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28/12/2005

Nathalie Le Mel, un Bretonne à la tête de la Commune de Paris

Voici l’histoire surprenante d’une Bretonne, Nathalie Le Mel, née Duval, militante ouvrière qui s’est retrouvée à la tête de la commune de Paris. Nathalie Duval naît donc à Brest en 1826, sous le règne de Charles X. Elle se marie seize ans plus tard avec Jérôme Le Mel, en 1845 sous le règne de Louis-Philippe. Le couple a trois enfants, et il tient une librairie à Quimper, de 1849 à 1861. Nathalie Le Mel est une femme instruite avec des idées politiques de gauche, concernant, notamment, les droits des femmes.

Membre active de l’Internationale
En 1861, sous le règne de Napoléon III, le couple décide d’aller travailler à Paris. Là, Nathalie Le Mel devient relieuse. Les ouvriers n’ont pas le droit de créer de syndicats, alors elle participe à des “sociétés ouvrières” qui en font office. A l’époque, les femmes sont moins payées que les hommes (c’est encore le cas aujourd’hui, mais ce n’est plus légal). Nathalie participe activement aux grèves de 1864 et 1865 qui obtiennent, notamment, l’égalité des salaires pour les hommes et les femmes dans les ateliers de reliures. Elle est une membre active de la première internationale, créée en 1861 à Londres par Marx, Engels et Bakounine, pour rassembler les ouvriers du monde entier... Nathalie est placée à la tête d’un restaurant ouvrier, “La Marmite”, où l’on mange pour pas cher et où l’on parle beaucoup politique. Cela ne plaît guère à la police, qui la surveille, ni à son mari. Non seulement Jérôme Le Mel est devenu alcoolique mais il demande à sa femme de cesser ses activités politiques. Elle refuse, ils se séparent mais Nathalie continue de s’occuper des enfants.

Nathalie Le Mel sur une barricade
Guerre dans le couple, guerre dans le pays. Napoléon III déclare la guerre à l’Allemagne. Il est vaincu. La république est proclamée à Paris mais, rapidement, la commune de Paris refuse la politique du gouvernement de M. Thiers, qui se retire à Versailles. Nathalie Le Mel est une des femmes les plus actives de la commune des Paris. Elle créé l’Union des femmes qui y participe activement. Mais le gouvernement de Versailles envoie la troupe réprimer la commune de Paris. L’Union des femmes fournit des infirmières aux soldats communards. Mais les combats s’intensifiant, certaines femmes, dont Nathalie Le Mel prennent les armes et tiennent des barricades. La répression fait 20.000 morts. Nathalie Le Mel est arrêté, jugée, condamnée à la déportation à vie. Elle fait face à ses juges.

Déportée en Nouvelle-Calédonie et solidaire des Kanaks
Elle est déportée en Nouvelle-Calédonie dans le même bateau que Louise Michel. Les deux femmes sont amies, même si elles ne sont pas souvent d’accord. Louise Michel est proche des anarchistes, Nathalie est proche des socialistes... Louise Michel emporte avec elles dans son exil des livres en langue bretonne, pour apprendre la langue, notamment une grammaire, peut-être donnée par Nathalie Le Mel.  Nathalie reste six ans en Nouvelle-Calédonie, malade et éloignée de ses trois enfants... Elle est, comme Louise Michel, scandalisée par le traitement réservée à la population kanake : de plus en plus de terres sont prises aux Kanaks et les Français n’accordent aucun respect à leur culture. Étonnement, la majorité des communards déportés approuve la politique coloniale française... Pas Nathalie Le Mel ni Louise Michel. Cette dernière ouvre une école pour apprendre à lire et écrire à des enfants kanaks.

Une très longue vieillesse
Revenue à Paris en 1878, Nathalie Le Mel travaille comme ouvrière dans différents journaux. Toujours présente aux commémorations de la commune... Ses enfants morts, très pauvre elle-même, il n’y a quasiment plus personne pour s’occuper d’elle. Elle vit dans une pièce insalubre. Placée dans un hospice, elle y meurt le 25 mai 1921, au temps des cerises et à  l’âge de 96 ans.
L’histoire de Nathalie Le Mel est racontée dans un livre écrit par Eugène Kerbaul (décédé en août 2005) et intitulé : “Nathalie Le Mel, révolutionnaire et féministe”. Ce livre, édité à compte d’auteur, a été réédité par Le temps des cerises mais il est, hélas, épuisé... Il sera peut-être réédité en fin de cette année. Nathalie Le Mel n’a pas écrit ses mémoires. D’autres membres de la commune ont laissé des témoignages. Pas elle, et sa mémoire est un peu oubliée aujourd’hui. C’est dommage.
Christian Le Meut

Le livre "Nathalie Le Mel, une communarde bretonne, révolutionnaire et féministe" d'Eugène Kerbaul a été réédité aux éditions Le Temps des cerises,6 av. Edouard Vaillant, 93500 Pantin. Tél : 01 49 42 99 11.

http://www.letempsdescerises.net

Nathalie Le Mel, ur Vretonez e penn Kumun Pariz

Ur vuhez souezhus eo, buhez Nathalie Le Mel, ganet Duval. Ganet e Brest er bloaz 1826 ha dimezeet get Jérôme Le Mel e 1845... Ur stal levrioù oa bet dalc’het geti hag he gwaz e Kemper, e-pad daouzek vloaz, betek 1861, mare Napoléon an trived... Tri krouadur zo ganet en tiad-se. Ur vaouez desket oa  get sonjoù politikel ha sokial a gleiz, evit lakaat gwirioù ar merc’hed da vont araok, da skouer.

Nathalie hag he gwaz oa aet kuit evit moned da labourat e Paris e 1861. Du-hont Nathalie doa kavet ul labour evel “keinerez”. D’ar mare-se ne oa ket droad, e Frans, sevel sindikadoù. Kevredigezhioù, “sociétés” e galleg, veze savet neuze get ar vicherourion d’en em dolpiñ ha d’en em zifenn, ha Nathalie da vont e-barzh “kevredigezhioù” sort-se. D’ar prantad-se ar merc’hed veze paeet nebeutoc’h evit ar baotred. Ne oa na just, na reizh, met mod-se oa; dilezel eo hiziv an deiz me, neoazh, gobr ar merc’hed a chom izeloc’h evit gobr ar baotred. Nathalie Le Mel oa bet e penn an diskrogoù labour a oa bet dalc’het e Pariz er bloaz 1864 ha 1865. Hag a-gres d’an diskrogoù labour-se, ar merc’hed a laboure er stalioù “keinerezh” oa bet paeet evel ar baotred. Nathalie Le Mel oa daet da vout unan ag ar pennoù bras an Etrebroadel kentañ e Paris. An Etrebroadel oa bet savet e Londrez tri bloaz araok, get Marx, Engels ha Bakounine evit tolpiñ micherourion ar bed a-bezh.

E-penn “La marmite”
Goude-se, Nathalie Le Mel oa bet lakaet e-penn ur preti, anvet La Marmite. Ar stal se oa bet savet evit reiñ boued marc’hadmat d’ar vicherourion hag evit komz politik e-barzh. Ar bolis a daole ur sell ar-zu Nathalie hag he stal. Hag ar pezh a rae Nathalie ne blije ket tamm ebed d’he gwaz Jerôme, ivez. Hennezh n’doa troet fall : ul lonker bras oa daet da vout Jérôme Le Mel hag, oc'hpenn-se, eñ a faote paraat doc’h e vaouez a ober politik. Setu dispartiet an daou-se, pep hini d’e du. Met Nathalie a gendelc'he d’ober war dro he bugale.

Ur brezel etre Fransizion
Brezel oa er c’houplad-se, met brezel ivez etre Bro-Frans ha Bro Alamagn... Goude bout trec’het Napoléon an trived get an Alamaned, ar re-se oa erruet tro dro da Baris. Ar c’hrogadoù oa echu, ur republik oa bet savet e-lerc’h an impalerezh. Met kumun Paris ne oa ket a-du, tamm ebed, get gouarnamant an aotrou Thiers hag hennezh oa aet kuit betek Versailles e-lec’h chom barzh ur gerbenn en dispac’h... Ha Nathalie Le Mel, begon, startijenn geti c’hoazh, da sevel ur strollad evit ar merc’hed, “Unvaniezh ar merc’hed”, renet geti ha micherourezed all. Ar strollad-se a c’houlenne ingalded etre merc’hed ha paotred, hag ar justis sokial. Nathalie Le Mel oa unan a-verc’hed brudetan ar C’humun, get Louise Michel. Met ar gouarnamant staliet e Versailles ne faote ket dezhan lakaat Kumun Paris da vont araok; kaset n’doa an arme evit hi flastriñ... Ur brezel oa bet, etre Fransizion, Bretoned e-barzh, hag ar gumunarded da vout trec’het get an arme... Nathalie Le Mel hag he strollad merc’hed oa klandiourezed, kentoc’h. Met Nathalie doa dalc’het ur “barrikade” e-pad peder euriad, get merc’hed all, e tenniñ war ar soudarded.

Kaset da Galedonia Nevez...

Ur wezh echu ar Gumun, Nathalie Le Mel oa bet arrestet, barnet ha kondaonet da vout kaset da Galedonia Nevez get kumunarded all, ha chemel ase betek fin he buhez. Louise Michel ha Nathalie Le Mel oa bet kaset du-hont barzh ar memes bag. Louise Michel doa kemeret geti levrioù brezhoneg da zeskiñ hor yezh; ur yezhadur roet dezhi, marteze, get Nathalie Le Mel... Honnezh ha Louise Michel oa mignonnezed, met ne oant ket a-du kement-se. Nathalie oa tost d’ar sokialourion, ha Louise tostoc’h d’an anarkourion... Chomet int c’hwec’h vloaz er Galedonia Nevez. Nathalie oa klanv aliez, ha pell d’he bugale... Nathalie ha Louise oa bet spontet e wellet ar pezh veze graet d’ar re gKanak. Tapet veze dezhe muioc’h mui a zouar get ar Franzision hag ar re se n'o doa doujans ebet evit o sevenadur. Louise Michel 'doa savet ur skol evit deskiñ lenn ha skriv da vugale Kanak...

Marv d’an oad a 96 vloaz
Ur wezh deuet en dro da Baris, Nathalie Le Mel doa labouret e kazetennoù-zo. Met paour bras oa, ha klañv. Kaset oa bet d’an ospis. Nathalie oa erru kozh, met mont a rae bep bloaz da lidañ Kumum Paris. Trist eo bet fin he buhez. Marv oa he bugale ha ne oa ket kazimant den ebed evit ober ar he zro. Marv eo d'ar 25 a Viz Mae 1921, d’an oad a 96 vloaz. Istoer Nathalie Le Mel zo kontet barzh ul levr skrivet e galleg get Eugène Kerbaul hag anvet “Nathalie Le Mel, révolutionnaire et féministe”. N’he doa ket kontet he buhez he-unan dre skrid. Domaj eo.

Christian Le Meut

Eugène Kerbaul zo marv e miz Eost 2005. E levr zo bet adembannet get ar strollad : "Amis de la Commune de Paris", 46 rue des Cinq diamants, 75013 Paris.

19/08/2005

Les prolos*

Attention messieurs dames, écoutez bien : je vais vous livrer un scoop, une information extraordinaire : il y aura bientôt une émission intéressante à la télévision ! Je répète : il y aura bientôt une émission intéressante à la télévision ! Oui, je sais, vous trouvez ça incroyable, impossible, mais si, je vous l’assure, ce n’est pas de la science fiction, juste un petit miracle. Bon, évidemment, je modère tout de suite votre enthousiasme, elle va être diffusée à 22h50. C’est évident, il ne faudrait pas risquer que des enfants ou des personnes trop sensibles là voient, le manque d’habitude risquerait de les traumatiser... Évidemment, elle ne passera pas sur la une, mais sur la deux, comme quoi le service public ne fait pas que suivre les chaînes commerciales et peut avoir une programmation différente... Mais pas avant 22h50. Faut pas exagérer.
Il se trouve que j’ai vu au cinéma le documentaire qui va passer bientôt. Il est intitulé Les Prolos. Le réalisateur, Marcel Trillat, un journaliste chevronné, est allé à la rencontre du monde ouvrier. Et oui, de plans sociaux en délocalisations, on finissait par croire qu’il avait disparu, le monde ouvrier. Or il y a encore six millions d’ouvriers et d’ouvrières à se rendre chaque jour au travail en France. Et Marcel Trillat les a suivis dans six entreprises. Dans de grosses entreprises, comme Renault, où le syndicalisme est une culture d’entreprise, dans de plus petites entreprises comme celle établie en Isère où aucun syndicat ne s’est jamais implanté.

Queen Mary : bateau pour riches construit par des pauvres...
On découvre même, dans une autre boîte, un syndicat CGT qui travaille main dans la main avec le directeur pour améliorer la rentabilité, ce qui a permis d’éviter le démantèlement d’un des services destiné à être livré à la sous-traitance. Délégué syndical et directeur sont allés ensemble rencontrer les actionnaires de la multinationale propriétaire et ont réussi à les convaincre d’éviter de vendre ce service. Pari gagné pour cette fois, mais sans illusion: on voit bien que le directeur comme l’entreprise peuvent être délocalisés d’un jour sur l’autre...
Et puis Marcel Trillat et son équipe sont venus en Bretagne, plus précisément à St Nazaire, aux chantiers de l’Atlantique qui fabriquent le Queen Mary. Là, interdiction de filmer, les scènes sont donc en caméra cachées. On découvre des conditions de travail dignes de Germinal : des ouvriers soudeur qui étouffent, sans masque dans des endroits confinés, des ouvriers sous-payés, des toilettes qui ne méritent pas ce nom... Tout tient en un mot : sous-traitance, voir sous-sous traitance, et main d’oeuvre étrangère. Ici, les corporations ne se connaissent pas mais se tirent la bourre pour suivre les plannings. Les ouvriers ne se connaissent pas car travaillant dans des entreprises différentes, voire en intérim.

La course poursuite du cégétiste
On suit même un délégué syndical qui a pris en chasse un camionnette dans laquelle sont montés des ouvriers étrangers, pris en charge complètement par leurs employeurs : logés, nourris, encadrés... Ces ouvriers sont moins payés que ne le seraient des ouvriers français, ce qui est illégal... mais le travail syndical est compliqué par le fait que le monde ouvrier est ainsi atomisé par la sous-traitance et le recours à une main d’oeuvre qui accepte des conditions de travail illégales. Certains se rebiffent toutefois, et font grève, comme cela a été le cas à Saint Nazaire... Le Queen Mary, fabriqué à St Nazaire, sillonnent les mers désormais, avec sa clientèle de passagers fortunés. Marcel Trillat a montré l’envers du décor.
Et il emmène aussi ses spectateurs dans les rues de Paris ou des salariés, d’origine étrangère, sillonnent les rues la nuit en mobylette pour aller sortir les poubelles, et les ranger une fois que sont passées les ramasseurs. Un peu partout, les syndics ont supprimé les concierges et ce sont donc ces coursiers qui les remplacent. Celui qui est filmé avait eu un contrat de travail de quinze heures par jour, sans congés hebdomadaires... Après quelques mois, et quelques accidents, ll a avisé l’inspecteur du travail qui a fait... son travail, et a débarqué chez l’employeur. Le contrat a été saisi, et rectifié.
Il y aurait donc encore des freins à l’esclavagisme moderne ?

Christian Le Meut

* Chronique diffusée en 2003 sur Radio Bro Gwened

29/04/2005

Un jour férié en moins...

Ainsi donc le gouvernement a décidé de supprimer un jour férié pour, soi-disant, financer l’aide aux personnes agées. Le lundi de Pentecôte est ce pauvre jour férié devenu jour travaillé...
Et bien je vous le dis, je suis d’accord avec le gouvernement. Trop de jours fériés tuent le jour férié ! Et puis trop de ces jours ne signifient plus rien aujourd’hui pour la majorité de la population. Qui sait la signification de la Pentecôte ? Qui s’intéresse à l’Assomption, le 15 août, jour férié également. Et l’Ascension ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Le jour où le premier homme à marcher sur le sommet de l’Everest ? ou sur la lune ? Même pas.
Le gouvernement a raison, il y a trop de jours fériés qui ne signifient plus rien. Dehors, jours fériés insensés...
Mais, d’un autre côté, il faudrait peut-être en rajouter quelques-uns. La séparation de l’église catholique et de l’Etat date d’un siècle, alors pourquoi ne pas établir comme jours fériés des fêtes d’autres religions présentes en France ? Une fête juive ? Une fête musulmane ? Des millions de Français sont musulmans aujourd’hui. Pourquoi ne pas instaurer l’Aet el Kebir, jour férié ? Cela serait aussi une façon de signifier aux membres de ces deux religions leur appartenance pleine et entière au peuple français, dans le respect de leur différence religieuse. Et aussi en mémoire aux personnes d’obédiences musulmanes et juives tombées pour libérer la France pendant la première et la seconde guerre mondiale...

Et on pourrait en imaginer d’autres, de jours fériés...
Savez-vous que le 21 septembre est la “Journée internationale de la paix” , selon une décision de l’ONU ?
Pourquoi ne pas s’arrêter de travailler ce jour-là pour se poser un peu et réfléchir aux conflits dans notre vie quotidienne, notre travail, voire aux conflits sociaux, environnementaux, internationaux. Comment tenter de les faire évoluer en mieux ?
Et puis pourquoi ne pas instaurer des jours fériés régionaux ? Ainsi, en Bretagne, on pourrait ne pas travailler le jour de la naissance d’Anne de Bretagne, par exemple, le 25 janvier. Ce jour là pourrait être consacré, mettons, à l’étude de l’histoire de la Bretagne, une matière bien trop oubliée dans nos écoles qu’elles soient privées ou publiques... Le hasard veut aussi que cette date soit aussi fériée au Etats-Unis, puisque c’est celle de la naissance de Martin Luther King... On pourrait lui donner une dimension sur les respect du droit des minorités, et sur l’antiracisme...

Mais bon, si le gouvernement supprime un jour férié et en rajoute trois ou quatre, la mesure risque d’être contre-productive, me direz-vous. Mais dans un pays où le chômage augmente, et la pauvreté aussi, ne serait-il pas plus judicieux de partager le travail plutôt que de faire travailler plus ceux et plus longtemps celles et ceux qui ont déjà un emploi ?
Christian Le Meut

An deiz dilabour nebeutoc'h

Ar gouarnamant a zo e klask lakaat an dud da labourat un deiz dilabour evit, sanset, “sikouriñ” ar re gozh... Ha lun ar Pentekost vo ar paour kaer deiz-se !
Ha me, me lavar deoc’h, me zo a-du get ar gouarnamant. Re a deizioù dilabour zo a ne dalvent ket netra evit an dud. Piv a ouia ar pezh a dalv, hiriv an deiz, ar Pentekost ? Piv a ouia petra eo an “Assomption”, ar pemzpek a viz Eost ? Ankoueit eo an dra-se, ivez, met an deiz dilabour eo, memestra !
Hag an Ascension ? Petra eo ? An deiz kentan m’ema bet an den war lein an Everest, pe war al loar ? Ankoueit eo ivez ster an deizh-se...
A-du on, an deizioù dilabour se ne dalvont netra : echu...
Met, d’am sonj, mad vehe lakaat deizhioù dilabour all. Chanchet en deus an amzer : dispartiet eo bet an iliz katolik doc’h ar stad. Ouzhpenn-e, milionoù a dud e France a zo musulmaned. Ur bern dud a Afrika hanternoz a zo marv evit ar Frans e pad ar daoù vrezel bed : lakomp un deiz dilabour evit ar re-se, an Aet el Kebir, da skouer, hag an deiz dilabour all evit ar judaisme... Ur feson vehe da lâvar d’ar re-se, Mulsulmaned, Juifed...) emaint ul lodenn ag ar bobl,
e respetiñ o relijionoù.
Ha perak nompass sevel iez deiziou dilabour all ? An unan arnugent a viz Gwenholon zo an “deiz etrebroadel evit ar peoc’h” hervez an ONU. Piv a ouia an dra-se ? Mad vehe nompass labourat an deiz-se evit lakaat an dud d’en em sonjal a ziout ar peoc’h; peoc’h er ger, er bed, en darempredoù etre an dud... Ha penaos gwellaad an traoù...
Posupl vehe ivez sevel deizioù dilabour all e pep rannvro... Da lâret eo, e Breizh, an deiz dilabour evit lidañ deiz ha bloaz Anna Breizh, ganet ur pemp arnugent a viz Genver. Hag an deiz se vehe evit deskiñ istor Breizh, ar pezh ne vez ket graet er skol... Ar pemp arnugent a viz genver zo dilabour dijà e Stadoù Unanet, pas a gaos d’Anna Breizh, met a gaos da vMartin Luther King, ganet an deizh-se. Tu vehe da lakaet an deiz-se dilabour evit ober traoù a enep ar “racisme” hag evit ober war dro ar minorelezhioù, evel ar re zu e Stadou Unanet, pe ar Vretoned e Bro Frans...

Marteze ne vo ket posupl lakaat an deizhoù se ouzhpenn : pall ar gouarnament zo lakaat an dud da labourat muioc’h. Labourat muioc’h, pa z’eus kement se a dud dilabour ? Gwelloc’h vehe, d’am sonj, lodenniñ al labour e-lec’h lakaat an dud o deus dijà ul labour da labourat muioc’h, ha pelloc’h.
Christian Le Meut

29/03/2005

Hennebont : des boues, les damnés de la terre !

Le jeudi 3 mars dernier, à la fin du conseil municipal, le maire d’Hennebont, Gérard Perron (PC) a annoncé qu’une partie des boues de dragage du port de Lorient serait transférées sur le site de Polvern, une décharge située tout près du Blavet ! C’était presque fait d’ailleurs, puisque l’autorisation avait déjà été donnée, sans débat préalable en conseil. Et les boues sont arrivées quelques jours plus tard.  Ainsi va la démocratie hennebontaise...
Et les écologistes de s’insurger ! Mais les boues ne resteront que trois mois, leur répond-on, selon l’accord passé entre la mairie, la préfecture et la société DCN, Défense, construction navale, ancien arsenal, productrice des boues. Trois mois, c’est à voir...

Revenons en arrière
Des navires de guerre sont fabriqués à Lorient depuis longtemps, autrefois par l’arsenal, mais celui-ci est devenu une société privée appelée DCN, Défense construction navale. Ces chantiers produisent des déchets, notamment des boues contenant des produits dangereux, comme des métaux lourds. Et il faut dégager ces boues, sinon les nouveaux bateaux de guerre construits ne peuvent plus sortir. Oui, mais où les mettre ? Autrefois, l’Arsenal était une entreprise d’Etat, c’est devenu une entreprise privée. Elle doit désormais demander l’autorisation pour stocker ses boues ou les jeter en mer, au large de Groix, comme elle projetait de le faire et comme elle le faisait auparavant.

Opposition de la mairie de Groix, soutenue par beaucoup de municipalités de la côte, et par celle d’Hennebont. Coup dur pour DCN qui, semble-t-il, n’avait pas prévu de solution de repli ! Étonnant, pour une entreprise d’envergure nationale... Il est possible d’entreposer ces boues à terre, dans des endroits étanches, des sites industriels désaffectés par exemple, en attendant de les traiter. Cela coûte beaucoup plus cher que de les jeter en mer, mais c’est la seule solution. L’Etat peut-il autoriser que l’on jette en mer n’importe quoi quand il exige des citoyens de trier leurs déchets ? Les produits dangereux contenus dans ces boues risquent de nuire à la vie maritime et aux êtres humains qui mangent poissons et coquillages...

Et la préfecture de chercher des lieux de stockage. Plusieurs, car il faut faire une enquête publique au-delà de dix mille mètres cubes. On va donc trouver deux lieux... Or, en 2003, le maire d’Hennebont a autorisé la création d’une décharge de matière inerte, non dangereuse, à Polvern, à cent mètres environ du Blavet. La commission municipale de l’environnement, constituée de conseillers municipaux, avait pourtant voté contre ce projet à l’unanimité. Mais le maire est passé outre... Ainsi va la démocratie hennebontaise.

La préfète décide donc d’entreposer les boues toxiques du port de Lorient à cet endroit. L’arrêté municipal ne l’autorise pas, qu’importe, elle le suspend... Ah, Polvern, quel endroit charmant ! Son ruisseau, ses bois, sa carrière, son chemin de randonnée, ses poissons, ses petits oiseaux, et désormais sa carrière avec des boues toxiques...
Le maire d’Hennebont avait demandé des garanties : que les camions qui transportent les boues soient étanches; la plupart ne l’ont pas été et de la boue est tombée sur les routes... Que les boues soient entreposées dans des trous étanches eux-aussi... Les premières cargaisons ont bien été mises dans les trous creusés au préalable... Mais des camions et des camions de boues sont arrivés, et les trous ont été vite remplis. Les boues en trop ont quand même été déposées-là, sans trop de précautions, à cent mètre du Blavet... Le maire d’Hennebont a pris sa décision sans consulter au préalable le conseil municipal. Ainsi va la démocratie hennebontaise.

Beaucoup de gens ont manifesté leur opposition. Une association* a été créée pour rappeler au maire, à DCN et à l’Etat que ces boues doivent partir dans moins de trois mois et qu’il faudra nettoyer le site de Polvern ensuite. Sinon, le seul développement durable qu’Hennebont risque de connaître, c’est celui des pollutions !
Christian Le Meut

* Le printemps de Polvern, 31 rue Jacques Brel, 56700 Hennebont, tél. 02.97.36.58.82.

* Depuis cette date, les boues auraient été évacuées vers une commune proche, Languidic, pour y être traitées, mais le problème demeure : comment traiter les boues portuaires à l'avenir ? 

19/03/2005

Devant ses juges...

La jeune femme est devant ses juges...
Nous sommes dans un tribunal correctionnel d’une ville bretonne. Quatre personnes sont jugées pour trafic de stupéfiants. Trois hommes, une femme. Deux des prévenus ont déjà vendu ou revendu, deux autres, dont la jeune femme, ne sont que des consommateurs. Mais la jeune femme s’était mis dans la tête de “rembourser sa dette EDF”, a-t-elle expliqué au tribunal, en revendant du cannabis. Une dette qui s’élève à 800 euros. Mère de deux fillettes qu’elle élève seule, elle a donc passé commande mais le livreur s’est fait pincer. Arrêté, il a donné le nom de ses complices et a fait plusieurs mois de prison avant d’être jugé, ce même jour...
“L’argent des allocations sert à payer votre cannabis”, lance un des juges... La jeune femme admet dépenser 80 euros par mois environ pour le cannabis, sur les 500 euros d’allocations qu’elle touche. Mais elle fait face : “Oui”, elle continue de fumer, “Non”, elle ne compte pas arrêter. Elle dit avoir la tête sur les épaules... Mais l’on n’est pas égaux face à ses juges. Lorsqu’un juge lui demande si elle croit donner le bon exemple, elle baisse la tête, marmonne une réponse inaudible...

Une forme de réponse viendra cependant de son avocate : elle voit régulièrement cette jeune femme emmener ses fillettes à l’école. Les services sociaux veillent au grain, une forme de tutelle est en place mais les fillettes ont été laissées avec leur mère. Certes, cette jeune maman fume du cannabis et contracte des dettes maisses filles manquent-elles pour autant de quoi que ce soit ? D’amour maternelle, de tendresse, d’écoute ? Rien ne permet de le dire et, pourtant, un jeune juge se permet de l’insinuer : “Est-ce une bonne éducation ?”, “Êtes-vous en état ?...
Et lui, et eux, ces trois juges qui officiaient ce jour-là, deux femmes et un homme. Quelle sorte de vie ont-ils ? Combien touchent-ils chaque mois pour vivre ? Que boivent-ils ? Que fument-ils ? N’ont-ils jamais consommé de cannabis, même un peu, même il y a longtemps ?
Question subsidiaire : peut-on être une bonne mère et fumer du cannabis ?
La jeune femme a eu trois mois de prison avec sursis.
Mieux vaut être juge, qu’être jugé.

Christian Le Meut 

Dirak he barnerion

Ar vaouez yaouank zo dirak he barnerion. Ni zo en ur lezvarn “correctionnel”. Hag an deiz-se a oa barnet pevar den, tri faotr hag ur vaouez. Daou baotr o doa gwerzhet kannabis, ar pezh a zo difennet grons ober, hag an daou zen all o doa butunet hepken. Met ar vaouez a faote dezhi gwerzhiñ ivez evit “paeañ he faktouroù EDF”, he deus displeget d’ar varnourion ! Un den oa daet a Baris evit degas dezhi, ha d’an daou zen all ivez, ar “butun drol”, ar c’hanabl, da werzhan pe da vutuniñ. Met arrestet oa bet ar paotr en ti-gar, tapet get ar valtouterion ha lakaet en toull bac’h. Eno, lâret en doa anvioù e genseurted d’ar bolis. Ha setu ar pevar den dirak o barnerien .
Ar vaouez, daou vloaz war-nugent anezhi, div verc’h yaouank dezhi, ne oa ket en he aes dirak ar varnerion, met reskont a rae memestra d’o goulennoù. “Ya”, dalc’het he deus da vutuniñ kanabl. “Ya”, dispign a ra war-dro pevar-ugent euro bep miz evit butuniñ. “Ya”, n’he deus nemet pemp kant euro roet get an alokasionoù bep miz evit ober war-dro an tiad, mageiñ ar vugale hag an all doberieù arall... “Nann”, ne laboura ket. “Nann”, ne faota ket dezhi cheñch.
Seurt respontoù nend inbt ket graet evit plijet d’ar varnerion. “C’hwi zo c’hwi un toksikomanez”, eme prezidantez ar jury. “N’on ket”, a reskont ar vaouez... Hag ur barnour all, yaouank awalc’h : “N’eo ket ur skouer brav a roit aze d’o merc’hed”... Ar vaouez a glask distag ur respont balbouzet ken izel an taol-man ma chom digomprenus...
Reskontet vo memestra met get hec’h avokatez : ar vaouez yaouank a ra war-dro he bugale; bemdez o c’has d’ar skol war droad. Gwir eo, emañ bet lakaet ar merc’hed edan gouarnasion ar servijoù sokial, d’ar re man da soursial anezhe, met lesket int bet get o mamm ur sort...
N’eo ket aes, bout barnet evel-se. N’heller ket reskont d’ar barnerion. Butuniñ a ra “butun droll”, kanabl, ar vaouez yaouank. Met daoust ag e tiover he merc’hed abalamour da gement-se ? Ha diover a reont karantez, c’hoarioù, kalon ur vamm ? N’eo ket sur. Ha penaos buhez o deus, ar varnerion-se doc’h o zu ? Hag o deus bugale ? Ha tud vad int ? Ha mont a reont-int bemdez da gas o bugale d’ar skol ? Ha pegement e vez touchet gante bep miz ? Petra e vez evet gete ? Butuniñ a reont kanabl a wec’hoù ?
Tri mizh toull-bac’h get “sursis” deus tapet ar vaouez yaouank. Aesoc’h eo barniñ evit bout barnet. Netra suroc’h.

Christian Le Meut