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28/08/2006

La préfète au chant !

"Préfète de la région Bretagne depuis quatre ans, Bernadette Malgorn a dit Kenavo à la Bretagne, alors qu'elle s'aprête à rejoindre ce lundi le poste de directrice de l'administration au ministère de l'intérieur.

Arrivée en 2002 en Bretagne, après un passage en Lorraine, Bernadette Malgorn assumait les fonction de préfète de la région Bretagne, préfète de la zone de défense Ouest et préfète d'Ille-et-Vilaine. Finistèrienne d'origine, elle a rapellé son attachement à la Bretagne, précisant son intention de revenir régulièrement dans la région.

Les quelques 1500 personnes venues la saluer ont toutes eu le droit à un petit mot, à l'exemple du responsable de l'école Diwan qu'elle a assuré de son soutien par cette phrase <Si vous avez besoin de moi, appelez moi au ministère je vous aiderai>.

Autre symbole de la soirée, Bernadette Malgorn a chanté l'hymne breton* avec l'ensemble choral du Léon, qu'elle a conclu par un Kenavo en breton."

Source : Agence Bretagne Presse 

* Il s'agit probablement du Bro Gozh ma zadoù ("Vieux pays de mes pères"). 

25/08/2006

Nature : les plages vont-elles disparaître ?

Je lis parfois des livres d’horreur ! Oui, d’horreur, comme ce petit livre jaune qui s’intitule : “Les plages vont-elles disparaître ?”... Ce n’est pas une blague, ni une prophétie de Nostradamus, mais une donnée scientifique : les plages régressent sur notre belle planète, d’après un géographe membre du conseil scientifique du Conservatoire du littoral : Roland Paskoff. 70% des plages sont en régression dans le monde, écrit-il, 20% sont stables et 10% seulement s’agrandissent.

Mais d’où viennent le sable et les galets sur lesquels nous nous prélassons au soleil l’été ? Et bien ils viennent, pour une part, des fleuves : la Loire, la Vilaine, le Blavet, le Scorff, la Garonne, le Rhône Or nos fleuves apportent moins de sables et de galets à cause des barrages qui y ont été édifiés. Du sable y est également prélevé. Les plages sont également menacées par l’urbanisation. Beaucoup de maisons et d’immeubles ont été construits à quelques mètres de plages : or une plage résistera mieux à l’érosion s’il y a des dunes derrière, elles-mêmes pourvoyeuses de sable et de terre...

Une plage a besoin d’espace pour reculer et avancer au fur et à mesure du temps. La loi littoral impose une bande de cent mètres sans constructions, et c’est une bonne chose pour tout le monde. Pour la nature, d’une part, mais aussi pour les propriétaires qui ne risquent pas ainsi de voir leurs maisons détruites progressivement sous le coup des tempêtes. A Gâvres, par exemple, la digue de la grande plage cède parfois et l’eau de mer inonde les caves de maisons de constructions relativement récentes à des endroits qui auraient dû peut-être restés naturels.

Autre menace : la montée des eaux
Mais un autre danger menace les plages et la côte en général : la montée des eaux due aux changements climatiques. Selon Roland Paskoff les eaux devraient monter de 44 centimètres d’ici 2100. La violence des tempêtes et la force des vagues en sera accrue, au risque de détruire certaines installations côtières et de rendre inhabitables certaines maisons... Mais si l’océan emporte le sable, que nous laissera-t-il à la place, des cailloux ?

Roland Paskoff suggère des solutions : ne plus construire trop près des plages; mettre des rochers artificiels pour stopper les vagues ou apporter du sable prélevé dans l’océan... Être plus vigilant aussi quand sont construites de nouvelles jetées, de nouveaux ports, afin de ne pas perturber certains courants... Il est urgent de trouver des solutions : que serait notre monde sans plages de sables sur lesquelles roussir au soleil, faire une petite sieste, jouer aux raquettes puis aller se baigner ?

Sur certaines côte, comme la Côte d’Azur, il y a des plages uniquement de galets : quel plaisir de s’y coucher ! Alors on y loue des chaises longues. Certaines plages sont accaparées par des loueurs de chaises longues et leurs occupants ; la plage devient payante : incroyable mais vrai. Ici, en Bretagne, comme dans beaucoup d’autres régions, nos plages de sable sont gratuites : pourvu que ça dure.

Christian Le Meut

“Les plages vont-elles disparaître ?”, Roland Paskoff, Ed. Le Pommier, 2005.

21/08/2006

Du créole au bac dans l'Hexagone ?

 Une pétition circule sur le net pour demander des épreuves du bac en langue créole, comme la loi le prévoit. Les promoteurs de cette pétition estiment à un million le nombre de locuteurs du créole dans l'Hexagone.

"Les langues et cultures créoles sont sources de richesse. Leur rayonnement et leur vitalité sont mondialement reconnus. Elles s'expriment notamment à travers des productions artistiques majeures (littérature, musique, peinture...). Leur présence est plus que manifeste dans l’hexagone. Les langues et cultures créoles sont "traces archéologiques" charriant la richesse de civilisations nées dans la barbarie et donc signe du génie humain face au crime contre l’Humanité. Leur présence est plus que manifeste dans l’hexagone. Les langues et cultures créoles sont véhiculées, partagées par près d’un million de locuteurs sur le territoire hexagonal. Par leurs volontés, ils les font vivre et les transmettent à toutes celles et ceux qu'elles attirent à travers les manifestations de rencontre et de partage de tous ordres. Leur présence est plus que manifeste dans l’hexagonePourtant
En dépit des dispositions légales du code de l’éducation inscrivant le Créole parmi les langues régionales pouvant donner lieu à une épreuve facultative (articles 3 et 5 de l’arrêté du 12 mars 2004) dès la session 2004, et à une épreuve obligatoire (arrêté du 26 janvier 2006 paru au journal officiel du 03 février 2006), à compter de la session 2007, au baccalauréat général, il n’est toujours pas possible à un(e) jeune lycéen(ne) créolophone ou non, résidant dans l’Hexagone, de choisir le Créole, d’y suivre les cours dans un lycée et de le présenter au baccalauréat. En dépit du CAPES Créole mis en place en 2001 permettant le recrutement de personnel enseignant, aucun poste n’a été ouvert depuis, dans l’hexagone, afin de permettre à un professeur d’y assurer les cours de Créole, demandés par des lycéens, appuyés par leurs parents.
Par conséquent :
*    nous exigeons que les deux épreuves facultatives et obligatoires de langue régionale option créole au baccalauréat général soit  mis en place sur le territoire hexagonal, en particulier dans les Académies de Paris, Créteil et Versailles dès l’année scolaire 2006-2007.
*    nous exigeons que  la création de poste d’enseignement du Créole soit effective dès l’année scolaire 2006-2007 et que des moyens soient mis en place pour la formation des futurs enseignants en langues et cultures créoles dans l’hexagone, en particulier en région parisienne."

Le site Kapes Kreyol: http://www.palli.ch/~kapeskreyol

17/08/2006

“What does Kenavo mean ?”

medium_cb2111.2.jpgJ’ai découvert l'année dernière dans une maison de la presse un nouveau mensuel réalisé en Bretagne : “Central Brittany journal”, édité à Callac. Cette revue est écrite en anglais , avec un peu de français également, et quelques mots de breton. On y trouve des informations pour les Britanniques qui vivent en Bretagne : comment de débrouiller avec France Télécom; comment demander une carte de séjour; comment faire une galette des Rois; ce qu’il y a à voir dans le centre-ville de Quimper pour y faire du tourisme, ou encore des sites internet...

L’on trouve également dans cette revue des contes traditionnels bretons traduits en anglais et un quizz avec des questions comme : “What is cider made from ?” (avec quoi le cidre est-il fait ?) ou “What does kenavo mean ?”, (que signifie “kenavo” ?)... Central Brittany journal est vendu dans les maisons de la presse; son adresse : BP 4, 22160 Callac.Un autre journal, Le Poher, édité chaque semaine à Carhaix, publie une page entière en anglais, et une autre en breton...

Des milliers de Britanniques trouvent agréable de venir vivre en Bretagne et y achètent une maison. L’immobilier y est meilleur marché qu’au Royaume-Uni... Certains vivent en Bretagne à l’année, d’autres n’y viennent que pour les vacances. Il y a des gens pour grogner contre cette présence britannique qui fait monter les prix des maisons et de la terre en Centre-Bretagne. C’est vrai, ces prix augmentent du fait de la demande, mais, d’un autre côté, la présence britannique permet de redonner vie à certaines communes désertifiées où ne vivent souvent plus que des personnes âgées. Les jeunes du pays sont partis travaillés en ville faute de travail sur place. Et les Britanniques ne sont nullement fautifs du fait que le Centre-Bretagne s’est dépeuplé...

Des choix politiques et économiques discutables
La nature a horreur du vide, dit-on. La faute revient plutôt aux choix politiques et économiques décidés il y a 50-60 ans. Le choix a été fait de développer l’agriculture industrielle en Centre-Bretagne, les exploitations étant regroupées pour créer une agriculture intensive employant moins de main d’oeuvre que l’agriculture traditionnelle. Le choix du tourisme a été fait pour la côte. Et là, ce sont rarement les Britanniques qui achètent les maisons et font monter les cours de l’immobilier. Le clivage se situe plutôt entre riches et pauvres.

Les maisons et les terres y deviennent également de plus en plus cher et les familles aux revenus modestes, mais aussi les familles de classe moyenne, n’ont plus les moyens de rester. Elles s’installent un peu plus loin “dans les terres”, comme on dit. Mais cette situation n’est pas inéluctable. Les communes de la côte comme celle du Centre-Bretagne peuvent adopter des politiques volontaristes permettant aux jeunes, aux familles à revenus modestes, d’acheter ou de louer dans leur commune d'origine. Plusieurs familles sont venues ainsi habiter sur l’île d’Arz l’année dernière grâce aux aides apportées par la commune. Du coup, l’école accueille en 2005 plus d’enfants qu’en 2004... Il y a donc des moyens pour ne pas créer des ghettos de riches ici, des ghettos de pauvres là, ou encore des ghettos britanniques ailleurs. Et je ne parle pas de ces quartiers de riches complètement désertés pendant six mois de l’année à Carnac-Plage, Guidel-Plage, Quiberon, Sarzeau, etc. Triste spectacle...

medium_centrebrit1110.3.jpgAttention danger, bouc émissaire !
Dès que l’on désigne une population précise, un groupe, comme responsable de nos maux, ou d’une partie de nos maux, il faut faire attention : danger. Le syndrome du bouc-émissaire est dans l’air. Il s’agit alors de désigner un responsable, un coupable et, comme par hasard, c’est toujours l’autre. L’autre, l’Anglais dans le cas qui nous concerne aujourd’hui.

Le syndrome du bouc-émissaire est une maladie fort répandue et très pratique. Elle évite de se poser trop de questions sur soi-même, sur nous-mêmes. Pourquoi le Centre-Bretagne est-il devenu un désert ? Pourquoi certains propriétaires bretons vendent-ils si cher leurs terrains ? A qui profite la spéculation ?

Ainsi nos cousins Grands Bretons seraient en train mettre la main sur la Bretagne... Mais que pensaient, il y a quinze siècles, les habitants de cette région, l’Armorique gallo-romaine, quand ils voyaient arriver dans leur pays des populations entières venant de Grande-Bretagne, déjà ? Les Bretons sont-ils arrivés en Armorique pacifiquement, comme les Britanniques aujourd’hui ? Ou ont-ils conquis ce pays au fil de l’épée ? Les deux, peut-être, suivant les coins... Mais les historiens en débattent encore...

Christian Le Meut

“What does “Kenavo” mean ?”

medium_centrebrit1110.jpgE 2005 m'boa dizoloet ur gazetenn savet e Breizh : “Central Brittany journal”, embannet e Kallag. Ar gazetenn vihan se a vez moulet bep mizh. Skrivet eo e saozneg get un tammig galleg a barzh, hag un nebeud gerioù e brezhoneg ivez... Doereieù a bep sort a vez kavet a-barzh evit ar Saozon a zo e chom e Breizh : penaos goulenn ur “carte de séjour ?”; penaos en em “zimerdiñ” get Frans Telekom; penaos fardañ ur gwastell ar roueed; ar pezh a zo da welet e kreisker Kemper evit mont da vale du-hont, ha pennadoù a ziàr-benn istoer Frans ha Breizh.Kavet vez ivez er gazetenn-se traoù é tenniñ d’ar sevenadur a zre man : kontadennoù a Vreizh troet e saozneg hag ur “quiz” get goulennoù evel-se : “What is cider made from ?”, get petra e vez graet sistr ha “What does Kenavo mean ?” (petra a sinifi “kenavo” ?)... “Central Brittany Journal” a vez gwerzhet e stalioù levrioù zo. He chomlec’h : BP 4, 22160 Kallag. Get ur gelaouenn sizhuniek all, ar Poher (Karaez), a vez embannet ivez, bep sizhun ur bajenn penn-da-benn e saozneg, hag unan all e brezhoneg.

Buhez ha begon kaset get an Anglezed
Miliadoù a dud a Vro Saoz a gav bourrapl donet da Vreizh ha prenañ tier aman. Marc’hadmatoch eo evit e Bro Saoz, ha bourraploc’h an amzer... Ul lod anezhe a chom a-hed ar bloaz, hag ul lod all a zeu e pad a nemet evit ar vakansoù. Klevet a rer Bretoned e klemm : keroc’h eo priz an tier hag an douar e Kreizh Breizh a-gaoz d’ar Saozon... Marteze, met e lec’hioù zo, ne oa ket mui den ebet e chom. A drugarez d’an Anglezed eo mand eo bet adsavet meur a di... Buhez ha begon a gasont e parrezioù deuet da vout diboblet.

Ar re yaouank a Greiz Breizh zo aet kuit peogwir ne oa ket mui kalz a labour... Mod se emañ, ha n’eo ket dre faot ar Saozon... Met kentoc’h dre faot ar bolitikerezh c’hoariet e Breizh abaoe 50 vloaz : an tourism e-koste ar mor, ha tachennoù bras, feurmoù bras, e Kreiz Breizh da sezav yer pe moc’h en ur mod “industrielle”. Koste ar mor ne vez ket aesoc’h kavout un ti da feurmiñ na douar da sevel unan. Ker-ruz eo deuet ar marc’had da vout. Ha nend eo ket d’ar Saozon e heller tammall an dra-se kennebeut. D’an dud pitaot, d’ar re o deus argant, ne lâran ket.

Harpiñ tud paour ar vro 
Ha neoazh e vehe ur moiaen da harpiñ tud ar vro hag a garahe chom eno. Ret e vehe d’ar c’humunioù preniñ douaroù ha lakaat sevel tier a vehe tu feurmiñ, pe memp gwerzhiñ goude, evit ur priz d’ar re a vez berrik an argant gete. Enezenn Arzh n’eus graet an dra-se ar bloaz paseet, da skouer, evit lakaat familhoù da zonet da chom er gumun. Ar skol oa edan serriñ du-hont, met n’eo ket bet serret, ha muioc’h a vugale zo ar bloaz man evit ar bloaz paseet. Un afer a volontez eo; ha sur eo eh eus tu tremen hep sevel evel-se seurt “ghettoioù” evit ar re binvidik d’an tu; “ghettoioù” evit ar re baour d’an tu all (pelloc’h ag ar mor); pe ghettoioù evit ar Saozon e Kreizh Breiz....

medium_cb2111.jpgUn dra all ne blij ket diñ : hiziv ar Saozon vehe kaos hon diaezamentoù. Aliez e vez klasket tud kablus, “bouc-émissaires” evel e larer e galleg, evit nompass sonjal pelloc’h. Re aes eo; ar “bouc émissaires” zo berpet ar re all. Met get piv, da skouer, a vez gwerzhet an douar hag an tier ker-ruz ? Get Bretoned, dreist-holl... Piv zo aet kuit a Greiz Breizh ? Ar Vretoned... Tud zo hag a soñj emañ ar Saozon é lakaat o c’hrabanoù àr hon bro-ni. Mechal a ouiet petra a sonje an dud a oa e chom en Armorik pa oa deuet ar Vretoned du-man, pemzek kant vloaz zo ? A Vreizh Veur e tae ar Vretoned. Habask, pasifik oa o doare da zonet er vro-man, evel ar re Saoz hiziv an deiz ? Pe taer ? Marteze, e oa bet bec’h etre ar Vretoned hag an Armorikaned... Piv ouar ? Tabut zo c’hoaz etre an istorourien a ziar benn an dra se !

Christian Le Meut*

* Sikouret on bet get ur mignon din evit skrivan ar pennad-se e brezhoneg, mersi dezhan (faota dezhan chom kuzhet!).

06/08/2006

L’affront publicitaire

"J’ai trouvé une excellent moyen pour faire la publicité de votre blog préféré, Rezore ! Aux Etats-Unis, une mère de famille habitant l’Utah, Karolyne Smith, a fait tatouer sur son front une publicité pour un établissement de jeu sur internet. Voilà une bonne idée pour Rezore. Pourquoi ne pas vous faire tatouer sur le front des slogans du style “Lisez Rezore” ou en breton “Lennit Rezore” ? Les personnes intéressées peuvent m'envoyer un message par le blog (commentaire). Les éventuelles propositions de tatouage sur une autre partie du corps que le front sont exclues, le front a un caractère publicitaire que n’ont pas les parties cachées par les vêtements... Encore que cela dépende des personnes...

Karolyne Smith avait proposé son front comme espace publicitaire sur un site internet d’enchère... Les enchères sont montées à 10.000 dollars quand même. Il est bien entendu que Rezore (prononcer ré zo ré, celà veut dire "trop c'est trop", en breton) ne versera pas un centime d’euro, pas un kopeck, netra, nothing, rien... Blank ebet !

L'invasion duplicitaire
La publicité nous envahit mais, jusque là, elle se limitait à polluer nos vêtements, nos écrans, la radio, les villes et les campagnes... Le pas est franchi désormais : elle peut même se graver sur nos peaux et nos chairs. Mais de préférence dans la chair des pauvres, car Karolyne Smith a justifié son acte. Elle ne peut payer d’études à son fils mais, avec ses 10.000 dollars, elle pourra le faire et, je cite, lui “assurer un meilleur avenir”. La société pour laquelle elle s’est fait tatouer une publicité sur le front a rajouté 5.000 dollars, émue, parait-il, par les motivations de cette mère.

Voilà à quoi son réduits les pauvres aux Etats-Unis, se faire tatouer de la pub pour financer les études de leurs enfants. Mais, se faisant, la maman a peut-être même sauvé la vie de son fils. Car les étudiants pauvres n’ont souvent comme seul recours que de faire financer leurs études par l’armée. L’armée étasunienne finance, en effet les études des jeunes étasuniens en échange de période en service armé. Ces jeunes étudiants pauvres sont ensuite envoyés sur les terrains d’intervention des USA, en Irak et en Afghanistan, par exemple.

Du Vietnam à l'Irak
Ainsi ce sont des pauvres, souvent d’origine hispanique, asiatique, ou africaine, qui vont mourir au Moyen-Orient pour les intérêt des multinationales et des amis des Georges Bush, qui ne leur sont pas reconnaissants pour autant. C’était déjà le cas au Vietnam, c’est encore le cas en Irak...

L’acte de Mme Karolyne Smith, habitante de l’Utah, est donc à la fois émouvant et symbolique, navrant et révoltant. J’espère qu’elle pourra très vite cacher ou effacer cette marque d’infamie publicitaire qu’elle a acceptée de se faire graver sur le front. Car l’annonceur s’est déjà largement payé sur le coup de pub qu’il vient de se faire. Il se passe décidément de drôle de chose du côté des Etats-Unis et quand je vois ça, je me demande dans quel Utah gère !
Christian Le Meut

* Cette note est une redif de l'été 2005. Source : Courrier international.

Brud war he zal

Kavet m’eus un doare a feson da vrudiñ ma blog. Er Stadoù Unanet ur vaouez deus gwerzhet he zal, ya he zal, evit bout tatouet warni ur vrudezeh, ur pub. Setu ur sonj a feson evit lakaat Radio Bro Gwened da vout brudetoc’h ! Ma faota deoc'h tatouiñ “Lennit Rezore" war ho tal, kasit ur mail din.

Karolyne Smith deus gwerzhet he zal war internet, d’en diwezhañ priz (dre “enchère” e galleg). 15.000 dollars memestra. Get Rezore ne vo ket paiet netra, blank ebet, evel rezon.

Bruderezh e pep lec'h
Ar vruderezh zo e pep lec’h hiriv an deiz : war ar gwiskamentoù, war ar skrammoù (skinwell, sinema, internet...), barzh ar radio ha, bremañ, war ar c’horf ivez, tatouet war ar groc’henn... Met war kroc’henn ur vaouez paour, rak Karolyne Smith deus displeget an traoù. Mamm ur paotr yaouank, n’hella ket anezhi paeañ studioù he mab. Get an argant gounezet mod-se e vo moian dezhi sevel “ur vuhez gwelloc’h” evit he mab.

Setu penaos emañ an traoù er Stadoù Unanet hiriv an deiz evit ar re baour : gwerhziñ he zall evit sikouriñ he mab ! Nag un druez. Met ouzhpenn an dra-se zo bet graet get Katerine Smith. Marteze he deus saveteet buhez he mab... N’eus nemet un doare d’ober evit al lodenn vrasan ag ar studierion paour er Stadoù Unanet : monet d'an arme... Geti ‘vez paet studioù evit ar re baour, met dezhe da vout kaset ar lerc’h en Irak, pe en Afghanistan, ha da vervel du-hont evit Georges Bush hag e vignoned.

Hag ar re yaouank-se zo tud a orin ag Amerika Latina, Azia pe Afrika. Mod-se oa dija da vare ar Vietnam... Ur vamm kalonek eo, Karolyne Smith, benn ar fin. Spi m’eus e vo tu dezhi kuzhiñ pe diverkiñ ar vruderezh breiñ tatouet ar he zal; paiet eo bet ar stall n’eus prenet ar vruderezh-se dre an taol pub graet dija.

Christian Le Meut

* Ar pennad mañ zo skignet en dro; tennet eus Courrier international.

02/08/2006

Laïcité et diversité culturelle

Bonjour : je vous conseille la lecture de la - longue - note de Jean Baubérot sur laïcité et diversité culturelle parue sur son blog le 19 juin; c'est long, discutable parfois, mais intéressant : 

http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com

29/07/2006

Les crabes du camarade Staline

C’est le camarade Staline lui-même qui eut l’idée formidable, dans les années 1950, d’introduire un crabe de l’océan Pacifique dans la mer de Barentz, en Europe du Nord. Quelles étaient ses intentions ? Nourrir la population ? Soixante ans plus tard, cette initiative saugrenue ne laisse pas d’inquiéter les spécialistes du monde marin. En effet, comme son mentor Staline, le crabe kamchatka, c’est son nom, détruit tout sur son passage.

La bête d’une envergure maximale d’un mètre trente avec les pattes, peut peser jusqu’à douze kilos, rien que cela, et mange tout ce qui traîne au fond de l’eau, poissons morts, algues marines, crustacés... Mais si le kamtchatka a des prédateurs dans le Pacifique, il n’en a pas dans l’Atlantique. Il progresse donc et a colonisé une partie de la mer du Nord, jusqu’aux îles Lofoten, en Norvège.

Selon des spécialistes, il pourrait se répandre jusqu’à Gibraltar, ce qui risquerait d’entraîner la disparition d’autres espèces animales, notamment de crabes. Nos doux dormeurs et autres araignées sont, en effet, des poids plume face à ce crabe venu de l’Est. Quant aux étrilles, elles risquent de se faire étriller !

Merci donc, camarade Staline pour ce joli cadeau. Une consolation cependant : le kamtchatka est très bon à manger, et sa chair vaut très cher. Ceci fait une différence de taille avec le camarade Staline qui n'était pas comestible, ni lui, ni ses idées politiques !

Christian Le Meut

Sources : Thalassa et Courrier international. 

Kranked kamarad Staline

Ar paotr Staline an hini eo, en doa sonjet, er bleadoù 1950, lakaat er mor Barentz, e Russia hanternoz, ur c’hrank nevez a zeue ag ar mor bras Habask, Pasifik. Perak ? Marteze Staline a faote dezhan reiñ boued d’an dud get ar c’hrank-se a c’hell pouesiñ betag daouzek kilo memestra, hag a zo mat tre da zebriñ...

Ya, met ar c’hamtchatka, anv ar c’hrank, a zo akourset da vev er mor bras Pasifik, e lec’h ma z’eus loened all evit hen zebriñ, ar pezh n’eo ket gwir er mor Barentz hag er morioù all ag Europa. Ar c’hamtchatka zo aet da foetañ mor pelloc’h hag erruet eo hiziv an deiz e Mor Hanternoz, betek inizi Lofotën, e Norvej. Hervez skiantourion-zo, ar c’hamtchatka a c’hellehe monet ag an Norvej betek Gibraltar : marteze, un deiz bennak, pinset vo hor treid pe hor fesennoù get ar c’hrank tev-se pa vimp e neuial en Atlantik, pe e klask meskl war an aodoù...

Bezhiñ, pesked marv, kregennoù mor, ha c’hoazh, e vez debret get ar c’hamchatka : ur sklouf eo ha ne chom netra da zebriñ war e lerc'h evit ar re all e don ar mor, ar pezh a zo spontus evit an natur hag an ekonomiezh. Sonjit ta : diaes vehe buhez hor c’hranked deomp-ni evel ar pusuned-mor (an “araignée”) pe ar c’housk-hir (an "dormeur"), get ur c’henderv ken sklouf e-tal dezhe ! Ar c’hrank kamtchatka a zo erruet en Europa a drugarez da Staline. Staline oa un torfetour bras abominabl ha ne chome netra war e lerc’h. Ar pezh a zo gwir evit ar c’hamtchaka ivez. Nag ur vuhez ! Met ar c’hamchatka zo mat tre da zebriñ. Ar pezh ne oa ket gwir d’ar paotr Stalin, na d’e sonjoù politikel !

Christian Le Meut

08/07/2006

Tour de France : la lanterne rouge à Hennebont pour sa politique cycliste et piétonne

L'association des Rues à vivre, dont je fais partie, vient de diffuser ce communiqué concernant le passage prochain du tour de France dans la belle ville d'Hennebont : 

"Le tour de France va traverser la ville d’Hennebont dimanche prochain,  9 juillet. Cet événement réjouira sûrement une partie des Hennebontais et Hennebontaises. Les cyclistes professionnels pourront traverser notre belle ville à toute allure sans avoir à respecter les limitations de vitesse. Ils apprécieront nos grandes lignes droites largement ouvertes à la vitesse (av. E. Vaillant, Allende, de la Libération, Jaurès, Pasteur...), dotées de trottoir d’une largeur souvent ridicule quand il n’y en a même pas du tout comme rue de la Résistance. Mais, si la vitesse des coureurs cyclistes fait le spectacle une fois de temps en temps, celle de certains automobilistes et deux-roues motorisés perturbe quotidiennement la vie de beaucoup d’Hennebontais qui s’en plaignent mais ne sont pas pris en compte par la municipalité.

Les cyclistes du Tour ne rencontreront, en tout et pour tout, que deux ronds-points sur leur trajet.  Ils ne pourront prendre le temps de tester les passages piétons, notamment ceux de l’avenue de la Libération et de l’avenue Jean-Jaurès, véritables dangers publics. Ils ne passeront pas par l’avenue de la République, large et ouverte à la vitesse elle aussi, et qui n’a pas connu le moindre aménagement notable depuis des décennies (30, 40 ans ?), tout comme l’avenue Jean-Jaurès d’ailleurs.

Déplacements cyclistes et piétons découragés
Si le temps de quelques heures le cyclisme professionnel sera à l’honneur à Hennebont, les déplacements cyclistes n’y sont pas vraiment encouragés par la politique municipale, ni les déplacements piétons. C’est la voiture qui est reine à Hennebont. Mais on en sait peu sur son impact en terme de pollution atmosphérique sur la santé et l’environnement (14.000 véhicules jours sur le pont Jéhanne-la-Flamme); ni sur son impact économique : les rives du Blavet ou les abords de la  basilique sont-ils réellement mis en valeur ?  L’absence de rues piétonnes en centre-ville nuit à l’attractivité touristique, et donc commerciale, d’Hennebont.

M. le maire invoque souvent le “civisme” des automobilistes. Mais où est le sien, de civisme ? Partout ailleurs nous constatons la présence d’aménagements pour ralentir la vitesse aux entrées de ville et dans les rues. A Hennebont, cela se fait au compte-gouttes. Nous avons déjà relayé de nombreuses plaintes de riverains, trop souvent sans résultat. Alors nous nous permettons d’attribuer à la municipalité d’Hennebont la lanterne rouge en terme de politique piétonne et cycliste. Accueillir le tour de France est une chose. Du pain et des jeux, les Romains avaient déjà compris l’entourloupe. Nous demandons une vraie politique de développement des déplacements “doux” et non-polluants dans la ville d’Hennebont. Il n’est jamais trop tard pour bien faire et pour remonter au classement.

L’association des Rues à vivre

29/06/2006

Commerce équitable et développement durable, disent-ils...

Il y a peu j’ai rencontré une factrice qui terminait sa journée de travail et nous avons discuté. Et elle n’était pas contente. Les tournées se rallongent car la population augmente dans la belle ville d’Hennebont et les facteurs ont de mois en moins de temps pour distribuer le courrier. Pourtant les factrices devraient être particulièrement satisfaites : elles sont désormais habillées (partiellement) avec des vêtements issus du commerce équitable. Des agriculteurs maliens cultivent du coton selon les critères de ce type de commerce notamment un prix d’achat minimum garanti, et ce coton est acheté par la société Armor Lux qui  a fabriqué  75.000 débardeurs pour les factrices, et d’autres modèles devraient suivre. Grâce à ce type de contrat, le commerce équitable se développe. La Poste affiche également son soutien au développement durable...

Oui mais, faisait remarquer la factrice, qui fait sa tournée en vélo, pendant ce temps là de plus en plus de camions sont mis sur les routes pour le transport du courrier, au détriment du train. Il n’y a plus de tri postal dans les trains, par exemple. La Poste a diminué le nombre de centres de tri dans les régions et, du coup, le courrier doit être centralisé pour être redistribué. Autrefois une lettre postée à Hennebont pour un destinataire hennebontais restait dans la commune. C’est fini, maintenant elle fait Hennebont/Vannes (la préfecture) et retour. Et encore, il a été question de fermer le centre de tri de Vannes pour centraliser le courrier à Rennes mais ce projet n’a pas encore été mise en œuvre par La Poste.

Plus de camions, moins de trains
Nos lettres et colis font donc plus de kilomètres qu’avant et les camions ont largement remplacé les trains. Plus de pollution, donc mais pas plus de rapidité : récemment, la Poste a même annoncé que les horaires des dernières levées du courrier seront avancés car les camions vont être soumis à de nouvelles limitations européennes de vitesse...  Mais ils sont aussi soumis aux embouteillages, aux accidents, aux pannes... Le train, ce n’est pas plus régulier ?

Beaucoup de tournées sont encore faites à vélo, ce qui est le moyen le plus pratique et le plus écologique en ville et dans les bourgs. Parfois les vélos sont laissés de côté au profit de voitures. Dans le bourg de Crac’h, près d’Auray, par exemple, les tournées se font en voiture depuis plusieurs années et l’on se demande bien pourquoi : plus de bruit, plus de pollution et plus de difficulté à se garer pour le facteur ou la factrice. Et le courrier n’est pas livré plus rapidement en voiture.

 Durable pour qui ?
Remplacer des vélos par des autos et des trains par des camions, cela ne ressemble pas trop à une politique de développement durable. Et puis la notion de “développement durable” pourrait être appliquée aux salariés eux-mêmes : leur faire signer des contrats durables plutôt que des contrats provisoires (la Poste a recours aux contrats non durables), leur aménager des conditions de travail durables qui ne les épuisent pas...

Peut-être vous souvenez-vous de ces cartes qui étaient affichées il n’y a pas si longtemps encore dans les Postes de France et de Navarre. On y voyait coloriés en différentes couleurs les départements français en fonction du délais de livraison du courrier : le lendemain, le surlendemain, ou encore 72h plus tard. Je ne vois plus ces cartes dans les Postes et quand je demande aux guichetières si ma lettre arrivera bien demain on me répond, “on espère”... Car aujourd’hui, si l’on veut être sûr plutôt qu’espérer il faut payer plus cher avec des services comme le courrier suivi ou le Chronopost. Avec ces tarifs là vous pouvez même suivre sur internet votre lettre durant son parcours! Il y a encore Colissimo, pour les colis. Ce dernier tarif est désormais obligatoire. Jusqu’en mai dernier, il y avait bien un tarif meilleur marché appelé Coliéco, mais il a été supprimé sans fanfare ni trompette.

 Deux sortes de clients...
Et aujourd’hui il y a deux sortes de clients à la Poste. Quand je vais à la Poste d’Hennebont, il y a deux files organisées. Celle des “entreprises”, et celles des anonymes. Les personnes qui apportent le courrier de leur entreprise, si elles sont munies d’une carte spéciale, peuvent passer devant tout le monde. Et nous, petits clients anonymes d’attendre notre tour. Il est vrai que la concurrence se développe dans le domaine de la livraison de colis et de courrier. La Poste doit chouchouter ses gros clients. Je me demande quand même si mes lettres de petit client sont acheminées aussi rapidement que celles des gros...

Les entreprises, comme nous tous d’ailleurs, aiment bien donner une image positive d’elle-même au public. Développement durable, commerce équitable, ça fait joli dans la publicité. Ces deux idées, tout à fait intéressantes, peuvent contribuer à faire évoluer notre monde dans le bon sens si elles signifient un vrai engagement global, si nous ne reprenons pas d’une main ce que nous avons donné de l’autre, et si nous ne nous contentons pas d’en faire des leïtmotiv pour nos bonnes consciences. Ce n’est pas gagné !

Christian Le Meut