17/04/2008
Lec'hienn internet/Site internet : bravigoù Mevena
Mevena a blij dezhi sevel bravigoù : savet he deus ul lec'hienn internet evit o tiskouezh, get ur bern skeudennoù : kit da welet.
Mevena aime fabriquer des bijoux : elle a créé un site internet pour les présenter, avec beaucoup de photos : allez y voir.
00:05 Publié dans Arzoù/Arts , Brezhoneg/Langue bretonne , Web | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
17/12/2007
Gwened/Vannes : diskouezadeg foto a ziar benn Diwan
"Skol Diwan Gwened a ginnig deoc'h un diskouezadeg gant Loeiz Bloñs, luc'hskeudenner a vicher. Degouezhet eo e Gwened e-kerzh un dro Breizh evit 30 vloaz Diwan. Luc'hskeudennoù diwar lagad an arzour a zegas soñj eus hanez Diwan betek bremañ (http://www.diwanbreizh.org/foran/blons/). Digor eo en dielldi-kêr a-hed miz Kerzu eus al Lun d'ar Gwener – eus 8h15 da 12h15 hag eus 1h15 da 5h d'enderv, e 12 bali Sant-Forien (Kement ha gouzout hiroc'h a-zivout an dielldi-kêr" http://br.mairie-vannes.fr/dizolein_gwened/istor_ha_glad/...).
L'école Diwan de Vannes propose une exposition du photographe professionnel Loeiz Bloñs, faisant étape à Vannes dans le cadre d'un tour de Bretagne pour les 30 ans de Diwan . Pour revoir en images (http://www.diwanbreizh.org/foran/blons/) l'épopée Diwan jusqu'à nos jours sous l'oeil d'un artiste, les Archives Municipales accueillent l'exposition tout le mois de décembre du lundi au vendredi – de 8h15 à 12h15 et de 13h15 à 17h, au 12 avenue Saint-Symphorien (plus d'informations sur les archives municipales :" http://www.mairie-vannes.fr/decouvrir_vannes/histoire_et_...)
12:00 Publié dans Arzoù/Arts , Breizh/Bretagne , Brezhoneg/Langue bretonne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Vannes, Diwan, photos
13/12/2007
Sonerezh/musique : Les ramoneurs de menhirs
Mard e oc'h e klask ur prof evit un den a gar ar rock 'n roll mod punk, kavet peus : pladenn gentañ ar "Ramoneurs de menhirs". Rock punk doare Breizh eo, e brezhoneg (seizh sonenn a-ziar unnek) ha get binioù ha bombard, mar plij.
Ar c'hanour, Momo, a son e brezhoneg mod Bro Porzh Loeiz. An tonioù, hervez al levrig lakaet get ar bladenn, a zo hengounel met nevesaet feson punk; memes tra evit ar pozioù, "hengounel" met savet a nevez ivez mod punk get begon, kounnar, startijenn, joa, ha c'hoazh. Ar ganourez Louise Ebrel zo daet da sikour get Momo evit div sonenn; bugale ivez.
Huchadennoù zo, gitarioù tredan hag ur bochad trouz met, a-benn ar fin, n'eo ket displijus tamm ebet. Sonerezh da zañsal eo, met pas er festoù-noz boutiñ ! Kentoc'h festoù e kreiz an noz ur wezh bout evet pasapl a sistr ha chouhen, ha traoù all... Ha ma plij deoc'h sonerezh sioul, dibabit kentoc'h ur bladenn all da selaoù !
En français : les Ramoneurs de menhirs, c'est du rock punk breton qui ramone, avec du begon (du beudjon, du startijenn, de l'énergie, kwa), des binioù, bombardes, guitares électriques, cris, etc. Les paroles et musiques sont "traditionnelles" mais remises à leur sauce. Le résultat est plutôt sympa et donne envie de danser mais pas forcément de manière très... traditionnelle.
Christian Le Meut
Embannet get/Edité par Coop-Breizh.
00:30 Publié dans Arzoù/Arts , Breizh/Bretagne , Brezhoneg/Langue bretonne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Musique, sonerezh, punk, Bretagne, brezhoneg
05/11/2007
Taol Kurun Kemperle/Quimperle : kenstrivadeg haiku/concours de haïku
"Le festival Taol Kurun de Quimperlé (29) propose son 6e concours de haiku (trois vers concis illustrant une image, une émotion ...). L'an dernier, 108 auteurs de 185 haiku avaient participé. Les propositions doivent être adressées à l'équipe du festival avant le lundi 7 janvier. Le thème retenu : du rire aux larmes. Deux catégories : les enfants jusqu'au CM2 / les collégiens, lycéens et adultes. Les classes de la maternelle au lycée peuvent participer collectivement. En breton, gallo et français, trois poèmes maximum dans chaque langue et par auteur. Pour tout renseignement ; taol.kurun@freesbee.fr
Règlement
1- membres du jury :Alan Kervern, Bernez Tangi, Brigitte Kloareg
2- Le jury se réunira le 10 janvier, les haiku sont à envoyer le 7 janvier dernier délai
3- Thème du concours : du rire aux larmes / daeroù ar vuhez, poan ha levenez
4- trois langues: breton, français, gallo. Chaque auteur envoie 3 haiku au maximum dans chaque langue
5- deux catégories : 3/12 ans (CM2) et collégiens, lycéens, adultes
6- Chaque haiku sera anonymé, le jury ne pouvant connaître l'identité réelle des auteurs
7- les haikusont envoyés ou par courrier : festival Taol Kurun Sant Adrian 29300 Arzano, ou par e-mail : taol.kurun@freesbee.fr
8- Les prix seront donnés le mardi 22 janvier lors de la soirée poésie de Taol Kurun (livres, matériel d'écriture ..., et édition chaque année des 15 poèmes primés dans chaque langue)
LES HAIKU DE L'AN DERNIER SUR LA LUMIERE
Goulaouenn goar
sklerijenn an noz
hir an noz 'vit re a oar Gi Penseg
Gouloù ar stered
'vlinkañ en neñv du
Ma ene en anken. M. E.
Lazhañ ar gouloù
gwad an heol
aon am eus. Krista
Clignotants
orange et bleus
tôles froissées. Milena
Je vois le bout du tunnel
le flash
je suis à 120 Ronan
Obscurité profonde
14 petites flammes
j'ai 14 ans Moran"
17:40 Publié dans Arzoù/Arts , Breizh/Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Quimperlé, Kemperle, haiku
17/05/2007
Dans mon pays,...
(extrait de Les matinaux, p. 153, ed. Poésie/Galliimard).
"Qu'il vive"
"Dans mon pays, les tendres preuves du printemps et les oiseaux mal habillés sont préférés aux buts lointains.
La vérité attend l'aurore à côté d'une bougie. Le verre de fenêtre est négligé. Qu'importe à l'attentif.
Dans mon pays, on ne questionne pas un homme ému.
Il n'y a pas d'ombre maligne sur la barque chavirée.
Bonjour à peine, est inconnu dans mon pays.
On n'emprunte que ce qui peut se rendre augmenté.
Il y a des feuilles, beaucoup de feuilles sur les arbres de mon pays. Les branches sont libres de n'avoir pas de fruits.
On ne croit pas à la bonne foi du vainqueur.
Dans mon pays, on remercie."
René Char
(Les matinaux, p. 42 ed. Poésie/Gallimard).
Encore ?
"Où l'esprit ne déracine plus, mais replante et soigne, je nais. Où commence l'enfance du peuple, j'aime" (p.151)
"Nous n'avons qu'une ressource avec la mort : faire de l'art avant elle" (p. 201)
"Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront" (p. 75, cette phrase là fut citée lors de la campagne électorale, à propos de F. Bayrou, je crois).
"Echapper à la honteuse contrainte du choix entre l'obéissance et la démence, esquiver l'abat de la hache sans cesse revenante du despote contre laquelle nous sommes sans moyens de protection, quoique étant aux prises sans trêve, voilà notre rôle, notre destination, et notre dandinement justifiés. Il nous faut franchir la clôture du pire, faire la course périlleuse, encore chasser au-delà, tailler en pièces l'inique, enfin, disparaître sans trop de pacotilles sur soi. Un faible remerciement donné ou entendu, rien d'autre". (p. 120).
Vient de paraître (illustration) un numéro spécial de Télérama sur René Char à l'occasion des 100 ans de sa naissance. Une exposition à la Bibilothèque nationale de France-F. Mitterrand (à Paris) est ouverte jusqu'au 29 juillet.Christian
00:05 Publié dans Arzoù/Arts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, René Char
12/04/2007
Gaston Lagaffe a 50 ans : bon anniversaire !
Gaston Lagaffe a cinquante ans cette année. Ce héros sans emploi a vu le jour dans les colonnes de Spirou en 1957. Au départ personne ne savait très bien ce qu’il faisait là, il laissait des traces par ci par là, apparaissait de temps en temps dans les pages. Petit à petit, Gaston est devenu un vrai personnage, avec son univers propre qui s’est décliné à travers une vingtaine d’albums jusqu’au petit dernier, sorti à l’occasion de ce 50e anniversaire, mais qui n’apporte pas grand chose aux gastonophiles. La série, en effet, s'est arrêtée avec la mort de son créateur, André Franquin, mort il y a dix ans.
On peut compter aussi parmi les nouveautés des aventures de Gaston traduites en breton et publiées chez Yoran Embanner dans une traduction d’Alan Monfort. Gaston Lagaffe y devient Gaston “Beiadeg” et les gags sont tirés de plusieurs albums parmi les derniers. C'est une bonne idée, de traduire Gaston en breton, mais parfois la traduction est parfois un peu compliquée.
Un grand travailleur
Gaston n’est pas par principe contre le travail, il travaille même beaucoup à imaginer et fabriquer toutes sortes de machines, de produits ou d’instruments de musique plus ou moins loufoque et parfois dangereux. Élever des animaux domestiques dans son bureau l’occupe également beaucoup, entre les poissons rouges, les souris, le chat, la mouette rieuse. Il a même été jusqu’à introduire une vache et un dindon dans les locaux de la rédaction !
Gaston, "héro sans emploi", est censé être un homme à tout faire, mais il est vrai que les tâches qu’on lui demande ne sont guère épanouissantes : trier le courrier, y répondre, ranger la documentation. A chaque fois, il détourne ces boulots contraignants pour en faire le moins possible, inventant des machines pour faire le travail à sa place mais l'expérience tourne très souvent à la catastrophe. Justement Gaston a quelque chose de la catastrophe industrielle. Il est plein de bonne volonté mais, à chaque fois, involontairement, il contrecarre la signature des fameux contrats avec M. de Mesmaeker...
Et pour se reposer de tous ses efforts, Gaston dort pendant ses heures de travail. Ses chefs essaient par tous les moyens de le faire travailler, mais ils ont bien du mal et s’y épuisent. Comme ils l’aiment bien, personne ne le met dehors. Cela aurait d’ailleurs été une grosse perte pour la maison Dupuis, éditrice de Spirou, puisque les albums gentiment (et profondément) provocateurs de Gaston se sont vendus à des millions d’exemplaire.
Chasseur de mouches devient écolo
A ses débuts, Gaston chasse les mouches à coup de bombes mais il évolue et devient un amoureux des animaux. Il s’affiche même du côté de Greenpeace, et d’Amnesty, pour ce qui concerne les droits de l’Homme. Il manifeste pour la paix et contre les ventes d'armes. Rétif à l’autorité, il mène la vie dure à l’agent Longtarin, qui verbalise autant qu’il peut. Ecolo, Gaston n’en a pas moins une auto extrêmement polluante. Pacifiste, il utilise parfois des moyens un peu violents pour contrecarrer l’agent Longtarin... Chacun ses contradictions.
Le petit monde de Gaston évolue au fur et à mesure des albums. "Moiselle" Jeanne, la secrétaire amoureuse de Gaston était, au début, plutôt laide. Elle s’embellit petit à petit et, dans les derniers albums, les deux amoureux forment un couple. Mort il y a dix ans, André Franquin n’a pu dessiner la suite. Dommage. On aurait pu imaginer le mariage de Gaston avec Moizelle Jeanne. Seraient-ils parvenus à signer... leur contrat de mariage ? Auraient-ils créé un nid douillet, comme celui du Marsupilami dans les rêves de Gaston ?
Gaston est le modèle de salarié que ses employeurs n’arrivent pas à adapter à son poste de travail. Au contraire, c’est plutôt eux qui s’adaptent et subissent. Je ne sais pas s’il y a cinquante ans, un “homme à tout faire” maladroit et gaffeur serait resté longtemps dans une entreprise mais aujourd’hui, alors que les relations de travail se durcissent, alors que les protections des salariés sont remises en cause, cela paraîtrait encore plus difficile.
En 2007, Gaston pointerait-il à l’ANPE ? En voila une autre idée d’album : les aventures de Gaston... chercheur d'emploi.
M’enfin.
Christian Le Meut
10:10 Publié dans Arzoù/Arts , Levrioù/Livres/BT/BD | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : BD, Gaston Lagaffe
11/11/2006
Sinema/cinéma : Mémoires de nos pères
Film nevez Clint Eastwood n'eo ket ur film brezel ouzhpenn, d'am sonj, met ur film a ziar benn an Istor, eñvor pep den hag eñvor ar pobloù. C'hwec'h soudard zo bet tennet e plantiñ banniel Stadoù Unanet e lein mennez uhelan un enezenn a Vro Japan (iwo Jima), e penn kentañ 1945. Ar foto, brav tre, a zo embannet war kazetennoù ar Stadoù Unanet a bezh, hag a gas kalon en dro d'an Amerikaned erru skuizh get ar brezel. Ar gouarnamant a c'halv ar soudarded-se d'ober un droad er vro da zastum argant evit kenderc'hel get ar brezel kar diouer a argant zo.
Met tri soudard zo marv. Chom a ra tri bev, hag un Indian en o mesk a faota dezhan chom en talbenn met kaset eo en dro d'an USA dre ret. An tri faotr yaouank, kollet awalc'h, a zo degemeret get ar prezidant e unan, get pennoù bras a beb sort, get ur bochad tud deuet d'o selaoù ha... get mammoù an tri soudard marv. Ha ret eo dezhe livañ gevier dirak unan ag ar mammoù-se rak ur fari zo bet graet : unan ag ar soudarded marv n'eo ket war ar foto, met difennet eo bet dezhe anzav an dra se evit nompass lakaat douetans barzh spered ar bobl. Pal an droiad a zo serriñ argant ar muian posupl ha pas tabutal war ar wirionez.
Clint Eastwood a zispleg perak ha penaos a zo bet graet ar fari se, penaos e vez savet harozed (daoust dezhe a wezhoù), penaos e vez implijet skeudennoù brav evit bruderezh politikel (propaganda). Evit mont pelloc'h war an dachenn-se, savet en deus ur film all evit diskouezh an istor-se d'an tu ar Japaned, e japaneg ha get aktourion a Vro Japan. Lakaet vo er maez e penn kentañ 2007.
Mémoires de nos pères a zo ur film da welet met ret eo lâret memestra eo kriz a wezhoù ha diaes da welet. Diskouezh a ra ar brezel evel m'emañ get tud lazhet, gloazet, gwad ha taerded.
Un film à voir
Je conseille le dernier film de Clint Eastwood qui n'est pas un film de plus sur la guerre mais une réflexion sur l'histoire, personnelle, nationale, mondiale, comment elle se construit, comment on fait des héros. L'histoire est celle de six soldats pris en photo alors qu'ils plantent un drapeau sur le volcan d'Iwo Jima où ils ont débarqué, et où 20.000 soldats japonais leur résisteront pendant quarante jours, début 1945. La photo, symbole de victoire, est publiée dans les journaux étasuniens et les six soldats demandés pour faire une tournée de récolte de fonds aux Etats-Unis, car l'argent manque. Mais trois d'entre eux sont morts. Les trois survivants, un peu perdus, sont présentés comme des héros aux foules, utilisés par la propagande. Mais ils doivent mentir, car une erreur a été faite sur l'identité de l'un d'entre eux, mort, officiellement sur la photo mais qui ne l'était pas en réalité. On leur interdit d'admettre cette erreur, même devant la mère du soldat concerné, pour ne pas nuire à la collecte d'argent... Un film dur, mais qui montre la guerre telle qu'elle est.
Un second film réalisé par Eastwood également et montrant la version japonaise de la bataille d'Iwo Jima, sortira en 2007.
Christian Le Meut
10:45 Publié dans Arzoù/Arts , Istor/Histoire , Sinema/Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, Histoire
03/09/2006
Béranger, Morisson and Brokeback Mountain
Parmi les disques que j'écoute cette fin d'été il y a ce coffret (trois CD, un DVD et un livret) consacré à François Béranger, sa vie, ses chansons. Béranger est mort l'année dernière. Il était l'un des chanteurs de la génération contestataire des années 70, sachant allier coups de gueule et tendresse, humour et révolte. Il a de très belles chansons à son actif et, justement, ce coffret en reprend une soixantaine. Plus un concert en DVD et enfin un livret où Béranger raconte sa vie. A découvrir pour celles et ceux qui ne connaissent pas; à redécouvrir pour les fans qui auraient perdu de vue Béranger.
C'est édité par Futur Acoustic.
Un autre chanteur manie tendresse et coups de gueule dans de belles chansons françaises : Sylvère Morisson livre dans son premier album intitulé "Comment te le dire". Il est accompagné d'un DVD que je regarderai quand j'aurai un lecteur DVD ! Onze belles chansons et une belle présence sur scène aussi.
C'est distribué par Mosaic music.
Pour finir, ce dernier disque de ma sélection spéciale été : la musique du film Brokeback Mountain; du folk étasunien pêchu (mais avec des morceaux tristes également, comme le film). Très beau. Et les chansons sont, cette fois, en anglais.
Good bye et kenavo !
Christian
12:39 Publié dans Arzoù/Arts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Musique, CD, chansons
25/07/2006
Festival interceltique ou interceltoc ?
A l'approche du nouveau Festival interceltique (du 28 juillet au 6 août) je réactualise cette petite note, toujours d'actualité, hélas.
"Jean-Pierre Pichard, directeur du Festival interceltique de Lorient a déclaré dans Le Télégramme du 12 août 2005, je cite : “Les défenseurs de la langue bretonne ont bien trop souvent tendance à attendre qu’on les aide et à gémir sans cesse. Je suis tout à fait d’accord pour que la langue bretonne ait sa place au festival mais il ne faut pas tout attendre de nous. A eux de nous faire des propositions et de rendre la langue bretonne attrayante au festival”...
Le propos est donc clair : Jean-Pierre Pichard ne s'inclue pas de lui-même parmi les défenseurs de la langue bretonne ! Etonnant de la part du directeur d'un festival qui s’affiche “interceltique” et qui a lieu dans une région où se parle encore une langue celtique ! Si la langue bretonne n’est pas défendue par de telles personnalités, et par de tels événements, par qui le sera-t-elle ? Au moins, le propos à l'avantage d'être franc (et en français exclusivement). Dommage car une langue disparaît environ tous les quinze jours sur notre belle planète, conséquence du colonialisme et de la mondialisation. Pour l'instant, cela se passe surtout du côté des langues aborigènes d’Australie (justement, l'Australie est invitée en 2006, on pourrait en profiter pour en débattre...) et amérindiennes d’Amérique du Sud et du Nord, et du côté des langues africaines, mais le breton est parmi les suivants sur la liste.
Un lieu où l'on réfléchit ?
Un linguiste, Bernard Caron, du CNRS, déclarait au Monde le 26 août dernier qu’une langue est menacée de disparition quand elle est parlée par moins d’un million de personnes... Le breton en est à 250.000 locuteurs contre 1,2 million il y a cent ans. Sa disparition est possible, sauf si une vraie politique publique de soutien est mise en place comme au Pays de Galles. Le festival interceltique pourrait être une locomotive dans ce domaine. Au contraire, c'est un wagon de queue. La venue des Acadiens aurait pu, en 2004, être l'occasion de susciter un débat. La Constitution du Canada reconnaît deux langues, l'anglais et le français. Les peuples amérindiens peuvent éduquer leurs enfants dans leurs langues d'origine (avec une des deux langues officielles, semble-t-il). Le bilinguisme et le multilinguisme, pourquoi et comment ça marche ? Pourquoi la France est-elle tellement en retard dans ce domaine? Pourquoi refuse t-elle d'appliquer la charte européenne des langues régionales (pourtant obligatoire) ? Pourquoi signer la convention de l'Unesco sur la diversité culturelle, et ne pas l'appliquer à l'intérieur des frontières ? Voilà des questions qui n'ont pas été posées l'année dernière... Elles pourraient l'être encore, car le Festival interceltique pourrait aussi être un lieu où l'on réfléchit et où l'on voit plus loin que son kilt et que sa pinte de bière, non ?
Des créations musicales, chorégraphiques, littéraires, théâtrales (etc) apparaissent tous les ans en Bretagne, en langue bretonne, en gallo ou en français. Quelle est leur place au Festival Interceltique ? Un café littéraire en français s’y déroule, pourquoi pas des séances en breton (50 livres en breton sont édités par an sans parler des revues) ? Les brittophones n'attendent pas sur ce festival pour agir, heureusement ! Ils ne passent pas non plus leur temps "à gémir" comme l'affirme si gentiment Jean-Pierre Pichard : n'ont-ils pas créé des écoles, des médias, des fêtes et moultes associations pour défendre la langue bretonne et lui construire un avenir là où l’Etat s’est acharné à lui creuser une tombe pendant un siècle ?
Beaucoup de musiciens et de danseurs bretons font partie de ces associations, ils ont compris que la mort de la langue bretonne serait une perte considérable pour la culture bretonne, de même que la disparition de la langue française risquerait d’être fatale à la culture française. Mais cela M. Jean-Pierre Pichard l'a-t-il compris ? Mystère... Pour l’instant, il attend des propositions..."
Christian Le Meut
18:50 Publié dans Arzoù/Arts , Breizh/Bretagne , Brezhoneg/Langue bretonne | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Bretagne
30/11/2005
Le chant du peuple au fond de la cour...
Il y avait, à l’entrée de la ferme, un fjord. oui, un fjord, c’est-à-dire une espèce de cheval, à peine plus grand qu’un poney... Il accueillait les visiteurs, mordillant légèrement leurs bras à la recherche de caresses.
Il y avait aussi un coq, une coq “marans”, c’est le nom de son espèce, mais qui justement, n’est pas marrant du tout : il agresse et blesse les poules. Sa maîtresse a voulu le rentrer dans sa cage mais le coq pas marrant du tout a fait de la résistance et est resté sur son toit... Il y avait aussi une quarantaine d’êtres humains réunis dans une salle de ferme d’un village de Brec’h, près d’Auray (Morbihan) pour écouter un spécialiste parler des chants bretons. Jorj Belz est le nom de ce spécialiste qui est arrivé avec une quantité d’enregistrements sur cassettes qu’il nous a fait écouter sur d’improbables magnétocassettes.
Cette soirée était organisée, fin octobre, dans le cadre des fêtes Douar Alre Gouil Bamdé, par l'association Sten Kidna-komzomp asampl. Jorj Belz, cheville ouvrière de Douar Alré (Terre alréenne), sillonne le Morbihan depuis des décennies, enregistrant les chanteurs et sonneurs. Organiste, et chanteur lui-même, dans le groupe Les Trouzerion, il analyse les évolutions, cherche les origines, traque les différentes interprétations, goûte les différents styles.
Le chant n’a pas de pays
Il nous a fait écouter des chants dans leurs différentes interprétations, (carnacoise, pontyvienne, séglienne, etc), pour conclure qu'il ne croit pas à la dimension de pays dans le domaine du chant comme il y en a pour la langue bretonne, les danses, les costumes... Jorj Belz croit plutôt au talent de chaque chanteur et chanteuse. La plupart des chants populaires bretons ont de multiples versions tant pour les paroles que les airs. Musiques et paroles circulent et évoluent au fil du temps. Le conférencier l'a démontré en faisant écouter différentes versions d’un chant connu, "Me zo ganet e kreiz ar mor" (“je suis né au milieu de la mer), poème écrit par Yann-Ber Kalloc'h, poète de l’île Groix, et mis en musique par Jef Le Penvern quelques décennies plus tard. L’enregistrement datait des années 50 et nous avons entendu une sorte de Castafiore d'origine bretonne, certes, mais ignorant la langue bretonne, et ça s'entendait un peu...
Kanomp Noël : différentes versions
L'introduction des instruments de musique comme l'accordéon, la guitare, le piano, a également eu une influence sur l'interprétation et sur les airs eux-mêmes qui, il n'y a pas si longtemps encore, se transmettaient uniquement de bouche à oreille. Il y avait aussi des feuilles volantes vendues avec les paroles et la musique, mais peu de gens savaient lire les notes, ni même les textes. Jorj Belz a cité le célèbre "Kanomp Noël" ("Chantons Noël") qui semble s'être figé aujourd’hui dans sa version écrite par le poète-paysan hennebontais Loeiz Herrieu, alors même que d'autres variantes étaient interprétées en pays d'Auray, variantes sur l'air et le rythme. Mon arrière-grand-père de Ploemel, Pierre Thomas, chantait Kanomp Noël plus vite que dans la version dominante aujourd’hui.
Kas a barzh ou an dro daou ha daou ?
Tel air venu de Paris au début du siècle dernier, a été repris à Carnac pour en faire un an dro - kas a barh sur lequel des paroles bretonnes ont été mises. Et ce que l'on prend parfois pour un patrimoine immémorial est en fait daté. Jorj Belz l’a très bien montré. Il a d’ailleurs indiqué que le nom de la danse bretonne “kas a barh” aurait été créé dans les années 60 : “Les anciens disaient “an dro daou ha daou” (an dro deux par deux). D’autres chants, pourtant écrits au début du XXe siècle, sont passés à la postérité jusqu’à en oublier le nom de leurs auteurs. Ce phénomène était courant et l’on a vu, il y a quelques années, un groupe appelé Manau mettre des paroles en français sur l’air de Tri martelod yaouank, paroles qui n’avaient rien à voir avec les paroles bretonnes... Quelques musiciens bretons ont eu l’air de grincer des dents alors même que leur propre répertoire est truffé de reprises de chansons traditionnelles...
Bec’h au Kan ar bobl
Le conférencier a souligné l’importance des paroles, écrites par des gens du peuple comme vous et moi. Il nous a fait écouter ce chanteur qui avait écrit en breton une chanson plutôt anticléricale sur les curés de sa commune. Ce chanteur participait à un concours Kan ar bobl et entama tranquillement son chant. Mais il vit que le technicien bénévole de service qui s’occupait du micro supportait de moins en moins sa diatribe anticléricale. Et le chanteur d’accélérer le chant; et le technicien bénévole de lui couper la chique au bout de quelques minutes ! Bec’h zo bet er C’Han ar Bobl. Ces chansons populaires du cru provoquaient parfois des tensions mais écrites et transmises depuis des siècles elles sont un patrimoine artistique et littéraire de première importance. Une forme de littérature orale.
Chants de tous pays... Tel autre air populaire présenté comme un air breton, est aussi connu dans d'autres régions qui le revendiquent également comme un air traditionnel de chez elles. L'érudition et les recherches de Jorj Belz aident à mieux comprendre ces phénomènes et à faire tomber quelques préjugés, voire quelques œillères.
La conférence, en français ponctué de breton, s'est terminée en chansons interprétées par le conférencier et par plusieurs autres membres de l'assistance, jusqu'à minuit passé. Le coq marans pas marrant n’a pas ouvert son bec de la soirée, quant au cheval fjord, il a exigé à la sortie son dû en caresses et en compliments... Lui aussi semblait avoir apprécié les chants populaires bretons.
Christian Le Meut
09:54 Publié dans Arzoù/Arts , Breizh/Bretagne , Brezhoneg/Langue bretonne , Istor/Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Bretagne forever !


