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02/07/2005

L'appel du 23 juin 1940

Le 23 juin 1940, soit cinq jours après l’appel lancé par le général de Gaulle sur Radio Londres, ce même appel fut traduit en breton et lancé sur les ondes de cette même radio par André Guillois, un Breton ayant rallié les Forces Françaises Libres. En juin 1940 une grande partie de ces forces étaient constitués de Bretons, soit des militaires de la marine nationale soit des civils comme ces 133 marins de l’île de Sein ayant rallié le Royaume-uni par leurs propres moyens.
Beaucoup de critiques sont adressées aux bretonnants, encore aujourd’hui, à cause de l’attitude de militants d’organisations de la cause bretonne qui, pendant la dernière guerre mondiale, ont travaillé avec les nazis, voire combattu à leurs côtés. Mais combien de Bretons, et de bretonnants ont combattu contre les nazis ? Dans combien de maquis de Basse Bretagne parlait-on le breton plutôt que le français ? Beaucoup, je pense, étant donné que le breton y était à cette époque la langue quotidienne de la plupart des gens...
Et dans le reste de la France, combien de gens ont travaillé avec les nazis, voire combattu avec eux ? Cela fait-il du français une langue paria ? Cela fait-il des personnes qui militent pour la langue française des “collabos” à stigmatiser pendant des siècles et des siècles ?
Hitler parlait allemand. Pétain, français. Franco, espagnol. Staline, russe, Pol Pot, khmer. Mao, chinois.... Serait-il juste, équitable, respectueux, de traiter ces langues de langues fascistes pour autant ? De langues dangereuses pour la démocratie ? De langues arriêrées ? De langues qu’il faudrait laisser mourir plutôt que d’être soutenues comme elles ont le droit de l’être au regard du droit international ?
Le breton est une langue parlée depuis des siècles, voire des millénaires, dans ses formes anciennes. Cette langue et la population qui la parlait et la parle ont forgé une culture orale et écrite. Des millions de personnes ont partagé les mots de la vie quotidienne en breton. Certes, il est possible d’employer cette langue pour exprimer des idées fascistes ou attiser la haine. Il est aussi possible de parler d’amour (karantez) et de paix (peoc’h) en breton, ou de résister au nazisme, comme l’a fait le bretonnant Charles Guillois le 23 juin 1940 sur les ondes de radios Londres en lançant la version bretonne de l’appel du général de Gaulle.

Christian Le Meut
Sources : la revue Ar Falz, numéro 86, d’après un article de Ouest-France de 1990.

Note : sur la seconde guerre mondiale, je recommande la lecture de "Déposition, journal 1940-1944", de Léon Werth, écrivain et journaliste d'origine juive, qui tint son journal pendant toute l'occupation alors qu'il devait se cacher. Profondément hostile au régime de Vichy, il montre l'évolution des mentalités et comment les gens, et lui même, étaient informés. Dès 1943 il mentionne Auschwitz sans avoir, cependant, conscience de l'ampleur du génocide. Ed. Viviane Hamy, 1992, 734 pages.

21/06/2005

France Troisième dimension

Il y a peu une équipe de France 3 est venue filmer la troupe de théâtre dont je fais partie. Nous avons monté un western en breton. Le but du reportage était de dresser l’état du breton vannetais (le dialecte breton parlé dans l’ouest du Morbihan) et donc de filmer une activité dans cette langue. Six personnes ont investi notre salle de répétition vite transformée en studio. Nous n’avons joué que le tout début de la pièce, filmé sous toutes les coutures. N’étant pas dans cette scène, j’ai pu observer le travail minutieux du réalisateur et de son équipe pour assurer la meilleure image et le meilleur son possibles.
Mais c’est ensuite que les choses se sont un peu gâtées. Le réalisateur voulait interviewer deux acteurs, ce qui fut fait. Mais lui ne parlait pas le breton, ni ne le comprenait. Et voici mes deux collègues obligés de répondre en breton à des questions posées en français, tout en n’étant pas compris de leur intervieweur car les réponses n’étaient pas traduites en français. Une personne parlant breton faisait partie de l’équipe de France 3, une sur six, mais pas pour traduire ni interviewer. Juste pour contrôler que le contenu des réponses correspondait à celui des questions... Voici donc un nouveau métier pour les brittophones : contrôleur de réponses en breton !

Interviewer quelqu'un sans comprendre ses réponses...
Mais comment interviewer quelqu’un sans comprendre ses réponses ? On ne peut pas aller bien loin dans le sujet abordé, on ne peut pas approfondir les choses. Par contre on peut poser des questions auxquelles il a déjà été répondu, ce qui a été le cas. On peut mal se comprendre entre interviewer et interviewés, ce qui fut le cas...
Et moi, dans mon coin, sous mon chapeau de cow-boy, j’étais un peu navré et révolté de la scène à laquelle j’assistais. Comment peut-on interviewer des gens sans comprendre les réponses ni les faire traduire ? Une personne de France 3 aurait pu mener l’interview puisqu’elle parlait breton, mais non, elle était là uniquement pour contrôler les réponses... Je me suis demandé si je ne rêvais pas, mais un mauvais rêve. Non, j’étais bien dans la réalité, mais dans une troisième dimension. Une France troisième dimension. Le contenu des réponses ? On se le fera traduire plus tard... Apprendre le breton ? On verra plus tard... La plupart des journalistes de France 3 qui travaillent pour les émissions en langue bretonne, parlent breton, c’est quand même plus pratique pour interviewer des bretonnants ! Mais pas tous...

J’ai eu cette impression bizarre d’être comme dans un zoo où l’on vient filmer des bretonnants sans se donner les moyens de les comprendre...


Qu’un réalisateur viennent faire un reportage sur la langue bretonne sans la parler, cela arrive... Il peut venir de Rennes, Paris, Londres, Pékin ou Montréal, ne pas parler breton et travailler avec des bretonnants. Mais ne pas comprendre les réponses et ne pas se les faire traduire... C’est possible ça ? C’est respectueux des personnes que l’on interviewe ? C’est se donner les moyens d’aller au fond des choses ? Ce soir-là, l’intervieweur avait devant lui deux instituteurs bilingues et qui ont transmis, ou transmettent, le breton à leurs propres enfants. Des parents qui parlent donc breton à la maison. Il y avait matière à discussion pour un reportage sur l’état et l’avenir du breton vannetais, mais cette matière là a échappé à l’intervieweur...
“France 3 Bretagne travaille souvent comme cela” m’a-t-on dit.
Pas trop souvent, j’espère...


Des formations à la langue bretonne, mais pour quel débouché ?
Depuis 35 ans Diwan et les écoles bilingues ont enseigné le breton à des milliers d’enfants. Certains sont désormais sur le marché du travail. Trouvent-ils du travail en breton ? Du côté de l’enseignement, certes, mais en dehors, il n’y a pas grand chose... Des filières se développent également pour former des adultes à la langue bretonne, langue présentée comme un atout pour trouver du travail. Ces filières sont financées par le Conseil régional, par exemple, et par l’Assedic en ce qui concerne les chômeurs... Personnellement j’ai passé six mois de ma vie à apprendre le breton avec l’organisme Stumdi, à Ploemeur, en 2001-2002. Ce fut un bon moment, studieux mais surtout enrichissant et très plaisant. J’ai appris le breton par motivation personnelle, pas forcément pour trouver du travail mais, au sortir de la formation, j’ai quand même cherché du travail en breton. Je n’en ai pas trouvé. J’en ai trouvé en français, et je constate tous les jours que c’est un atout de parler et d’écrire le breton quand on est journaliste en Basse-Bretagne...

Mais quand je vois que certains des reportages en breton produits par France 3, consacrés à l’état et à l’avenir de la langue bretonne, sont réalisés par des gens qui ne parlent quasiment pas un mot de breton, je comprends mieux pourquoi je n’ai pas trouvé de travail dans cette langue au sortir de ma formation.
Et je me demande si l’on ne se moquerait pas un peu des bretonnants.
Christian Le Meut

Une partie de ce texte a été reprise en courrier des lecteurs dans Le peuple breton de septembre 2005. 

Frans 3 : ur bed all ?

C’hoari a ran barzh ur strollad c’hoariva ha, n’eus ket pell-zo, omp bet filmet get ur skipailh skinwell Frans 3 deuet da sevel ur reportaj. Ne oa ket ur reportaj berr, ur vunutenn pe div, el ma vez skignet bemdez war Frans 3 “Iroise” (skignet nemet e Breizh Isel). Nann, ur reportaj bras a ziout stad ha dazont ar brezhoneg gwenedeg. Hag ar re se a faote dezhe filmañ tud eldomp-ni, gwenedourion, ec’h ober traoù e gwenedeg. C’hwec’h den a Frans 3 oa deuet d’hor filmañ. C’hoariet oa al leurenn gentañ, filmet a beb tu. Ne c’hoarian ket-me ‘barzh al leurenn-se ha paseet m’boa ma amzer e sellet doc’h tud ar skinwell e labourat. Hag ur sapre labour eo, ober war dro kalite ar son, ar gouloù, ar skeudennoù, me lâr deoc’h.

Met goude-se, aet oa ar soubenn da drenkiñ. Daou aktour oa bet aterset get ar savour film... Ya, met ar paotr-se ne gomz ket brezhoneg anezhan... Goulennet oa an traoù e galleg, ha d’an aktourion da reskond e brezhoneg. Ar pezh ne oa ket aes dija... Met ar savour film ne gomprene ket ar reskontoù ! Ur brezhonegour oa getan, met just evit selaoù ar reskontoù, da ouiet ma glote ar goulennoù get ar reskontoù, met hep treiñ e galleg... Souezhus oa. Penaos atersiñ an den hep kompren e reskontoù ? Hag hep bout troet ar reskontoù e galleg ? Ur c’hazetenner n’hella ket monet pell ma ne gomprena ket ar pezh ‘vez reskontet dezhan. Neuze, traoù zo, zo bet goulennet div wezh, traoù all n’int ket bet komprenet, pe a dreuz, ha n’eo ket aet pell an traoù... An daou aktour zo ivez tud a labour e brezhoneg (mistri-skol) hag unan a zesav he bugale e gwenedeg. Interesus oa evit ur reportaj war stad ha dazont ar gwenedeg met n’eo ket aet ken pell an traoù...


Reskont hep bout komprenet
“Mod-se ‘vez labouret alies get Frans 3”, deus displeget din tud-zo, a-c’houde... Bizkoazh kement all ! Kazetennerion F3 a labour evit an abadennoù brezhoneg a gomz brezhoneg evit al lodenn vrasan anezhe... Eurusamant, ha penaos labourat, mod all ? Met pas razh ! Souezhus eo. Evel kazetenner, n’hellan ket kompren an doare-se da labourat : abadennoù brezhoneg hir savet get tud ne gomzont ket brezhoneg nemet unan, gobret da selaoù ar reskontoù ! Setu ur vicher nevez evit ar brezhonegerion : selaour reskontoù, pe kontrolour reskontoù e brezhoneg. Tud a-vicher a gomz brezhoneg a-feson, hag a c’hellehe atersiñ ar vrezhonegerion, met ne reont ket kar ar savour film a gav gwelloc’h gober an atersadennoù e-unan hep kompren ar reskontoù... War peseurt planedenn eh omp ?
N’eo ket an doare da respetiñ an dud a reskont, nag ar yezh.

Tu zo d’ober ur reportaj a ziout ur yezh ne gomzer ket met ret eo deoc’h kavout jubennourion evit bout troet an traoù gete. Lâret eo bet din : “N’hellec’h ket barnin araok bout gwellet ar reportaj”... N’on ket a-du, ne varnan ket ur reportaj m’eus ket gwellet c’hoazh anezhan, met me c’hell barniñ an doare-se da labourat. N’eo ket doujus... Hag efedus...?


Stummadur e brezhoneg  met labour ebed...
A-c’houde tost da dregont vloaz breman, skolioù divyezheg a zo bet digoret. Ur bern tud yaouank a gomz brezhoneg a-feson, hag a glask labour e brezhoneg. Tud all, kozhoc’h, a zesk brezhoneg ivez. Paseet m’eus-me c’hwec’h miz e teskiñ brezhoneg, e Planwour, get ur stal anvet Stumdi, er bleadoù 2001-2002. Bourrapl oa bet. Paet an traoù get an Assedik ha rannvro Breizh. Me faote din deskiñ brezhoneg a-c’houde pell; kavout labour e brezhoneg ne oa ket ma fall kentañ met bon, goude bout desket m’boa klasket memestra; ha m’boa ket kavet. Me laboura e galleg neuze, ha bemdez e wellan pegen pouezus eo gouiet un tammig brezhoneg evit ur c’hazetenner a laboura e Breizh...
Labour a ran e brezhoneg met a youl vat, evit Radio bro Gwened, ha kazetennoù-zo. Bourrapl eo, netra da lâret. Met bizkoazh n’on ket bet paet evit ul labour m’eus graet e brezhoneg evel kazetennour, betek bremañ. Aliez ma frejoù n’int ket paet ivez. Paour eo bed ar brezhoneg...

Met bremañ e komprenan gwelloc’h perak m’boa ket kavet labour e brezhoneg tri bloaz-zo. N’eus ket kalz a dra e brezhoneg war ar skinwell publik hag, oc’hpenn-se, ul lodenn ag an abadennoù e brezhoneg vez graet get kazetennerion ne gomzont brezhoneg anezhe... Penaos buhez !
Christian Le Meut

Embannet eo bet ul lodenn ag an destenn se e galleg barzh Pobl Vreizh a viz Gwenholon 2005.

14/06/2005

Vive le Maroc et les chapeaux bretons !

Voici quelques nouvelles du monde pêchées ici où là, et la première information vient de l’hebdomadaire Courrier International qui a relevé, dans la presse belge, la grande colère d’une habitante à qui Belgacom, l’équivalent de France Télécom, a attribué un nouveau numéro de téléphone. Tout va bien jusque là, mais ce nouveau numéro était celui, précédemment, de Marc Dutroux, le criminel emprisonné pour avoir tué deux fillettes et deux jeunes filles...
Dans la série nous vivons dans un monde formidable, cette autre information parue également dans Courrier International. A Lodz, ville de Pologne, douze personnes ont été blessées, début janvier, le premier jour des soldes. Un grand magasin avait décidé d’ouvrir à minuit et 3.000 personnes, pas moins, étaient venues attendre devant les portes pour être les premières. Les coups ont volé, des clients sont tombés et ont été piétinés, le magasin a été à moitié ravagé par la foule. Il a fallu faire appel à 150 policiers qui ont mis tout le monde dehors ! Vive les soldes !
Vive le Maroc aussi, mais cette fois pour de vrai. Le parlement marocain a voté à l’unanimité une loi pour changer le statut de la femme. La polygamie est désormais interdite et la nouvelle loi stipule que chaque famille est dirigée à égalité de droit, par le mari et par l’épouse. Les maris ne peuvent plus répudier leurs épouses de leur propre initiative, ils doivent passer devant un juge et l’épouse elle-même peut demander le divorce...
Continuons notre tour du monde du côté de l’Inde où, signale Le Monde, 80% des habitants n’ont pas l’électricité à la maison et 20% n’ont pas d’eau potable à boire...
Mais la fin de ce tour du monde se passe en Bretagne, à Douarnenez. La revue Ar Men (n°137, p. 58) signale des incidents survenus lors du festival international du film minoritaire, durant l’été 2003. Ce festival traite des cinémas issus de cultures minoritaires, sans Etats, comme les Kurdes (ou les Bretons). Mais, cette année, des personnes ont manifesté leur mécontentement lorsque, lors de débats par exemple, des questions ont été posées en langue... bretonne ! Une vingtaine de personnes ont même, un jour, quitté la salle, pour protester contre le fait qu’une question avait été posée en breton, pourtant traduite en français par les animateurs du débat. Les organisateurs ont, semble-t-il, remis les pendules à l’heure mais voir ce genre de comportement lors d’un festival du film “minoritaire” est un comble ! Sans doute est-il plus facile, pour certains citoyens français, d’être solidaires des Kurdes des Tibétains, des Kabyles, des Amérindiens, que des Bretons...
Alors, vive les Bretons quand ils ont des chapeaux ronds, mais pas quand ils parlent breton ?
Christian Le Meut (2004)

13/06/2005

Bewet Bro Maroko !

Doereieù berr ag ar bed a beizh : kounnaret bras eo ur vaouez e bro Belgia. Roet e bet dezhi get Belgacom (ar stal a zo evel Frans Telekom aman), un niverenn pellgomz nevez... Ha neuze ? An niverenn-se oa hani kozh Marc Dutroux, an torfetour bras toulbac’het evit bout pallforset, jahinet ha lazhet getan div verc’h yaouank ha div vaouez... Bewet Belgacom !
E Lodz, ur ger bras e Bro Pologn, daouzek zen a zo bet gloazet an deiz gentan ar soldoù, e miz Genver 2004 ! Ur stal bras anvet Media Mark oa bet digoret da nozh ha 3.000 den oa aet dirazan evit bout ar re gentan... Bec’h zo bet, taolioù dorn, ostizion a zo kouezhet hag ostizion all da gerzhet warne ! Benn ar fin, 150 poliser ‘zo deuet evit lakaat er maez razh an oztision ! Bewet ar soldoù !
Bewet ivez, met da vat ar wezh man, da Bro Maroko e lec’h ma zo bet savet lezennoù nevez evit ar maouezed. Razh ar gannadoù o deus votet lezennoù nevez evit lâvared eman bep familh renet get daou zen : ar gwaz hag ar wreg. Ne vo ket mui posupl evit ur gwaz kaout meur a vaouez. Ne c’hello ket mui ar wazed skarzhiñ o maouezed o unan, ret e vo dezhe goulenn an dra-se get ur barnour... Gwelloc’h gwellan : droad o deus breman ar merc’hed da c’houlenn get ur barner d’en em zisparti ag o gwazed. Bevet Bro Maroko !
Ne larin ket an dra-se da Bro India : du-hont, 20 % ag ar poblans n’o deus ket dour prop da evañ, ha 80% n’o deus ket tredan er ger, hervez ar gazetenn Le Monde.
Ha bewet Breizh, d’ho sonj ? N’eo ket sur evit tud zo... Bec’h zo bet e pad gouelioù ar filmoù etrebroadel e Douarnenez, an hanv 2003 (Ar men n°137, p.58). Kinniget e vez er festival-se filmoù savet get tud a vroioù pe sevenedarioù er bed a-bezh hep stad anezhe, evel ar Gurded, ar Vretoned, ha c’hoazh. Met tud ‘zo, zo bet kounnaret e klewet tud all komz brezhoneg e-pad arvestoù ha tabutoù. Ur wezh, un ugentad a zen a zo aet kuit ag ur sall evit en em sevel a enep ar re e oa e komz brezhoneg ! Troet oa e galleg, ar pezh lâret e brezhoneg, evel rezon, met ne verne ket evit ar vanifestourioñ. Ne faote ket dezhe klevout ur ger brezhoneg daoust ma oa ar re-se deuet e Breizh, ha da welled filmoù war pobloù hag sevenadurioù hep stadoù : a dreuz tout !
Ha bewet Breizh memestra !
Christian Le Meut

25/05/2005

Pemp ya ! Cinq oui !

Cinq raisons de voter oui à la constitution / Pemp abeg evit votiñ YA d'ar Vonreizh
proposées par l'Union démocratique bretonne de Brest / kinniget get Unvaniezh demokratel Breizh (UDB) a Vrest

"1. Une Europe plus efficace. Un Europa efedusoc'h.
L'Europe à 25 ne peut pas fonctionner correctement avec les règles actuelles issues du traité de Nice. La constitution crée des mécanismes qui augmentent l'efficacité de l'Union: extension des domaines de vote à la majorité qualifiée empêchant le veto d'un seul état, clarification et simplification des actes de l'union, passage à deux ans et demi de la durée de la présidence du Conseil européen ?

Pa 'z eus bet bodet 25 bro enni, ne c'hell ket Europa taliñ outi dre ober gant al lezennoù degaset hiziv gant feur-emglev Nice. Pourchas a raio ar Vonreizh binviji a zegaso muioc'h a nerzh d'an Unaniezh: kresk an tachennoù a vo implijet evito dibab ar muiañ niver, ar pezh a viro ouzh stadoù d'ober gant o gwir enebiñ hep soursial ouzh ali ar re-all, un doare eeunoc'h hag aesoc'h da gompren evit reiñ tu d'an Unaniezh da lakaat he divizoù da dalvezout, ur badelezh lakaet da zaou vloaz hanter evit karg prezidant Kuzul Europa...

2. Une Europe plus démocratique Un Europa demokrateloc'h
La constitution garantit plus de démocratie: extension des pouvoirs du parlement européen, meilleur encadrement des pouvoirs de la commission européenne, inclusion de la charte des droits fondamentaux, création d'un droit d'initiative populaire ?

Degas a raio ar Vonreizh muioc'h a vuhez demokratel: kresk galloudoù Parlamant Europa, ur framm gwelloc'h evit Komision Europa, karta ar gwirioù-diazez lakaet enni, ur gwir roet d'ar boblañs da gemerout perzh er jeu...

3. Une Europe plus sociale. Un Europa sokialoc'h
Avec la constitution, l'Europe devient plus sociale puisqu'elle introduit des objectifs sociaux, des droits sociaux, une clause sociale transversale et une base pour les services publics (appelés par la constitution services économiques d'intérêt général).

Gant ar Vonreizh e teuio Europa da vezañ sokialoc'h rak menegiñ a ra palioù sokial, gwirioù sokial, un diviz sokial astennet war meur a dachenn hag un diazez evit ar servijoù foran (a vez graet anezho er Vonreizh servijoù ekonomikel evit interest an holl)...

4. La naissance d'une union politique. Krouidigezh un unaniezh politikel
Jusqu'à présent, l'Europe ? du traité de Rome au traité de Maastricht ? était uniquement un espace économique. Avec la constitution naît une union politique constituée d'Etats et de Peuples où les citoyennetés se mélangent. Une nouvelle souveraineté est en germe, appelée à remplacer progressivement la vieille souveraineté de l'Etat - nation issue du Moyen-âge. A la différence des Etats qui la composent, pris individuellement , cette union politique pourra faire le poids face aux autres puissances économiques, actuelles et futures (USA, Chine, Inde ?) en proposant de manière crédible une alternative plus respectueuse des individus et de l'environnement à la mondialisation ultra - libérale actuelle.

Betek-henn, ne oa Europa -hini feurioù-emglevioù Roma ha Maastricht- nemet un takad ekonomikel. Gant ar Vonreizh e vo frammet un unaniezh politikel a yelo d'ober anezhi stadoù ha pobloù ha lec'h ma vo mesket ar c'heodederezhioù. Ur veli mod nevez a zo oc'h en em stummañ, graet evit kemerout plas tamm-ha-tamm beli ar stadoù-broadoù savet e-kerz ar grennamzer. Er c'hontrol eus ar stadoù a ya d'ober anezhi pa rank ar re-se taliñ outi o-unan, e vo an unaniezh politikel-se evit dastum nerzhioù par da re ar galloudoù a-vremañ pe da zont (Stadoù Unanet Amerika, Sina, India) en ur ginnig en un doare kendrec'hus ur vuhez stroll etrebroadel doujusoc'h e-keñver an dud hag an endro eget bedeladur an tu frankizour pellañ a glask ober al lezenn hiziv an deiz.

5. L'Europe de la diversité. Europa Liesseurt.
L'Europe reconnaît la diversité culturelle et linguistique. Les Bretons contraints de se battre pour préserver leurs langues et leur culture dans un Hexagone jacobin et centralisateur, ne peuvent que s'en réjouir. L'avancement de l'intégration européenne isolera peu à peu la France dans la non-reconnaissance de sa propre diversité, l'obligera à évoluer et à donner plus de pouvoirs aux régions qui la composent à l'instar des autres pays d'Europe.

Anzav a ra Europa ez eus meur a sevenadur ha meur a yezh enni hag e tleer kaout doujañs outo. Ur chañs eo evit ar Vretoned a rank stourm evit difenn o yezhoù hag o sevenadur dezho en ur c'hwec'hkogn jakobin ha kreizennelour. Seul belloc'h ez aio Europa war an hent-se, seul vuioc'h e vo lakaet Frañs en distro pa gendalc'ho da nac'hañ anzav al liested a zo enni, ar pezh a vroudo anezhi da cheñch he mod da soursial ouzh kudennoù an dachenn-se ha da reiñ muioc'h a nerzhioù politikel d'ar rannvroioù a ya d'hec'h ober evel ma vez graet e broioù all Europa.

Enfin, n'oublions pas qu'une constitution est seulement un cadre pour l'action. Les politiques menées dépendront des majorités que les Européens auront élues au parlement de Strasbourg.

Evit echuiñ eo arabat deomp disoñjal n'eo ar Vonreizh nemet ur framm evit lakaat divizoù da dalvezout. Dibaboù dazont Europa e vo ar re difennet gant ar muiañ niver eus ar gannaded kaset gant an Europeaned da Parlamant Strasbourg."

UDB-Brest - Tél/Fax : 02 98 07 01 32.

25/04/2005

Chwezh santel Franck Michael

Tud zo, a zo kourajus memestra. Ur mignon din, Denis (ne lariñ e anv familh kar faota dezhan chom kuzhet evel razh an harozed), ‘neus graet ur dra kourajus bras. N’ouion ket mard e c’hellehen-me ober ar pezh eh on o vont da gontañ deoc’h.
Ur c’hanour brudet zo deuet e Lannârster : Franck Mickael. Franck Michael : n’anavezit ket ? Ur paotr, war dro hanter c’hant vloaz, n’eus gwerzhet pemzeg million pladenn abaoe urgent vloaz, memestra. Pemzeg million pladenn ! Ya, Frank Michael an hini eo... Sonenoù a garantez a vez kanet getan. Traoù dister skrivet get tud evel Didier Barbelivien. Ne vez ket gwellet kalz Franck Michael war ar skinwell, war an tele, nemet ur wezh an amzer get Paskal Sevran. Perak ? Marteze, a gaos ema Franck Michael daet da vout brudet bras hep tremen dre ar skinwell, ha traoù sort-se ne blij ket da dud en tele, noarvat... Sonenoù Frank Mikael a zo, neoazh, ken sot evel ar pezh e vez klevet bemdez barzh an tele, get ar “Starak”, ha c’hoazh... Met mod se ema : n’eo ket Franck Michael doc’h ar c’hiz, sanset, hervez ar mediaoù...

Mil den e Lannârster !
Doc’h ar c’hiz eo ar paotr-se memestra met evit ar re gozh. Ha setu, mil den oa daet e Lannâster d’er selaoù e miz Kalanv Gouiañv 2004 ! Maouezed kozh kentoc’h, war dro tri ugent vloaz anezhe, pe dek ha tri ugent... Evel mamm Denis, “fan” bras ar c’hanour. Honnezh a zo empechet hiriv an deiz, met faote dezhi monet da wellet he star memestra. Ha Denis n’doa asantet monet geti ur sadorn da nozh... Ar paour kaezh paotr ne ouie ket e peseurt toull e lakae e fri... Mil den, e park eskpositionoù Lannâster. Mammoù kozh en o sav, e kannal hag e huchal; bamet dirak o Franck Michael karet ! Ha Denis bamet ha spontet !

Tud oa aet dirak al leurenn, stanked evel sardined en ur vouest. Hag ar re-se da huchal ha da deurel, da vanniñ, mouchouerioù da Frank Michael... D’ober petra ? Da vout kemeret get ar c’hanour evit frotiñ e dal gete, ha roet en dro ar lec’h d’e “faned” get e chwez santel ! Ya, get e c’hwez !
Denis oa e sellet doc’h an dra se, spontet... Met petra doa kaset e vamm ? Ur mouchouer ivez, da reiñ da Frank Michael evit tapout e c’hwezh santel ! Ha setu, ar paotr Denis, hanter c’hant vloaz anezhan, kelenour (ne lariñ ket emen na peseurt danvez e vez kelennet getan !), dimezhet, tad hag ozac’h, e kerzhet davet Franck Michael, ha eñ da vountiñ ar re all un tammig evit tostaad d’ar “star” ha teurel ar mouchouer ur wezh erruet dirak al leurenn...

Un star jeneruz !
Franck Michael n’doa frotet e dal get mouchouer mamm Denis. Met souezhet oa bet un tammeg e wellet ur paotr dirazan... Maouezed oa, staget doc’h al leurenn, kentoc’h. Roet ‘n'oa ar mouchouer en dro e c’houlenn da zDenis : “Evideoc’h eo ?”. Ha Denis da reskont : “Pas pas pas, evit ma mamm eo”. Hag ar “star” da gemer en dro ar mouchouer evit frotiñ e gorv ur wezh all, edan e roched... Jeneruz oa, n’eo ket ? N’ouion ket mard eo bet golc’het ar mouchouer-se get mamm Denis abaoe miz Gouel Mikael 2004... Pe lakaet en ur voest, evel ma vez graet get ar relegoù ?

Sonenoù Franck Michael m’boa selaouet ha lennet goude bout kontet diñ an istoer-se get Denis. Komzoù ha sonerezh dister. Subenn hep blaz. Subenn truek. Setu ur skouer : ur sonnen a lâvar : “Avec tes yeux de sardane”... Ar frasenn se a glota get ur frasenn all, met ne dalv ket netra, ster ebet. Un dans eo, ar sardane, dans a Gatalogna ! N’eo ket ul liv. Fentus vehe, ur sonen a larehe : “Get da zaoulagad kost er c’hoët”. “Get da zaoulagad kas a barzh”; get da zaoulagad laride...”. Met pal sonenoù Franck Michael n’eo ket lâr traoù interesus !

Pe ur fari eo, marteze. “Sardine” a faote dezhan lâret e lec’h sardane, moarvat. “Get da zaoulagad liv sardine” : met n’on ket evit lâr deoc’h liv daoulagad ar sardined...
Christian Le Meut

04/04/2005

Je fais un rêve*

Un soir de mai 2010. Je rentre de mon travail, comme d’habitude, vers 22 h. J’ai une demi-heure de route et j’écoute la radio : en breton. Depuis fin 2005 je peux écouter une radio en langue bretonne 24 h sur 24 h. Grâce au soutien du conseil régional, passé à gauche en mars 2003, une chaîne de radio émet désormais toute la journée dans cette langue sur les cinq départements de la Bretagne historique...

Avant : impossible d’écouter une émission en breton quand je rentrais du boulot. La seule radio associative bilingue du département n’émettait plus que de la musique. Quant à la seule radio publique (très) partiellement en breton (France Bleu Breizh Izel à Quimper), elle cessait ses émissions dans cette langue à 21h... Aujourd’hui, France Bleue est réellement bilingue, moitié des programmes en breton, moitié en français. Quant à ma radio bilingue préférée, Radio Bro Gwened (“Radio Pays vannetais”, associative), elle a vu les aides de la région et du département augmenter, et ses programmes en breton se développer.

Même à la télé, les choses ont fini par évoluer. Jadis : une heure dominicale sur F3 plus cinq minutes quotidiennes durant la semaine et une émission pour les enfants le mercredi, soit environ 1h30 de breton par semaine ! Aujourd’hui : six heures de programmes par jour ! Reportages, interviews, talk-shows (comme on dit en français), émissions de variétés, dessins animés, journaux, jeux débiles et d’autres moins débiles.

La presse écrite a suivi : une page désormais chaque jour breton dans le quotidien Le Télégramme et autant dans le concurrent Ouest-France. Un hebdomadaire, Ya !, (“Oui !), lancé en 2005, a réussi à s’implanter, plusieurs mensuels en breton existent, généralistes ou spécialisés, ainsi qu’une presse pour jeune... L’offre s’est diversifiée, et cela incite les jeunes bretonnants à lire en breton : ils sont 20.000 actuellement, en filière bilingues ou Diwan (immersion en breton avec introduction du français progressive) de la maternelle au lycée, contre 9.000 en 2004. Ces filières se développent, incitant les communes à développer des animations en bretons pour les enfants : contes, danses, chants, jeux...

Une matière “langue bretonne et civilisation celtique” est désormais suivie par tous les enfants des collèges, publics et privés, à partir de la cinquième, sur le modèle de ce qui se fait en latin. Les petits Le Meut, Le Fur, Le Corvec, habitant Concarneau (Konk Kerne), Auray (An Alré), ou Carhaix (Karaez), apprennent désormais l’histoire de leur région et peuvent chercher à comprendre ce que signifient leurs noms de familles... Les élèves qui veulent continuer cette matière le peuvent systématiquement. Jusqu’à récemment, la majorité des collèges ne proposaient même pas une heure de breton en option.

Du coup, l’offre d’emplois en breton se développe dans l’animation, l’édition, les médias, l’enseignement, les maisons de retraite (pour accompagner certains anciens dans leur langue maternelle)... Quand une langue n’a plus d’intérêt économique (pour trouver du travail par exemple), elle est vite abandonnée par ses locuteurs.

Arrivant de mon travail, je trouve un message de mon petit cousin Kaourintiñ (Corentin). Il cherche un mot en breton et m’a laissé un message sur mon répondeur bilingue. Il s’adresse à moi car je suis un des rares dans la famille à pouvoir lui répondre, ayant appris le breton une fois adulte. Dans ma génération, je suis quasiment le seul à parler la langue. Mes quatre grands parents, pourtant, avaient le breton pour langue maternelle. Mais ils avaient bien intégré l’interdiction de transmettre le breton à leurs enfants. Mon père, ainsi, entendait ses parents parler en breton entre eux lors des repas mais n’avait le droit de s’adresser à eux qu’en français...

Mes quatre grands parents étaient donc bilingues. Mes parents ne le sont pas, même s’ils savent beaucoup de choses en breton pour l’avoir entendu parlé. Et ma génération est unilingue. C’est sans doute ça le progrès...

L’élection de Jack Lang à la présidence de la République, en 2007, a aussi permis des avancées de taille. Ministre de l’Education nationale sous le gouvernement Jospin, il avait tenté d’intégrer les écoles Diwan dans l’Education nationale. Le Conseil d’Etat avait fait capoter cette tentative. Diwan pratique la pédagogie par immersion en breton et introduit progressivement le français ensuite. Selon le Conseil d’Etat cette pédagogie était illégale. De fait, toutes les écoles bilingues de France, étaient quasiment illégales. Toutes les matières, exceptées les langues, devant être enseignées en français...

Le changement de Constitution demandée par Jack Lang a permis de faire une place aux “langues de France”, à côté du français. La Charte européenne des langues minoritaires, signée en 1999 par Jospin, a enfin pu être ratifiée. A l’époque, le conseil Constitutionnel, consulté par Jacques Chirac, avait déclaré cette signature incompatible avec la Constitution. Désormais officiel en Bretagne, le breton peut être employé dans les débats des conseils départementaux et régionaux, la traduction simultanée étant assurée. Les textes officiels peuvent être rédigés dans les deux langues. La République renoue ainsi avec les révolutionnaires puisqu’en 1790 la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen avait été traduite en quatre langues “régionales”, dont le breton.

Christian Le Meut

* Article paru dans la revue Alternatives Non-Violentes (centre 308, 82 rue Jeanne d'Arc, 76000 Rouen), revue trimestrielle de recherche sur la non-violence qui publie, dans chaque numéro, un "rêve" sur le modèle de celui de Martin Luther King. Mail : anv.revue@wanadoo.fr
An destenn-se a zo bet skrivet e galleg hepken.

10/03/2005

"Tout schuss" : nann trugarez !

En Alpoù on bet, e miz C’hwevrer (2004), evit mont da vakansiñ koste Bro Savoa. Ar pezh a zo : ret e oa diñ gober ski ! Evel ma vehe ret mont da neuial evit ar re a zeu da aodoù Breizh e pad ar vakansoù. Dre ret ! Mard ez it d’ar mennezhioù  hep ober ski, gwellet vec'h evel un den drol, iskiz... N’eus netra all d’ober du hont d’ar gouiañv, nemet skiañ, sanset.

Ha setu me, gwisket el ur skiour a vicher, met get traoù kozh prestet din get ma breur. Ne oan ket gwisket d’ar mod nevez, doc’h ar c’hiz, met kentoc’h mod kozh hag ar vugale a rae goap doc’hin... Ya, met gwisket e oan get livioù fluo, melen, ruz hag oranjez, ha, mod se, "e vo aesoc’h d’em gavout mard e kouezhan en un toull bennag", m’eus reskontet d’ar vugale, ha toullioù zo er vro se, me lavar deoc’h, n’eus nemet toullioù, evit lavar ar gwirionez. Toullioù ha mennezhioù...

An deiz kentañ, feurmet m’eus skioù ha lakaet m’eus ar votoù ski. Ar skioù zo un dra, met ar votoù zo un dra all. Poanus eo da laakat, pounner, ha diaes da gerzhet gete... Kroget m’eus da greisteiz ha kaset on bet, kazimant doc’htu, d’an hent ruz. Brav tre oa an natur e lein ar mennezhioù met ar re all a oa ganin ne oant ket intereset tamm ebed get an natur, get ar sell brav... Ret e oa mont kuit doc’htu evit disken ar “piste” ruz se, hep sellet doc’h ar vro.

Diskennet m’eus an hent ruz, neuze, war ma skioù, pe a goste a wezhoù. Ur wezh, kouezhet m’eus hag unan a ma skiou zo aet kuit ! “Dechausset” m’eus, evel e larer e yezh ar skiourion. Ha poan m’eus bet da lakaat en dro ar ski breiñ se, pemp munut pe muioc’h. Ne oan ket diazeet mad ! Traoù zo a vez graet buan tre get ar re akourset, met a dap kalz muioc’h ag amzer get an dud n’int ket akourset, se zo aes da gompreiñ. Nemet get ar skiourioñ o deus paet ker evit skiañ ! Pal ar re se zo monet ha donet, diskeiñ ha pigneiñ, gortoz dirak an “télésiéjou” pe an “tire fessennoù”! Nag a blijadur !

Ur yezh ispisial
Ar skiourioñ o deus ur yezh ispisial, ivez, savet gete.
Penoas lavar e brezhoneg “tire fesses”, lakoomp ? "Tennañ difesenn" ? Met n’eus ket traoù evel se er vro man, ha gwell a se... E Bro Savoa, ur bern tud o deus laret diñ da vont “tout schuss”. N’eo ket savozieg, ar gerioù se, alamaneg kentoc’h. “Tout schuss” a dalv mont ar founnaplan, ar vuannan posupl. D’ober petra ? M’eus ket komprenet. Mont ar founnaplan posupl da stokiñ ur skiour all, pe d'en em troc’hiñ ur vrec’h, ur garr ha, war lec’h, mont ar founnaplan posupl d’an ospital ? Hag ar vugale a oa genin a lare diñ an dra se ivez. “Ki founnablan!”. Met perak ? D’ober petra ? Barzh ma labour, a vez goulennet genin mont ar founnaplan posupl dija !...

Me, ne faotan ket mont founnapl pand on e vakansoù met kentoc'h pourmen trankil, goustadig, evit sellet doc’h ar mennezhioù, tenniñ ma anal, aveliñ ma spered. Na brav eo ar vro edan an erc’h !... Ya, met danjerus eo, ur sort... Loened zo, du hont. Estroc’h evit ar skiourion, surferion zo ivez. Ur wezh, gwellet m’eus ur “surf” e diskenn ar menez, met e unan penn... Ar “surfour”, oa e redek war e lerc’h ! Danjerus bras oa kar ar surf a yae founnapl tre. Eurasament, kouezhet eoen ur roued, ha den ebet zo bet gloazhet getan... Ur wezh all m’eus gwellet un ambulans e kas un den gloazet... Pe ur wezh all an helikopter ivez, dont da glask un den all... Bourrapl eo, ober ski.

Eurasamant, an dezhioù war lerc’h m'eus kavet hentoù “glas” aesoc’h da skiañ ! Ha meur a wezh on bet souezhet e wellet tud e bourmen war lein ar mennezhioù hep ski ebed, met get botoù hepken, pe get “raketennoù”. "Plijus vehe mont da bourmen evel-se, m’eus sonjet. Hep ski : ur burzhud ! Ha setu-me, e kreiz ma sizhun vakansoù, da gas ma skioù d’ar stal e lec’h m’boa o feurmet, evit mont da vale war droad en ul lec’h brav, “le lac de la mine d’or”. Mil metrad ha pemp kant da uhelder, memestra. Trouz ebed, telesiejou ebed, nemet tud, skiourion e o zouez e pourmen sioul ha trankil... N’ouzon ket ma z’eus aour el lein se met ar pezh a zo sur, an didrouz zo aour ivez ! "Le silence est d'or" e larer e galleg.

Ur dra all zo sur : ne z’in ket “Tout schuss”, memes war ar skioù. “Tout schuss”, zo re skuizhus ha danjerus.

Christian Le Meut 

06/03/2005

Huroneg ha brezhoneg

Salut pennoù diliv !

Ar pezh c’hoari “Malachap story” zo bet kinniget e Langedig evit ar wezh kentan e miz Geñver 2005 get ar strollad C’hoarivari. Ar pezh c’hoari-se zo bet skrivet e galleg hanter c’hant vloaz zo get René de Obaldia, ha get un titl all : “Du vent dans les branches de sassafras”. Savet oa bet e Paris get Michel Simon. Me zo e barzh ar strollad C’hoarivari; klasket hon eus da sevel ur western farsus e brezhoneg. Tri zen doa labouret e-pad ur blead evit lakaat ar pezh c’hoari-se e brezhoneg. Goude bout graet al labour-se, ni, ter aktourez ha pemp aktour, da labourad tost ur bleiad hanter c’hoazh. Savet eo bet ur c’hlinkadur get unan ag an aktourien, ur sort ranch, ha gwiskamentoù a zo bet savet ivez.

Ha setu, prest oamp da c’hoari e Langedig e kreiz miz Genver. Daou gant ugent a dud zo daet d’hon gwellet, tud kozh, bugale, tud yaouank, ha tud en oad. Bourrapl eo bet din klevout tud c’hoarziñ, c’hoarziñ e brezhoneg. Ar sadorn da nozh oa daet kentoc’h tud yaouank, hag ar sul, kentoc’h tud kozh; ha n’o deus ket c’hoarzet evit ar memes traoù. Tud kozh zo, deus komzet e pad ar pezh c’hoari; ar pezh oa fentus evidomp-ni ivez, ar al leurenn... Hag ar re-se da strakal an daouarn goude bep leurenn kazimant...

Kontiñ a ra “Malachap story” buhez ar familh Gourvenneg, labourizion douar er C’hentuky, e penn kentan an triwec’hved kantved... Bez zo an tad, Job, ar vamm, Anna, ar mab, Kevin, ar plac’h, Jennifer, hag un den kouviet, an doktor ar Floc’h, medisinour sanset. Met an Indianed, an Huroned, zo ar hent ar brezel. Hag un Indian, Lagad Klujar, mignon d’ar re Gouverneg, a zeu evit lâr dezhe da vonet kuit. Lagad klujar a gomz hanter brezhoneg hag hanter huroneg ar al leurenn, neuze. Met n’eo ket huroneg da vat, huroneg “d’opérette” ne lâran ket. Diaes vehe bet lakaet huroneg gwir er pezh c’hoari-se peogwir eman marv, ar yezh-se...

Pevar bloazh zo m’boa en em gavet get ur penn bras ag ar bobl Huron e Bro Gebek, ar chef Max One Onti Gros Louis. Daet oa e Breizh hag e Frans da zispleg buhez e bobl hiriv an deiz ha da glask ivez roudoù e yezh a orin...

Max One Onti Gros Louis en’doa anavet ur voereb dezhan a oa an hini nemeti a ouie c'hoazh komz huroneg. Met marv eo tri ugent vloaz zo. Ur beleg gall, bet d’ar C’hanada ar-dro tri c’hant vloaz zo, en’doa savet al levr nemetan skrivet en huroneg. Ur geriadur huroneg-galleg eo. A gres d’ar levr-se ez eus tu da sevel en dro yezh an Huroned... Met ne vo ket aes adlansiñ an huroneg memestra. Chom a ra 3.500 Huron hepken e Bro Gebek. En ur “reserve” emaint e chom evit al lodenn vrasan. Droad zo bremañ da gelenn huroneg er skolioù. Bugale ar meuriadoù amerindian a vez skoliatet en o yezhoù a oriñ abaoe tregont vloaz er C’hanada hag ur bochad pobloù amerindiane a gomz c’hoazh o yezhoù a orin du-hont.

Pell on ag ar pezh c’hoari Malachap Stori ? Pas kement-se. Ar-dro ur pezh c’hoari e brezhoneg-gwenedeg e vez savet bep bloaz er Morbihan. E Breizh a bezh a vez savet tri pe pevar pezh c’hoari all bep bloaz. Mod se a vez lakaet brezhoneg ar al leurenn. Tud a zeu da wellet ar pezhoù c’hoari-se a bik o c’halon, a laka de houeliñ, da zeskiñ, pe da c’hoarziñ. Ha keit ma vo c’hoarzhet e brezhonega chomo bev ar yezh !
Christian Le Meut

Des Hurons et des Bretons

La pièce de théâtre Malachap Story a été présentée pour la première fois au public au mois de janvier 2005, à Languidic, par la troupe C’hoarivari. Elle tourne sur tout le Morbihan, et continuera de tourner jusqu'en février 2006. Je fais partie de cette troupe. Nous avons essayé de monter un western comique en breton. Certains de mes amis ont ri quand je leur ai annoncé la chose : “Tu vas jouer un shérif en breton, c’est bizarre”. Parce que les shérifs parlaient français, peut-être ?

Trois personnes ont travaillé pendant un an pour adapter en breton la pièce “Du vent dans les branches de sassafras”. Ecrite en français par René de Obaldia, cette pièce a été créée dans les années 1950 à Paris, avec, notamment, Michel Simon dans le rôle principal. Une fois terminée cette adaptation en breton, trois actrices et cinq acteurs ont répété pendant un an et demi. Un décor de ranch a été conçu par un des acteurs; des costumes d’époque ont été cousus...

Et nous voici prêts à jouer. Nous avons présenté la pièce deux fois, un samedi soir et un dimanche après-midi, à Languidic. 110 personnes environ sont venues à chaque fois, avec plus de personnes âgées le dimanche. Les deux publics ont ri, mais pas forcément aux mêmes endroits. Certains anciens parlant même pendant le spectacle, et tapant dans les mains à la fin de chaque scène... Toutes choses sympathiques, mais pas forcément facile à gérer quand on est sur scène et que le fou-rire guette...

Malachap Story raconte l’histoire de la famille Gourvenneg, fermier dans le Kentucky vers 1800 : le père, Job, la mère, Anna, la fille, Jennifer et le fils, Kévin. Ce jour-là, il y a aussi un invité, le docteur Ar Floc’h... Arrive alors un Indien, Oeil de perdrix, “Lagad klujar” en breton, ami de la famille venu annoncer que les tribus indiennes sont sur le sentier de guerre. Cet Indien est, sur le papier, un Huron. Il parle mi-breton, mi-huron, mais un huron d’opérette. Il aurait été d’autant plus difficile de lui faire parler réellement en langue huron que cette langue est une langue morte...

Il y a quatre ans j’ai rencontré un chef huron, Max One Onti Gros Louis venu du Québec parler de son peuple dans les écoles et dans les médias. Les Hurons du Québec ne parlent plus leur langue, mais le français, voire l’anglais en seconde langue. Et Max One Onti Gros Louis était aussi venu en France pour retrouver les traces de sa langue d’origine. Car, il y a plus de 300 ans, un prêtre français parti au Canada et vivant auprès des Hurons, avait écrit un dictionnaire huron-français. Grâce à cette trace écrite, les Hurons cherchent à réapprendre désormais leur langue d’origine, qui n’est plus parlée depuis 60 ans. Une tante de Max One Onti Gros-Louis était la dernière locutrice connue...

Relancer le huron ne sera pas chose facile. Il reste environ 3.500 Hurons au Québec, la plupart vivant dans une réserve proche de la ville de Québec. Mais une chance existe néanmoins, à travers l’école. Depuis une trentaine d’année, les enfants des peuples amérindiens du Canada sont scolarisés dans leurs langues maternelles. Ils apprennent aussi le français ou l’anglais, mais ne perdent pas, ainsi, leur langue d’origine...Voici un exemple qui pourrait servir en France.

Ce voyage au Québec nous ramène à Malachap Story. Aujourd’hui des milliers d’enfants apprennent le breton dans les écoles bilingues mais, sortis de l’école, très peu de choses leur sont proposées en langue bretonne. Le théâtre est un moyen parmi d’autres. Il se créé, environ, une pièce en breton vannetais, dans le Morbihan par an, et trois ou quatre dans les autres départements bretons. Ce n’est pas trop, mais c’est déjà ça...

Le public peut ainsi venir voir des pièces qui émeuvent, cultivent, font pleurer ou rire. Et tant que l’on rit dans une langue, c’est qu’elle est encore vivante !

Christian Le Meut 

08/12/2016

Courrier international : "La Bretagne vue par la presse étrangère"

courrier037.jpgPennadoù skrid a ziar-benn Breizh ha skrivet get kazetennerion ag ar bed a bezh a zo bet embannet barzh "Courrier international" n'eus ket pell 'zo (15/07, niverenn 1028). Ne oa ket interesus bras, evit lâr ar wirionez. Ur c'hazetenner a vre Aostralia, Robert V. Camuto (The Sun-Herald), en deus gwelet traoù memestra : "Même au regard du reste de la France, la Bretagne a une singularité qui va bien au-delà des particularités régionales ordinaires. Le breton est une langue à part entière, et non un dialecte, qui est parlée par des milliers de Bretons généralement âgés, en particulier dans le Finistère. Il est utilisé sur des stations de radio bilingues et enseigné comme seconde langue dans les écoles publiques." N'eo ket resis resis an traoù, met n'eo ket fall dija...

Courrier International a consacré un dossier à "La Bretagne vue par la presse étrangère" (15/07, n°1028), dossier d'un intérêt très moyen. Un journaliste australien, Robert V. Camuto (The Sun-Herald), a cependant remarqué des choses : "Même au regard du reste de la France, la Bretagne a une singularité qui va bien au-delà des particularités régionales ordinaires. Le breton est une langue à part entière, et non un dialecte, qui est parlée par des milliers de Bretons généralement âgés, en particulier dans le Finistère. Il est utilisé sur des stations de radio bilingues et enseigné comme seconde langue dans les écoles publiques." Ce n'est pas complètement précis, mais c'est déjà ça.