06/05/2008
Liberté de la presse : perquisition à Radio Frequenza Mora !
"Un an de présidence Sarkozy : triste anniversaire pour la liberté de la presse" est le titre d'un communiqué que le Syndicat national des journalistes (SNJ), vient de publier (intertitres de Rezore) :
"Raid de la PJ à radio Frequenza Mora à Bastia ce mardi 6 mai 2008. Les enquêteurs voulaient prendre l’ADN et les empreintes digitales de tout le personnel. Ils cherchaient, à l’évidence, à trouver les sources d’un communiqué du « FLNC 1976 » parvenu la veille à la station. Devant l’opposition collective et unanime, ils y ont renoncé.
Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), premier syndicat de la profession, dénonce ces méthodes scandaleuses qui visent à intimider, apporte tout son soutien aux personnels de RCFM et saisit les autorités concernées en leur demandant des explications. Dans quelle République sommes-nous où des citoyens se verraient fichés parce qu’une information a été diffusée ?
Sur la protection des sources des journalistes, la France, déjà très en retard sur la loi et la jurisprudence européennes, a enfin rédigé, il y a quelques semaines un projet de loi, un texte très insuffisant dans son état actuel. Il sera présenté aux députés le 15 mai sous le regard très attentif de tous les journalistes.
Quotidiens en grève
Deux quotidiens nationaux « Le Monde » et « La Tribune » ne paraissent pas ce même mardi car les personnels y sont en grève pour la survie de ces deux titres et le pluralisme de l’information. Dans quelle République sommes-nous où la liberté de l’information ne serait plus garantie par la possibilité pour la presse d’exister sans être soumise aux lois du marché qui, dans ce domaine, sont liberticides ?
“Les médias sont un élément primordial de la vie démocratique et il est donc tout à fait légitime de poser la question de leur indépendance et de leur pluralisme. Cela étant, j’observe que la France s’est dotée d’un nombre important d’instances de contrôle qui s’assurent de la régularité des opérations et de l’indépendance des supports médiatiques”, écrivait le candidat Sarkozy au SNJ le 20 avril 2007.
Réformer les aides et renforcer la déontologie
Un an après et des crises à répétition dans toute la presse, il est urgent de réformer le système des aides directes et indirectes de l’Etat afin qu’elles répondent vraiment aux nécessités du pluralisme essentiel dans un pays démocratique. Le SNJ y est prêt.
Parmi les autres engagements du candidat : « Je suis favorable à ce que les chartes nationales et internationales garantissant l’éthique de la profession soient annexées à la convention collective nationale de travail des journalistes. Je proposerai aux partenaires sociaux de se saisir de cette réforme importante et symboliquement très forte ». Rien à ce jour et les employeurs, pourtant relancés par les syndicats de journalistes refusent même de répondre !
Quant à l’Audiovisuel de Service Public pour lequel le même candidat nous écrivait : « Je pense que l’augmentation des ressources publicitaires est possible et qu’elle ne dénature pas le service public de l’audiovisuel », son existence est menacée si aucun financement pérenne ne lui est garanti pour l’accomplissement de toutes ses missions et sans ressources publicitaires.
Qui pourrait constater un tel bilan sans vouloir y remédier rapidement ? SNJ".
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23/04/2008
Ici, "on n'a jamais parlé breton" : faut voir !

Je lis chaque semaine Marianne chez mes parents; c'est un hebdo intéressant même si on n'y trouve rarement d'informations sur les langues régionales en France, par exemple. Ils et elles seraient un peu jacobins à Marianne, que ça ne m'étonnerait pas, mais il y a sans doute des exceptions. D'ailleurs, cette semaine, c'est tout une page qui est consacrée au gallo, cette langue d'oil parlée dans l'Est de la Bretagne. Et l'on y découvre avec étonnement qu'Alain Rémond, chroniqueur dans ce journal (page "Faut voir"), est gallèsant de langue maternelle. C'est le succès du film Bienvenue chez les Ch'tis qui le lui a rappelé. Il en parle d'ailleurs avec précaution et respect : "Je suis né bilingue, gallo-français". "Bilingue", cependant, cela signifie que l'on parle deux langues alors qu'il qualifie le gallo de "patois". Est-ce qu'il ne resterait pas dans l'approche d'Alain Rémond quelques préjugés, par rapport au gallo, mais aussi par rapport à la langue bretonne ?
"On appelait ça le patois"
"Contrairement à ce que certains pourraient croire, écrit-il, (...), tout le monde ne parle pas breton en Bretagne. Il existe toute une région, dans l'est de l'Ouest, où on n'a jamais parlé breton. Mais gallo. Quoiqu'il puisse m'en coûter, mettons les points sur les i, si le breton est bel et bien une langue, le gallo, lui n'est qu'un dialecte. Comme le ch'ti. Et, comme le ch'ti, le gallo est un dérivé du vieux français. Donc du latin. Je n'ai su que très tard que je parlais gallo. Chez moi, dans mon village, on appelait ça le patois".
"Contrairement à ce que certains pourraient croire, écrit-il, (...), tout le monde ne parle pas breton en Bretagne" : je ne sais pas ce que peuvent "croire" les lecteurs de Marianne avec le peu d'informations que ce journal publie sur les langues régionales. Il y a actuellement eniron 250.000 locuteurs du breton contre plus d'un million il y a 60 ans. L'Unesco classe cette langue parmi les langues en danger de disparition. Je n'ai pas le souvenir d'avoir lu ça un jour dans Marianne.
Dialecte ou langue ?
L'auteur considère le breton comme une vraie langue : c'est déjà ça, et je suis bien d'accord avec lui sur ce point. Par contre son gallo maternel ne serait "qu'un dialecte" (on notera la formulation restrictive), venant du "vieux français". La linguiste Henriette Walter, qui a étudié de près le gallo à l'Université de Rennes, le définit comme "la forme que le latin a prise en Haute-Bretagne" (1). Je l'ai rencontrée il y a quelques années et je me souviens de cette phrase qu'elle m'a dite : "Parlez vos patois !" Elle utilisait ce mot sans caractère péjoratif et rappelait ainsi que les "patois" et autres "dialectes" recèlent des richesses linguistiques et scientifiques inestimables. Alors le gallo, langue ou dialecte ? La frontière est assez floue entre les deux. Personnellement, je considère le gallo comme une langue, la langue gallèse, qui mérite d'être transmise, étudiée, enseignée et soutenue.
Mais il y a une autre point dans la chronique d'Alain Rémond, qui me semble contestable d'un point de vue historique : "Il existe toute une région, dans l'est de l'Ouest, où on n'a jamais parlé breton. Mais gallo." Je ne connais pas Alain Rémond mais, à la lecture de ses chroniques, je ne serais pas étonné qu'il soit originaire de l'est du Morbihan, le Morbihan gallo. Or, la carte ci-contre le montre, "on a parlé breton" sur tout le territoire qui constitue actuellement le Morbihan; idem pour les Côtes d'Armor, la moitié ouest de l'Ile et Vilaine et le quart nord-ouest de la Loire-Atlantique (on parlait breton sur la presqu'île de Guérande au début du XXe siècle).
L'extension maximale de la langue bretonne, au IXe siècle, arrivait aux portes de Rennes, dépassait Dôle au nord et allait jusqu'à Pornic, dans l'actuelle Loire-Atlantique, au sud de la Loire. Une partie de la toponymie y est toujours d'origine bretonne. Histoire ancienne, me direz-vous ? Certes, mais la pratique de la langue bretonne y a duré quand même plusieurs siècles, puis a reculé. On y a donc parlé breton.
On a parlé (et on parle) breton à Nantes et Rennes
Il n'est pas rare d'entendre ce genre d'affirmation : "Ici on n'a jamais parlé breton"; "A Rennes on n'a jamais parlé breton"; ou encore "A Nantes on n'a jamais parlé breton"... En est-on si sûr ? Les Bretons de "Basse-Bretagne" (ou Bretagne bretonnante), se déplaçaient. Ils allaient travailler, vendre des marchandises, demander justice, rendre visite à de la famille, dans ces deux grandes villes qu'étaient Nantes et Rennes. Et l'on y a parlé breton pendant des siècles dans certains quartiers, j'en fais le pari... Comme à Paris et ailleurs. Certes, c'était (et c'est encore), la langue d'une minorité. Comme le français aussi, à l'époque, alors que le gallo était celle de la majorité des gens du peuple.
Je suis surpris d'ailleurs, de voir à quel point une langue parlée par une si petite quantité d'êtres humains a voyagé et voyage encore, et s'installe parfois jusque dans des lieux lointains comme New-York, l'Argentine, l'Islande, la Chine, etc. Les références à ce sujet ne manquent pas sur Rezore.
"Ici on n'a jamais parlé français"
Et puis je n'ai jamais entendu l'équivalent de cette expression pour le français : "Ici, on n'a jamais parlé français". Pourtant il n'y a pas si longtemps encore, beaucoup de Bretons étaient monolingues (j'ai connu une grand-mère qui parlait uniquement sa langue maternelle et ne maîtrisait pas le français). Il y a beaucoup de communes de Bretagne, surtout en campagne, où l'on ne parlait pas français il y a 100, 150 ans, où très peu de gens maîtrisaient cette langue (le curé ? les nobles ?...); les témoignages historiques sont clairs là-dessus.
La carte ci-contre le montre également (2). Elle date de 1863 : le Finistère, en noir, fait partie des départements où "aucune, ou presque aucune des communes ne parle français"; pour le Morbihan et les Côtes d'Armor "une proportion relativement importante de communes ne parlent pas le français". L'Ile et Vilaine est classée comme département "incertain"... Il y a 145 ans donc, l'étude du ministre de l'instruction publique de Napoléon III, Victor Duruy, montrait que 7,5 millions de Français (sur 30 millions) étaient des "patoisants monolingues", soit 25 % de la population.
Parmi eux, les Bretons bretonnants. Mes ancêtres sans doute, puisque mes quatre grand-parents étaient bilingues breton-français. Probablement aussi, les ancêtres d'Alain Rémond qui parlaient gallo dans des communes de l'Est de la Bretagne où, pendant des siècles, "on n'a jamais parlé le français". Ou si peu.
Christian Le Meut
(1) Henriette Walter, "L'aventure des langues en Occident", Ed. Robert Laffont. 1994.
(2) R. Anthony Lodge, "Le français, histoire d'un dialecte devenu langue", Ed. Fayard, 1997.
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22/04/2008
Amañ "n'eo ket bet james komzet brezhoneg"

"Tout le monde ne parle pas breton en Bretagne"
"Contrairement à ce que certains pourraient croire, eme Alain Rémond (...), tout le monde ne parle pas breton en Bretagne. Il existe toute une région, dans l'est de l'Ouest, où on n'a jamais parlé breton. Mais gallo. Quoiqu'il puisse m'en coûter, mettons les points sur les i, si le breton est bel et bien une langue, le gallo, lui n'est qu'un dialecte. Comme le ch'ti. Et, comme le ch'ti, le gallo est un dérivé du vieux français. Donc du latin. Je n'ai su que très tard que je parlais gallo. Chez moi, dans mon village, on appelait ça le patois".
Krogomp get ar frasenn gentañ : "Contrairement à ce que certains pourraient croire, (...), tout le monde ne parle pas breton en Bretagne". N'ouion ket petra a vez gouiet get lennerion Marianne, met n'eo ket get ar gelaouenn-se e c'hellehent bout kelaouet a-feson war an brezhoneg pe war ar yezhoù rannvroel all e Frans. E Breizh, razh an dud (kazimant) a gomz galleg ha ne chom ket nemet un nebeut (250.000 den ?) a gomz breton. Hor yezh a zo en arvar bras ha c'hellehe bout kollet da vat e-pad ar c'hantved-mañ, eme an Unesco. Met an dra-se n'eo ket bet displeget da lennourion Marianne abaoe pell, pe marteze, james.
Ar gallaoueg, rannyezh pe yezh ?
Alain Rémond n'eus graet e sonj : ar gallaoueg a vehe ur rannyezh a zeuhe ag ar galleg kozh, hag ar brezhoneg a vehe ur yezh da vat. N'ouion ket mard en deus, ar paotr-se, studiet kalz ar yezhoù met, d'am sonj, n'eo ket ken splann an traoù. A-du on getan e keñver ar brezhoneg met pas e keñver ar gallaoueg. Peseurt diforc'h a zo etre ur yezh hag ur rannyezh ? N'eo ket anat. Ur yezhourez evel Henriette Walter, studiet geti ar gallaoueg a dost, a skriv : "(...) le gallo, forme que le latin a prise en Haute-Bretagne" (1). Ar gallaoueg a vez levezonet get ar galleg abaoe kantvedoù, met ne za ket ag ar galleg kozh, hervez Henriette Walter. Ar brezhoneg ivez, a vez levezonet get ar galleg abaoe pell... Neuze, ar gallaoueg, yezh pe rannyezh ? An diforc'h etre an daou n'eo ket anat met, evidon-me, ar gallaoueg a zo ur yezh da vat.
Met n'on ket a-du ivez get un dra all skrivet get Alain Rémond. N'ouion ket e-menn emañ e gumun a orin, met mechal ma ne vehe ket er Morbihan (hervez pennadoù all skrivet getan an hañv paseet). Hervez Henriette Walter, ha yezhourion ha istorourion all ivez, tachenn ar brezhoneg a zo aet betek Roazhon, kazimant, ha betek Dol ha Pornic, e Liger Atlantel, d'an nawed kantved. Kozh eo, a sonj deoc'h ? Marteze, met an dra-se a ziskouezh penaos ar brezhoneg a zo bet komzet er Morbihan a-bezh, hag e Aodoù an Arvor a-bezh ivez e-pad kantvedoù zo memestra. Roudoù a chom ag an dra-se dre ur bochad anvioù lec'h. Alain Rémond n'en deus ket james klewet komz brezhoneg barzh kumun e dud, moarvat, met komzet e oa bet breton du-hont memestra, en amzer a gent.
"On n'a jamais parlé..."
Klewet 'vez alies awalc'h ar frasenn-se : "Ici, on n'a jamais parlé breton"; pe "A Rennes on n'a jamais parlé breton", pe c'hoazh : "A Nantes on n'a jamais parlé breton", evel ma vehe ur gwir bater. N'on ket istorour na yezhoniour met, d'am sonj, komzet veze brezhoneg get tud zo (ha marteze ur bochad), barzh karterioù a Roazhon hag a Naoned e lec'h ma veze e chom Bretoned deuet a Vreizh Izel. Ha komzet veze brezhoneg e Paris, get ur bochad tud d'an XIXe ha d'an XXe kantved ivez. Ha bremañ c'hoazh, marteze. Ha lennourion Rezore a ouia penaos e vez komzet ha desket brezhoneg e meur a lec'h er bed (New-York, Pékin, Buenos Aires ha c'hoazh...). Mod-se emañ, ar yezhoù a ya da veajiñ.
James m'eus klewet ar frasenn-se evit ar galleg : "Ici, on n'a jamais parlé français". Met 50 vloaz zo, 100 vloaz zo, pe 150 vloaz zo, ne veze ket preget galleg get kalz a dud e kumunioù 'zo a Vreizh Izel, war er maezioù dreist-holl, evel ar pezh a ziskouezh ar gartenn-se (2). Er bloaz 1863, hervez ur studiadenn graet get ministr an deskadurezh Napoléon an trived, Victor Duruy. 7 million a zen (war 30), ne gomzent ket galleg e Bro Frans ("monolingues patoisants"). E departamant Penn Ar Bed n'doa "kumun ebet e lec'h ma vez komzet galleg"; er Morbihan hag e Aodoù an Arvor ne veze ket komzet galleg barzh ul lodenn vras ag ar c'humunioù... En Ilez ha Gwilenn an disoc'hoù ne oant ket sklaer ("incertain").
D'ar prantad-se, brezhoneg 'veze komzet get ar bobl e Breizh Isel, ha galleg get un nebeut tud. Ha d'ar c'houlz-se ivez, marteze, gourdadoù Alain Rémond a brege gallaoueg e Bro C'Hallo. Du hont ivez, ne veze ket ivez komzet galleg get kalz tud war er maezioù kant hanterc'hant vloaz zo. Gallaoueg, ne lâran ket.
Christian Le Meut
(1) Henriette Walter : "l'aventure des langues en Occident" Embannadurioù Robert Laffont, 1994.
(2) Kartenn tenet a "Le français, histoire d'un dialecte devenu langue", R. Anthony Lodge, Ed. Fayard, 1997.
11:40 Publié dans Breizh/Bretagne , Brezhoneg/Langue bretonne , Mediaioù/média/skinwel/Télévision , Yezhoù/langues | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : breton, gallo, Marianne, Alain Rémond
31/01/2008
Les Prizioù de France 3 : de bons choix.
Comme chaque année, France 3 Bretagne a remis ses "prizioù" récompensant les "meilleurs" artistes en langue bretonne (chanteurs, écrivains, réalisateurs...). Cette émission, réalisée samedi dernier à Ploemeur, près de Lorient, aurait dû être diffusée dès dimanche matin mais a été reportée pour cause de tennis. Elle passera dimanche prochain, 3 février. Il y a à peine deux heures d'émissions en breton par semaine sur F3 et il arrive qu'elles soient supprimées pour cause de sport... Une internaute nantaise, Maryvonne, a d'ailleurs écrit sa façon de penser à F3 (*ci-dessous); rappelons que les émissions en breton ne sont plus diffusées en Loire-Atlantique depuis quelques années, sauf exceptions, comme les Prizioù.
L'année dernière j'avais eu l'occasion de commenter ces Prizioù sur Rezore, et sur le journal Ya! Ce qui avait valu à la rédaction de cet hebdo en langue bretonne un coup de fil de Fañch Broudic, le responsable des programmes en breton sur F3, pas content des quelques flèches (non-violentes) que je décochais. Fañch part à la retraite, et il a même reçu un Priz pour l'ensemble de son oeuvre ! Cette année, il n'aura donc pas à téléphoner puisque j'ai trouvé le choix de France 3 plutôt pertinent. Notamment de donner le prix du Bretonnant de l'année aux écoles Diwan, qui fêtent leurs 30 ans. Notamment d'avoir honoré la chanteuse Nolwenn Korbell. Idem pour le choix du meilleur CD à Yann Raoul (album "Les figurants", 9 chansons sur 11 sont en breton). Bon, cet album est paru en 2006, pas en 2007, mais ne cherchons pas la petite bête dans la barbe à Fañch!
Netra da ganiñ ?
Yann Raoul a une très belle voix; il compose de belles chansons sur de belles musiques, écrites en breton vannetais. On ne rit pas franchement dans cet univers-là : l'humeur est plutôt à la mélancolie, la tristesse, la colère. Le chanteur ose même nous dire qu'il n'y a "rien à chanter" ("Netra da ganiñ"), mais il le fait très bien le long de onze superbes morceaux. Non seulement il y a à chanter, mais on aimerait l'entendre plus souvent, Yann Raoul. Dans le domaine de la chanson en langue bretonne, il ne manque pas de gens pour prendre le chemin de Gilles Servat et Alan Stivell mais leur fait-on vraiment une place ? Sont-ils invités, par exemple, dans les festivals bretons comme le Festival interceltique de Lorient ? Pas souvent. Ce prix aidera peut-être Yann Raoul à se faire mieux connaître et, qui sait, à être invité à chanter un peu plus en Bretagne, voire même à Lorient ?
Christian Le Meut
Yann Raoul, Les figurants, Loz productions, distribution Coop Breizh.
Commentaire sur les Prizioù 2006
http://rezore.blogspirit.com/archive/2007/01/23/priziou-f...
*Voici ce que Maryvonne a écrit à France 3 : "Si j'apprécie, donc, de pouvoir regarder dimanche prochain 3 février la remise des "Prizioù", je ne vais certainement ni vous remercier ni vous féliciter de la programmer en Loire Atlantique aussi. Elle n'aurait jamais dû être supprimée. Je prends cette diffusion comme une aumône... Et comble de l'ironie, sur TOUTE la Bretagne en même temps ! Grâce au tennis ! Vive le sport à la télé, il contribue à la réunification de la Bretagne ! Vous voyez quand vous voulez, ou plutôt quand vous ne pouvez pas faire autrement ! Et je repense qu'un directeur de FR3 nous a officiellement déclaré, il y a quelques années, et très sérieusement, que des questions techniques empêchaient la diffusion en Loire Atlantique ! Quelle audace et pour qui nous prend-on en Loire Atlantique ? Les chaînes de télévision constatent une baisse d'audience ; ne font-elles pas beaucoup pour ?
À l'année prochaine, en février de retour !
Maryvonne - Nantes-de-Bretagne
17:55 Publié dans Breizh/Bretagne , Brezhoneg/Langue bretonne , Mediaioù/média/skinwel/Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : France 3, télévision, musique
Prizioù Frans 3 : un dibab a feson
Evel pep bloaz ar Prizioù zo bet roet get Frans 3 d'an arzourion "gwellan" : kanourion, sonourion, savourion filmoù, skrivagnerion, e brezhoneg. Filmet eo bet e Plañwour disadorn paseet, hag an abadenn a vo skignet a-benn disul (war dro 11e30), e Breizh a-bezh (pemp departamant). N'eo ket bet skignet disul paseet evel ma oa bet raktreset a gaos ma oa ur match tennis talvoudusoc'h evit ar Prizioù... N'eus ket kement-se a a abadennoù e brezhoneg (div euriad bep sizhun) met alies awalc'h e vezent skarzhet get abadennoù sport.
Ar bloaz paseet em boa skrivet ur pennad a ziar-benn ar prizioù war Rezore, hag ivez barzh Ya!, ar gazetenn sizhuniek e brezhoneg. Ha Fañch Broudic, rener ar programmoù war F3, fallgountant, en doa pellgomzet da Ya! Ar bloaz mañ, ne vo taol pellgomz ebet, d'am sonj, rak Fañch a zo aet kuit d'e leve (ur priz a zo bet roet dezhan evit e oberenn a-bezh), hag, oc'hpenn-se, en em gavan a-du get dibaboù juri Frans 3...
Yann Raoul : "Netra da ganiñ "?
Priz brezhoneger ar bloaz da zDiwan, fiskal; ur priz evit Nolwenn Korbell ivez, ha priz ar bladenn gwellañ roet da Yann Raoul evit e CD "Les figurants" get sonennoù e brezhoneg (9 a ziar 11)... An albom-se a zo bet embannet e 2006... Ur vouezh vrav, bourrapl da selaoù a zo get Yann Raoul, hag ar sonerezh a zo ivez plijus. N'int ket farsus, tamm ebet, an testennoù : melkoni, kounnar, tristidigezh a zo kentoc'h gete, met skrivet a-feson, doare barzhonegoù. Ha skrivet e brezhoneg mod Bro Gwened, oc'hpenn.
Yann Raoul a ya betek lâr deomp penaos ne vehe "Netra da ganiñ"; ar pezh a ra eñv mat-tre e korf unnek sonenn.
Ar priz a zo meritet. Bez ez eus tud nevez evit kanañ ha soniñ e brezhoneg, war lerc'h Gilles Servat ha Alan Stivell. Met n'eo ket aes evit ar re yaouank-se. Ha kouviet int da soniñ get pennoù bras gouelioù ar vro evel ar Festival interceltique, en Oriant ? Pas kement-se... Ar priz-se a lako Yann Raoul da vout anavezet un nebeut muioc'h e Breizh. Ha da vout kouviet da ganal aliesoc'h ? Ne vehe ket fall.
Christian Le Meut
Yann Raoul, Les figurants, embannet get L'Oz production,skignet get Coop Breizh.
Setu ar pezh em boa skrivet a zivout ar Prizioù 2006 : http://rezore.blogspirit.com/archive/2007/01/22/priziou-h...
15:20 Publié dans Breizh/Bretagne , Brezhoneg/Langue bretonne , Mediaioù/média/skinwel/Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Yann Raoul, France3, musique
23/12/2007
An disprizioù 2007...
Dimeurzh paseet Disprizioù ar brezhoneg a zo bet roet get ur juri kazetennerion e-pad an abadenn Webnoz, savet e Kerlouan, Bro Bagan. Brav spontus an aod du-hont, yen ki ivez d'ar c'houlz-se. Me oa barzh ar juri evit Rezore (!), get Gwenael Dage (evit kelaouenn e brezhoneg Ya !), ha Lionel Buannic evit Webnoz. Restachoù ar juri e oamp-ni; ur bochad tud, intereset da gentañ get an Disprizioù, o doa tennet o anvioù war lerc'h... Mallus a oa dezhe achapiñ : a gaoz da berak ? Dre aoñ, , dirak piv ?
Evideomp-ni, un digarez eo bet da flapiñ e-pad un hanter euriad memestra. An "disprizioù" a zo un doare da lâret da embreregezhioù, mediaioù, pennoù bras a zo, e vehe posupl dezhe gober muioc'h (pe gwelloc'h) evit ar brezhoneg memestra... Ur bochad mennozhioù zo bet kaset deomp dre internet.
Mardi dernier les "Disprizioù de la langue bretonne" ont été remis par un jury de journalistes pendant l'émission Webnoz réalisée à Kerlouan, en pays Pagan. Le côte y est superbe, mais il y faisait y froid de canard à cette époque. J'étais dans le jury (pour Rezore!), avec Gwenael Dage (de l'hebdo en langue bretonne Ya!) et Lionel Buannic pour Webnoz. Nous étions les restes du jury : beaucoup de personnes intéressées au départ pour en faire partie se sont retirées en cours de route. Courage fuyons ! Pourquoi ? Par peur, peut-être, mais de qui ? Pour nous, cela a été l'occasion de discuter pendant une demie-heure quand même. Les Disprizioù sont une façon de dire à certaines entreprises, certains médias, certaines personnalités, qu'elles pourraient en faire un peu plus (ou mieux) pour le breton. Voici la liste des récipiendaires (en gras et gros), et les "nominoés" ("war ar renk") sont en maigre. Beaucoup d'idées ont été envoyées par internet.
Aet ar maout gant…
1. Mediaoù
• Kelaouenn Bretons
War ar renk e oa : • Libération (son ur “c’hloc’h” ’metken) • France Culture ("culture" hep "s", sevenadur ofisiel Bro Frans...) • Mouchig-dall, France 3 (an eur o cheñch-dicheñch) • France 3 (Liger-Atlantel a-gostez) • Ouest-France : “parler breton = hennir” • Kelaouenn Bretagne + : netre e brezhoneg • Gallimard (13 histoires vraies : « Toi aussi, près de chez toi on parle un patois. Va le collecter auprès des personnes âgées. ») • CSA • TVBreizh • France Inter (abadenn “Le Fou du roi” goude ar BreizTouch) • Lennerien Ya ! (ne lennont ket Ya ! pa ne welont ket fazioù bras war ar fedoù) • Sellerien WebNoz : n’int ket kap da gas posteloù (nemet Pêr Ildut a ra ingal)
2. Buhez foran (vie publique)
• CAF 35/56
War ar renk e oa : • Kuzul-meur 56 (hetoù, ger brezhoneg ebet) • Ofis ar Brezhoneg (gerioù nevez digomprenapl) • Bro an Oriant (ospital nevez, pont an Indez : ger brezhoneg ebet)
3. Embregerezhioù (entreprises)
• Brittany Ferries
War ar renk e oa : • SNCF (ret eo stourm ingal ’vit kaout brezhoneg) • Brittair (tennet an erminig) • Aerborzh an Oriant • Crédit Agricole 56 (n’eus ket a chekennaouegoù divyezhek c’hoazh)
4. Deskadurezh
(éducation)
• Skol-veur Naoned (université de Nantes)
War ar renk e oa : • Ensellerezh Akademiezh • Diwan (“n’o deus ket komprenet c’hoazh ’c’h eo ret digoriñ skolioù nevez ?”)
5. Priz ar juri
• Manifestadeg an Oriant (KSB-Diwan)
War ar renk e oa : • Cyberfestnoz Breizh-Touch : c’hwitet • Kenlabour etre an Ankou ha Ya d’ar brezhoneg ! : kontañ ’reont ar re a varv ’sambles • Lizher dizanv kaset da WebNoz ’vit gourc’hemenniñ an Disprizioù • Ar re gozh a lâr dalc’hmat : "n’eo ket ’memes brezhoneg "
6. Nann-brezhoneger ar bloaz (non-bretonnant de l'année)
• FIL (Festival Interceltique de Lorient)
War ar renk e oa : • Marine Le Pen • Gourmarc’had Sant-Varc’h : ger ’bet e brezhoneg .
17:00 Publié dans Brezhoneg/Langue bretonne , Kazetennerezh/journalisme , Mediaioù/média/skinwel/Télévision , Web | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : brezhoneg, langue bretonne, Webnoz
20/12/2007
Brezhoneg e Naoned ! Du breton à Nantes
Communiqué de Télénantes : "La première sitcom en langue bretonne, c'est sur Télénantes ! Du lundi 24 décembre au vendredi 28, à 13h et à 23h45, retrouvez l'équipe déjantée du Leurenn BZH pour 10 épisodes 100 % "Breizh touch".
www.telenantes.com
Télénantes est diffusée sur le canal 21 de la TNT/Diffusion hertzienne (analogique): canal 47/Freebox: canal 208/Neuf box : canal 391
NC Numéricable.
TV Rennes diffuse également cette série : très bien tout ça, mais j'espère qu'un jour ce type de programme sera diffusé sur l'ensemble de la Bretagne et d'une manière facilement accessible. Pour l'instant, on en entend parler, mais on n'y a pas accès, ou très difficilement.
09:35 Publié dans Breizh/Bretagne , Brezhoneg/Langue bretonne , Mediaioù/média/skinwel/Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Télévision, brezhoneg, langue bretonne
28/11/2007
Pétition pour la liberté de la presse
Cinq syndicats de journalistes français (SNJ, CFDT, CGT, FO, CFTC) s'unissent pour obtenir des garanties légales pour l'indépendance des rédactions :
"Il n'y a pas de démocratie sans liberté de la presse. Les syndicats de journalistes, réunis pour la première fois depuis quinze ans, s'adressent à tous les français pour proposer une loi garantissant l'indépendance des rédactions, à l'heure où les dérives déontologiques, les rachats de médias et les pressions sur le contenu de l'information se multiplient, remettant en cause le droit de chacun à une information honnête, indépendante et fiable."
00:05 Publié dans Kazetennerezh/journalisme , Mediaioù/média/skinwel/Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Liberté de la presse
19/11/2007
Archives : "Et les Disprizioù 2006 sont attribués à..."
C’est en regardant la cérémonie des Prizioù sur France 3, le 28 janvier, que j’ai eu l’idée de créer mes propres prix pour récompenser les initiatives les moins pertinentes envers la langue bretonne. Je suis le jury à moi tout seul, et les critères d’attribution sont totalement arbitraires mais, au moins, c’est annoncé comme tel. Les nouveaux prix s’appelleront les “Disprizioù”. Dispriz veut dire “mépris” en breton vannetais. “Disprizioù” est donc un petit néologisme intraduisible mais assez parlant quand même. Mais passons à la cérémonie d'attribution :
"Avant l’attribution des Disprizioù 2006 quelques petits commentaires sur les “Prizioù” ceux diffusés sur France 3 le 29 janvier. Ceux-là sont censés récompensés les “initiatives les plus pertinentes” en langue bretonne de l’année 2006 d’après leur animateur, Fanch Broudic. Et cette année, la remise des prix a encore réservé quelques surprises amusantes comme l’invention du “Bretonnant de l’année”... qui ne parle pas breton !
Misère : nous savions que le nombre de personnes parlant breton va diminuant chaque année mais on en est arrivé au point où il n’y aurait plus un seul bretonnant à qui donner ce prix ? Imaginez une émission en langue française distribuant le prix du francophone de l’année à... un non francophone qui viendrait, au micro, expliquer, en anglais par exemple, combien il est content de recevoir son prix ! Le bretonnant qui ne parle pas breton, ça n’existait pas, France 3 l’a inventé. Chapeau bas !
Singulier "bretonnant de l'année"...
Bon, j’explique : le titre de “bretonnant de l’année” a été attribué au Conseil général du Finistère pour son opération “Quêteurs de mémoire en Finistère”, qui met, notamment, en relation des enfants bretonnants bilingues avec des anciens, bretonnants aussi. Les anciens et les nouveaux peuvent ainsi parler breton ensemble, ce qui est une très bonne idée. M. Pierre Maille, président du conseil général du Finistère est donc venu recevoir son prix du meilleur bretonnant... Je ne suis pas sûr d’avoir entendu un seul mot de breton dans sa bouche mais bon... Heureusement, à ses côtés était venu un autre conseiller général du Finistère, André Le Gac qui, lui, s’est exprimé en breton... Ouf.
Le conseil général du Finistère méritait sans doute un prix, mais celui-là ? Car entendre le “bretonnant de l’année” parler uniquement en français était un symbole plutôt inquiétant; et donner le prix du “meilleur bretonnant” à une institution, était-ce une bonne idée ?... Un bretonnant, ou une bretonnante, à priori, c’est une personne, et elle parle breton. A moins que les mots ne veuillent plus rien dire...
Les miracles de la télé !
Mais M. Maille n’était pas le seul à ne pas parler breton parmi les nommés. France 3 avait choisi trois documentaires en breton produits par France 3 pour recevoir un prix de la part de... France 3 ! Quatre personnes étaient donc venues présenter ces documentaires mais seulement deux parlaient breton. Deux sur quatre, c’est la moitié, ce qui n’est pas beaucoup pour des personnes censées travailler en breton. Je dis censées car, à France 3 Bretagne, on peut recevoir le prix du bretonnant de l’année sans parler breton, mais on peut aussi réaliser des films en langue bretonne sans parler breton, encore un miracle de la télévision !
J’ai compris cela il y a quelques années quand je jouais la pièce Malachap Story, un western en breton, avec la troupe C’hoarivari, de Languidic (lire note du 21 juin 2005). Un soir une équipe de France 3, six personnes, pas moins, est venue nous filmer. Non, il ne s’agissait pas de filmer notre troupe en tant que telle : nous avons joué vingt fois cette pièce, de Nantes à Carhaix, mais cela n’a pas retenu l’attention de France 3 Bretagne qui avait d’autres chats à fouetter... Non, il s’agissait d’un documentaire sur l’état de la langue bretonne en Morbihan et, après avoir filmé une scène de la pièce, deux acteurs furent interviewés par le réalisateur qui lui, ne parlait pas breton. Les questions étaient donc en français (elles furent coupées au montage) mais il fallait répondre en breton à ce réalisateur qui ne se faisait pas traduire les réponses alors qu’il avait dans son équipe quelqu’un capable de le faire... Mais cette personne, bretonnante, n’était là que pour contrôler si les réponses correspondaient aux questions. France 3 a inventé un nouveau métier : contrôleur de réponses ! Encore un miracle de la télévision.
Des formations inutiles ?
Je suppose que les réponses furent traduites à l'intervieweur plus tard mais j’avais trouvé la méthode de travail déplaisante pour nous et discutable d’un point de vue déontologique : comment creuser un sujet quand on ne comprend pas la langue et qu’on ne se fait pas traduire sur le champ les réponses des personnes interviewées ?... Et puis le Conseil régional de Bretagne, les départements bretons, les Assedic, financent depuis des années maintenant des formations professionnelles en langue bretonne, notamment pour les personnes travaillant dans les médias... Personnes qui ont et auront bien du mal à trouver du travail si même les documentaires en langue bretonne de France 3 Bretagne sont réalisés, au moins pour une partie, par des gens qui ne parlent pas breton ! France 3 Bretagne pourrait-elle prendre l’“initiative pertinente” d’inciter les réalisateurs de documentaires en langue bretonne à apprendre le breton... Est-ce trop demander?
Mais revenons aux Prizioù : parmi les cinq catégories de prix, cette année, il y en avait un pour le meilleur site internet. C’est celui de Lionel Buannic, Brezhoweb, sur lequel est diffusée l’émission de télé Webnoz qui a été primée alors qu’il a été créé en décembre 2006. Bravo, ça c’est du rapide ! Récompenser un site si récent, c’était un peu bizarre car une initiative de ce type se juge aussi sur sa durée. Mais bon, ça a été l’occasion donner un prix à Lionel Buannic, prix bien mérité d’ailleurs. Mais il y avait quelque chose de bizarre à voir Fanch Broudic, de France 3, congratuler le présentateur d’une émission de télé en breton, Webnoz, qui ne passe que sur internet, alors même que c’est la vocation de France 3 de faire ce genre de chose. Webnoz ne devrait-elle pas être diffusée par France 3 Bretagne à une heure de grande écoute ?
Les Disprizioù 2006 !
Mais foin de commentaires, passons maintenant aux résultats des Disprizioù 2006. Je dois tout d’abord préciser qu’il y a seulement deux prix, celui de l’initiative 2006 la pire en défaveur de la langue bretonne d’une part, et un prix spécial, d’autre part. J’ouvre donc l’enveloppe... Et voici le verdict du jury : "Le dispriz 2006 est remis aux responsables des programmes de France Bleue pour avoir diminué d’une heure par jour les programmes en breton de France Bleue Breizh Izel à la rentrée 2006.
Le Dispriz spécial, quant à lui, est remis aux responsables de France 3 pour la part infime accordée à la langue bretonne sur leur chaîne : moins de 2 h sur 168 h par semaine... Soit moins de 1 %.
Ces Disprizioù ont été décernés à l’unanimité du jury qui explique ainsi son choix : “Alors que les écoles bilingues se développent, alors que le conseil régional de Bretagne et certains départements promeuvent les langues régionales que sont le breton et le gallo, France Bleue Breizh Izel a réduit d’une heure par jour ses programmes en breton au mois de septembre dernier. Le prix 2006 lui est donc accordé, en espérant qu’elle ne continuera pas sur cette voie en 2007”.
Le jury poursuit : “Le Dispriz spécial attribué à France 3 pour l’ensemble de son œuvre. Alors qu’à peine deux heures de programmes sont en langue bretonne sur F3 Bretagne chaque semaine, rappelons que des chaînes de télé diffusent uniquement en gallois et en gaélique au Pays de Galle et en Irlande. Nous sommes donc, en Bretagne, loin du compte... Le jury précise que ces Disprizioù ne sont décernés qu’aux pennoù bras, aux responsables politiques et programmatiques, et pas aux journalistes, réalisateurs et présentateurs qui travaillent en langue bretonne, font certainement de leur mieux, et pour qui ce ne doit pas être facile tous les jours.”
Voilà, les Disprizioù 2006, c’est fini. J'espère qu’il n’y en n’aura pas à décerner en 2007. Gwelet vo !
Christian Le Meut
11:52 Publié dans Breizh/Bretagne , Brezhoneg/Langue bretonne , Mediaioù/média/skinwel/Télévision | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Télévision, langue bretonne, France 3
Disprizioù : an distro !
E penn kentañ ar bloaz-man m'boa roet disprizioù da stalioù zo evit bout digresket gete plas ar brezhoneg barzh o frogramm (pemp euriad nebeutoc'h bep sizhun get Frans Bleu Breizh Izel e miz Gwengolo 2006), pe evit plas dister ar brezhoneg barzh o abadennoù (nebeutoc'h a 2% get Frans 3 Breizh).
An disprizioù-se oa ur sonj daet din mod-se e sellet doc'h abadenn F3 "Ar prizioù", hag a vez graet bep bloaz evit dibab ar "gwellañ" traoù savet e brezhoneg : abadenn tele pe radio, levr, pladenn, lec'h internet, ha me oar me. Ur feson a oa d'ober goap doc'h an abadenn-se (a gavan ken sot evit ar "Molière", "César", ha c'hoazh, a vez graet e galleg), e lâret traoù talvoudus evidon memestra. Ar pennad oa bet embannet e brezhoneg barzh Ya!
Ha setu ma sonj, tapet en-dro get tud all, mediaioù e brezhoneg penn da benn : Webnoz ha Ya !, justawalc'h. Damned, ne'm'boa ket lakaet "kopirigt" ebet war an ide-se : nag ur penn skañv on-me ! N'ouion ket petra vo graet gete met ar re se a zo e c'houlenn ho alioù, ho sonjoù. Setu o galv :
"Poent c'hoarzhin, skañv, didro ha dizrouk : ’benn ar 27/11 e vo roet an Disprizioù er WebNoz 11 e Gwengamp. Kinnigoù zo bet graet gant ar wiaderien, reoù sirius, reoù all… nebeutoc'h : n'hon eus ket bet ho soñj ! N'eo ket ret ober kinnigoù 'vit kement rann a zo. Ale ’ta, klaskit mat : n'eus ket bet un dra bennaket resis ’n doa lakaet ’c'hanoc'h da vezañ estonet, da vousc'hoarzhin, da c’hoarzhin glas ivez ? Lârit dimp buan ! Ha na rit ket biloù : n'eus ket ezhomm da lakaat hoc'h anv da heul".
http://www.brezhoweb.com/?mode=forum
11:30 Publié dans Breizh/Bretagne , Brezhoneg/Langue bretonne , Mediaioù/média/skinwel/Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Media, langue bretonne


