05/07/2007
Ecoles bilingues : bons résultats et inquiétudes
L'association Div Yezh ("deux langues", parents d'élèves des écoles bilingues publiques), dans un communiqué, se félicite des résultats des élèves issus de cette filière au Bac et s'inquiète des projets du ministre Darcos :
"Div Yezh se félicite des 100 % de réussite des élèves des filières bilingues publiques au baccalauréat mais s’inquiète des projets du ministère de l’Education Nationale.
Les sections bilingues publiques des lycées de Lannion, Lanester, Rennes et Landerneau présentaient des candidats au Baccalauréat. Tous les élèves présentés ont été reçus et les 2/3 d’entre eux ont obtenu une mention. Ces résultats confirment ce qui a déjà été observé dans de nombreux pays : l’enseignement bilingue est une aide au développement des capacités intellectuelles et plus généralement au développement global des enfants. Ces résultats prouvent aussi l’excellence de l’enseignement public qui sait être performant et novateur quand il s’en donne les moyens.
Pourtant, le ministère s’apprête à redéfinir des niveaux de compétences pour les enfants des filières bilingues, en particulier en fin de CM2*. Le choix actuel du ministère se porterait sur le niveau européen A2 qui est notoirement insuffisant pour des filières bilingues.
Les résultats obtenus lors des évaluations en breton de 2003 montrent que les élèves bilingues de CM2 avaient, pour la plus grande majorité, un niveau moyen B2, résultats attendus en application de la circulaire de 2001 qui précisait : « À la fin du CM2, les compétences seront du même ordre, sinon de la même ampleur, que celles acquises en français ». Cela correspond environ au niveau B2. Alors pourquoi cette volonté de réduire, sans raison, les objectifs d’un enseignement performant, moderne et tellement bénéfique pour les enfants ? "
* Le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos s’apprête à prendre un arrêté fixant les objectifs en langues régionales.
14:50 Publié dans Breizh/Bretagne, Brezhoneg/Langue bretonne, Deskadurezh/Education | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Langue bretonne, Darcos, Div yezh
Langues régionales : audition au Parlement européen
L'association EBLUL-France comité français du Bureau Européen pour les Langues Moins Répandues, a été auditionnée au Parlement européen sur la question de la discrimination inguistique. Voici son communiqué de compte-rendu :
" A l'initiative du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, les 2 et 3 juillet, une audition s'est tenue au Parlement européen à Bruxelles sur la question des conséquences de la discrimination linguistique en Europe. La perte d'estime de soi-même, la non-transmission de la langue, l'uniformisation et le fait d'être traités en citoyens de seconde zone ont été soulignés. Tangi Louarn est intervenu au nom d'EBLUL-France, le comité français du Bureau européen des langues moins répandues. Il a présenté le rapport remis en mai au Comité des droits économiques sociaux et culturels de l'ONU qui montre les discriminations que les locuteurs de langues régionales en France subissent au quotidien quand ils veulent faire usage de leur langue : refus d'ouverture de classes bilingues, refus de subventions pour des crèches dans la langue régionale, refus de la présence de la langue dans la vie publique. Il a mis en évidence que la loi est discriminatoire en France, car elle ne vise à protéger que le français. Un intervenant a rappelé la citation de Lacordaire : « entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ».
Mais en France la loi ignore les langues régionales et ne protège que la langue dominante, le français. La France n'a en outre ratifié aucune convention sur le droit des minorités ni même la Charte européenne des langues régionales. La Fance n'a pas ratifié non plus le protocole additionnel n° 12 à la convention européenne des droits de l'homme qui prévoit la non discrimination notamment par rapport à la langue. Certains intervenants ont évoqué l'hypothèse d'une « lingua franca » commune à tous, l'anglais ayant acquis, en l'occurrence, un avantage certain en Europe. Mais elle met les locuteurs natifs de cette langue dans une situation de pouvoir privilégié, ce qui est le cas pour toute langue dominante. D'autres au contraire ont mené des charges, parfois assez violentes, contre l'anglais accusé de faire disparaître toutes les autres langues et imposé de fait à tous, se substituant même de plus en plus aux langues nationales dans les échanges et devenant un facteur de discrimination à l'embauche.
La solution TSA (Tout Sauf l'Anglais) de privilégier l'apprentissage de quatre langues, allemand, italien, espagnol et français, en y ajoutant éventuellement l'anglais (Claude Hagège), n'a pas forcément convaincu les locuteurs des langues régionales ou minoritaires de la sincérité d'une démarche de réelle volonté de promotion de la diversité linguistique européenne. La politique française, en tout cas, ne plaide pas en ce sens. La question de la diversité linguistique européenne au-delà du privilège des langues des Etats, voire seulement de certains Etats, est plus que jamais posée."
EBLUL-France 04:07:07 (source : Agence Bretagne presse)
EBLUL-France comité français du Bureau Européen pour les Langues Moins Répandues, association inscrite au registre des associations du Tribunal d'Instance de Strasbourg et régie par les articles 21 à 79 du Code civil local adresse postale : EBLUL-France c/o Conseil Culturel de Bretagne 7 rue Général Guillaudot F-35069 RENNES cedex tél / fax : 02 99 87 17 65 tél : 02 99 63 18 83 Adresse : eblul-fr@orange.fr - site :
10:00 Publié dans Brezhoneg/Langue bretonne, Etrebroadel/International, Galleg/français, Yezhoù/langues | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Europe, parlement, langues régionales


