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03/06/2009

Sarkozy a ra al lez d'ar Vretoned/Sarko drague les Bretons

Ne vez ket komzet alies awalc'h ag ar vrezhonegerion barzh an "C'houad chadennet" met, hiriv, 3 a Vezheven, omp merchet, pajenn 2/Il n'est pas souvent fait mention des bretonnants dans le Canard enchaîné, mais aujourd'hui, 3 juin, c'est le cas :

"Des ronds pour les Bretons"
"Sarkozy ne se "fout" plus du tout des Bretons, ainsi qu'il l'avait lancé entre les deux tours de la présidentielle, selon les propos rapportés par Yasmina Reza (dans son ouvrage l'Aube, le soir ou la nuit). C'est ainsi que, le 16 mai, il a assisté in extremis à la finale Guingamp-Rennes de la Coupe de France de football. Et qu'il a reçu, le 7 mai, pendant plus d'une heure, Noël Couëdel, conseiller éditorial de L'Equipe et du Parisien, et surtout président du Festival interceltique de Lorient, venu lui demander un coup de pouce financier, ainsi que le rapporte Ouest-France.
Couëdel a expliqué à Sarko qu'en trois ans la subvention du ministère de la Culture à ce festival (qui réunit 500.000 personnes) est passée de 150.000 euros à... 10.000. Une "injustice" bien vite réparée par Sarkozy qui vient de donner consigne au ministère d'Albanel d'attribuer chaque année 100.000 euros à l'Interceltique. Les Bretons et bretonnants savent ce qu'il leur reste à faire, le 7 juin, pour remercier leur mécène"
eme Le Canard.

Ya, met ne vimp ket gwerzhet get 100.000 euro, houad karet ha flemmus. Oc'hpenn da-se, 100.000 euro ouzhpenn evit ar Gouelioù etrekeltiek ne chancho ket kalz a dra evit ar vrezhonegerion dre ma ne vez ket graet kalz a dra e brezhoneg, nag evit ar brezhoneg, get ar Gouelioù-se, siwazh. Dismegans a oa e keñver ar vrezhonegerion get ar rener kozh, J-P. Pichard. Ha gwelloc'h 'vo an traoù get ar rener nevez degouezhet abaoe daou vloaz ?... Anat eo, gouelioù evel se a zelehe kas araok ar brezhoneg, en ur sevel arvestoù en hor yezh, brudiñ ha diskouezh ar yezh keltieg nemeti komzet war an douar bras, ar pezh n'o deus ket graet kalz betek bremañ.
Ul liamm evit gouiet muioc'h :
http://rezore.blogspirit.com/archive/2008/08/07/goueliou-...

Cher canard, on ne va pas se laisser acheter pour 100.000 euros. D'autant que, 100.000 euros de plus pour le Festival interceltique (Fil), ne changera pas grand'chose pour les bretonnants, parce que le Fil ne fait pas grand'chose en langue bretonne, ni pour le breton. L'ancien directeur, J-P. Pichard ne cachait d'ailleurs pas un certain mépris envers les bretonnants. La situation s'améliorera-t-elle avec le nouveau directeur en place depuis deux ans ? Il est évident, de telles fêtes devraient faire avancer la langue bretonne, en encourageant la création de spectacles en breton, la promouvoir et la revendiquer, ce qu'elles n'ont pas beaucoup fait jusque maintenant.

Lien pour en savoir plus :
http://rezore.blogspirit.com/archive/2005/10/07/intercelt...

Christian Le Meut

10/04/2009

Selon Dominique Schnapper (membre du Conseil constitutionnel), les Bretons devraient plutôt apprendre l'anglais

Dominique Schnapper passait dans l'émission A voix nue, sur France culture (20h) du 6 au 10 avril. Cette éminente sociologue est aussi membre du Conseil constitutionnel. Je l'ai entendue mercredi soir, elle parlait, notamment, des langues régionales... Elle a dit trouver bien que les Alsaciens continuent de parler alsacien, car c'est proche de l'allemand et, dans l'Europe actuelle et future, c'est important de parler allemand... Par contre, "il serait plus utile pour les Bretons d'apprendre l'anglais que le breton" a-t-elle dit, en précisant que les Bretons restent libres quand de leurs choix, encore heureux ! Donc, pour Mme schnapper, qu'importe qu'une culture et une langue disparaissent de la surface du globe, pourvu que l'on parle français, anglais et allemand, n'est-ce pas ? L'Unesco range le breton parmi les langues en danger de disparition. Que dirait Mme Schnapper si c'était la langue française qui était menacée de disparition ?

Vision utilitariste
Une telle vision uniquement utilitariste des langues, qui ne prend pas en compte leurs valeurs humaines, culturelles, scientifiques, intellectuelles, est navrante de la part d'une intellectuel de ce renom, mais Mme Schnapper n'est pas linguiste. Par contre, elle est au Conseil constitutionnel : que dit-elle ainsi aux personnes concernées : votre langue, celle de vos parents, la culture qu'elle porte, sa littérature, son histoire, peuvent disparaître, ce n'est pas si grave, il est plus important de parler anglais.

Les personnes qui font partie des instances supérieures de la République, comme le Conseil constitutionnel, savent-elles qui nous sommes ? Cherchent-elles à le savoir ? Avons-nous de l'importance pour elles ? Prennent-elles en compte nos différences ?

Qu'est-ce qu'être citoyen ?
Au bout du compte qu'est-ce qu'être citoyen en France ? Je crois, pour ma part, qu'être citoyen c'est se rebeller (non-violemment), contre les autorités qui veulent uniformiser leur population sous des prêtextes divers et refusent de prendre en compte les différences.  Et tous parler la même langue est-il un gage de démocratie ? De respect des droits de l'Homme ? De garantie de l'Etat de droit ? De pratique de la citoyenneté ? La citoyenneté, ici, en France, ne s'exprime d'ailleurs pas qu'en français, elle s'exprime aussi en breton, en basque, en alsacien, en wolof, en arabe, en anglais... Et ailleurs dans le monde ils sont nombreux les Etats où plusieurs langues sont parlées, reconnues officiellement et encouragées.

Le fait de parler une seule et même langue ne garantit ni la démocratie, ni la paix : la Yougoslavie, le Rwanda, l'Irlande, les Etats-Unis (guerre de sécession), et la France elle-même nous l'ont prouvé (guerre civile sous l'occupation, guerre entre Français pendant la guerre d'indépendance d'Algérie, guerre civile sous la Révolution, la Saint-Barthélémy, j'en passe...). Le fait, par contre, de refuser aux populations "minoritaires" le droit de parler leurs langues, est contraire aux droits de l'Homme, antidémocratique, et facteur d'instabilité. En cherchant à réduire les droits linguistiques et politiques des Albanais du Kosovo en 1987-88-89, le grand démocrate yougoslave Milosevic a largement contribué à faire exploser la fédération yougoslave.

Parler français ou ne pas parler ?...
C'est une vision bien étriquée de la citoyenneté que de la conditionner à la pratique d'une seule et même langue. D'autant plus que, simultanément, l'Etat français refuse l'accès au territoire, et/ou à la citoyenneté, à de nombreuses personnes issues des anciennes colonies françaises qui, bien souvent, maîtrisent le français... Allez comprendre ! Alors, derrière ce mépris des langues régionales "de France", c'est un modèle politique qui s'exprime. La République française est-elle un modèle "universel" comme certains le prétendent ? L'universel parle toutes les langues pratiquées sur notre planète, pas uniquement le français...  Vouloir imposer une langue unique en France est pratiquer un communautarisme linguistique destructeur des cultures existant sur le territoire, d'une part, et qui nous ferme l'apport de populations étrangères.

Confiner les langues régionales à la sphère privée, c'est les condamner à mort comme le dit l'historienne Mona Ozouf. Au contraire, encourager la pratique des langues régionales et du multilinguisme (la pratique du kabyle pour les jeunes d'origine kabyle, de l'arabe pour les jeunes d'origine arabe...), c'est se donner des outils pour s'ouvrir à soi-même et au monde. La langue française a évidemment sa place dans ce schéma là, comme langue commune, mais pas comme langue unique.

"Unie dans la diversité"

Pour information à Mme Schnapper : les Bretons aussi peuvent cultiver des liens avec leurs cousins européens gallois et cornouaillais, car les trois langues sont soeurs... En voila une bonne idée pour l'avenir de l'Europe. Une Europe dont la devise n'est pas "Unie dans l'uniformité" mais "Unie dans la diversité". "Unie dans la diversité", en voila une belle devise, il serait temps qu'elle devienne aussi celle de la France.

Christian Le Meut

18/03/2009

"Seulement 35.000 personnes parlent le breton tous les jours"

An AFP deus embannet, disul paseet, ur pennad skrivet get Deborah Claude a ziar benn ar brezhoneg hag ar sondaj savet get TMO. Lodennoù/
L'Agence France Presse a diffusé dimanche 15 mars une dépêche signée Déborah Claude sur la langue bretonne et le sondage TMO. Extraits :

Hervez an AFP "La baisse du nombre de locuteurs en breton se confirme, la disparition des anciens ayant appris la langue en famille n'étant pas suffisamment compensée par l'arrivée des jeunes formés à l'école bilingue. "Nous avons perdu 80.000 locuteurs pour cause de décès et gagné seulement 9.000 nouveaux locuteurs", explique Fanch Broudic, auteur de "Parler breton au XXIe siècle", ouvrage qui rassemble et analyse les résultats de cette étude. (...).

"Globalement, 1,4% des élèves suivent une filière bilingue en Bretagne contre plus de 30% au pays basque, selon l'Office" de la Langue bretonne. (...).

200.000 bretonnants "ce n'est pas un chiffre insignifiant et le breton se parle toujours" même si c'est occasionnel, insiste de son côté Fanch Broudic. Selon le sondage TMO, seulement 35.000 personnes parlent le breton tous les jours. (...). Mais si le breton est de moins en moins parlé, les Bretons lui restent attachés: en janvier dernier, des propos d'un responsable de La Poste sur les difficultés des nouvelles machines de tri du courrier à lire les apostrophes bretonnes (Aber Wrac'h par exemple) ont suscité un véritable tollé."

04/03/2009

To bio or not to bio ?

consomaction354.jpgMe zo just e paouez lenn ul levrig anvet "La bio en question", embannet get ar gevredigezh "Bioconsom'acteurs", a vod an dud a zebr hag a implij boued ha produioù bio, organek. Kavet m'eus al levrig-se (ugent pajenn), er stal Biocoop e Lannârster, e-tal An Oriant. An dud o deus savet al levrig a zispleg reolennoù al labour douar bio en ur reskont da bemp goulenn arnugent ha perak e vez ar boued bio gwelloc'h evit an natur hag hor yec'hed. Abaoe pemzek vloaz bremañ m'eus kroget da zebriñ boued bio, hag en ober a ran muioc'h mui ken nec'het on get dazont hor flanedenn hag e welet kement-se a dud klañv.

Justawalc'h, ar sizhun paseet, er sine Le Vulcain (Zinzag Lokrist), m'eus sellet doc'h ar film anvet "Nos enfants nous accuseront". Ur film nec'hansus, nec'hus bras met ivez leun a spi, a ziskouezh penaos ur maer en deus graet e sonj kinnig muioc'h mui a voued bio e kantinenn ar gumun e lec'h ma vez alejet predoù evit bugale ar skol hag evit re gozh ar vro ivez. Ha plijout a ra d'an dud : da labourerion douar ar vro, d'ar vugale ha d'o zud, d'ar geginerion ha n'int ket mui tud a zigor bouestoù mir, met tud a vez fardet boued da vat gete, ha boued mat.

Ar film a ziskouezh ivez labourerion douar boutin, "conventionnel". Unan a lak daou brodu kimiek ha tregont war e avaloù pech; memestra ! Klañv eo, oc'hpenn da-se, en ur lakaat ar broduioù-se war ar gwez : koll a ra gwad dre e fri  ! Er c'horn-vro-se, ur bochad labourerion douar a zo klañv, ha re yaouank en o mesk. Barzh levrig "consom'acteurs" m'eus lennet penaos e vez lakaet seizh danvez kimiek arnugent war an avaloù "boutiñ", "conventionnelles"... Restachoù a vez kavet barzh ar fruezh, sur awalc'h...

Barzh a film e weler ivez skiantourion, pennoù bras tolpet e Pariz, en Unesco, evit kaozeal ag an dra-se. Evite al liamm a zo anat bremañ etre an danvezioù kimiek lakaet en douar en dour hag en aer, hag ar c'hrign-bev, an "diabet" hag ur fed all : muioc'h mui a dud n'hellont ket mui tapout bugale (an distuz : infertitilité).

Setu, evit mont pelloc'h, ul liamm get Consom'actions :

www.bioconsomacteurs.org

http://nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/bande-annonce.html

Christian Le Meut

17/02/2009

Union Européenne : aujourd'hui "la France ne serait pas acceptée"

Kit da lenn ar pezh a zispleg ur c'hannad Europa a Vro Hungaria Csaba Tabajdi (Parti socialiste européen - PSE), a ziar benn Bro Frans hag ar minorelezhioù, war lec'hienn Parliamant Europa. Hiriv an deiz Bro Frans n'hellehe ket bout degemeret barzh an Unvanniezh Europa dre ma n'he deus ket sinet na kadarnaet testennoù zo evel Karta Europa ar yezhoù rannvroel.

Un député européen hongrois, Csaba Tabajdi (Parti socialiste européen - PSE), explique, sur le site du parlement européen, à propos de la protection des minorités, que la France ne pourrait pas être intégrée dans l'Union européenne aujourd'hui car elle n'a pas signé ni ratifié certains textes comme la Charte européenne des langues minoritaires :


http://www.europarl.europa.eu/news/public/story_page/019-...

Mammenn/Source : Diwan Breizh

07/02/2009

Ul lezenn evit ar yezhoù rannvroel a zo war ar stern

Marc Le Fur, kannad UMP ag Aodoù an Arvor, eil prezidant ar Vodadeg vroadel, a zo bet aterset get ar gelaouenn "Bretons" (miz C'Hwevrer)... "Bretons", gwellout a rit ? Ar gelaouenn hep brezhoneg a-barzh : pennad skrid ebet e brezhoneg, frasenn ebet e brezhoneg, un nebeut gerioù marteze, dre zegouezh. Komzet e vez alies ag ar brezhoneg a-barzh, met e galleg. Domaj eo ha n'eo ket get kelaouennoù evel-se e yello gwelloc'h hor yezh...
Ar bloaz paseet, ar yezhoù rannvroel a oa bet anavezet barzh lezenn stur Bro Frañs (ar bonreizh). Kannaded evel Marc Le Fur hag ivez senadourien ha kannaded all a Vreizh, a-zehoù, a-gleiz hag ar c'hreizteiz (ma chom unan), o doa savet o mouezhioù evit ma vehe degemeret ar yezhoù rannvroel er bonreizh. Ar pezh a zo bet graet ha, d'ar c'houlz-se, ul lezenn a oa bet prometaet get ar gouarnamant (get Rachida Dati), evit mont pelloc'h. Marteze, e vo roet gwirioù nevez d'ar yezhoù-se er mediaioù, skolioù, er vuhez foran, ha c'hoazh. Hag argant (ma chom argant...) ?...
Hervez Marc Le Fur, ba' "Breton", al lezenn-se a vo diazezeet war ar pezh a oa bet lâret e-pad an tabut a oa bet er Vodadeg vroadel, d'ar 7 a viz Mae 2008. Ur strollad tud a zo dija e labourat war ar raktres lezenn e Ministrerezh ar Sevenadur, eme ar c'hannad. Saovet omp, neuze ! Pegoulz e vo votet al lezenn nevez ? N'ouier ket : sevel ul lezenn nevez a dap amzer, a lâr M. Le Fur. Ar pezh a zo sur, hervezan : "Le texte sera déposé et débattu en 2009". Mat-tre !
Hag, eme c'hoazh Marc Le Fur, "Ce sera aussi à la société civile de nourrir ce texte". Neuze, ma peus-c'hwi sonjoù, mennozhioù "rezonapl" (dixit M. Le Fur), skrivit d'ho senadourion, pe d'ho kannaded.
D'al labour, sitoianed !

03/02/2009

Langues régionales : un texte "déposé et débattu en 2009" selon Marc Le Fur

Marc Le Fur, député UMP des Côtes d'Armor, vice-président de l'Assemblée nationale, est interviewé dans le numéro de février de "Bretons". "Bretons", le magazine sans un article en breton dedans, ni même un phrase... Mais passons. Le député y annonce qu'une loi sur les langues régionales est en préparation et qu'"une délégation travaille sous l'autorité du ministère de la Culture" (nous sommes sauvés !). L'introduction des langues régionales dans la Constitution en 2008 "a fait tomber le tabou majeur", estime M. Le Fur, "mais ça ne suffit pas. Il faut qu'on avance et qu'on progresse". La loi promise l'année dernière par le gouvernement est donc en préparation mais le député ne promet pas son adoption en 2009 "parce qu'une loi ça met du temps". Elle devrait concerner, selon le député, "l'aspect scolaire, l'aspect domaine public notamment la signalétique, l'aspect télévision (en ne se limitant pas à la télévision publique)...". "Ce sera aussi à la société civile de nourrir ce texte" ajoute le député qui attend "des propositions crédibles, raisonnables, positives" de la part des citoyens.

Alors, citoyennes et citoyens, au boulot !

17/01/2009

Obama : troet e brezhoneg/traduit en breton !

brudnevez342.jpgUr brezegenn diwar-benn ar gouennoù bet lâret get Barack Obama d'an triwec'h a viz Meurz 2008 e Philadelphie a zo bet troet e brezhoneg hag embannet get skipailh kelaouenn Brud Nevez. Un destenn interesus eo, a ziskouezh taol spered prezidant nevez ar Stadoù Unanet, hag ul lodenn ag e istor dezhan. "Ya, bez' e hellom" a zo titl ar pennad-se. Barzh ar gelaouenn-se, n°272 nevez embannet, e kaver un rummad danevelloù (ha tresadennoù) tolpet edan an tem : "Eun devez kaoh-ki"; pennadoù skrid istorel ("Brezel daou veleg brankardier e 14-18"); pe war an natur ("Ar golvan"), pe c'hoazh war levrioù, pladennoù nevez embannet.

Un discours sur les races, prononcé par Barack Obama le 18 mars 2008 à Philadelphie, a été traduit en breton et édité par l'équipe du magazine Brud Nevez. Un texte intéressant qui montre l'état d'esprit du nouveau président des Etats-Unis, ainsi qu'une partie de son histoire personnelle. "Ya, bez' e hellom" ("Oui, nous le pouvons", "Yes, we can"), est le titre de cet article. Dans Brud Nevez n° 272, qui vient de paraître, on trouve une série de nouvelles, et de dessins, regroupés sous le thème "Un devez kaoh-ki" ("Une journée de merde"); des articles historiques ("La guerre de deux curés brancardiers en 14-18"); ou sur la nature ("Le moineau"), ou encore sur des livres ou albums de musique nouveaux.

Brud nevez, 10 ru Kemper, 29000 Brest - tél : 02.98.02.68.17.

17/12/2008

Environnement : l'argent du recyclage placé dans des paradis fiscaux !

ecoembal336.jpgLa petite pastille verte "éco-emballages", figurant sur les produits que nous achetons tous les jours ? Vous voyez ? Elle n'indique pas que le fabricant a fait un effort particulier pour le recyclage ou pour réduire sa consommation d'emballages, non, elle indique seulement qu'il a payé la taxe qui sert à financer la filière du recyclage, et encore, cela ne nous dit pas tout sur la manière dont cet argent est utilisé par l'organisme collecteur, Eco-emballages ! Celui-ci ne fait pas que contribuer à la "valorisation des emballages ménagers usagés", il contribue aussi au développement des paradis fiscaux ! Et sans que l'Etat ne voit à redire. Lisez plutôt cet article paru sur le site de Que Choisir et intitulé : "Le carnaval des hypocrites" (extraits) :

"Coup de tonnerre dans le monde du recyclage : l'organisme Éco-emballages aurait dissimulé de l'argent dans des paradis fiscaux ! Le gouvernement met l'affaire sur la place publique. Une prise de conscience bien tardive, qui passe à côté d'autres dysfonctionnements dénoncés depuis longtemps par « Que Choisir ». Le communiqué du ministère de l'Agriculture est tombé mardi 9 décembre. Éco-emballages, l'organisme chargé de financer le traitement des déchets d'emballages ménagers, aurait placé près de 60 millions d'euros dans des paradis fiscaux. Crise oblige, cette société privée chargée d'une mission de service public accuserait des pertes potentielles très élevées, car l'argent en question a été investi dans des produits à haut risque !

Dès le lendemain, le patron d'Éco-emballages est convoqué au ministère de l'Écologie. Il est contraint de démissionner le 15 décembre. Ulcérées, les collectivités locales tempêtent. Organisatrices de la collecte des ordures ménagères, ce sont elles qui doivent recevoir en dernier ressort les fonds collectés par Éco-emballages. Créé en 1992, ce dernier joue les intermédiaires entre le public et le privé. Il perçoit une redevance versée par les industriels en proportion de la masse d'emballages qu'ils mettent sur le marché, et il redistribue l'argent aux communes pour financer le ramassage et le traitement des ordures.

Contrairement à ce que croit trop souvent le consommateur, le label « Éco-emballages » n'est pas un gage de recyclage. Il signifie juste qu'un industriel a payé sa dîme. Juridiquement, Éco-emballages est une société anonyme simplifiée à but non lucratif. Ce qui amène une première interrogation. Quel besoin a-t-elle de s'orienter vers un « paradis fiscal », puisqu'en vertu de son statut, ses provisions sont exonérées d'impôt sur les sociétés et que l'organisme paye des impôts seulement sur les revenus de ses placements ?

Deuxième interrogation, d'où viennent les provisions en question ? Elles n'ont rien de mystérieux. Chaque année, Éco-emballages collecte quelque 410 millions d'euros auprès de 50 000 entreprises. Comme elles ne reversent pas tout immédiatement aux collectivités, elle a une grosse trésorerie (300 millions d'euros). Mis en demeure de s'expliquer, ces dirigeants vont valoir que 80 % de leur cagnotte est placé en produits sans risque à rendement très faible. Mais le reste, ils ont bien dû l'admettre, a été investi dans des fonds spéculatifs, « via un organisme financier de Zurich »...

Troisième interrogation : pourquoi l'État a-t-il attendu l'épreuve de la crise financière pour s'interroger sur l'efficacité du « machin » ? « Que Choisir » l'a déjà souligné bien au-delà de ses choix de placement discutables, le mode de fonctionnement d'Éco-emballages appelle à une révision sérieuse sur le fond. L'organisme permet aux industriels de s'affranchir largement de leurs obligations. Ils financent 43,4 % seulement du recyclage, le reste étant à la charge des communes. Celles-ci s'en plaignent depuis des années, notamment par la voix de l'association Amorce, leur instance de lobby en la matière, tout comme le Cercle national du recyclage, dont l'UFC-Que Choisir est adhérente. (...).

Erwan Seznec avec Elisa Oudin

http://www.quechoisir.org/Article.jsp?id=Ressources:Artic...

08/12/2008

Le Clézio : en 2004 il signait pour la langue bretonne

Le Monde (extrait du 15 mai 2004) : "Une pétition pour "le sauvetage de la langue bretonne"

"Une centaine de personnalités venues d'horizons divers viennent d'adresser à Jean-Pierre Raffarin "une p étition pour le sauvetage de la
langue bretonne", à l'initiative d'un professeur d'histoire-géographie de Rennes, Caroline Ollivro. Les signataires, parmi lesquels les écrivains Irène Frain, Jean-Marie Le Clézio, Erik Orsenna, de nombreux universitaires dont le paléontologue Yves Coppens, l'historienne Mona Ozouf-Sohier, l'économiste Jean-Claude Casanova, le sociologue Michel Wievorka ainsi qu'Yves Thibault de Silguy, ancien commissaire européen et ancien membre du cabinet d'Edouard Balladur à l'hôtel Matignon, les artistes Manu Chao, Gilles Servat et Alan Stivell, d énoncent des "freins" à l'enseignement du breton, qui menaceraient la survie de cette langue.


Ils s'élèvent ainsi contre "le refus fréquent d'ouverture des classes bilingues, les freins à la diffusion du breton dans l'audiovisuel, la
fragilisation des écoles Diwan, la suppression des filières optionnelles d'enseignement en breton dans de nombreux établissements, etc.".
La langue bretonne, soulignent ces personnalités, est "un élément fondamental de la culture, une langue qui participe à la richesse de la
culture en France et en Europe, un élément clé pour l'avenir de la Bretagne et notamment pour sa reconnaissance internationale, un outil
pour le développement économique, une façon de voir le monde qu'il convient d'encourager". Les signataires s'engagent pour que
l'enseignement de la langue ne soit "pas laminé mais bel et bien promu et renforcé aux plans institutionnels, médiatique et éducatif" .
(...).

29/11/2008

Langues régionales : courriel à Mme Carrère d'Encausse

Chaque année le secrétaire perpétuel de l'Académie française fait un discours sur l'état de la langue française. Mme Carrère d'Encausse a prononcé ce discours le 27 novembre et elle y évoque notamment la place des langues régionales en France et le débat sur leur  introduction dans la Constitution, lors duquel la vénérable institution crût opportun d'intervenir. Le discours est assez long mais vous pouvez aller le lire sur le site de l'Académie (lien en fin de note); en voici un extrait ainsi que le texte d'un courriel que j'ai envoyé au secrétaire de la Secrétaire perpétuel. Je publierai une réponse éventuelle, evel rezon !

Extrait du discours de Mme Carrère d'Encausse :
"Les dialectes et patois que le progrès technique et celui des institutions ont progressivement écartés de la vie sociale appartiennent sans aucun doute à notre patrimoine national. Et aucune institution ne le pense plus que l’Académie française, attachée à toutes les formes d’expression, et qui souhaite ardemment la préservation de ces parlers, part infiniment précieuse de notre vie commune. L’identité française peut se penser et se dire en plusieurs langues, cela est incontestable, car la France est le pays de la diversité des hommes et de la culture. Mais cette diversité reconnue n’implique pas de juger ou d’administrer en plusieurs langues, car cela relève d’une autre logique, celle de l’État, celle de la sphère publique qui est celle de l’unité. Défense de la diversité des cultures, garantie de l’unité de l’État et de ses institutions, ces deux exigences qui ont jalonné l’histoire de France suggèrent la voie à suivre aujourd’hui dans une paix des esprits retrouvée. Ratifier la Charte européenne ouvrirait la voie à d’innombrables conflits et serait vain. Mais il est bon de consolider par la loi les acquis récents – la place faite aux langues régionales dans le système éducatif ; la garantie de multiples usages qui relèvent du respect de traditions bien ancrées dans les régions. La toponymie en offre un bel exemple ; dans la plupart des régions de France, les noms des lieux sont indiqués en français et en basque, en breton, en corse…
Les querelles de langues sont en réalité dépassées. Car le problème auquel nous sommes confrontés désormais n’est plus de savoir ce qui l’emportera en France, du français ou des langues régionales, mais comment le français, enrichi dans la profondeur des consciences du patrimoine des langues régionales, va pouvoir se frayer un chemin dans un monde totalement ouvert et multilingue."

Ha setu ma lizher din-me, kaset dre mail/Et voici mon courriel :

"Bonjour
Je viens de lire le discours de Mme Carrère d'Encausse sur l'état de la langue française. A lire ce qu'elle écrit, je suis un peu surpris. Est-elle bien informée sur la charte européenne des langues minoritaires et les articles que le gouvernement Jospin a signé à l'époque ? Aucun ne prévoit que les langues régionales servent à la justice ou à l'administration ! Il y est question de soutien aux médias, à l'enseignement, en langues régionales.
Sur les 80 (environ) articles proposés par la charte certains prévoient que des langues régionales peuvent servir à l'administration, à la justice notamment pour les populations qui parlent uniquement leur propre langue, et pas celle de l'Etat qui les administre, quoi de plus normal? Mais le gouvernement de la République française n'a pas signé ces articles là.
La ratification de la charte européenne des langues minoritaires et un faux épouvantail que les vrais opposants au maintien d'un plurilinguisme en France agitent, avec un certain succès d'ailleurs puisque même l'Académie s'y laisse prendre.
Je ne suis pas en désaccord avec tout ce que dit Mme Carrère d'Encausse mais présenter le recul des langues régionales comme le seul fruit d'évolutions techniques et institutionnelles me parait largement inexact. Il y a eu une véritable répression linguistique sur des générations de Bretons (par exemple), qui n'ont pas abandonné leur langue maternelle par simple "évolution" mais sous la contrainte. Aujourd'hui, la convention internationale des droits de l'enfant reconnaît à chaque enfant le droit d'être éduqué dans sa langue maternelle. La France, elle, a refusé cela  à des générations de Français pour leur imposer une seule langue. La langue française aurait pu être introduite sans que l'on élimine les autres. Le choix aurait pu être fait d'une éducation bilingue (dont on loue aujourd'hui les bénéfices). Au lieu de cela, on a coupé des générations de leurs langues maternelles, de leurs langues régionales, on a gommé la richesse de ces langues, leur histoire, leur littérature. On les appelle "patois", "dialectes" "idiomes"... Heureusement, en 2008, le Parlement les rétablit dans leur véritable statut : des langues. Mais que de traumatismes, que d'erreurs, que de gâchis. Que de mépris !
Et que dirait l'Académie française si un Etat agissait ainsi à l'égard de populations francophones ?
J'espère de Mme le secrétaire perpétuel, une réponse à ce courriel.

Get ma gwellan sonjoù
Avec mes respecteuses salutations"

Christian Le Meut

http://www.academie-francaise.fr/immortels/discours_SPA/c...

États généraux de la presse écrite : les masques tombent

Communiqué du Syndicat national des journalistes :

"Le pouvoir politique vient de rappeler aux présidents des quatre pôles que les travaux des Etats généraux de la presse écrite doivent être bouclés pour la mi-décembre. Et pour cause : Noël approche et les patrons de presse piaffent de plus en plus devant la cheminée où ils ont déposé leurs gros sabots. Plusieurs cadeaux leur sont en effet promis, parmi lesquels :

·     La remise en cause des droits d’auteur des journalistes. C’est, semble-t-il, ce qu’ils attendent le plus. Contrairement à ce que le discours élyséen laissait entendre, ce n’est pas la partie pécuniaire de ces droits qui chagrine le plus les patrons. Les meilleurs accords droits d’auteur actuellement signés portent sur une rémunération de quelques centaines d’euros par journaliste et… par an ! Le véritable enjeu se situe au niveau du droit moral des journalistes auteurs. Celui-là même qui empêche encore les patrons des groupes issus des concentrations de réduire de façon drastique le nombre de journalistes présents sur le terrain, en réutilisant et en revendant leurs œuvres sans limite. La remise en cause des droits d’auteur des journalistes s’annonce avant tout destructrice d’emplois et va à l’encontre d’une information pluraliste et de qualité. C’est une porte ouverte sur la parole unique, la pensée unique. C’est un enjeu qui relève de la démocratie.

·     L’abolition de la plupart des « contraintes » que leur impose encore le statut des journalistes. Que ce soit la clause de conscience, la cause de cession, les prérogatives de la commission arbitrale, ou les réserves de la convention collective qui empêchent de transformer les journalistes en bêtes de somme multimédia, adaptables, taillables et corvéables à merci. A l’inverse, pas question de parler de la reconnaissance des équipes rédactionnelles, proposée par le SNJ en 2006, et reprise depuis par la plupart des organisations syndicales et associations de journalistes : l’idée même a été unanimement rejetée par l’ensemble des patrons siégeant dans l’un des groupes, qui estiment que la ligne éditoriale et la nomination des responsables des rédactions relève de leur droit divin.

·     La multiplication des aides à la presse (aides directes, exonérations fiscales, TVA réduite), pour faire financer par le contribuable les investissements des entreprises, notamment dans le multimédia. Le traitement de la crise par un chèque aux patrons, on connaît déjà !

·     L’assouplissement des lois anticoncentrations, même si les débats au sein des Etats généraux ont montré que, finalement, ces lois n’avaient jamais empêché et n’empêchent toujours pas grand-chose. Le SNJ est bien placé pour le savoir, lui qui a, par le passé, lutté pendant des années – en vain – contre la constitution de l’empire de Robert Hersant dans le mépris le plus total des ordonnances de 1944. Comme il n’a cessé de dénoncer, beaucoup plus récemment, les nouvelles concentrations ayant chamboulé le paysage de la presse régionale. Mais la promesse sarkozienne est là. Et elle pourrait s’attacher, malgré le constat des commissions, à satisfaire l’ambition de certains amis du président qui aimeraient cumuler une majorité de parts dans des quotidiens et des chaînes de télé et radios nationales, plutôt que revenir à une presse pluraliste qui offrirait au citoyen le choix de ses sources d’information.

La liste n’est pas exhaustive et s’il y a aussi peu de représentants des salariés acceptés à la table des Etats généraux, c’est peut-être aussi parce que le nombre des lettres patronales au Père Noël élyséen et la teneur de certaines commencent à friser l’indécence. Raison de plus pour que le SNJ reste aux Etats généraux, y fasse entendre la voix de la profession et témoigne devant elle.

Sûrs d’eux et de la régression sociale qu’ils comptent obtenir, bien des patrons entretiennent un esprit de lutte des classes aux Etats généraux de la presse comme au sein même de leur entreprise. Le SNJ les met en garde : ils portent déjà la responsabilité d’une certaine démotivation qui envahit les rédactions et nuit à la qualité des contenus. Comme ils porteront la responsabilité du désordre social qui en résultera inévitablement si, au lieu d’améliorer le contenu des médias et l’image des entreprises de presse, les décisions prises à l’issue des Etats généraux les éloignaient un peu plus de leur mission d’informer et les décrédibilisaient davantage aux yeux de l’opinion.


Paris, le 28 novembre 2008"