Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/10/2007

Webnoz Brec'h : war internet !

Kemenadenn a-berzh abadenn Webnoz : "Ma n’ho poa ket bet tro da welet ar WebNoz digwener, n’eo ket strikt : sellet outi adalek bremañ, ha pa garit ! Eskemmoù stank a oa bet war dem al lojeiz er Mor-Bihan, muzik kaer gant an Triorezed o doa gouvezet lakaat an holl er sal da ganañ, fent gant ar re o doa kinniget ar sketchoù bet prientet gante ’vit ar Sketchnoz aozet gant Kerlenn Sten-Kidna, ha ne oa ket kousket tamm ebet ar re vihan deut da lenn deomp… Ma, ne vo ket kontet pep tra deoc’h, kit da welet !

Si vous avez manqué la WebNoz de vendredi, bonne nouvelle : elle est en ligne et visible dès maintenant !
Les échanges entre les invités, sur le thème du logement en Morbihan, ont été plutôt riches. Les Triorezed ont su entraîner les spectateurs présents sur place, les futurs candidats de la Sketchnoz organisée par Kerlenn Sten-Kidna ont mis leur grain d’humour sur tout ça, et les enfants venus nous faire la lecture n’avaient vraiment pas sommeil !
On ne vous racontera pas tout, allez donc voir par vous-mêmes !

http://www.surlaplace.tv/voflashlive/live.php?stream=webn...

27/10/2007

Journée de la langue bretonne en Pays d'Auray : plus de 550 participants... sans compter les internautes !

f9f4de5be294d13d4ae4a27e7b71b97e.jpgCommuniqué de l'association Sten Kidna-Komzomp asampl, d'Auray, après la Journée de la langue bretonne, Devezh ar brezhoneg e Bro An Alré, qui a eu lieu vendredi dernier.

""Bugaleaj nevez" : c'est cette chanson que les enfants des écoles bilingues primaires du Pays d'Auray ont chanté en choeur avec Gilles Servat, vendredi matin, salle Emeraude, à Locoal-Mendon. 400 enfants, et quelques dizaines d'adultes, entouraient le chanteur, très ému. Gilles Servat évoque, justement, dans cette chanson qu'il a écrite, la "nouvelle enfance" de la langue bretonne. Et cette nouvelle enfance s'est exprimée autour de lui et avec lui, vendredi matin.
 

Montrer la dynamique de la langue bretonne en pays d'Auray : tel était le but de cette journée de la langue bretonne (Devezh ar brezhoneg), co-organisée par Douar Alré, Kerlenn Sten Kidna (Auray), Ar Vammenn (Locoal-Mendon), avec le soutien des enseignants et parents des écoles bilingues du pays d'Auray. La matinée a été consacrée aux enfants des écoles primaires et maternelles. L'école publique bilingue de Brec'h, ainsi que l'école Diwan d'Auray ont pris part, comme six des sept établissements bilingues privés du pays : Locoal-Mendon, Pluvigner, Pluneret, Mériadec, Sainte-Anne d'Auray et Plumergat.

bf89e93daaacfc2097d6c0f7aec27ed9.jpgDes tontons qui yoyottent et un bal breton
Les enfants ont tout d'abord assisté au spectacle des Tonton Yoyo, clowns qui, outre le breton, ont aussi distillé du français, de l'allemand, de l'italien et de l'espagnol dans leur spectacle... Puis vint le temps des chants communs, appris en classes : Korriganed pour les plus petits, Bugaleaj nevez pour les plus grands. Après la pause, la chanteuse Catherine Pasco a mené un bal breton, alternant le chant dans la danse et l'animation à l'accordéon depuis la scène. Trois quart d'heure de danses collectives et de chants à répondre : c'est aussi comme cela que l'on apprend à compter et à nommer les parties du corps tout en faisant un peu de sport...
 
Le soleil d'automne a permis à une partie des enfants de pique-niquer dehors tandis que les collégiens arrivaient sur le lieu de rendez-vous de la randonnée guidée en breton par Jean-Paul Rieux et Alain Le Buhé, qui partait de la chapelle Sainte-Marguerite en Locoal-Mendon. 80 adolescents des filières bilingues des collèges et lycée de Sainte Anne d'Auray et Nôtre Dame Le Ménimur (privés) et Kerfontaine, en Pluneret (public) ont visité une partie de la ria d'Etel tout en écoutant les explications historiques et géographiques de Jean-Paul Rieux : une leçon d'histoire (et de langues) à mettre en valeur en classe après les vacances. Là aussi, quelques adultes participaient à la promenades, destinée en priorité aux collégiens.

fc08ab18d981d1fcd4dea3c96e3e4071.jpgUn bar qui devient studio de télévision
La soirée était plutôt tournée vers les adultes. Douar Alré a invité Webnoz, émission de télévision en breton sur internet. Dès 11 h du matin les techniciens ont commencé à s'installer dans le Bar breton, au centre-bourg de Brec'h, qui est, progressivement, devenu un studio de télévision avec régie, caméras, spots, fils électriques partout, maquillage obligatoire pour les invités... Depuis plusieurs semaines l'équipe de Webnoz, aidée par les bénévoles de Sten Kidna, mettait en place le programme : débat à propos de la chèreté de l'immobilier sur la côte morbihannaise, sketchs, musique, rubriques diverses.
 
3afd7977cde9cd6b2c39e61df4b3d78b.jpg Alain Le Buhé, maire adjoint de Locoal-Mendon, Corentin Hilly, maire de Ploeren, Guigner Le Hénanff, maire de Pluvigner, et d'autres invités ont répondu aux questions du présentateur, Lionel Buannic. Les élus ont contré les critiques qui leur ont été faites de ne pas avoir anticipé la flambée de l'immobilier en répondant, notamment, que dehabitants, parfois, font pression sur leurs élus pour que les terrains soient classés constructibles afin d'en augmenter le prix. Certaines communes réalisent du logement social, des réserves foncières, encore faut-il qu'elles trouvent des terrains à acheter, t-ils souligné... Deux reportages ont montré les situations à Pluvigner et Saint-Philibert. Deux autres intervenants ont raconté leurs difficulté de jeunes salariés à trouver des terrains accessibles sans avoir à s'endetter pour trente ans. Le présentateur a fait état de terrains pouvant aller jusqu'à 900 euros le mètre carré à La Trinté-sur-Mer.


Des livres et des chanteuses
Le pays change, la langue bretonne évolue elle-aussi avec les nouvelles générations : des enfants de l'école Diwan d'Auray ont participé à l'émission en présentant des livres en breton nouvellement édité tandis que deux adultes, Christian Le Meut et Alan Monfort, présentaient des publications destinées plutôt aux adultes : la revue alréenne An Dasson pour le premier (elle est consacrée au voyage à New-York de la Kevrenn Alré à travers deux témoignages bilingues); un nouveau dictionnaire de breton vannetais et le second album de Gaston Lagaffe traduit en breton pour le second.
 
Chaque séquence était ponctuée par les chants des Triorezed qui, comme leur nom ne l'indique pas, sont quatre. Elles étaient accampagnées des trois musiciens et ont interprétées de très beaux chants du répertoire alréen. La soirée s'est poursuivie en sketchs. Kerlenn Sten Kidna organise un concours de sketchs en breton, Sketchnoz, le vendredi 9 novembre prochain à Pluvigner. L'équipe de Webnoz les avait donc sollicités pour présenter deux sketchs lors de l'émission. C'est ainsi que les spectateurs et internautes, purent assister à un entretien d'embauche un peu spécial ainsi qu'à l'arrivée... du Père Noël ! Celui-ci, pour "gagner plus" avait décidé d'instaurer une seconde tournée de cadeaux le 26 octobre... Pas de chance, il dut passer un test ADN pour entrer dans le pays... Test qui révéla qu'il n'était pas le fils de Saint-Nicolas, comme il le croyait, mais celui de Saint Cocacola ! Un café-théâtre en breton prometteur.

15.000 connections
Webnoz est réalisée en direct, une fois par mois, d'un lieu différent en Bretagne. Diffusée sur internet (site Brezhoweb, notamment) elle est vue par plusieurs milliers d'internautes à travers le monde : 15.000 visites pour les premières émissions réalisées il y a un an. L'émission d'Auray restera, comme les autres, sur le net pendant un an.
 
Pour l'association Sten Kidna, co-organisatrice de cette journée, le bilan est très satisfaisant."

21/10/2007

Education : inégalité et ségrégation...

Je sais, c'est dimanche, il n'y a pas école, mais quelques considérations sur l'Education nationale française ne font pas de mal pour autant; elles sont livrés par le Café pédagogique :

"L'OCDE juge le système éducatif français trop inégalitaire : en progrès mais socialement injuste. C'est ainsi que l'on pourrait résumer l'analyse faite par l'Ocde sur le système éducatif français dans la publication "Regards sur l'éducation" de l'OCDE.

L'organisation montre les progrès accomplis en France : la proportion de titulaires d'un diplôme de fin de second cycle du secondaire est passée de 60 à 80%  si l'on compare les 25-34 ans aux 45-54 ans. Pour les diplômes du supérieur on est passé de 30 à 40%.

Pour autant le système a ses points faibles. Ainsi la France, avec l'Allemagne, l'Autriche et le Portugal, se distingue par la faible proportion de jeunes de milieu défavorisé qui suit des études supérieures. C'est aussi un des pays où l'écart est le plus fort  entre autochtones et descendants de l'immigration pour le niveau scolaire. Alors que certains pays de l'OCDE ne font aucune différence de niveau entre les jeunes (comme l'Australie ou le Canada), la France se distingue par un écart de 20 points  entre ces deux catégories. C'est aussi un des pays où les élèves ont le moins d'ambition scolaire.

Sur le terrain budgétaire, les chiffres de "Regards sur l'éducation" montrent que la France connaît une croissance plus lente de ses dépenses d'éducation que la plupart de ses voisins. En effet les salaires des enseignants  sont nettement inférieurs à la moyenne de l'Ocde,le ratio prof / élèves plus élevé.(...)".

La ségrégation ethnique, premier cancer de l'Ecole française ?
"Une étude plus fine, comme celle que G. Felouzis a mené dans l'académie de Bordeaux , aurait sans doute révélé que ces inégalités s'accompagnent d'une ségrégation marquée pour certaines communautés. A Bordeaux, il a mis en évidence la ségrégation montante entre les établissements de l'agglomération. 10% des établissements scolarisaient 40% des enfants d'origine maghrébine. "Certains collèges sont de vrais ghettos scolaires comme leur quartiers d'implantation". Les établissements les plus ségrégués scolarisent entre 3 et 5 fois plus d'élèves allochtones que la moyenne et entre 2 et 3 fois plus d'élèves socialement défavorisés. Ce qui amène Felouzis et Joëlle Perroton à affirmer , dans "Améliorer l'école, PUF 2006,  que "le critère le plus déterminant dans la mise à l'écart de certains élèves est le critère ethnique" et à parler de "véritables ghettos scolaires".

Or certains pays de l'OCDE ne produisent aucune différence de niveau entre les jeunes autochtones et allochtones (comme l'Australie ou le Canada). Ce dernier pays affiche également des résultats bien meilleurs pour l'ensemble des élèves que les notres. Ce qui montre que le lien entre immigration et baisse de niveau n'est pas une fatalité.

C'est dire que l'Education nationale a aussi sa part de responsabilité dans cette situation, même si la ségrégation urbaine joue un rôle essentiel. Parmi les facteurs identifiés, il y a d'abord le processus de nomination des enseignants qui poussent les moins expérimentés à intervenir dans ces établissements.  Les politiques d'établissement jouent aussi un rôle. "Elles construisent souvent des filières d'excellence qui sont centrées sur des critères scolaires mais qui de fait renforcent la ségrégation" expliquait G Felouzis dans un article donné au Café. Au-delà c'est toute la politique de soutien scolaire qui est à adapter à ces élèves, particulièrement la place faite à leur langue dans l'Ecole.

Source : Regards sur l'éducation 2007 et le café pédagogique - article de G. Felouzis dans le Café
http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/larecherche/Page...

20/10/2007

Levr : Le littoral agressé

dc5ef4a7ae6c041aa9570cb31653ee6f.jpgN'eus ket pell zo m'eus baleet koste Sant-Filibert, ur gumun a zo e-tal ar mor, tost d'An Drinded. Ul lec'h bourrapl, e Bro Gwened, kreisteiz Breizh. Kaer eo get ar mor, an inizi Houad, Edig, Gerveur ha gourenez Kiberen a weler pa vez brav ha sklaer an amzer (alies-tre, kwa). An aod a zo chomet brav a drugarez da Mirva an aod (Conservatoire du littoral) hag en deus prenet ur bochad lec'hioù (traezhioù, koadoù...). Al lec'hioù-se a vez, bremañ, digor d'an holl evit mont da bourmen, da besketa war droad, da neuñvial, da zebriñ dirak ar mor... Ar baradoezh war an douar, me lâr deoc'h !

Mont a ran alies bras da Sant-Filibert, d'an hañv evit mont da neuñvial ha d'ar gouiañv da zistannañ... Met, n'eus ket pell neuze, m'eus baleet er gumun. Ha spontet awalc'h on bet. Er bleadeù 70 a oa bet savet e traezh Men er Beleg savadurioù bras,  hanter c'hant metr ag ar mor, e lec'h ma oa araok ur wern... Stanket oa bet ar wern. Kit pelloc'h, laboused ha houidi ! Gober traoù sort-se a vez difennet hiriv an deiz, eurus awalc'h. Ranndier evit ar re bitaod, ar re binvidik, a zo barzh ar savadurioù-se, hag a chom serret, didud kazimant unnek miz ar bloaz...

War lerc'h ne oa ket mui savet savadurioù bras met tier : tier partout hag e pep lec'h. 1.300 den a zo e chom e Sant-Filibert met ar gumun a zo ur chantier bras. Karterioù privez a zo bremañ, ur bochad, get pannelloù : "Difennet dont e barzh evit ar re n'int ket e chom amañ..." Degemerus. Aloubet eo er gumun get "eil tier", tier vakansoù kement d'en em c'houlenn ma chomo un nebeut tachennoù hep ti ebet... Ha geo, unan a chomo : ur "porzh sec'h" ("port à sec") savet pemp bloaz zo. Du-se e chom war an douar e-pad unnek miz bagoù ar re a lesk o zi didud ivez rak ne zeuont nemet durant ar vakansoù hañv... Ha c"hoazh... Tier vakansoù, porzh bagoù-vakansoù : Sant-Filibert (hag aodoù Morbihan geti) a za da vout ul lec'h evit ar vakansoù hañv. Ur sort "Breizhland". Hag an dud a zo e chom er vro ? Dezhe da vont pelloc'h da leskel an aod evit ar re bitaod, ar re o deus argant awalc'h evit preniñ tachennoù amañ ha sevel tier nemet evit o flijadur ha pas evit bout e chom e-barzh...

Sifroù, sifroù...
Setu sifroù ha statistikoù m'eus lennet barzh al levr-se, "Le littoral agressé", skrivet get daou gelenner a skol veur An Oriant, Yves Lebahy ha Ronan Le Délézir.  Hiriv an deiz, 60 % ag an dud a zo e chom e Arzhon (gourenez Sarhau) a zo tud a dri ugent vloaz pe muioc'h. Kentoc'h tudoù kozh evit bugale.

E broioù An Alré ha Gwened, nemet 45 % ag ar marc'had tier ha douar ("transactions immobilières") a vez bet graet get tud ar vro. Ha tost 25 % get tud enezenn Bro Frans (Ile-de-France).

E lec'hioù zo evel Damgan, tro dro 75 % ag an tier a zo tier vakansoù...

Er bloaz 2005 : 33.000 lojeriz a zo bet savet e Breizh (pevar departamant). 

E-pad pemp bloaz (bleadeù 2001-2005) priz an tier hag an douar n'eus kresket da 10 % bep bloaz... Ha talvoudegezh an tier ivez, evel rezon.

400.000 m2 a zo bet savet tier warne er bloaz 2003 er Morbihan; da lâred eo 11% ag an tachennoù bet savet tier warne e Frans a bezh ar bloaz-se.

- Le littoral agressé, Ed. Apogée, Diffusion Puf, 2006. 20 €.

En français : petites considérations sur la prolifération des maisons secondaires le long des côtes morbihannaises... La version française prochainement sur vôtre écran et quand j'aurai le temps !

16/10/2007

Livre : "J'arrive où je suis étranger" de Jacques Sémelin

36a5ad0d86fbb31f846c643a7aad1ac5.jpgVoir : c'est une chose habituelle pour la plus grande partie d'entre nous. Nous voyons, nous regardons les autres, la personne que nous aimons, les arbres, le ciel, la mer, la terre, la lune... Nous lisons, nous écrivons, nous courons, sans penser plus loin. C'est notre vie quotidienne.

Jacques Sémelin faisait aussi toutes ces choses-là quand il était enfant et adolescent. Un jour, au lycée, une infirmière lui demanda : "Est-ce que l'on vous a dit que vous deviendrez aveugle un jour ?"... Rétinopathie, c'est le nom de la maladie. Jacques ne le savait pas mais fit semblant... A l'âge de 16 ans, il avait déjà du mal à jouer au handball, il ne voyait pas la balle qui était trop petite; au football, Jacques était bon, mais plutôt du côté droit, du côté gauche il ne voyait plus très bien déjà.

Jacques Sémelin ne dit rien à ses parents. La première fois qu'il eut un rendez-vous avec une jeune fille ce fut de nuit, dans un terrain de camping... Il ne parvint pas à retrouver la tente de sa copine parmi les autres, à cause de la nuit noire. Dur dur...

Comment se marier en disant à sa femme : "Un jour, je ne sais pas quand, je deviendrai aveugle, pour de bon et pour toujours" ? Comment être père quand on ne peut pas lire d'histoires à ses enfants ? Comment être historien, et chercheur au CNRS, si vous ne pouvez lire vous-même ? Comment aller étudier aux Etats-Unis ? Comment écrire et éditer des livres ? 

Jacques Sémelin est devenu aveugle au milieu des années 80. Malgré sa maladie, malgré les difficultés, il est devenu mari, père, historien, chercheur aux Etats-Unis puis ensuite au CNRS, professeur, etc. Il explique le comment et le pourquoi dans ce livre émouvant. Comment, avec amour, volonté, foi, intelligence et... l'aide des autres, vous pouvez avancer plutôt que tomber.

Christian Le Meut 

Le titre du livre est tiré d'un poème de Louis Aragon :

"Rien n'est précaire comme vivre
rien comme être n'est passager
c'est comme fondre pour le givre
et pour le vent être léger
j'arrive où je suis étranger"


J'arrive où je suis étranger, Jacques Sémelin, Ed. du Seuil, 19,80 €.

Levr : "J'arrive où je suis étranger" get Jacques Sémelin

548db92cb84ca155a7e2faeab69583d8.jpgGwelout : un dra boutin eo evit al lodenn vrasan ac'hanomp. Ni wel. Ni sell doc'h ar re all, doc'h an den a garomp, doc'h ar gwez, an oabl, ar mor, an douar, an heol, al loar... Ni lenn, ni skriv, ni red, hep sonjal pelloc'h. Akourset omp, hor vuhez pemdeziek eo.

Jacques Sémelin a rae razh an traoù-se pand a oa eñv krouadur ha krennard. Un deiz, el lise, ur glañdiourez doa goulennet getan : "Ha lâret eo bet deoc'h penaos e teuec'h da vout dall un deiz bennak ?"... Rétinopathie, setu anv ar c'hleñved. Jacques ne ouie ket met graet en doa van... D'an oad a c'hwec'hzek vloaz, en doa poan dija e c'hoari handball, ne wele ket ar volotenn hag a oa re vihan; er fobal, Jacques a oa ur c'hoariour a feson, met kentoc'h d'an tu dezhoù, d'an tu kleiz ne wele ket mat.

Jacques Sémelin n'doa lâret netra d'e dud. Ar wezh kentañ en doa bet un emgav get ur verc'h yaouank, a oa da noz, barzh un dachenn kamping... N'en doa ket kavet en dro deltenn e zousig e-touez ar re all a gaoz d'an noz teñvel. Diaes !

Penaos en em zimeziñ e lâret d'e wreg : "Un deiz bennak, n'ouion ket pegoulz, e teuin da vout dall, da vat hag a viskoazh" ? Penaos bout tad ma n'hellit ket lenn istorioù d'o bugale ? Penaos bout istouror, ha klaskour barzh ar CNRS, ma n'hellit ket lenn ho-unan ? Penaos monet da studiañ er Stadoù-Unanet ? Penaos skriv hag embann levrioù ?

Jacques Sémelin zo daet da vout dall e kreiz ar bleadoù pevar ugent. Daoust d'e gleñved, daoust d'an diaesamentoù, daet eo da vout gwaz, tad, istorour, klaskour er Stadoù Unanet hag ar lerc'h er CNRS, kelennour, ha c'hoazh. Displegiñ a ra ar penaos hag ar perak barzh al levr fromus-se. Penaos, get karantez, youl, feiz, spered ha... sikour ar re all, e c'hellit mont araok ha nompas kouezhel.

Christian Le Meut 

An titl a zo tennet ag ur barzhonneg skrivet get Louis Aragon :

"Rien n'est précaire comme vivre
rien comme être n'est passager
c'est comme fondre pour le givre
et pour le vent être léger
j'arrive où je suis étranger"

J'arrive où je suis étranger, Jacques Sémelin, Ed. du Seuil, 19,80 €.

15/10/2007

Gwirioù mab den/Droits de l'Homme : manifestadeg e Roazhon/manif' à Rennes

Disadorn 6 a viz Here, ur vanifestadeg a oa bet aozet e Roazhon e-tal ur greizenn nevez savet evit toull-bac'hiñ an estranjourion a c'houlenn bout degemeret e Frans. Fanny oa aet da vanifestiñ, setu ar vanifestadeg displeget geti. Unan a vo, war e seblant, bep miz. Le samedi 6 octobre dernier une manifestation a eu lieu devant le nouveau centre de rétention de Rennes pour les étrangers. Voici le témoignage de fanny sur cette manifestation qui devrait être mensuelle (en breton uniquement) :

"Kement a dud (etre 500 ha 600), kement a dud yaouank, deuet deus Angers, Montroulez, Breizh a-bezh ... evit difenn gwirioù an dud a zo kaset amañ e Roazhon, e-barzh ar greizenn nevez, nepell deus an aerborzh Sant Jakez a rae vat d'ar stourmerien kozh !
500 den, nebeut tre a bolitikerien, met ur bern tud yaouank, tud deuet evit diskouez fulor ar geodedourien a zo aet skuizh da welet al lezennoù da vezañ ken strizh, da lakaat bugale en toullbac'h.

E 2001, bro C'hall a nac'he ar statud repuiad (refugié) da 22 440 den, e 2005 da 60 000 den. E 2005, 1012 plas a oa e greizennoù "rétention" bro c'hall, e gwir 28 200 den a zo bet dalc'het enno. E 2007, chom a reont ur mizvezh er greizenn a-raok bezañ skarzhet deus o pro, hep bezañ kelaouet en a-raok. N'eus ket muioc'h a dud dibaper an deiz a-hiziv : al lezenn a ra bemdez tud dibaper nevez, ha koulskoude ar "solde migratoire" zo war an digresk.  Evit a re a zo dimezet gant ur gwreg pe ur gwaz gall, ret eo dezho gortoz tri bloavezh a-raok bezañ Gall d'o zro (gant Chevenement, ur bloavezh, daou pa oa Sarkozy ministr an Diabarzh, ha tri bloavezh e 2006).

Disadorn, dindan klouarder an heol penn kentañ an diskar amzer, veze gwelet kalzig a dud o kemer ar gomz, o klask stummañ ar re all, tud all oa o klask mont e darempred gant an 60 CRs a oa a-dreñv ar porrastel "anti-émeutes". Sonerezh, tabutoù, graffoù farsus, tud o vont da gejañ gant kliented salons park an diskouezadegoù : "Itron, graet eo bet an test ADN d'o oto ? N'o ket bet mat, ret e deoc'h tostaat ha mont d'ar greizenn gaer a zo bet savet, 500 metr deus park ar c'hirri-mañ ...." a zikoueze ar spered mat a oa gant ar strollad.

100 CRS...
Met prest e oa 100 CRS da zont evit adlakaat an urzh dirak ar greizenn. Da 8 eur noz (evit bezañ dieubet evit ar match da 9 eur, rugbi Bro C'hall/Breizh Veur ? ) e oa ar CRS o tostaat. Aze eo bet diaesoc'h d'ar c'hennurzhiañ Roazhon sioulaat an holl ha mont kuit buan, giz e oa bet lavaret e penn kentañ ar vanifestadeg. Tud a zo chomet azezet war ar straed, hag aze, e 5 mn o deus ar CRS kendalc'het da vale o tougen ar re azezet, o reiñ diouzhtu taolioù skourgez, ha bombezennoù lacrymogène o trubuliat pep tra. Dre chañs, goude bezañ graet tro ar vourc'h (100 CRS a-dreñv 100 manifester) ne oa ket  bet a daol fall, den ebet kaset d'an ospital, den ebet lakaet en toull evit an noz...

Kenderc'hel a ra stourm an dud a youl-vat. Bemdez tud ESF (education sans frontières) a ya da welout an dud er greizenn Roazhon (60 a zo, koubladoù, tud o-unan, familhoù). Bemdez e Breizh hag e lec'h all e :-) vez gwelet tud o skoazell ar vugale hag ar re yaouank o deus ar gwir da vezañ skoliataet amañ er bro C'hall. Alain Menjadeu e Kemperle a chomo e Breizh. Kirriegezh pep hini ac'hanomp eo : diwall ouzh ar c'hresk  strizh ar spered a zo hiziv an deiz er vro-mañ ..."

Fanny Chauffin

12/10/2007

Mélenchonneries (suite)

Le propos de Jean-Luc Mélenchon sur la Breiz Touch, la langue bretonne, etc, ont été largement commentés, notamment de manière intéressante sur ce site internet (trugarez Alwenn) :

http://embruns.net/carnet/actus-et-opinions/breizh-atao-1...

Frans 3 : magerezed e brezhoneg/des nounous brittophones

Kemenadenn a-berzh kevredigezh Divskouarn/communiqué de l'association Diskouarn :

"Dec'h zo bet un tamm reportaj diwar-benn abadennoù buheziñ e brezhoneg evit magerezed Lanniliz ha Treglonoù. Divskouarn en doa lakaet ar gevredigezh magerezed hag An Oaled e darempred. Kit da welet anezhañ war :
http://ouest.france3.fr/videojt/
ret eo dibab Iroise (abadenn ar yaou 11/10)

Un petit reportage a été diffusé hier sur Fr3 Iroise, à propos des temps d'animation en breton pour les enfants des assistantes maternelles de Lannils et Tréglonou. Divskouarn avait fait le lien entre l'association de nounous et An Oaled, vous pouvez visioner le reportage sur :
http://ouest.france3.fr/videojt/
Choisissez Iroise, l'édition du 11/10

ONU : une visite qui n'a guère fait de bruit...

Une experte indépendante vient d'enquêter en France pour le compte de l'ONU, sur la situation des minorités. Cette visite n'a guère fait la une des médias, et les conclusions sont plutôt passées sous silence... Etonnant, non ? Voici ce qu'écrit à ce sujet le site Eurominority:

"L'Organisation des Nations Unies a mandaté une experte indépendante pour faire le point sur la situation des minorités en France. Mme Gay McDougall conclut son rapport de manière sévère. Elle critique la manière dont les immigrants sont traités. Selon ses conclusion en France, le racisme est « vif et insidieux ». Racisme qui est souvent « dirigé contre les minorités 'visibles' d'ascendance immigrée ». Elle attaque donc les « rigides notions de l'identité nationale française », qui refusent les différences culturelles, religieuses ou linguistiques. L'ONU a rappelé, dans ce sens, le « refus historique » de la France d'admettre le concept de « minorité » en son sein. La reconnaissance des différences ne doit pas être considérée comme une menace aux principes d'unité et d'égalité. « En France, il reste beaucoup à faire pour accepter la diversité culturelle » a-t-elle conclu recommandant d'établir un cadre étatique pour mettre en marche des politiques effectives pour en finir avec la « discrimination généralisée » contre les minorités."

http://www.eurominority.eu/version/fra/reports-detail.asp...

09/10/2007

Guevara : "Chenavo", Che !

1175407ed2e3a99e991379c2817491e1.jpgMarv eo Che Guevara d'an 9 a viz Gouel Mikael (Here) 1967, daou ugent vloaz zo : setu ar pezh a skriven a ziar e benn e 2004/Che Guevara est mort le 9 octobre 1967, il y a quarante ans exactement. Voici une note écrite il y a trois ans sur lui, elle ne semble pas avoir eu de version en français, un résumé est en fin de texte...

"Ni zo ni, e Bro Gwened, er vro “Tche,Tche”. “N’eo chet mat” a zistagomp-ni tra ma vez laret “n’eo ket mat” get brezhonegerion all a Vreizh Izel. Ha setu ni, Gwenedourien, deuet da vout ar re “Tche, tche”. Ya, met ur pouez mouezh, un aksent brav hon eus-ni, kani ar c’hreistez... Ha mechal ma n'eus ket un dra gwelloc'h evit komz brezhoneg : komz gwenedeg, pe tregerieg,  pe kerneweg, pe leoneg... Da lâret eo un brezhoneg get liv ur vro, ha pas re sterilizet.

Met ur vro all a vez graet ivez anezhi bro ar re  “Tche, tche”. Ha nend eo anezhi nag e Breizh, nag e Frañs. Deomp da gostez Amerika ar Sud. Tud Arc’hantina a lâr ivez bepred “tche” e penn kentañ o frasennoù. Ar pobloù all ag Amerika ar Su a ra goap doc’h an Arc’hantiniz a-gaoz d’an dra se, un tammig evel e Breizh e vez graet goap d'ar Gwenedourion. Hag a gres ar feson-se da gomz ul lesanv (moranv) zo deuet da vout brudet er bed a-bezh : "Che", lesanv roet da Ernesto Guevara. Ma ne oa ket Gwenedour anezhañ ‘vel-se oa bet lesanvet atav get ar Gubaniz a pa oa deuet da sikour gete ober an dispac’h kement-se abalamour d’e vodell da grog rac’h e frazennoù get “Tche”.

Carnet de route
E 2004 ur film oa bet lakaet er-maez a ziàr-benn yaouankiz Che Guevara. «“Carnet de route” e vez graet ag ar film se. Ennañ e wellomp ar veaj kentañ graet dre Amerika ar Sud e 1952 get Ernesto, medisinour yaouank d’ar c’houlz-se, hag ur mignon dezhañ. Ober a rezont hent àr o moto kehet ha ma en doa padet ha harzhet o marc’h; goude-se o doa dalc’het da vonet war-droad. Hag ‘vel-se o doa bet an tu da welet ur bern traoù dreist pep-tra pemdez ar re a yae dalc’hmat war-droad: ar re baour, al labourision-douar, hag an Indianed ag Amerika ar Sud... Sonjoù politikel a zeu e penn Ernesto Guevara é welet buhez ar re baour...
Ar film zo brav ha bourrapl bras. Reiñ a ra da weled ur paotr yaouank karadek ha jenerus met n’eo ket nemet ur film, ne ziskouez ket razh ar wirionez.

Demokratelezh ebet
Goude ar veaj-se en deus graet Ernesto Guevara unan arall betek Mec’hiko. Du hont en deus en em gavet get Kubaniz repuet eno; unan ag ar re-se a oa Fidel Castro. Hag ar lerc'h ar “Che” Guevara zo deuet da vout ur penn bras ag an dispac’h e Kuba. Guevara e-unan en deus lazhet tud e-pad ar brezel ; lod-all a zo bet lakaet d’ar marv getañ ha get e soudarded, fuzuilhet hep bout bet barnet. Pell ag an demokratelezh oa sonjoù politikel Che Guevara. N’eus ket bet a votadegoù e Bro Kuba, da skouer, goude an dispac’h. Ar c'hazetennoù a zo bet lakaet dindan gwask ar galloud; n'eus nemet ur strollad politikel; ar sindikadoù n'int ket libr hag an dud n'o deus ket ar gwir da sevel kevrediegezhioù; tud a zo toull bac'het a gaoz d'o mennozhioù...

Guevara ‘zo bet lakaet da vinistr ur wezh bountet er maez an diktatour Batista, e 1959. Neoazh ne oa ket en e soñj chom e Kuba, met kentoc’h c’hwezhiñ tan an dispac’h er-maez ag an enezenn ha stourm ‘vel-se doc’h ar c’hapitalism. Ur wezh aet kuit a Guba, e 1965, e yeas Che Guevara da Gongo evit sevel brezel diabarzh du-hont. Afochet e draoù getañ : ne grogas ket tan ar freuz e Kongo. Klask a reas goude ober ar memp tra e Arc'hantina met hep monet di doc’htu : kollet c’hoazh, ha lazhet get an arme ar re o doa savet ar guerilla. Ha da Volivia da achuiñ. Eno e oa bet lazhet e 1967 get soudarded a Volivia hag ar CIA...

"Chenavo" Che !
Abaoe ar mare se, 40 vloaz zo, emañ daet Che Guevara da vout ur sort mojenn evit ur bern tud er bed a bezh. Ur sort Zorro a sikoure a re baour, un «tad dispac’hour»... Brav a-walc’h, met penaos e vehe deomp disoñjal penaos penn aheurtet eo bet an den-se, pegen kriz eo bet a pa venne bountiñ en toull an holl re na oant ket ar memp soñj getañ ! … Setu-ni pell ag ar vojenn… romantel ! Gras deomp, Gwenederion, pas bout maget an Tche en hor-mesk ! Soñjit ‘ta : e vehe bet daet dezhañ krogiñ get e vrezel a-enep ar c’hapitalism e Bro Wened, dre-mañ, e-kostez koadeier Kamorzh pe Kistinig. Waioù ! Waioù ! Ma zud paour ! …
Hasta siempre paotr, “Chenavo” deoc’h.
Ha bevet an dispac’h difeulz, didaer : bizkoazh “che”mend all !

Christian Le Meut (sikouret get ur mignon evit ar brezhoneg met ne faota ket dezhan bout merchet)

Résumé en français : Che Guevara est mort il y a quarante et il fait l'objet depuis d'une adulation romantique largement exagérée. Le personnage historique a des aspects sympathiques, comme sa contestation de l'impérialisme étasunien que suivra sa contestation de l'impérialisme soviétique, mais il a aussi sa part sombre. Pendant la guerre contre la dictature, la colonne que dirigeait Guevara a procédé à des exécutions sommaires. Une fois la dictature vaincue, la révolution cubaine n'a pas instauré un régime démocratique, loin de là. Puis les tentatives de Guevara d'exporter la révolution ailleurs, en Afrique et en Amérique latine, ont échoué, notamment à cause d'erreurs par le "Che" lui-même.

Lenn ? Ur blijadur/Lire ? Un plaisir !/ Ur "mizvezh" pe ur spurmant ?*

b175d07c80eacf538c6d0a2768825196.jpg"Lenn ? Ur blijadur !" a lâr ar skritell-se. Evel bep bloaz e vez embannet skritelloù get ar "Centre régional du livre (CRL)" evit brudiñ al lenn e-pad "Mizvezh al levrioù e brezhonek". Met, estroc'h evit ar skritelloù-se a vez lakaet e stalioù-levrioù zo,  ne vez ket gwelet kalz a dra all... Ha m'eus gwelet netra war lec'hienn internet ar CRL evit goueit pelloc'h. Met a-du on get ar slogan : lenn a zo ur blijadur vras, a gav din, e brezhoneg hag e galleg.

"Lire ? Un plaisir !" dit cette affiche. Comme chaque année, des affiches sont éditées par le Centre régional du livre (CRL) pour promouvoir la lecture pendant "Le mois du livre en breton". Mais, si ce n'est ces affiches que l'on voit dans les certaines librairies, il ne se passe pas grand-chose d'autre... Et je n'ai rien vu sur le site internet du CRL pour en savoir plus. Mais je suis d'accord avec le slogan : lire est un plaisir pour moi, en breton et en français.

 http://www.crl-bretagne.fr/index.php

* "Ur mizvezh pe ur spurmant ? Un mois ou un fantôme ?"