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20/05/2008

Mercredi : journée mondiale de la diversité culturelle

Demain, mercredi, c'est la "Journée mondiale de la diversité culturelle" : la France nous a montré récemment combien elle était ouverte à ce concept en refusant une nouvelle fois de ratifier la Charte européenne des langues minoritaires. La France, et la langue française, incarnent la diversité culturelle à l'extérieur des frontières face à la domination de l'anglais (on appelle ça "l'exception culturelle"). A l'intérieur, on continue de cultiver un communautarisme plein de bonne conscience : un Etat, un peuple, une langue et la "diversité culturelle" reste quasiment confinée au domaine privé. Pendant ce temps les langues régionales historiques sont en danger de disparition à plus ou moins long terme malgré la volonté d'une partie de la population et des élus locaux de vouloir les maintenir vivantes. Mais cette volonté populaire là, l'Etat centralisateur français ne veut pas l'entendre.

14/05/2008

Langues régionales : propos de sénateurs

Deux débats ont eu lieu sur les langues régionales, l'un à l'Assemblée Nationale, la semaine dernière, l'autre au Sénat, hier. Ils ont été plutôt de bonne tenue, à ce que j'ai lu, sauf exception comme Jean-Luc Mélenchon. Le site Oui au breton (lien dans la colonne de gauche),  publie l'intégralité des interventions des sénatrices et sénateurs. Le débat à l'Assemblée peut être consulté sur internet (lien direct dans la note du 8 mai). J'ai relévé quelques citations intéressantes de ce qui a été dit au Sénat : je conseille particulièrement celles de Jean-Paul Alduy, sénateur UMP des Pyrénées-Orientales, et j'ai ajouté parfois des commentaires en italiques.

Gérard Le Cam, PC, Côtes d'Armor : "La langue bretonne est en danger, selon l’Unesco : trois locuteurs sur quatre ont plus de 50 ans, les locuteurs actifs représentent moins de 5 % de la population des départements bretons. Le processus historique de construction de la Nation française a confondu unité et uniformité ..."

"De 2000 à 2006, l’État a consacré 3,2 millions au breton, soit douze fois moins que les départements ! M. Alfonsi (sénateur de Corse à l'origine du débat - Note de Rezore) a raison d’évoquer des obligations à la charge de l’État, dont l’engagement reste très relatif. Je cite Csaba Tabadji, député européen hongrois, président de l’intergroupe Minorités traditionnelles, régions constitutionnelles, langues régionales : « En France, les cultures et langues dites régionales, qui font partie intégrante des cultures et des langues européennes et de l’humanité, exclues de l’espace public par la législation, marginalisées, sont en voie de disparition rapide de la vie sociale malgré la résistance de l’auto-organisation souvent exemplaire des populations, avec le soutien de leurs élus, dans un cadre juridique, administratif et idéologique hostile. Après des décennies d’éradication, l’enseignement de ces langues reste très marginal et leur place dans les médias, notamment la radio et la télévision, est extrêmement réduite. »

- Citation intéressante que celle de ce député européen Csaba Tabadji; Gérard Le Cam a été interrompu dans son intervention par le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon qui a qualifié les écoles associatives non-confessionnelles gratuites Diwan de "secte".  Diffamons, diffamons, il en restera toujours quelque chose...

Colette Mélot (UMP Seine-et Marne) : "La langue française est garante de l'unité de nôtre pays".

- Ah bon ? Entre 1940 et 1945 les collaborateurs et les Résistants parlaient tous français, ce qui ne les empêchaient pas de s'entretuer. En ex-Yougoslavie, Serbes, Croates et Bosniaques parlaient la même langue, cela n'a en rien empêché l'éclatement. Et la guerre d'Irlande entre anglophones ? Et la guerre de sécession aux Etats-Unis ? Et les multiples guerres civiles dans l'histoire du monde ?... La Suisse officiellement multilingue est-elle plus ou moins "unie" que la France ? Le respect des droits démocratiques, civils et religieux, le respect des minorités, la justice sociale, l'accès à l'éducation, la prospérité économique, sont des garanties de paix et d'unité bien plus efficaces que l'uniformité linguistique, me semble-t-il.

Jean-Luc Mélenchon (PS) : "Je n’accepte pas la caricature qui voudrait faire croire que la République française réprime ou méprise les langues régionales. La France s’est dotée dès les années cinquante d’un cadre législatif très favorable, en avance sur beaucoup de pays d’Europe. La loi du 11 janvier 1951 du socialiste Maurice Deixonne a autorisé et favorisé l’apprentissage dans l’enseignement public du basque, du breton, du catalan et de l’occitan. Le corse a été ajouté en 1974, le tahitien en 1981 et quatre langues mélanésiennes en 1992. Depuis 1970, ces enseignements en langues régionales peuvent être pris en compte pour l’obtention du baccalauréat."

- La loi Deixonne de 1951, un "cadre législatif très favorable" ? De qui se moque notre cher sénateur ? J'en ai profité personnellement de cette loi : deux heures de cours par semaine en option, à partir du lycée seulement, entre 13h et 14h (pendant que les autres élèves se reposaient), par des professeurs volontaires (donc pas de relève en cas de départ d'un prof...). C'était une avancée par rapport à la situation précédente d'exclusion totale, mais une toute petite avancée. Insuffisant, en tout cas, pour garantir la pérennité d'une langue.

"Une définition aussi floue de ce qu’est une langue régionale ou minoritaire est discriminatoire et aboutit à des reconstructions de l’histoire. La langue bretonne est celle qui résulte du dictionnaire dit unifié de 1942, qui se substitue aux cinq langues bretonnes existantes. Je n’évoquerai pas son auteur, collaborateur qui fut condamné à mort par contumace, ni les conditions dans lesquelles ce dictionnaire fut rédigé et financé à l’époque..."

- Un grand linguiste, ce M. Mélenchon et un grand historien aussi, probablement, qui ignore, peut-être, que les lois françaises ont été, sous la Révolution, traduites dans plusieurs langues régionales, notamment le breton. C'était plus sûr pour être bien compris du peuple ! Donc, entre 1789 et 1793, la République traduisait ses lois en langues régionales et il y avait déja une écriture pour le breton; Les "cinq langues" dont il parle ici, sont les cinq dialectes bretons qui n'empêchent pas l'inter-compréhension. Enfin, le fait que des grammairiens et intellectuels bretons aient travaillé à l'unification de la langue écrite sous l'occupation nazie, et avec la bénédiction de l'occupant, est une erreur et une faute, j'en conviens aisément. Mais l'Académie française a-t-elle arrêté de travailler sous l'occupation ? Elle a continué, comme toutes les administrations françaises. Faut-il tirer de la collaboration vychiste des arguments contre la langue française ? Evidemment non, ce serait ridicule. Les vociférations antisémites de Louis-Ferdinand Céline ne discréditent pas la langue française (d'ailleurs il continue d'être étudié au lycée), alors pourquoi s'obstiner contre la langue bretonne ? Enfin "l'auteur" qu'évoque M. Mélenchon, s'appelait Roparz Hémon et n'a jamais été condamné à mort mais à dix ans d'indignité nationale en 1945.  M. Mélenchon, est-il soucieux des faits historiques ?

Raymond Couderc, sénateur UMP (Hérault) : "L’absence de statut juridique justifie de nombreux blocages. Ainsi, récemment, un recteur pourtant bien disposé à l’égard des langues régionales justifiait l’interdit de l’immersion en disant que si elle était accordée, il faudrait aussi la permettre pour le chinois, l’arabe et le turc. Mais le destin de ces langues ne se joue pas en France, contrairement à celui de l’occitan et des autres langues régionales !"

Alima Boumediene-Thiery (Les Verts - Paris) : "Certains disent redouter un communautarisme. Pourquoi la reconnaissance, encadrée, des langues régionales créerait-elle du communautarisme ? Ces langues sont transmises depuis des générations, cela n’empêche pas de parler français ! Ce dont il s’agit, c’est d’organiser la coexistence de la langue française avec les langues minoritaires, pas de substituer l’une à l’autre. Les langues régionales sont source d’enracinement et de cohésion sociale, l’unité de la République n’est pas menacée par elles : au contraire, elle est préservée dans sa diversité. L’identité française est également faite de ses différences, de ces enrichissements linguistiques. Le nier reviendrait à nier une bonne partie de notre patrimoine. Reconnaître cette diversité culturelle plutôt que la nier est le plus sûr moyen de préserver l’identité républicaine. Si nous voulons être tous égaux, commençons par admettre que nous sommes aussi tous différents."

Jean-Paul Alduy (UMP - Pyrénées Orientales) : "Je ne m’adresserai pas à vous en catalan. Non que je sois incapable de m’exprimer dans cette langue parlée par 10 millions d’Européens, la huitième langue d’Europe. Certes, l’école de la République m’avait interdit l’accès à cette langue et, dans ma jeunesse, on écrivait sur les murs des préaux : « Soyez propres : parlez français!» mais, depuis lors, j’ai appris cette langue et conduit une politique active de reconquête de la culture et de l’identité de Perpignan la Catalane. Si je ne m’adresse pas à vous en catalan, c’est que je veux être compris par tous, que je veux respecter notre unité, forte de nos diversités. Je suis pour la catalanité qui enrichit et non pour le catalanisme qui dresse des frontières et réduit notre espace économique, social et culturel" (...).

"Le débat que nous avons aujourd’hui doit être abordé en termes sereins. Il ne doit être ni folklorisé ni caricaturé. Le fait de n’avoir pas, dès l’origine de notre République, dès la proclamation des Droits de l’Homme, considéré la protection de la langue et de la culture d’origine comme un droit fondamental, est, même si cela s’explique par la préoccupation de donner naissance à un État moderne et homogène, une erreur historique que n’ont pas faite d’autres pays européens. A l’heure où l’on défend la biodiversité comme une valeur cardinale, garante du respect des différences, cette exception apparait comme une crispation idéologique sans véritable fondement logique." (...) .

"Parler catalan, basque, alsacien, occitan, breton ce n’est pas ringard, c’est posséder une identité multiple, une interculturalité qui sera, demain, le socle de nos sociétés. Les langues régionales, ce n’est pas la France d’hier, ce sont les racines de la France de demain."

- J-L. Mélenchon  n'accepte pas que l'on accuse la France d'avoir réprimé les langues régionales. Pourtant, son collègue  des Pyrénées Orientales  donne un exemple très concret  à travers ce slogan qu'il a vu sur les murs des préaux : "« Soyez propres : parlez français!»

Jacques Gillot (apparenté PS - Guadeloupe) : "Le refus de l’ouverture engendre les communautarismes, les frustrations et, parfois, les blessures. Aucune langue n’est petite pour ceux qui l’habitent ! Je formule donc le voeu que la Charte européennes des langues minoritaires soit ratifiée sous peine de rétrécir linguistiquement une France méritant mieux que des refus obstinés et des aveuglements culturels. Les langues aussi ont besoin de liberté, d’égalité et de fraternité !"

Christine Albanel (ministre de la culture) : "Une loi donnera une forme institutionnelle au patrimoine linguistique de la nation en récapitulant les dispositions existantes et en ouvrant la voie à une avancée de la démocratie culturelle dans notre pays. Elle concernera l’enseignement, les médias, les services publics, ainsi que la signalisation et la toponymie. Originaire de l’Ariège et de Toulouse, j’aime, comme plusieurs orateurs, profiter des doubles noms indiquant les rues et les lieux. Ce texte, qui sécurisera l’usage des langues régionales, conformément au souhait du Président de la République, devrait voir le jour en 2009, et le Gouvernement compte sur la représentation nationale pour contribuer à l’améliorer".

- Un texte qui "sécurisera" l'usage des langues régionales, qu'en termes inquiétants et policés ces choses là sont dites. Pour l'instant la seule chose concrète qui sort de ces débats au parlement est le refus persistant du gouvernement de ratifier la charte européenne des langues régionales. La Constitution sera-t-elle modifiée ? Pas sûr... Quelles seront les avancées de cette future loi qui sortira en 2009, soit l'année précédant les élections régionales ? On n'en sait rien pour l'instant... 

Christian Le Meut 

08/05/2008

Langues régionales : toujours pas de ratification de la Charte européenne

An diviz a zo bet dec'h er Vodadeg vroadel a zo bet interesant ha doujus awalc'h (ar pezh a chanche keñver tabutoù paseet war ar yezhoù rannvroel), met e fin an abadenn, an intron Albanel, ministrez ar Sevenadur, deus displeget c'hoazh penaoz ne vo ket kadarnaet, ratifiet, Karta Europa ar yezhoù minorel get gouarnamant Bro Frans, ar pezh a zo dipitus. Prometaet he deus ul lezenn nevez... Met petra a vo e-barzh ?

Ma faota deoc'h lenn ar pezh a zo bet lâret dec'h, embannet eo war lec'hienn ofisiel ar Vodadeg vroadel (eil lodenn ag an destenn) : 

Le débat qui a eu lieu hier à l'Assemblée Nationale a été intéressant et relativement respectueux (ce qui change par rapport à des débats précédents sur les langues régionales mais, en fin de séance, la ministre de la culture, Mme Albanel, a expliqué que le gouvernement ne ratifierait toujours pas la Charte européenne des langues minoritaires, ce qui est décevant. Elle a promis une nouvelle loi... Mais quel en sera le contenu.

Si vous voulez lire le contenu du débat, il est édité sur le site officiel de l'Assemblée nationale (deuxième partie du texte) :

http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2007-2008/200801...

06/05/2008

Liberté de la presse : perquisition à Radio Frequenza Mora !

"Un an de présidence Sarkozy : triste anniversaire pour la liberté de la presse" est le titre d'un communiqué que le Syndicat national des journalistes (SNJ), vient de publier (intertitres de Rezore) :

"Raid de la PJ à radio Frequenza Mora à Bastia ce mardi 6 mai 2008. Les enquêteurs voulaient prendre l’ADN et les empreintes digitales de tout le personnel. Ils cherchaient, à l’évidence, à trouver les sources d’un communiqué du « FLNC 1976 » parvenu la veille à la station. Devant l’opposition collective et unanime, ils y ont renoncé.

Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), premier syndicat de la profession, dénonce ces méthodes scandaleuses qui visent à intimider, apporte tout son soutien aux personnels de RCFM et saisit les autorités concernées en leur demandant des explications. Dans quelle République sommes-nous où des citoyens se verraient fichés parce qu’une information a été diffusée ?

Sur la protection des sources des journalistes, la France, déjà très en retard sur la loi et la jurisprudence européennes, a enfin rédigé, il y a quelques semaines un projet de loi, un texte très insuffisant dans son état actuel. Il sera présenté aux députés le 15 mai sous le regard très attentif de tous les journalistes.

Quotidiens en grève
Deux quotidiens nationaux « Le Monde » et « La Tribune » ne paraissent pas ce même mardi car les personnels y sont en grève pour la survie de ces deux titres et le pluralisme de l’information. Dans quelle République sommes-nous où la liberté de l’information ne serait plus garantie par la possibilité pour la presse d’exister sans être soumise aux lois du marché qui, dans ce domaine, sont liberticides ?

“Les médias sont un élément primordial de la vie démocratique et il est donc tout à fait légitime de poser la question de leur indépendance et de leur pluralisme. Cela étant, j’observe que la France s’est dotée d’un nombre important d’instances de contrôle qui s’assurent de la régularité des opérations et de l’indépendance des supports médiatiques”, écrivait le candidat Sarkozy au SNJ le 20 avril 2007.

Réformer les aides et renforcer la déontologie
Un an après et des crises à répétition dans toute la presse, il est urgent de réformer le système des aides directes et indirectes de l’Etat afin qu’elles répondent vraiment aux nécessités du pluralisme essentiel dans un pays démocratique. Le SNJ y est prêt.

Parmi les autres engagements du candidat : « Je suis favorable à ce que les chartes nationales et internationales garantissant l’éthique de la profession soient annexées à la convention collective nationale de travail des journalistes. Je proposerai aux partenaires sociaux de se saisir de cette réforme importante et symboliquement très forte ». Rien à ce jour et les employeurs, pourtant relancés par les syndicats de journalistes refusent même de répondre !

Quant à l’Audiovisuel  de Service Public pour lequel le même candidat nous écrivait :  « Je pense que l’augmentation des ressources publicitaires est possible et qu’elle ne dénature pas le service public de l’audiovisuel », son existence est menacée si aucun financement pérenne ne lui est garanti pour l’accomplissement de toutes ses missions et sans ressources publicitaires.

Qui pourrait constater un tel bilan sans vouloir y remédier rapidement ? SNJ".

Langues régionales : une loi en 2009 ?...

Vingt députés UMP, dont plusieurs bretons, qui signent une tribune en faveur des langues régionales dans un journal basque; une loi qui serait en préparation pour 2009...C'est à lire sur le site Oui au breton.

Citation extraite de la tribune des députés : "Il est temps de sortir des clichés faciles et méprisants que certains répètent à l’envi dès que ceux qui sont attachés à leur identité culturelle s’expriment. Que l’on cesse à chaque fois que nous souhaitons faire reconnaître nos patrimoines linguistiques locaux de nous agiter le mistigri de la fin de l’unité française ! Aimer parler alsacien, basque, breton, corse, flamand, gallo, occitan ou provençal et vouloir transmettre ces langues, ce n’est pas trahir la France mais c’est l’aimer et l’enrichir ! Non, les langues régionales n’ont rien à voir avec le patois, elles sont le fruit d’une histoire et d’une culture qui, souvent, fondent l’histoire de notre pays. Comment construire l’avenir de notre pays en reniant ses fondements ? L’unité n’est pas l’unicité. Connaissez-vous une famille dont les membres sont absolument identiques ? Et même si cette famille existait, trouveriez-vous cela très sain ? Nous ne sommes pas des clones. L’égalité n’est pas l’uniformité, nous estimons au contraire que les différences contribuent à l’affirmation d’une richesse culturelle commune".

http://ouiaubreton.com/ 

05/05/2008

Ha redet hon eus !

Ha redet hon eus ! A Naoned da gKaraez. Noz ha deiz. Edan an amzer brav, edan an amzer fall, edan an heol, al loar, ar glav, an avel, al latar, ar yenijenn... Get tud all, ur bochad d'ar peurliesan, pe un nebeut a wezhoù. Get plijadur ha poan. Get startijenn ha skuizder ivez. Miliadoù a dud a oa war bord an hent evit reiñ kalon deomp; miliadoù o deus redet ivez : 2.000 ? 3.000 ? Bugale (a Ziwan, hag ar skolioù publik ha privez ivez), oadurion, gwazed, merc'hed; tud a bep sort micher; ha dilennidi ivez. N'eus ket bet gall zarvout ebet a-hed ar 600 km a drugarez d'an aozourion hag a oa e redek e pep lec'h, e komz barzh ar mikro, e reiñ dour d'ar rederion, ec'h ober ar dro ar surentez.

Berzh 'deus graet ar Redadeg. Dastumet eo bet geti argant : 60.000 €, ha marteze muioc'h. Euroioù a zo bet roet get tud, kevredigezhioù, embreregezhioù met ivez kumunioù. Pennadoù skrid a zo bet embannet barzh ar c'hazetennoù rannvroel, un nebeut abadennoù er skinwell (F3) hag er skingomz (France Info, France inter, RTL... ha Radio Bro Gwened a oa daet get ur moto !). Met dasson ar redadeg n'eo ket aet betek Paris. Bouzard awalc'h int, du-hont, e-keñver ar yezhoù rannvroel.

Fromus eo bet, gwelout kement-se a dud e redek evit ar brezhoneg, e tiskouezh ho youl, ho begon (distaget "beudjon" : "startijenn" e gwenedeg); e reiñ ar vazh test a zorn da zorn, a gilometr da gilometr. Anat eo, redet e vez geneomp a-hed ar bloaz evit ar brezhoneg, n'eo ket bet gortozet geneomp ar Redadeg evit redek da vat. Met ar wezh mañ, redet hon eus asambles, ha pas pep hini d'e du, pep hini barzh e vro, ar pezh a zo bet kalonekus bras. Trugarez d'an aozourion. Ha gourc'hemennoù dezhe.

Hag e vo ur redadeg all evit ar brezhoneg a-benn daou vloaz ? Fiskal vehe.

Ho leskel a ran bremañ, mont a ran da redek.

Christian Le Meut

04/05/2008

Langues régionales : un débat parlementaire attendu

Div gevredigezh ag ar Morbihan o deus skrivet d'ar gannaded araok an diviz a vo er Bodad vroadel dimerc'her kentañ, d'ar 7 a viz Mae. Deux associations morbihannaises ont écrit aux députés avant le débat sur les langues régionales qui aura lieu mercredi prochain, 7 mai. Setu o kemenadennoù/Voici leurs communiqués.

Lizher bet kaset d'ar c'hwec'h kannad ag ar Morbihan get Kerlenn Sten Kidna An Alré/Lettre envoyée par le cercle Sten Kidna aux six députés du Morbihan.

"Le 02/05/2008

    Madame/Monsieur le député   
    Pour la première fois un débat parlementaire est prévu à l'Assemblée nationale le 7 mai prochain afin d'évoquer la situation des langues régionales en France. Nous saluons cette initiative qui doit, à nos yeux, déboucher sur une véritable reconnaissance de ces langues, dont beaucoup sont menacées de disparaître dans le siècle actuel, situation que dénonce l'Unesco.

    Nous souhaitons que le gouvernement et le Parlement prennent, à la suite de ce débat, des mesures concrètes afin de lever des freins qui empêchent encore aujourd'hui la pleine reconnaissance de nos langues régionales. Il s'agit, notamment, de leur donner un statut officiel en ratifiant la charte européenne des langues minoritaires, signée par le Premier  Ministre Lionel Jospin en 1998 et jamais ratifiée. Et si cette ratification exige une modification de la Constitution, il faut la modifier.

    Nous demandons aussi qu'il ne soit pas mis de frein, notamment en terme de postes d'enseignants, à l'enseignement des langues régionales tant en maternelle et primaire  (classes en immersion, bilingues...), que dans le secondaire (immersion, filières bilingues, options) et à l'université. Il faut que les élèves bilingues puissent bénéficier d'un suivi durant l'ensemble de leur scolarité.

    Nous demandons que la place des langues régionales dans les médias publics régionaux (France 3, France Bleue) soit augmentée afin d'aboutir à une parité horaire des programmes dans les régions où des langues régionales sont parlées. Et pourquoi ne pas envisager des médias publics régionaux exclusivement en langues régionales ?

    Nous comptons sur vous, Monsieur le député, pour que les langues régionales de France, langues maternelles de beaucoup d'entre nous, soit enfin pleinement reconnues par la République Française; sans contester la place de la langue française comme langue commune.

    Nous espérons que vous prendrez pleinement part à ce débat. A wir galon geneoc'h/De tout coeur avec vous

    Kerlenn Sten Kidna - An Alré/L'association Kerlenn Sten Kidna - Auray"

Kemenadenn a-berzh Emglev Bro An Oriant/Communiqué de Emglev Bro An Oriant :
"Emglev Bro an Oriant, Fédération de 46 Associations du Pays de Lorient,  compte sur la présence des députés Françoise OLIVIER-COUPEAU (Présidente du Groupe d'Études sur les Langues Régionales à l'Assemblée Nationale), et Jacques LE NAY au débat prévu le 7 mai 2008 à l'Assemblée Nationale sur les langues régionales, pour faire enfin avancer le débat en France en vue de la ratification de la Charte Européenne des Langues Minoritaires". Emglev Bro an Oriant : Tel : 02.97.21.37.05."
emglev@bzh.net

24/04/2008

Débat au parlement : une pétition de Bretons du monde

En vue du débat parlementaire prévu le 7 mai*, l'association Bretons du monde lance une pétition afin d'encourager les députés dans la reconnaissance des langues dites régionales à travers un soutien à Marc le Fur, vice-président de l'assemblée qui a fait pression sur le gouvernement pour obtenir ce débat; ce mode opératoire me paraît, cependant, un peu restrictif. Il ne s'agit pas de soutenir une personne particulièrement, mais des mesures précises à faire voter par les députés. Voici l'argumentaire de Bretons du mode :

"A l'heure où la France voudrait se positionner internationalement en faveur des droits des Tibétains et se montrer à la hauteur de ce qu'elle revendique d'être (le pays des Droits de l'Homme), une chance historique lui est donnée le 7 mai 2008 de redorer son blason en faveur de ses minorités et plus particulièrement en faveur de ses langues minoritaires toujours pas reconnues par sa constitution.

Pour que la France ne réserve pas son indignation à l'éviction de la langue tibétaine de la gare de Lhassa alors que le breton est toujours banni dans toutes les gares bretonnes,

Pour que la France ne se fasse plus épingler par l'ONU, pour "discrimination raciale" comme l'indique le récent rapport de l'experte indépendante Gay Mc Dougall,

Pour que le Conseil de l'Europe ne redemande plus à la France de signer la Convention Cadre pour la Protection des Minorités et de ratifier la Charte des Langues Minoritaires,

Pour que la France n'exige plus des pays candidats à l'adhésion à l'Union européenne qu'ils respectent la charte européenne des langues minoritaires alors que elle-même ne le fait pas,

Pour que le rectorat de Rennes ne supprime pas en septembre 2009 l'enseignement du breton et du gallo dans 14 collèges et lycées comme l'envisage le ministère de l'éducation nationale,

Pour qu'en 2060, il subsiste, selon les prévisions actuelles, non pas un effectif résiduel de 20 000 personnes parlant breton et regardant, impuissantes, s'éteindre définitivement leur langue, mais au contraire un nouvel effectif supérieur et rajeuni, d'au moins 100 000 personnes, seuil minimum de survie défini par l'UNESCO,

Ou tout simplement pour que l'extinction de la langue bretonne programmée de longue date par l'état français soit conjurée,

Nous appelons tous les élus français, et d'une façon plus large tous les citoyens du monde informés du débat historique du 7 mai prochain à l'Assemblée Nationale sur les langues régionales, à apporter leur soutien au Député Marc Le Fur, initiateur du débat".

* Débat préalable à la réforme institutionnelle qui pourrait enfin modifier l'article 2 de la constitution française.

Site internet : 

http://www.gwalarn.org/obe/

23/04/2008

Aimé Césaire : extrait du Discours sur le colonialisme

3942c6705264371499b9f40193224219.jpgAimé Césaire vient d'être enterré en grandes pompes; on parle de le transférer au Panthéon; le président Sarkozy assiste aux obsèques... Mais a-t-il lu Césaire ? Les responsables de la droite française, qui ont voulu réhabiliter les "aspects positifs" de la colonisation il n'y a pas si longtemps, l'ont ils lu ? Courte citation extraite du "Discours sur le colonialisme", édité en 1950 (page 19, réédition de 1991, Ed. Présence africaine) :

"Entre colonisateur et colonisé, il n'y a de place que pour la corvée, l'intimidation, la pression, la police, l'impôt, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la mufflerie, des élites décérébrées, des masses avilies.

Aucun contact humain, mais des rapports de domination et de soumission qui transforment l'homme colonisateur en pion, en adjudant, en garde-chiourme, en chicote, et l'homme indigène en instrument de production. 

A mon tour de poser une équation : colonisation = chosification.

J'entends la tempête. On me parle, de "réalisations", de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d'eux-mêmes.

Moi je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, des cultures piétinées, d'institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d'extraordinaires possibilités supprimées". 

Aimé Césaire 

 

22/04/2008

Internet : "La langue, comme gadget électoral"

Lennet m'eus war internet, lec'hienn Taban (e okitaneg hag e galleg) , un destenn anvet "La langue comme gadget électoral". Embannet eo bet d'an 8 a viz Ebrel a ziar benn ar votadegoù e Bro Italia ha penaos a zo bet implijet rannyezhoù komzet du hont get an tu kleiz (Strollad demokratel). Interesus bras. E Breizh ivez, ar brezhoneg a vez implijet ivez a wezhoù evel ur sort "gadget électoral", met m'eus ket amzer bremañ da skrivañ ur pennad war an dra-se... 

J'ai lu sur internet, le site Taban (bilingue occitan et français), un texte intitulé "La langue comme gadget électoral". Il a été édité le 8 avril à propos des élections en Italie et comment certains dialectes parlés là bas ont été utilisés par la gauche (Parti démocrate). Très intéressant. En Bretagne aussi, il y aurait des études à faire sur la façon dont la langue bretonne a été utilisée pendant la campagne des municipales. Le breton y est aussi, parfois, comme d'autres langues dans d'autres régions de France, utilisé comme une sorte de gadget électoral...

http://taban.canalblog.com/

10/04/2008

Tibet ha Surinam : tabutoù a ziar benn ar yezhoù

c2fba2916d22aaedbd029331d6e58a3a.jpgPennadoù skrid interesus e keñver ar yezhoù a zo bet embannet barzh Courrier International ar sizhun paseet (3-9 a viz Ebrel - n° 909) : unan a zivout Bro dTibet hag unan all war ar Surinam. Un den a ginnig d'an Dibetiz skrivañ chomlec'hioù o lizhiri e tibeteg, ha pas e sinaeg. Hiriv an deiz e vez ret gouieit skriv sinaeg (mandarineg) d'an dud a faota dezhe kas ul lizher, pe goulenn sikour get un den bennak ma ne ouiont ket. Met an tibeteg n'eo ket difenet memestra. Hervez bonreizh Bro Sina, an Dibetiz o deus gwirioù sevenadurel ha politikel. Un doare stourm didaer, difeulst, vehe, hervez an den a skriv, ha n'eo ket bet embannet e anv evit e surentez. Mod-se e vehe ret d'an dud deskiñ tibeteg (ha da velestradurezh Bro Sina ivez). Lakaet m'eus a-us ar ger "didaerded", "difeulster" skrivet kaer e tibeteg.

Ar pennad all a zo war Bro Surinam e lec'h ma z'eus ur yezh ofisiel hepken, an neerlandeg (ar vro-se oa bert kolonizet get Broioù Isel), daoust ma vez komzet ur bochad yezhoù all evel ar sinaeg, an hindi, yezhoù ameridian, ar javaneg ha ur yezh ag ar vro, meskaj savet a ziar ar saozneg, an neerlandeg ha yezhoù ag Afrika : ar "sranan tongo"... Perak chom get an neerlandeg hepken evel yezh ofisiel ? Penaos dibab ur yezh ofisiel all, pe meur a unan ?

Un teuliad talvoudus all a zo barzh an niverenn-se a zivout ar peoc'h e Bro Iwerzhon. Ur peoc'h padus met a chom bresk memestra.

E galleg/en français

Petite note pour signaler des articles intéressants parus dans Courrier international de la semaine passée; l'un sur le Tibet, l'autre sur le Surinam. Au Tibet, l'auteur d'un article suggère aux Tibétains d'écrire les adresses de leurs lettres en tibétain, et pas en chinois-mandarin comme cela se pratique actuellement. Aujourd'hui, les personnes qui veulent envoyer une lettre doivent savoir écrire l'adresse en chinois (ou demander de l'aide). L'auteur, dont le nom n'est pas publié pour des raisons de sécurité, rappelle que les Tibétains ont des droits culturels et politiques. Le tibétain n'est pas interdit. Ce serait là un moyen non-violent (en illustration le mot "non-violence" calligraphié en tibétain), pour que les gens apprennent à écrire en tibétain, et même l'administration chinoise.

Le Surinam a une seule langue officielle : le néerlandais (les Pays-Bas ont colonisé ce pays), bien qu'il s'y parle beaucoup d'autres langues comme le chinois l'hindi, le javanais, des langues amérindiennes et une langue du pays, issu de l'anglais, du néerlandais et de langues africaines : le "sranan tongo"... Pourquoi rester avec le néerlandais comme langue officielle ? Comment choisir une autre langue, ou plusieurs ?

Enfin, dans ce même numéro, un dossier intéressant sur la paix, durable mais fragile,  en Irlande.

Courrier international n° 909, 3-9 avril 2008. 

 

 

02/04/2008

Livre : Mon ami Frédéric

39d8c0f5d86e1644895f179c2ec0e9a7.jpg"Mon ami Frédéric" : ce livre, je viens de le découvrir dans sa version bretonne, puisqu'il a été traduit et édité en breton en 2007 sous le titre "Frederig" aux éditions Keit vimp bev. Pourtant, sa première édition, en allemand, date de 1980 (environ) et sa traduction en français a, semble-t-il, été simultanée. La couverture ci-contre est celle de l'édition 2007 avec une traduction d'Anne Georges. "Mon ami Frédéric" est édité au Livre de poche jeunesse, comme son édition en langue bretonne est dans une collection pour adolescents. Je ne sais si c'était l'intention de l'auteur, Hans Peter Richter, psychosociologue né à Cologne en 1925 et mort en 1993, qui a travaillé pour des émissions scolaires, mais je trouve celà un peu dommage car ce roman devrait être mis entre le plus de mains possibles, adolescentes et adultes.

1933
Nous sommes donc face au récit de la vie quotidienne de deux familles modestes, locataires d'un propriétaire acariâtre. Deux jeunes couples allemands, l'un chrétien, l'autre juif. Ils ne se fréquentent pas jusqu'en 1925, année de la naissance de deux garçons qui deviendront inséparables. Les parents aussi, deviennent amis. Les préjugés antisémites existent mais ne portent pas à conséquences. Jusqu'en 1933.

La vie quotidienne de la famille juive se compliqueà partir de 1933. Le père se fait renvoyer de son travail de facteur; Frédéric, né dans la famille juive, lui, est obligé de quitter son école pour rejoindre un établissement pour enfants juifs; les brimades se succèdent. Mais les résistances aussi. Le propriétaire, désormais membre du parti nazi, veut chasser ses locataires juifs. Un juge lui donne tord. L'instituteur, avant d'annoncer que Frédéric doit quitter la classe, donne un cours d'histoire des Juifs à ses élèves, très éloigné de la propagande nazie, et plus proche de la réalité historique.

Partir ?
Et puis les liens d'amitié durent entre les deux familles, alors que le père de famille chrétienne a pris sa carte au parti nazi. Chômeur de longue date, il compte ainsi trouver du travail. De fait, il en trouve. Par ce genre de petit détail, l'auteur, qui a vécu cette période, montre comment  le régime nazi a su s'attirer les faveurs de millions d'Allemands : en donnant du travail, du logement, en améliorant la vie quotidienne des Allemands... aryens.

Cet homme, le père du narrateur, tente de prévenir ses voisins, les supplie de quitter l'Allemagne mais le père de Frédéric ne veut rien entendre. Il est allemand et pense que les choses se calmeront. Il se trompe. Un jour des pillards viennent voler tout ce qu'ils peuvent dans l'appartement familial, avec la participation du propriétaire, sous prétexte de récupérer des biens allemands volés par les Juifs... La mère est frappée violemment. Elle meurt... Pourtant, Frédéric conserve son envie de vivre, quitte à prendre des risques inconscients.

Ce roman, basé sur des faits historiques, montre comment la terreur s'installe petit à petit. Comment un Etat peut l'organiser, stigmatiser une partie de la population et aller jusqu'au crime de masse. "Mon ami Frédéric" est écrit dans un style simple, très efficace. La violence qu'il décrit n'en est que plus frappante.

Christian Le Meut

Mon ami Frédéric, Hans Peter Richter, Ed. Le livre de poche jeunesse, 2007.