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30/07/2007

Levr : Breiz a-gleiz

medium_gourmelin180.jpgBreiz a-gleiz ! Ya, gwir eo, Breizh a zo chomet a-gleiz  :  52,68 % ag ar Vretoned (pemp departamant) o deus votet evit Ségolène Royal ! Met an titl-se a zo titl ul levr bet embannet get Emgleo Breiz (hep "h" evel ma vez graet get doare skrivañ an ti embann Emgleo Breiz) e miz Kalan-gouiañv 2006 (miz Du).

Herri Gourmelen, ezel ag an UDB abaoe daou ugent vloaz, en em ginnig barzh al levr bihan-se (stumm sakod) : e yaouankiz; perak en deus kemeret pezh en UDB er bleadeù 60; perak emañ aet kuit er bleadeù 70 araok donet en dro. N'eo ket dister dañvez ul levr evel-se evit goueit gwellloc'h piv eo Herri Gourmelen : paotr ag Argol, bet er JEB (Jeunesse étudiante bretonne),  barzh Ar Falz hag ar CFDT ivez. Buhez ur stourmer eo, ur sitoian a laboura ar an dachenn politikel, met ivez sevenadurel ha sokial.

Herri Gourmelen a zispleg e sonjoù : "Er mare-mañ, er bed modern, eo red samma, adisioni, ha n'eo ket tenna. E-keñver idantelez, me zo Breizad, Gall, European. Perag e vefe red din krenna war unan ? Piou e-neus droed da lemel diganin lod euz ar pez on ? Me, n'am-eus c'hoant d'ober. Eüruz on o lenn galleg, plijoud a ra din ar sevenadur galleg, al lennegez alamaneg : kelenn alamaneg am-eus greet e-pad ma buhez la bour. Ha plijoud a ra din ar brezoneg. Saozneg a garfen lenn muioh. 

Er bed modern e-neus pep hini meur a idantelezh".

Setu ar pezh a lâr Herri Gourmelen barzh ul levr a chom, memestra, re verr. 70 pajenn n'eo ket kalz hag, a-wezhoù un nebeut displegadurioù a vank. Ker eo ivez : 10 €, da lâret eo un euro bep seizh pajenn. Ur sonj vat eo embann levrioù evel-se : unan all skrivet get Yann-Ber Thomin (PS) zo daet er maez dija; unan all skrivet get Ambroise Guellec (UMP) a vo embannet. Met bon, marc'hadmatoc'h, ne vehe ket bet falloc'h !

Christian Le Meut

Emgleo Breiz, 10 ru Kemper, 29200 Brest.

emgleo.breiz@wanadoo.fr

E galleg/en français : présentation d'un livre en breton ("Bretagne à gauche") d'Henri Gourmelen, membre de l'Union démocratique bretonne, parti de gauche favorable à  l'autonomie de la Bretagne et à la décentralisation (mais pas de l'indépendance, ce qu'il explique dans ce livre). L'UDB s'est alliée aux Verts lors des dernières élections régionales, puis à l'ensemble de la gauche au second tour et a actuellement trois élus dans la majorité du Conseil régional. Dans ce petit livre de 70 pages, H. Gourmelen explique son parcours jusqu'à aujourd'hui. C'est intéressant, mais un peu cher (10 euros pour  70 pages !). Un nouvel ouvrage vient de sortir dans la même collection signé Jean-Pierre Thomin (PS, maire de Landerneau, conseiller régional chargé de la langue bretonne). Un autre va paraître écrit par Ambroise Guellec, UMP, ancien ministre et député européen. 

29/07/2007

Moranvioù e brezhoneg/surnoms bretons

"Lamm a ma hent" : "Enlève-toi de ma route", "Dégage de mon chemin"; setu ul lesanv, ur moranv, roet d'un den hag a veze imoret fall alies awalc'h (klevet genin e Bro An Alré). Moranvioù evel-se a veze roet d'ur bochad tud ha familhoù, e Breizh-Izel... Ur bern lesanvioù a zo bet dastumet get Mikael Madeg (lennit da heul).

Les Bretons se donnaient des surnoms entre eux, à telle personne, à telle famille, au point que, parfois, les noms officiels, d'état civil, étaient presque oubliés. Mikael Madeg a recolté beaucoup de ces surnoms (lire à la suite).

Livre : "Choix de surnoms bretons du Pays vannetais"

a0f8d41d043f9955ad04d994486f83c3.jpgDans la Bretagne d’il y a quelques décennies seulement, le surnom était tout un art. Un art qui se perd un peu aujourd’hui, dans la Bretagne des villes. Cette pratique était tellement courante dans les milieux populaires que les noms officiels de certaines familles ou personnes étaient beaucoup moins utilisés que leurs surnoms (“lesanv” ou “moranv” en breton vannetais).

Vers 1980 Mikael Madeg, titulaire de deux doctorats d’études celtiques, a collecté plus de 3.000 surnoms dans la Pays vannetais bretonnant, soit dans la moitié ouest du Morbihan, de Gourin à Surzur, de Kergrist à Locmiquélic... 300 de ces surnoms sont présentés dans un livre intitulé “Choix de surnoms bretons du pays vannetais”. Il s’agit d’une réédition, d’allure modeste, mais agrémentée de dessins de Reun An Honseg.
Chaque surnom est expliqué en français, et cette explication renvoie aux us et coutumes de la société rurale. Les surnoms étaient rarement élogieux, souvent moqueurs, voire plus. Ainsi en était-il de Pierre “douroù”, soit littéralement “Pierre les eaux”, surnom collecté du côté de Kergrist.

Selon Mikael Madeg ce paysan n’était pas réputé pour sa sobriété, ce qui eut été une qualité, non, il s’agissait d’autre chose. Les travaux des champs demandaient beaucoup de personnels avant la mécanisation. Et les voisins allaient travailler les uns chez les autres. Mais il fallait nourrir toute cette main d’oeuvre, et l’arroser aussi, avec forces barriques de cidre. Afin de limiter les frais, Pierre coupait son cidre d’eau, ce dont les voisins se rendirent compte, évidemment. Et, je cite l’auteur, “ce comportement moralement inacceptable lui avait valu la seule sanction possible : un surnom. Car nul ne pouvait se passer du voisin, si avare soit-il”...

Ce livre est ainsi parsemé d’anecdotes humoristiques, voire sociologiques sur les us et coutumes de l’époque. Certains surnoms sont même entrés dans la toponymie officielle comme “Fine Skarzh ar poch”, du côté de Locmariaquer, qui correspond au lieu-dit “Sarpoch”. Il s’agissait du surnom d’une tenancière de café... “Skarzh ar poch” signifie “vide le sac”, mais de quel sorte de sac ou de poche s’agissait-il ? Pourquoi tel marin a-t-il été surnommé “Krev an avel” du côté de Quiberon ? Tel prêtre de grande taille “Skeul ar baradoz”, “Echelle du paradis”, du côté d’Auray; ou encore tel habitant de Camors “Jamari hej e gorf” ? Les réponses sont dans ce petit livre.

Christian Le Meut 

“Choix de surnoms bretons du Pays vannetais” réédité par Label LN, maison d’édition basée à Ploudalmézeau dans le Finistère. Tél.02.98.48.14.57. Prix : 14 euros.

Ul levr : “Choix de surnoms bretons du pays vannetais”

8be20abae6f343f5ac6865ff6fb6faf7.jpgD'an amzer a-gent e veze roet d’an dud lesanvioù (pe moranvioù e vez lâret ivez e brezhoneg), e Breizh Izel. Tost echu eo an dra-se hiziv an deiz met moian zo da zizoleiñ moranvioù barzh ul levr anvet : “Choix de surnoms bretons du pays vannetais”, skrivet get Mikael Madeg. Ugent vloaz zo Mikael Madeg en’doa dastumet, tri mil lesanv. Tri c’hant zo kinniget getan barzh al levr-se, e galleg. N’eo ket kaer bras al levr-se met danvez zo e barzh memestra, ha tresadennoù graet get Reun An Honseg.

Hervez Mikael Madeg al lesanvioù veze savet kentoc’h evit diskouez techoù fall, traoù rebechet d’an dud; pe evit gober goap doc’h ar re-lesanvet. Ur skouer : koste Kergrist un den oa bet lesanvet “Pierre Douroù”. Perak ta ? Ne veze ket evet dour kement-se getan, un dra all eo. D'an termen-se e veze ret d’al labourision douar mont da sikour get o voizined, kenlabourad e-pad an eost, da skouer. Pierre hag e familh a yae da labourat barzh tachennoù e amezeion. Hag ar re se a zeue da labourat barzh e dachenn. Ret e veze mageiñ ar re-se, ha reiñ sistr dezhe da eved ha pas dour... Ya, met sistr Pierre ne oa ket ken mat : re a zour oa a barzh. Lakaet veze dour barzh e sistr get Pierre, ar pezh ne blije ket d’e amezeion, tamm ebet... Met ne oa ket bet rebechet dezhan, rak e veze ret kenlabourat getan memestra; dober veze ag ur bern tud da eostiñ, d’ar c’houlz-se. Met an amezeion, kounnaret un tamm, ‘doa kastiet Pierre e reiñ dezhan ar moranv-se : “Pierre douroù”.

Lesanvioù, moranvioù a-bep sort e gaver barzh al levr-se, cherret e Bro Gwened koste Pondi, Sarhau, An Oriant, an Alre, Gwened, ha c’hoazh. Displeget int d’an doare fentus ha speredek. Dre-se e c’heller kompreiñ gwelloc’h spered ha buhez pemdezieg ar Vretoned hiriv hag en amzer paseet... Perak veze graet “Job an Alc’hwezioù” ag ur paotr a Sant Thual ? “Job ar Chtou” ag unan all e Pleuigner ? “Krev an avel” ag ur martolod koste Kiberen pe c’hoazh “Fine Skarzh ar Poc’h” d’ur vaouez a zalc’he un davarn koste Lokmariaker ? Ha peseurt pochoù veze skarzhet ? Doc’h-c’hwi da ouiet e lenn al levr-se.

Christian Le Meut

Choix de surnoms bretons du pays vannetais” zo bet adembannet get Label Ln, e Ploudalmézeau. Niverenn pellgomz : 02 98 48 14 57. 14 €.

19/07/2007

Livre : Terre et mer, sagesse et proverbes de Bretagne

36004df8fee66515ed00841256a23bd7.jpg"Terre et mer, sagesse et proverbes de Bretagne" est le titre d'un livre qui vient de paraître aux éditions du Chasse Marée; 430 pages de photos (superbes) et de rimes, proverbes et jeux de mots en breton, traduits en français (il y en a quelques-uns uniquement en français ou en gallo).

Les photos sont de Michel Thersiquel, photographe breton récemment décédé. Elles nous donnent à voir paysages, couleurs, pêcheurs artisans et agriculteurs au travail... La Bretagne de la terre et de la mer, mais pas celle des villes.

Les citations ont été choisies par l'ethnologue Daniel Giraudon. Certaines sont facilement compréhensibles comme "Bern n'eo ket mammenn" ("Un tas n'est pas une source"); d'autres sont uniquement des jeux sur les sons et enfin quelques citations auraient mérité plus d'explications :"Malarjez, Malarjez/Me garje vije bemdez,/An eost teir gwech ar bloaz/Ha Gouel-Mikael/Bep seizh vloaz/"...  "Mardi gras, mardi gra/j'aimerais que ce soit tous les jours/la moisson trois fois par an et la Saint Michel tous les sept ans"... Pourquoi la Saint-Michel tous les sept ans ? Parce que les paysans payaient leurs fermages (loyers) à cette date et certains la voyaient approcher avec appréhension.

Enfin, si la matière du livre est en breton avec traduction en français, les pages de couverture sont, elles, uniquement en français. Allez comprendre pourquoi ? "Terre et mer" sont, pourtant facilement traduisibles ("Douar ha mor")... Malgré ces quelques réserves, cet ouvrage est un beau livre, plaisant à feuilleter, instructif, et drôle parfois.

Terre et mer, Daniel Giraudon-Michel Thersiquel, Le Chasse marée (abri du marin, 29177 Douarnenez cedex, Tél : 02.98.92.66.33); 19,9 €, 430 pages, édité en 2007. 

Christian Le Meut

Levr : Terre et mer, sagesse et proverbes de Bretagne

b5b54e8d27e44a31b31f8752c687f935.jpg "Terre et mer, sagesse et proverbes de Bretagne", setu ar pezh a zo skrivet war pajenn gentañ al levr nevez-se, embannet get ar Chasse-Marée. Ger ebet e brezhoneg war ar pajennoù kentañ ha diwezhañ daoust d'ar "rimadelloù a bep sort" embannet e-barzh bout skrivet e brezhoneg ha troet e galleg (un nebeut a zo nemet e galleg pe e gallaoueg). An danvez diabarzh a zo e div yezh met pas an diavaez, kit da gompren perak...

Bourrapl eo memestra al levr-se : ur foto tennet get Michel Thersiquel, tenner poltridi a Vreizh, marv n'eus ket pell zo, a zo embannet get pep rimadell. Breizh ar mor hag ar maezioù a zo diskouezhet dre ar  fotoioù ha dre an troioù-lâret dastumet ha dibabet get Daniel Giraudon, ethnologour a Vro Dreger. Labourerion douar ha pesketourion e labourat, an natur, tud ha livioù ar vro : setu temoù ar fotoioù kaer tennet get M. Thersiquel. Bez ez eus ivez kêrioù e Breizh, met n'int ket diskouezhet amañ. 

Rimadelloù a zo aes da gompren evel "Bern n'eo ket mammenn". Ul lodenn a zo c'hoarioù war ar gerioù ha n'o deus ket ster ebet met un nebeut all a zo diaes da gompren ha n'int ket displeget : "Malarjez, Malarjez/Me garje vije bemdez,/An eost teir gwech ar bloaz/Ha Gouel-Mikael/Bep seizh vloaz/"... perak "Gouel Mikael bep seizh vloaz"? Rak paeet e veze o koumanantoù get al labourerion douar d'ar miz-se.

Daoust d'an traoudigoù-se, ul levr brav ha dudius eo, farsus ha kentelius a wezhoù ivez.

Terre et mer, Daniel Giraudon-Michel Thersiquel, Le Chasse marée (abri du marin, 29177 Douarnenez cedex, pellgomz : 02.98.92.66.33); 19,9 €, 430 pajenn, embannet e 2007.  

Christian Le Meut 

17/07/2007

La chasse à la grand-mère est ouverte !

Communiqué du Réseau Education sans frontières : "Le droit de vivre en famille ne doit pas avoir de frontières !

" Mme Thérèse Kopia, en France depuis 2003, malade, sans-papiers, grand-mère de 68 ans et demi, avait été arrêtée le 19 juin 2007 dans des conditions particulièrement inacceptables. Entre 8h30 et 9h, sept à huit policiers en civil, dont des femmes, font irruption dans le petit appartement de Mainvilliers (Eure-et-Loir), au domicile de sa fille, et se livrent à une fouille minutieuse, comme s’il s’agissait de la recherche d’un criminel dangereux !

Arrêtée dans son bain ! 
Ils découvrent la grand-mère dans son bain, une policière est chargée de l’en extirper. Thérèse est placée en rétention au commissariat de la police nationale de Chartres, Eure-et-Loir, du mardi 19 au mercredi 20 juin, puis emmenée, vers 20h, direction aéroport de Roissy et vol Air France de 23h 15 pour Bangui, Centre Afrique... Mais elle ne partira pas. Devant le désespoir de cette femme âgée, malade, qui laisse en France une grande partie de sa famille, l’émotion de sa famille, la solidarité spontanée et pacifique les passagers qui ont refusé de monter dans l’avion et le soutien de tous ceux présents à l’aéroport, Thérèse n’a pas été embarquée. Elle a été mise en garde à vue à Roissy, puis libérée le 22 juin du dépôt de Bobigny (93), une fois de plus grâce à la mobilisation citoyenne…

Mais elle est inculpée pour refus d’embarquement et comparaîtra jeudi 19 juillet à 13 h devant la 16ème chambre du Tribunal de grande Instance de Bobigny. Elle risque une lourde amende et une peine de prison. Une condamnation serait un traumatisme insupportable pour cette femme qui n’a rien d’autre à se reprocher que la volonté de vivre dans sa famille et de vieillir tranquillement en France parmi les siens. Thérèse Kopia ne représente aucun danger pour la République ! A 68 ans, elle
n’aspire qu’à vivre en France entourée de sa nombreuse famille. (4 filles régularisées dont 2 françaises et 19 petits enfants français).
Ajoutons qu’en Centrafrique, le système médical est catastrophique.

Cette tentative d’expulsion et ces poursuites sont le produit d’une logique politique, celle qui voit l’immigration présentée comme un
problème ou une menace pour « l’identité nationale », celle qui veut faire du chiffre en matière d’expulsion et fait de l’immigration familiale une cible au mépris des droits les plus élémentaires (pourquoi les enfants et les petits enfants de Thérèse devraient-ils être privés de leur grand-mère ?), celle qui frappe doublement  des migrants originaires de contrées en butte aux ravages de la misère et de guerres trop souvent alimentées par les pays mêmes qui barricadent leurs frontières contre les réfugiés et migrants « subis », celle qui conduit à encourager des réflexes xénophobes dans une partie de la population française.

Procès jeudi prochain 
Mais la vigilance et la solidarité ne faiblissent pas parmi les citoyens, de plus en plus nombreux à refuser la « chasse à l’étranger »,
comme le montre la réaction fréquente des personnels d’Air France (conférence de presse des syndicats d’Air France du 12 juillet 2007) et des passagers, qui tentent pacifiquement de s’opposer à la violence disproportionnée des éloignements forcés.
RESF réaffirme la conviction de tous ceux qui, sur le terrain, agissent pour le respect concret des Droits de l’Homme, que seule une
régularisation des sans papiers, la reconnaissance du droit d’asile, des droits de vivre en famille, de travailler, de se soigner, permettraient d’en finir avec des situations qui heurtent violemment la conscience humaine et déshonorent la république.

Venez nombreux exiger la relaxe et la régularisation de Thérèse : jeudi 19 juillet 2007, à 13H, tribunal de Grande Instance - 173 avenue P.V. Couturier – Bobigny (M° Picasso)".

11/07/2007

Mais pourquoi aurions-nous une autre langue ?

Il y a quelques mois j'éditais une note essayant d'expliquer pourquoi certaines personnes, comme moi, tenons à maintenir vivante une langue, la langue bretonne, dont l'avenir est incertain et le présent compliqué : le nombre de locuteurs est en régression permanente malgré l'apparition des écoles bilingues qui ne compensent pas la disparition des dernières générations de bretonnants de langue maternelle; le statut des langues régionales reste ambigu puisque la seule langue officielle en France est le français, etc. Lectrices et lecteurs de ce blog, vous avez déjà eu l'occasion de lire des choses la-dessus. Histoire d'alimenter le débat, un de mes amis, Georges, enseignant, habitant à Saint-Etienne, livre ici ses remarques par rapport à cette note parue en avril et que vous pouvez lire ou relire en cliquant sur le lien direct. Les intertitres sont de la rédaction!

" D'accord avec ce que tu dis... avec trois réserves et une question :

Une strictement personnelle à moi la mienne, qui, tu verras tourne quand même au débat linguistique...
 J'ai compris, au sens de l'intelligence de la chose, ta démarche et tu sais que je la respecte. D'une part par sympathie pour toi mais aussi, et c'est sans doute plus intéressant, parce que c'est une démarche sincère, profonde et fondamentalement enracinée dans le respect de l'autre (en particulier le non Breton ou le non bretonisant). Tes arguments portent, il m'ont fait beaucoup avancer dans la compréhension d'un phénomène qui m'est très étranger et qui m'apparaît encore souvent comme porteur de haine ou de xénophobie. Pas chez toi, pas dans ta démarche, et tu es le premier à dénoncer les ayatollahs dont je parle ! Mais tu sais de quoi je veux parler et ce n'est pas la peine d'en discuter plus longtemps.

Par contre, je veux préciser ce que je dis quand je dis que je ne "comprends pas". C'est beaucoup plus ancré en moi que le niveau de compréhension emphatique ou 'intelligent' que je viens de décrire. Cette démarche m'est complètement étrangère, et c'est en ce sens là que je dis que je ne te comprends pas ! C'est, je pense du à mon histoire personnelle... et à celle de mon "terroir". Je ne suis pas un homme de racine ! La seule lignée familiale que je connaisse est celle de ma mère et elle n'est pas très fournie. J'avoue ne pas y attacher non plus beaucoup d'importance... Je ne dépasse pas le niveau de mes grands parents (et encore !) dans la construction mentale de mon arbre généalogique... Et ces gens là parlaient déjà français !.. Qu'eux ou leurs aieux aient souffert d'une déculturation linguiste ne fait pas l'ombre d'un doute, mais je n'en suis même pas le témoin indirect ! Quant à ma lignée paternelle, je n'en connais rien si ce n'est le nom et le prénom de celui qui n'a été guère plus que mon géniteur ! Cette histoire personnelle sans être en aucun cas douloureuse n'invite pas trop au culte des racines ! Un psychanalyste y verrait sans doute beaucoup de choses... j'avoue humblement me satisfaire d'un inconscient discret à ce niveau là ! Et, quitte à me chercher une quelconque névrose, de la situer dans ce secteur !

Saint-Etienne et le Forez 
Pour ce qui est de mon "terroir", je suis profondément un citadin, un Stéphanois. J'aime à me promener dans ma région natale et la trouve fort belle, mais de là à revendiquer là aussi une appartenance il y a loin ! Le Forez n'a pas grande unité ni géographique ni historique ni linguistique. Il s'y parlait une langue d'oc, bien entendu, mais très rapidement mâtinée de français et sans doute partie prenante dans la création de cette langue. Les patois ont été rapidement supplantés par un français qui n'est pas, loin s'en faut, un standard de pureté ! Par contre, je suis très attaché aux expressions locales et à l'accent spécifique de Saint Etienne. Ces mots de mineurs et d'ouvriers dans lesquels j'ai grandi me sont chers et j'aime à les employer. Leurs origines sont surprenantes : patois locaux des paysans descendus à la ville, parlés des mineurs polonais passés par la Lorraine, expressions des patrons lyonnais, plus récemment quelques mots d'arabe... Ce mélange chaleureux et créatif m'enchante ! Il y a des mots dont je n'ai pas la traduction en français "pointu" (c'est comme ça qu'on appelle le parlé des Parisiens chez nous).

Babel : une félicité ! 
Mais ce n'est pas la transmission qui m'obsède. Seulement le plaisir des sens et du sens. J'aime à jouer avec les mots, surtout ceux là ! J'aime à partager mon bonheur mais je suis persuadé que mes enfants trouveront d'autres mots ailleurs pour trouver ce plaisir... C'est la fonction de la langue qui m'intéresse dans ces "jeux", pas la langue elle même. J'aime aussi à jouer avec le parler SMS ou ce que j'appelle le shortenglish, l'anglais de boutasse qui me permet de parler à un Espagnol ! Je serais plus près de la Bretagne ou nous parlerions plus ensemble je suis certain que je pidgimiserais aussi la langue celte avec délectation ! Aucune ferveur si ce n'est un respect total pour cet instrument de pensée, de structuration, de beauté, d'expression, d'échange, de compréhension qu'est une langue. Babel n'est pas une damnation mais une félicité ! C'est parce qu'on ne se comprend pas qu'on peut chercher à se comprendre ! Mais peu importe l'idiome. Il sera toujours porteur de sens et ouvrira à la poésie, à la science ou à l'échange si on veut la poésie, la science ou l'échange. Il ouvrira aussi à l'ostracisme et à la guerre si on veut l'ostracisme ou la guerre ! Donc, et " deomp d'ar gêr " , peu m'en chaut du breton, mais vive le breton !

Une société patrimoniale
Une autre réserve sur la notion de patrimoine et de sa conservation qui confine à la question philosophique.  Notre société actuelle est une société patrimoniale. Il faut conserver, protéger, restaurer, accumuler, transmettre... Je ne suis pas persuadé que ce soit une voie pérenne ! Je pense plutôt que cette volonté d'attachement matériel à la chose matérielle est un symptôme d'un mal beaucoup plus profond. Nous vivons une époque qui a perdu le sens de l'humain et qui à la fois scie la branche sur laquelle elle est assise tout en traitant le bois pour qu'il ne pourrisse pas ! Notre humanité se raccroche à ce qu'elle peut pour ne pas voir le néant dans laquelle elle se jette à corps perdu... Nous sommes essentiellement des êtres de passage, sitôt venus, sitôt partis. C'est dur à admettre mais c'est notre destinée humaine, environ 80 ans pour nous (et c'est déjà beaucoup plus qu'il n'y a pas si longtemps ! ) point à la ligne ! Les obélisques ou les pyramides de verre n'y changeront rien !

Heureusement, il n'y avait pas que des râleurs
Je ne crois pas au Progrès et ne veux faire ni table rase du passé ni fi de la modernité ! J'entends Hagège qui se lamente avec raison de la richesse perdue pour chaque mot oublié ! Mais je l'entends aussi dire la dynamique créative, intégrative de toute langue. Je suis certain que conserver s'oppose souvent à créer ! Créer c'est faire du nouveau avec l'ancien ! C'est dépasser l'ancien, le vu, le su pour en faire un à voir et un à savoir. Une langue, comme tout patrimoine doit vivre, créer, innover et... pourquoi pas disparaître ! Je ne suis pas nostalgique de toutes les grottes décorées à jamais disparues... mais je suis touché aussi par l'humanité qui a présidé à la décoration de celles que nous connaissons ! Je suis aussi persuadé qu'il a du se trouver des cro-magnons pour râler contre ces salopeurs de biotopes qu'étaient ces peintres à la noix qui passaient leur temps à taguer les cavernes ! Heureusement qu'il n'y avait pas que des râleurs...

Le débât n'est pas clôt
Une dernière réserve, historique celle là ! Tu la connais déjà, j'en ai déjà parlé... La construction de la France s'est faite essentiellement autour de l'imposition d'une langue comme langue commune. C'est un traumatisme important et je n'en nierais jamais ni les souffrances, ni les outrances ! Avec le recul du temps, nous, nous pouvons faire l'analyse d'une autre voie possible, une voie de respect et de bilinguisme... Je pense que ce point de vue est une reconstruction a posteriori et que d'une part elle n'apporte pas grand chose puisque les choses sont faites et que d'autre part les choix faits à l'époque étaient sans doute vécus comme nécessité historique ! Ça n'excuse rien pour la barbarie de la chose mais je crois importante la démarche historique évitant les reconstructions a posteriori.

Enfin une question, à prendre avec le sourire, mais pour réfléchir quand même : Quelle langue parlait les autochtones* avant que des Celtes leur tombent dessus et leur imposent leur langue ?

Tu vois, le débat n'est pas clôt ! mais je suis certain que toi comme moi continueront notre petit chemin fait de plus d'interrogations que de  réponses ! ce qui ne nous empêche pas de répondre... ou de chercher une réponse !

Merci pour le temps passé à écrire et à lire ! ce n'est pas du temps perdu même s'il n'est pas consacré à l'étude du breton.

Amicalement, GG"

* Note de la rédaction : Avant l'arrivée des Celtes, qui ont dominé l'Europe occidentale, et la Bretagne, pendant les siècles précédents l'empire romain (à partir du VIIIe siècle av-JC), le territoire de l'actuelle Bretagne était peuplé mais on ne sait pas grand-chose de ces populations, et encore moins de leurs langues. Il s'agissait peut-être des descendants des populations mégalithiques qui avaient dressé les menhirs il y a environ 5.000 ans...

Cette note répond à une note parue en avril que vous pouvez lire en cliquant ici : 

http://rezore.blogspirit.com/archive/2007/03/31/perak-e-v... 

Hag an destenn e brezhoneg :

http://rezore.blogspirit.com/archive/2007/03/31/perak-e-v...

10/07/2007

Et à La Réunion aussi, ça se corse !

La (petite) place du créole dans l'enseignement à La Réunion, semble être remise en question comme l'indique le site Le pacte des langues :

http://pactedeslangues.com/spip.php?page=une

09/07/2007

Montpellier : klasket 'vez brezhonegerion/On recherche des bretonnants

Setu ur gemenadenn a berzh ar gevredigezh Divskouarn :  

Ur gemennadenn zo bet laosket war pajenn-mañ foromoù lec'hienn genrouedad nevez 2skouarn :
http://divskouarn.free.fr/spip.php?article64#forum11 , an den zo o klask ur gentel, pe ur strollad brezhonegerien e bro Montpellier evit e vugale zo bet e skolioù divyezhek e Breizh. Ma anavezit tud, pe ma peus alioù da reiñ d'un den da lakaat e vugale da zerc'hel gant ar brezhoneg maez Breizh, laoskit ur gemennadenn war ar forom.

Bonjour, un message a été laissé sur la page suivante des forum du nouveau site de Divskouarn : http://divskouarn.free.fr/spip.php?article64#forum11  , il s'agit d'une personne qui cherche un cour de breton ou un groupe de bretonnants dans la région de Montpellier pour ses enfants qui, jusqu'à présent, ont été scolarisés en école bilingue. Si vous connaisser quelqu'un dans cette région, ou bien si vous avez des conseils à donner à des parents qui souhaitent continuer à offrir le breton à leurs enfants en dehors de Bretagne, laisser un message sur le forum."

Deskiñ okitaneg ? Pas e Paris/Apprendre l'occitan ? Pas à Paris

Kentelioù okitaneg a veze kinniget barzh ul lise e Noisy-Le-Grand, koste Paris, abaoe pell, hag heuliet get 36 krennard : ne vo ket mui adalek an distro skol 2007. N'eus ket afer (ezhomm) a gelenn ar yezhoù rannvroel er maez ag ar rannvroioù e lec'h ma vezont komzet... Evel ma vehe kelennet galleg nemet e Frans ! Displeget eo war al lec'hienn-se : 

Des cours d'occitan étaient dispensés dans un lycée de Noisy-Le-Grand, suivis par 36 élèves : ce sera fini à la rentrée prochaine.  Pourquoi ? L'enseignement des langues régionales n'aurait sa place que dans les régions où elles sont parlées. Comme si on n'enseignait pas le français hors de France... Les explications ici :

http://taban.canalblog.com/archives/2007/07/07/5547951.html

07/07/2007

Chasse à l'enfant dans le Loiret

Message urgent du Réseau Education sans frontière :

"Nous avons 96h pour empêcher l'expulsion de Christé, Jean-Pierre et Madely. Ce mercredi 4 juillet, premier jour des vacances, le préfet du Loiret à ouvert la chasse à l'enfant en faisant arrêter puis en envoyant en rétention Christé (8 ans), Jean Pierre (6 ans) et Madely (3ans) ainsi que leur mère Suzanna TUSSEVO et leur père Amado .
    Arrêtée à 11h30 à l'hôtel « Sauvage » à Orléans ils ont été conduits au Centre de rétention de Oissel (près de Rouen)  le soir même par la gendarmerie.
    La famille venant d'Angola, est en France depuis 2000. D'abord au CADA de Gien de 2001 à 2004, ils sont à Orléans depuis 2004.
    Christé a été scolarisé dès la rentrée scolaire 2001 à Gien, puis à Olivet et enfin à l'école de la Madeleine à Orléans.
    Ses 2 frères sont nés en France en 2001 et 2004. Jean Pierre était cette année à l'école maternelle de La Madeleine à Orléans et son petit frère doit rentrer à l'école maternelle en septembre.
    La famille avait déposé un dossier lors de la circulaire Sarkosy. Le rejet de leur demande (alors qu'ils remplissaient tous les critères) avait fait l'objet d'un recours hiérarchique qui n'a jamais eu de réponse.
    Contrôlés le 24 mai 2007, ils ont reçu alors une OQTF (obligation à quitter le territoire) qui a été contestée dans les délais et qui devaient être examinée par le Tribunal administratif d'Orléans.
    La préfecture du Loiret n'a pas attendu cet examen et a précipité les échéances en arrêtant cette famille. Cette précipitation inflige aux enfants et au reste de la famille une situation supplémentaire inhumaine et traumatisante.
    Le dossier est transmis maintenant au Tribunal administratif de Rouen qui va se prononcer dans les 96h.
    Arrêtons cette expulsion et cette nouvelle mise en prison d'enfants. Ces enfants sont d'ici, laissons les grandir ici !

    Faites savoir votre indignation et votre exigence que Christé, Jean-Pierre et Madely reviennent immédiatement à Orléans avec leur mère et leur père pour y retrouver leurs copains et leurs écoles. Que le Préfet renonce à toutes mesures d'expulsion et qu'enfin, cette famille soit régularisée. François (RESF 45)"


Mail du préfet :
 jean-michel.berard@loiret.pref.gouv.fr
Mail préfecture:
 internet@loiret.pref.gouv.fr 
Fax préfecture : 0238533248
Fax secrétaire général : 02.38.81.42.47