12/05/2009

Hennebont-les-Palmiers ?...

Notre microclimat hennebontais sied manifestement aux palmiers : un deuxième est apparu en fin de semaine, à l'autre entrée de la passerelle des forges, côté quai du Pont-neuf. Encore un miracle de la nature, à défaut d'un miracle de la technique... Car, pour les calèches, cette fois, l'idée de leur faire traverser le Blavet à cet endroit est tombée à l'eau, à moins de slalomer entre les palmiers !
En attendant, je propose de rebaptiser notre belle ville "Hennebont-les-palmiers", ça pourrait attirer les touristes...

CLM

NB : pour celles et ceux qui n'auraient pas suivi le feuilleton, cliquez sur la catégorie "Hennebont".

06/05/2009

Hennebont : la ville mystérieuse...

psserelle362.jpgHennebont, c'est un peu la ville mystérieuse, comme il y a l'île mystérieuse de Tintin. Vous vous souvenez, quand les champignons géants poussent d'un coup d'un seul ! Ici, point de champignons, mais un palmier est apparu, d'un seul coup d'un seul, quai des Martyrs, à l'extrémité de la "Passerelle des forges" inaugurée récemment par la municipalité. Pourquoi poser là un grand palmier dans un bac ?

Voici l'histoire. Quand la municipalité a décidé, en 2003, la fermeture et la destruction de feu le pont de Fer (regrets éternels), des réunions publiques ont eu lieu : fallait-il ou pas que la future passerelle permette le passage des chevaux et des calèches du haras ? Et le haras national d'Hennebont étant menacé, il n'y a pas eu vraiment d'opposition (à ma connaissance), pour prévoir une passerelle assez large et permettant aux calèches du haras de passer le Blavet à cet endroit, isolées du trafic routier. Que du bonheur.

Seulement, quand le pont a eu été terminé, les aménagements des deux extrémités m'ont paru un peu problématiques : ils sont à angle droit, des calèches pourraient-elles y manoeuvrer ? Le jour de l'inauguration, on a bien vu deux cavaliers surgis de la mairie (M. le maire et le sous-préfet), traverser la passerelle à cheval, mais point de calèches en vue... Etonnant, non ?

Alors, la passerelle permet-elle aux calèches de passer ? Et si non, pourquoi ? Et combien d'argent perdu à avoir prévu une passerelle à largeur de calèches, que celles-ci ne pourront emprunter (selon mes informations, elle a coûté 1,3 million d'euros) ?...

Mais il y a pire. La rumeur court en ville que des voitures, pas à cheval  mais à moteur celles-là, auraient traversé par la passerelle. Je n'en ai pas été témoin mais, de fait, aucun panneau ne l'interdit formellement, et il y a la largeur nécessaire... D'où l'atterrissage de ce joli palmier : il ne s'agit pas, comme les champignons de Tintin, d'un phénomène mystérieux mais juste d'un obstacle posé là pour interdire la circulation des voitures à moteur.

La suite au prochain épisode.

Christian Le Meut

03/04/2009

Déplacements doux à Hennebont : une passerelle ne fait pas le printemps

psserelle362.jpgDe temps en temps je me permets de parler de l'actualité de la ville d'Hennebont sur mon blog. Après tout, c'est à Hennebont (Henbont), qu'il est écrit. Ci-dessous, un petit courrier que le citoyen que je suis s'est permis d'envoyer au maire, M. Gérard Perron. C'est uniquement en français. Les précédents épisodes sont accessibles en cliquant sur la catégorie "Hennebont".

Hennebont, le 3 avril 2009

"M. le maire

"J'ai reçu, comme probablement un certain nombre d'Hennebontais, une invitation à l’inauguration de la Passerelle des Forges qui remplace feu le pont de Fer, détruit sur vôtre décision. J’y ai lu une citation de Newton : “Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts”. Belle citation, que j’approuve grandement et dont j’espère que vous vous l’appliquerez à vous-même dans l’avenir. Car, en octobre 2003, c’est vous qui avez décidé de le fermer, ce pont ! Etait-ce obligé ? Et depuis cinq ans, n’auriez-vous pas pu le laisser ouvert le temps qu’il soit remplacé ?

Pendant ces cinq années et demie, nous avons pu constater à quel point notre ville manquait de ponts; à quel point un quartier comme Saint-Caradec était, et reste encore, enclavé; à quel point le Blavet est redevenu un obstacle à nos déplacements. Bien des Hennebontais qui passaient par le pont de Fer ont, d’ailleurs, repris la voiture car la traversée piétonne du pont Jéhanne la Flamme est particulièrement risquée pour les piétons et les deux-roues, et polluée. Sur le pont de Fer les piétons n’étaient pas frôlés par les camions.

Vous aviez vous-même qualifié la fermeture du pont de Fer de décision “brutale”, en conseil municipal, le 29 octobre 2003. Fermer sans aucune concertation un axe central des déplacements doux à Hennebont, sans aucune évaluation de nombre de passages concernés, sans aucune évaluation préalable des conséquences pour la sécurité des piétons et cyclistes, était, effectivement, une façon de faire “brutale”. J’ai, à l’époque, manifesté, comme des centaines d’Hennebontais, devant la mairie contre cette “brutalité”.

Cinq ans et demi plus tard, nous avons désormais une jolie passerelle aux airs futuristes à côté de remparts du XIVe siècle... Sauf que nous avons perdu une trace tangible du patrimoine industriel des Forges qu’était le pont de Fer. De ce point de vue, lui donner le nom de “Passerelle des Forges” est assez cruel. En 2003-2004 on nous disait que la rénovation du pont de Fer coûterait plus cher que son remplacement (562.000€ annoncés en 2005), mais la note, en cinq ans, a plus que doublé pour passer à 1.300.000 € ! Alors, finalement, rénover ce pont aurait-il coûter plus cher que de le remplacer ?

En 2003  les déplacements doux à Hennebont étaient donc ainsi traités. Et en 2009 ? Et à l’avenir ? L’ouverture de la passerelle nous fait seulement revenir à la situation d’avant. Statu quo ante. Quoi de neuf pour le développement des déplacements “doux” dans notre ville ? Combien de pédibus créés depuis la rentrée pour que les enfants aillent à pieds à l’école ? Combien de pistes cyclables sécurisées ? Combien de nouvelles rues piétonnes depuis que l’équipe actuelle (PC, PS, Verts, UDB), élue en mars dernier  est en place ? Combien de trottoirs libérés du stationnement automobile pour que les piétons puissent marcher en toute sécurité ? Avenue de la Libération, récemment, j’ai vu une dame âgée se déplaçant avec deux béquilles contrainte de marcher sur la chaussée, dans le flot de la circulation automobile, parce que le trottoir était, comme d’habitude, envahi de voitures.

Et quels sont les projets structurels pour développer les déplacements doux ? Le plan local d’urbanisme, Plu, voté en 2007 par votre majorité de l’époque, prévoit deux ponts routiers supplémentaires ! Mais rien pour les piétons et les deux roues. Deux ponts : l’un reliant la zone du Ty mor au rond-point de Locoyarne aurait le mérite d’écarter le flux des camions du centre-ville. Par contre à quoi servira le second pont routier prévu, proche et parallèle au viaduc ? Qui le réclame ? Mystère... Alors qu’une deuxième passerelle piétons-vélos, entre Saint-Caradec et la Poterie cette fois, désenclaverait ce quartier et encouragerait les déplacements doux entre les deux rives de notre ville. Cette idée a déjà été émise par le comité de quartier de St Caradec (Cadiq). Saint-Caradec est très proche du centre si l’on se donne les moyens de relier les deux rives.

La nouvelle passerelle est ouverte : tant mieux, mais la réparation d’une erreur ne fait pas une politique.
M. le maire, j’attends donc une réponse de votre part sur vos décisions, que je ne doute pas prochaines, en matière de développement des déplacements doux à Hennebont.

Veuillez recevoir, M. le maire, l’expression de mes salutations citoyennes."

Christian Le Meut

30/03/2009

Hennebont : opération nettoyage

psserelle362.jpgAujourd'hui lundi, interdiction de stationner sur le quai des Martyrs (là où j'habite, à Hennebont, en Bretagne) : les services techniques sont là pour le nettoyer. Les mauvaises herbes n'ont qu'à bien se tenir... Etonnant ça, depuis l'été 2000, date de mon retour à Hennebont (ville où j'ai passé mon enfance), je n'avais jamais vu que l'on interdise le stationnement pour nettoyer le quai... N'y aurait-il une petite inauguration en fin de semaine ? Mais oui : la passerelle qui remplace le Pont de fer va être inaugurée samedi matin ! J'ai même reçu une belle invitation bilingue avec une citation de Newton : "Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts". Je trouve d'ailleurs que cette citation s'applique particulièrement bien à la municipalité d'Hennebont. Mais j'y reviendrai ces jours-ci. Pour les internautes qui n'auraient pas suivi le feuilleton hennebontais, il suffit de cliquer sur la catégorie "Hennebont" dans la colonne de gauche pour en savoir un peu plus.

Kenavo

CLM

07/04/2008

Chronique hennebontaise

Après mes chroniques d'un sinistré, suite à la tempête du 10 mars dernier, revoici mes chroniques hennebontaises ce qui, parfois, revient au même. Car ici la catastrophe n'est naturelle que de manière exceptionnelle (enfin j'espère); habituellement, elle est plutôt politique. Ainsi donc l'ancienne municipalité (PC-PS) est repassée le 16 mars, avec les Verts et l'Union démocratique bretonne comme supplétifs. L'actuelle majorité représente donc quatre partis (plus des apparentés) regroupant 43% des suffrages au second tour. Majoritaires au conseil, la gauche officielle et ses quatre partis a refusé, jeudi dernier, que la principale liste d'opposition, Hennebont initiative citoyenne, 40,5 % au second tour (32,5% au premier, soit la première force politique de la ville), ait un représentant à Cap l'Orient, la communauté de communes, où la ville délègue cinq conseillers.

Cette représentation "proportionnelle" n'est pas obligatoire d'après la loi, mais accorder un représentant à 40% des Hennebontais dans les instances intercommunales aurait été un geste démocratique comme il s'en pratique dans beaucoup d'autres villes (Lorient...). Mais cette démocratie là n'étant pas obligatoire, ne l'appliquons donc pas. Restons-en à la loi, n'est-ce pas, même quand elle est injuste. M. le maire, d'après Le Télégramme (04/04/2008), a dit ne pas avoir de "leçon de démocratie à recevoir". Pourtant le Parti communiste, dont il est membre, est très favorable à la proportionnelle, en générale... Et puis c'est dommage, ça, de refuser de recevoir des leçons, de refuser d'apprendre, d'écouter, de prendre en compte, d'évoluer; ça n'est pas un signe d'ouverture alors même que la liste de la gauche officielle avait annoncé qu'elle serait plus à l'écoute des Hennebontais. Ce ne serait pas un luxe car elle est, pour le deuxième mandat consécutif, minoritaire dans la ville qu'elle gouverne (alors que la gauche officielle, ici, fait jusqu'à 65% des voix à certaines élections, mais pas aux municipales...).

Mais les promesses, c'est bien connu, n'engagent que ceux qui y croient.

4d3a242b3ea8952ce736cc958b2496a7.jpgTout va mieux à Hennebont, cependant, depuis que la Gauche Unie et Solidaire (G.U.S., leur sigle leur va bien), est passée. Alors même que le chantier de remplacement du pont de Fer n'avait pas avancé en quatre ans, depuis la fermeture de ce pont en octore 2003, des grues sont venues commencer à le démanteler quelques semaines avant les élections.

Depuis les élections, plus rien.

En quatre ans la municipalité a donc réussi à détruire un tiers du pont. Calculons ensemble : à ce rythme il faudra encore huit ans pour détruire les deux tiers restants, et si la construction va aussi vite, douze ans pour construire la passerelle de remplacement. Soit encore vingt ans : 2028 ! Bien-sûr, je galège, mais au rythme où vont les chantiers à Hennebont (piscine, église de St Caradec, Poterie, etc), je ne suis même pas sûr d'être pessimiste...

En attendant, la photo ci-dessus (de Jean Henry) est historique, elle a été prise avant le début de la destruction. Le Pont de fer n'est plus désormais qu'un moignon qui s'interrompt au milieu du fleuve. Mais nous avons toujours, au premier plan, un grand panneau qui nous montre la future passerelle. Sans préciser la date d'ouverture de cette passerelle. Alors, 2008 ? 2009 ? 2018 ? 2028 ?...

Triste image. Et triste début de mandat.  

Christian Le Meut 

 

 

26/03/2008

Ur Miz Meurzh torr penn

Nag ur miz Meurzh bourrapl ! Goude bout beuzet ma ranndi, ha ma oto, get ar mor (10 a viz Meurzh), on kouezhet klañv an dibenn sizhun paseet : "rhinopharingyte" eme an doktor. Ha setu me, KO. Oc'hpenn-se an amzer a zo fall (ar gouiañv a zo daet en dro daoust deomp bout en nevez amzer), ha disoc'hoù ar votadegoù en Hen Bont a zo bet dipitus. Listenn ar maer (PC) a zo paseet en dro get sikour strolladoù a-gleiz ofisiel (PS, ar re c'hlas, an UDB...). Me gav me bilans ar maer-se spontus awalc'h, met dilennet eo bet memestra get 200 mouezh muioc'h evit al listenn "Hennebont initiative citoyenne", kaset get André Hartereau. Setu perak Manu, ur mignon, n'eus graet an dresadenn-se, get listri spluj ag an URSS tro dro din...

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Quel mois de mars agréable ! Après avoir eu mon appart inondé, et ma voiture noyée, par la mer le 10 mars, j'ai chôpé une rhinopharingyte le week-end dernier, avec. Au lieu de manger des oeufs en chocolat j'ai passé mon temps au fond de mon lit à avaler des médicaments car j'étais KO. De plus, à Hennebont, le second tour des élections a vu la réélection du maire sortant (PC), avec le soutien de la gauche officielle (PS, Verts, UDB), et malgré un bilan, à mon avis, très mauvais. La liste alternative que je soutenais, Hennebont Initiative citoyenne, a recueilli plus de 40% des suffrages et à peine moins de 200 voix que la liste du maire (43%, la liste de droite a fait 17%). 200 voix, ce n'est pas beaucoup, mais c'est encore trop... C'est pourquoi un ami, Manu, m'a dessiné flottant sur une urne, entouré par des sous-marins soviétiques...

Bon, ben vivement le mois d'avril ! 

Kenavo deoc'h ! 

19/03/2008

Hennebont : chronique d'un sinistré (reprise)

Mercredi. Hier j'ai enterré un peu vite cette chronique d'un sinistré : aujourd'hui je reçois un courrier de mon assurance-logement. Un imprimé à remplir me demande l'origine du sinistre et si la cause a "été supprimée". Eh non, il ne s'agit pas d'une fuite de tuyauterie. On n'a pas encore supprimé les tempêtes, les vents du sud, les grandes marées, et c'est tant mieux... Même si on finit parfois avec les pieds dans l'eau et les voitures noyées.

Le même courrier me précise que, si indemnisation des matériels il y a, la franchise sera de "380€" ! Encore plus fort que l'assurance voiture ! Autant dire que je vais en rester là, ne rien demander de plus. Cette assurance prend en charge l'intervention de la société d'assèchement, c'est déjà ça.

18/03/2008

Chronique d'un sinistré (fin)

Lundi 17 mars. Une semaine après la tempête, l'expert de l'assurance m'explique au téléphone pourquoi il a décidé que ma voiture était "irréparable". Il propose une indemnité correcte qui va me permettre d'en acheter une autre pas trop vieille... Des formulaires à remplir. Pas de nouvelles de l'expert pour le logement, pas pressé celui-là. Je vais écrire à la mairie pour signaler que l'affaissement du quai, repéré depuis longtemps déjà par ses services, nous rend désormais inondables, ainsi que nos voitures...

L'appartement sèche. Il fait soleil. La vie quotidienne reprend son cours. Le Blavet aussi, a repris son cours tranquille... Jusqu'à quand ?

Une réflexion liée à ces événements climatiques sur le site du Chacal :

http://lapolitiqueduchacal.over-blog.com/
 

15/03/2008

Hennebont : chronique d'un sinistré (suite)

Vendredi. Je passe voir mon garagiste. L'eau de mer a atteint les freins et peut-être aussi l'électronique de la voiture. C'est pourquoi l'expert la condamne. "Pour le bien du client", a-t-il dit au garagiste. Mon garagiste acquièse mais il souligne qu'aujourd'hui "on fait des voitures jetables, pas réparables". C'est du développement durable, ça ? J'ai retenu une voiture d'occasion chez lui, mais il faut que j'attende de savoir combien l'assurance va me donner pour la précédente...

Samedi. Je lis dans la presse que la ville d'Hennebont a demandé la reconnaissance d'état de catastrophe naturelle pour la tempête de lundi, comme plein d'autres communes (La Trinité-sur-Mer, Sarzeau, Locmiquélic...). Manifestement, certains coins de la côte ont beaucoup souffert, notamment la presqu'île de Gâvres, et les dunes de Ploemeur ou de Locmariaquer. Il faudra que j'aille voir ça.
Chez moi, les appareils sèchent l'atmosphère (ainsi que ma gorge), et le sol avec efficacité. Je peux remarcher pieds nuds sur la moquette, ça fait plaisir mais reste une odeur désagréable de moisi. Si je garde la moquette, il faudra la shampouiner.

13/03/2008

Hennebont : chronique d'un sinistré

Dimanche midi. Bulletin d’alerte météo diffusé à la télévision. Tempête prévue sur la Bretagne. J’y pense et puis j’oublie. Les alertes météo ne sont pas si rares...

Dimanche soir. Comme d’habitude, je gare ma voiture sur le quai, le long du Blavet. Nous sommes, à Hennebont, en fond d’estuaire. La mer, et donc la marée haute, remonte jusqu’ici. Justement, les coefficients de marée sont élevés ces jours-ci. 106 lundi matin à 6 h. Mais ça, je l'ignore et, dimanche soir, le temps est calme.

Lundi, 6h. Mon voisin m’alerte. Le Blavet déborde et atteint les voitures. Au même instant, l’eau rentre dans l’immeuble. Tous les appartements du rez-de-chaussée, dont le mien, sont inondés. Devant notre immeuble, le quai s’affaisse, la mer est passée par là et les voitures ont déjà le nez dans l’eau. La mienne démarre mais ne veut pas reculer. Rien à faire, elle se bloque. Impossible de la bouger. J’appelle les pompiers, qui prennent note et annoncent qu’ils vont venir mais sont sollicités de partout, et je pars prévenir mes voisins que leurs voitures sont en danger. Plusieurs réussissent à les évacuer alors même que la marée monte encore. Les bourrasques de vent et de pluie se succèdent. C'est un vent de sud qui poussent la houle jusque chez nous, en fond d'estuaire. Une partie du quai est inondée et notre immeuble est atteint, ce qui n’a jamais été vu, de mémoire d’habitant.

Nos grandes poubelles collectives ont été portées par l’eau et sont tombées plusieurs mètres plus loin. Sacs poubelles et déchets émergent de l’eau, jonchent les trottoirs. Triste spectacle. Les pompiers passent. Ils vérifient que l’eau n’atteint pas les installations électriques. A Saint-Caradec, le quartier voisin, la situation est pire, me dit l’un d’entre eux. Des voisins évacuent l’eau des couloirs pendant que les autres écopent dans leurs appartements. Dans ma chambre, j’ai trois à quatre centimètres d’eau. La marée se retire rapidement. Le temps se calme un peu, et l’émotion aussi. Du personnel communal passe pour nettoyer les trottoirs. Les pompiers nous prêtent des aspirateurs d’eau efficaces, mais qui n’empêchent pas la moquette de rester trempée. Ils passent les reprendre un peu plus tard.

J’appelle mon garagiste familial pour lui demander conseil. Et oui, j'ai un garagiste de famille, du genre qui travaille seul avec son épouse. Mes parents sont clients chez lui, moi aussi. Il est compétent et nous lui faisons confiance. Il me propose de venir chercher ma voiture. C’est une 206 d’occasion que j’ai acheté un mois plus tôt. Elle est de 1999 avec 60.000 km; bien entretenue, bichonnée, nourrie au grain, dormant dans un garage... Mais ce matin elle ne démarre plus. Il l'embarque. Un expert passera pour juger de son état.

Lundi après-midi. Je passe faire la déclaration de sinistre chez l’assureur de mon appartement. J’avise également mon assureur voiture, par téléphone... Un ami m’aide à remplir des sacs de sable est à les transporter. Chez moi, j’étale du papier journal sur le sol, pour éponger. Je mets le chauffage à fond. Un peu avant 18 h, nous voyons arriver une cohorte d’employés municipaux avec des véhicules, des sacs de sable, des outils. Une grande marée est prévue, mais le temps s’est calmé. Ils n’étaient pas là le matin mais, me dit un responsable des services techniques “il n’y a pas eu d’alerte”... Ah bon, pourtant, moi, j’en ai entendu à la télé. Et en 2001, lorsque l’eau avait débordé sur les quais sans inonder les parkings, des employés communaux étaient venus nous dire d’évacuer nos voitures. Cette fois. Il n’y avait personne pour nous avertir et nous aider à 6 h du matin, mais foule à 6 h du soir.
A toutes fins utiles, j’installe, avec un voisin, mes sacs de sable devant la porte de l’immeuble, pour la nuit...

Mardi matin. La nuit a été tranquille. Je rentre les sacs de sable. A la première heure, je file voir l’assureur de ma voiture. Mon contrat prévoie qu’une voiture pourra m’être prêtée le temps de l’expertise et de l’éventuelle réparation. Mais là, pas possible. Mon garagiste familial n’est pas agréé par l’assurance. Il fallait appeler l’assurance en premier. Bien-sûr, les pieds dans l'eau, en train d'écoper, j'ai d'abord pensé à ça. Donc, en théorie, j’ai droit à une voiture de remplacement, mais en pratique, pas. Et si je suis bien cette logique, je n’ai plus le droit de choisir mon garagiste, mon assureur le choisit pour moi... C'est mon garagiste familial qui me prêtera un véhicule. Une Clio 1991 comme celle que j’ai mis à la casse il y a un mois, ça me rajeunit.

Rentré chez moi, j’aperçois le véhicule d’une société d’assèchement qui intervient chez mon voisin. Je ne savais pas que ça existait, ce genre de société. Un technicien est en train d’installer des appareils de séchage dans l’appartement voisin du mien. “On ne travaille qu’avec les assurances”, me dit-il. Ah bon ? L'assureur de mon appartement ne m’en a rien dit... Je lui passe donc un coup de fil pour apprendre que, moi aussi, j’ai droit à une telle prestation dans mon contrat, mais il faut que j’appelle le “numéro d’urgence”. J’appelle donc ce numéro et là, une dame me répond qu’une société d’assèchement pourra venir chez moi, avant même l’intervention de l’expert. Faudrait pas leur tirer un peu les vers du nez, à nos chers assureurs ?

Jeudi matin. 9h. La société d’assèchement installe deux appareils qui fonctionneront pendant dix jours. “Tout est pris en charge par l’assurance” m’assure le technicien. “Tout est pris en charge par l’assurance”; voilà qui est doux à entendre... D’autant que, ce matin, je reçois un courrier de mon assurance auto. Comme je ne suis pas responsable du sinistre, il n’en sera pas tenu compte sur mon “bonus malus”... Mais s’il y a des frais de réparation, j’aurai quand même une franchise de 250 €.  C’est cher pour une tempête non désirée! Et alors que je n’ai fait que garer ma voiture sur un parking public qui, d’habitude, n’est jamais inondé...

Mais, en fin de matinée, le verdict tombe, ma voiture est morte, dit l’expert. Noyée. L’eau de mer est montée jusqu’aux freins, qui bloquent. Direction la casse. Un mois après l’avoir achetée je n’ai plus qu’à penser à en acheter une autre avec l’argent que me donnera l’assurance. Combien ? Suspens.

En avril, de nouvelles grandes marées sont prévues. Je vais ressortir mes sacs de sable. Et je garerai ma voiture ailleurs...

Christian Le Meut

La suite au prochain épisode... 

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