensions entre Albanais et Macédoniens.

Pour l'instant la présence de forces de police européenne garantit un respect relatif des minorités encore présentes mais les dirigeants actuels ne sont pas les amis politiques de feu Ibrahim Rugova. Sauront-ils créer au Kosovo une vraie démocratie respectueuse des droits de l'Homme ?

Christian Le Meut 

Ci-dessous, petite chronologie, en breton :

 

Ar C’hosovo
10 800 km2 : da lâret eo ar Mor-Bihan mui an hanter eus Penn-ar-Bed. Daou vilion a dud (600 000 er Mor-Bihan, da geñveriañ). 90% ag Albaned ; tud arall : Serbed (5-10%), Rom... Kerbenn : Prishtina.
Relijionoù : islam evit al lodenn vrasañ ag an Albaned, katolik evit ul lodenn vihan anezhe, ortodoks evit ar Serbed. Yezhoù : albaneg, serbeg, met ivez turkeg ha yezhoù arall (rom). Armezh : labour-douar, mengleuzioù...

1914
Goude ar brezel bed kentañ Yougoslavia oa bet savet evit lakaat asambles, sañset, ar “Slaved ag Europa kreizteiz”, da lâret eo Serbed, Kroated, Slovened, Bosniaked ha c’hoazh... Met bec'h, reuz, e oa bet dija etre ar Groated hag ar Serbed. Lakaet e oa bet ar C’hosovo e Yougoslavia daoust ma n'int ket Slaved an Albaned, ar strollad tud brasañ er rannvro se. Komz a reont ur yezh disheñvel-tre. Serbed hag Albaned a vev e Kosovo abaoe pell.

1945
Goude an eil brezel bed, deuet e oa da vout ar C’hosovo ur rannvro emren e-barzh Serbia.

1974
Ur vonreizh nevez savet get Tito a roe d’ar C’hosovo muioc’h a galloud (ur parlamant, ur gouarnamant emren, ur skol-veur vras e Prishtina, ar gêrbenn), met ne oa ket c’hoazh Kosovo ur republik da vat, evel ar 6 republik all (ur rannvro all a oa evel ar C’hosovo : ar Voivodina, e hanternoz Serbia, e lec’h m'emañ e chom Magyared).

1986-90
Goude marv Tito (1981), tud nevez ag ar strollad komunour, ar strollad nemetañ d’ar mare-se, zo bet e penn Serbia : Slobodan Milosevic hag e vignoniezh. D’ar mare-se e oa ar gevredelezh* ar mennozh ofisiel e Yougoslavia met Milosevic en deus cheñchet an dra-se evit skarzhañ ar re a oa e penn ar Stad. Deuet eo da vout broadelour. Lâret en deus e veze bet lazhet Serbed a oa e chom er C’hosovo get Albaned oa, ar pezh ne oa ket gwir. Met skoazellet e oa e bet get broadelourioñ serb ha get an arme ivez, evit bout lakaet e penn ar Serbia goude ur sort "putsch". Goude-se, evit bout lakaet e penn Yougoslavia, Milosevic en doa afer da lemel o emrenerezh d'ar C’hosovo ha da Voivodina.
D’ar mare se oa, e penn stad Yougoslavia ur strollad anvet "présidence collégiale". Cheñchet e veze ar prezidant bep bloaz. Ur c'hannad eus ar c'hwec'h republik hag an div rannvro emren a oa e-barzh ar "présidence"-se. Setu perak n’eus kaset Milosevic an arme da Voivodina ha d’ar C’hosovo evit lakaat en o fenn mignoned dezhañ. Manifestadegoù a oa bet met flastret int bet get an arme. Ur republik all, Montenegro, a oa berped mignon d’ar C’hosovo d’ar mare-se ha, mod se, en deus tapet Milosevic 4 mouezh e-barzh ar "présidence".

1990-91
Met, e welet ar pezh a oa bet graet get Milosevic a-enep an Albaned, manifestadegoù a oa bet savet e Slovenia hag e Kroatia hag an div republik-se o deus divizet mont kuit eus Yougoslavia. An Albaned o deus divizet stourm, met hep armoù. Peogwir n’o doa ket armoù met ivez peogwir e oa en o fenn tud a faote dezhe stourm hep armoù, evel Ibrahim Rugova. A-raok bout skarzhet, ar parlamant en doa lâret e oa Kosovo ur vro distag eus Serbia. Votadegoù kuzhet a oa bet graet ar-lerc’h evit dibab ur parlamant nevez hag ur prezidant, Ibrahim Rugova. Met 100 000 Alban a a oa bet lakaet er-maez ag o labourioù get gouarnamant Serbia (razh an embregerezhioù a oa publik). Difennet e oa bet da gelenn en albaneg, ar pezh a veze graet e-barzh al lod brasañ ag ar skolioù (ul lod all a rae get ar serbeg). Ur sort apartheid a oa bet savet get gouarnamant Serbia a-enep an Albaned. Albaned a veze arestet, toull-bac’het, jahinet bemdez get ar polis. Serbed a Serbia a oa skoazellet get ar stad evit mont da chom er C’hosovo. Savet e oa bet, neuze, skolioù "a goste" en albaneg. Rugova a oa aet un tammig e pep lec’h e c'houlenn sikour get ur bochad pennoù bras er bed, evel Jacques Chirac, Tony Blair, Bill Clinton, ha c’hoazh... Met ne oa bet graet netra evit sikour an Albaned ha Kosovo.

1995
Emglevioù Dayton a oa bet sinet e fin ar bloaz-se hep divizout netra a-ziout Kosovo. Milosevic en deus soñjet, neuze, e oa dieub d’ober ar pezh a faote dezhañ er C’hosovo. E balioù ? "Epuration ethnique" : lakaat ul lod bras ag an Albaned da vont kuit e spontiñ anezhe. Kas Serbed d’ar C’hosovo evit trevadenniñ ar vro : pa'z e oa bet trec’het ar Serbed e Kroatia, en hañv 1995, repuidi Serb a oa aet kuit e Serbia : kaset int bet diouzhtu e Kosovo daoust ma ne oant ket a-du anezhe !

1997-98...
A-benn ar fin, Albaned ne oant ket a du get Rugova hag e zidaerded* o deus savet un arme kuzhet, an UCK. Trec’het e oa bet an arme-se get arme Serbia e 1999, hag ul lod bras ag an Albaned, spontet, a oa aet kuit ag ar vro evit mont da Albania, da vMasedonia pe da vMontenegro. Goude se, an OTAN en doa divizet da vonet d’o sikouriñ (met pas an ABU*). Bombezennet e oa bet kerioù bras, evel Beograd, evit lâret da Vilosevic da baoueziñ. Aet e oa kuit arme Serbia d’ar C’hosovo. Abaoe-se, ur sort "protectorat" a zo bet savet.

2001...
Ur parliament a zo bet dilennet goude votadegoù bras er C'Hosovo, ha setu Ibrahim Rugova anvet prezidant ur vro ha n'eo ket c'hoazh digabestr anezhi. Peseurt dazont ? Bet on er C’hosovo e 1995. Gwelladennet ’m eus Prizren, ur gêr gozh e Kosovo ar c'hreisteiz. Du-hont, ’m eus gwelet teir relijion (katolik, musulman hag ortodoks), ha m’eus klevet komz teir yezh : albaneg, serbeg ha... turkeg. Turkeg a vez komzet eno abaoe pell. Met bremañ, get an UCK hag e mennozhiou broadelour, goulennet e oa bet digant Albaniz komz Albaneg hepken. Ur bobl, ur yezh : anavezout a reomp ar mennozh se...

2006
Marv eo Ibrahim Rugova, prezidant ar C'Hosovo, ar sadorn 21 a Viz Genver 2006. Butuniñ a rae kalz, evel ar pezh m'boa gwellet e miz Eost 1995, e Prishtina, kerbenn Kosovo. Aeet oan bet du hont, get mignonned, da welled e peseurt stad a oa en traoù etre an Albaned hag ar Serbed... Ha setu Rugova marv get ur c'hrign skevent, d'an oad a 61 vloaz.

2008
Ar C'Hosovo a zo daet da vout ur vro distag  Vro Serbia.

Christian Le Meut

Kevredelezh : fédéralisme.
Didaerded : non-violence (également : difeulster).
ABU : Aozadur ar Broadoù Unanet (ONU).
Lies-sevenadurel : multiculturel.

Lire :
- Ibrahim Rugova, le frêle colosse du Kosovo, Ed. Desclée de Brouwer, 1999.
- La question du Kosovo, Ibrahim Rugova, Fayard, 1994.

14/02/2008

Europe : défense du multilinguisme

Un député européen italien défend, en français, le multilinguisme face à l'hégémonie de la langue anglaise; ses arguments sur le site de Jean Quatremer, journaliste de Libération à Bruxelles : 

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2008/02/ch...

06/02/2008

Alaska : ur yezh a zo aet da get/une langue est morte

Hervez ar gelaouenn Marianne (02/02/2008) ar yezh eyak a zo marv ar sizhun paseet get Marie Smith-Jones. Honnezh a oa an den diwezhan a gomze an eyak, ur yezh a veze komzet get an Inuited. Marie a zo marv e Anchorage, d'an oad a 89 vloaz. He seizh bugale ne gomzont ket yezh o mamm rak o zad, ur pesketour gwenn, ne faote ket dezhan e vehe dezket gete o yezh a orin. "Abaoe pemzek vloaz Marie a oa an den nemetan a c'helle kaozeal eyak" eme Mikael Krauss, kelenner ha yezhoniour e skol veur Alaska. "An eyak a zo ar yezh inuit kentañ a ya da get en Alaska met ne vo ket an hini diwezhan", emezan c'hoazh. Chom a ray roudoù ag ar yezh-se memestra : M. Krauss ha Marie Smith Jones o deus skrivet asambles ur geriadur eyak.

Selon l'hebo Marianne (02/02/2008) la langue eyak est morte la semaine dernière avec Marie Smith-Jones. Elle était la dernière personne à parler la langue eyak, langue parlée par les Inuits. Marie est morte à Anchorage à l'âge de 89 ans. Ses sept enfants ne parlent pas la langue de leur mère car leur père, un pêcheur blanc, ne voulait pas qu'ils apprennent leur langue d'origine. "Depuis quinze ans Marie était la seule personne à pouvoir encore parler eyak" explique Mikael Krauss, professeur et linguiste de l'université d'Alaska. "L'eyak est la première langue inuite à disparaître en Alaska mais ce ne sera pas la dernière", souligne-t-il encore. Il restera des traces de l'eyak cependant : M. Krauss et Marie Smith-Jones ont écrit ensemble un dictionnaire d'eyak.

05/02/2008

Le français, langue des JO... et des droits de l'Homme ?

Extrait du compte-rendu de la conférence de presse quotidienne du ministère des Affaires étrangères : 

"LE FRANCAIS, LANGUE OLYMPIQUE" AU SALON EXPOLANGUES (PARIS, DU 6 AU 9 FEVRIER)

Dans le cadre du salon Expolangues de Paris (6 au 9 février) où la Chine est invitée d'honneur, le ministère des Affaires étrangères et européennes lance en partenariat avec le ministère de la Culture et de la Communication, le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, et l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) une opération intitulée "le français, langue olympique".

En vue des Jeux Olympiques qui se tiendront en août prochain à Pékin, l'objectif de cette opération est d'informer le grand public sur la place du français, langue officielle des JO, en présentant les diverses actions pour la promotion de notre langue, notamment la mise à disposition de traducteurs francophones et le lancement de manifestations culturelles francophones.

Ces actions s'inscrivent dans le cadre de la convention signée par M. Jean-Pierre Raffarin, Grand Témoin de la Francophonie aux JO de Pékin, et M. Liu Qi, président du Comité d'organisation des Jeux olympiques de Pékin, en marge de la visite d'Etat du président de la République en Chine, le 26 novembre 2007. La convention a été remise par M. Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie, à M. Jacques Rogge, président du CIO, le
23 janvier à Lausanne.

Le salon Expolangues, qui sera habillé aux couleurs de l'opération "le français, langue olympique", sera inauguré par M.
Diouf en compagnie de MM. Jean-Philippe Gatien et Xiao-Ming Wang, champions de tennis de table, le mercredi 6 février à 17h30.

(...) Les dirigeants de la République française collaborent donc avec les autorités chinoises pour que la langue française ait sa place pendant les prochains Jeux Olympiques. Nos responsables politiques, dont M. Raffarin, n'oublieront sans doute pas de rappeler aux dirigeants chinois les droits des minorités linguistiques, comme ceux des Tibétains, droits que le gouvernement de Pékin se garde bien de respecter. Le Tibet fait l'objet d'une politique de colonisation humaine et linguistique à grande vitesse. Dans ce domaine, il est vrai, la France des droits de l'Homme n'a pas trop de leçon à donner.

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