02/01/2007
Ne pendez-pas le Père Noël !
Les fêtes de fin d’année sont finies, Ouf ! Oui, j’ai bien dit “Ouf”. Non pas tellement pour moi-même mais pour tous ces gens, collègues, amis, relations, que les fêtes de fin d’année dépriment ! Pourtant cette période est censée être un moment de joie, de rassemblement... Oui, mais ce n’est pas si simple.
L’ennui, avec ces fêtes obligatoires, c’est qu’elles mettent en avant les absences, les familles divisées, la difficulté de se réconcilier, et parfois aussi l’absence de moyens. Ces situations, dures à vivre tout au long de l’année, le sont encore plus à Noël et pendant les fêtes de fin d’année.
Déluge de cadeaux d’un côté...
Noël demeure une fête chrétienne pour beaucoup d’entre nous. Mais c’est devenu surtout la fête des enfants. Dans certaines familles on assiste un déluge de cadeaux. Mais les enfants apprécient-ils vraiment ? Combien de cadeaux resteront encombrer les armoires familiales ? Combien de boîtes resteront fermées, ou ouvertes une seule fois ? Les enfants apprécient-ils ? Ils sont énervés avant Noël et fatigués après. Et l’affection pour un enfant ou un proche se mesure-t-elle au cadeau ? La seule présence des proches, des amis, est en soi un cadeau. Etre avec eux, parler, jouer, manger, partager avec eux, voilà le vrai cadeau... Mais celui-là est bien souvent noyé sous un déluge d’objets. Je me demande souvent si cette abondance de biens est vraiment un cadeau à faire aux enfants. A force d’avoir tout, tout de suite, les enfants apprennent-ils le vrai prix des choses ? Apprécient-ils les efforts faits par les adultes pour leur payer tous ces présents ? Pas sûr...
...Pénurie de cadeaux de l’autre...
Pour d’autres enfants il n’y a pas de déluge de cadeaux : plutôt une pénurie. Un million d’enfants vivent dans des familles pauvres aujourd’hui en France. Un million d’enfants pauvres, et les chiffres ne vont pas en diminuant. Pour les pauvres aussi, Noël est une période difficile car notre société de consommation y exhibe sans vergogne et en toute bonne conscience, son abondance de biens, dans les médias et dans les magasins. Trop pour les uns, pas assez pour les autres, voilà qui n’est pas tellement dans l’esprit de Noël, qui est un esprit de partage avant tout, si je me rappelle bien.
Une évolution nouvelle apparaît depuis quelques années à Noël : la décoration des façades de maisons ou d’appartements Certaines communes ont même lancé des concours de décorations, comme il y en a pour les maisons fleuries. L’inconvénient de l’affaire, c’est qu’en temps d’économie d’énergie, inciter les habitants à dépenser plus d’électricité n’est pas forcément une idée lumineuse.
Pourtant, je trouve agréable ces décorations, ces maisons décorées dans les bourgs et les campagnes, ces guirlandes, ces nains et korrigans de jardins et ces Pères Noël exhibés pour quelques semaines. Ces façades décorées deviennent un prétexte de ballades diurnes ou nocturnes. Certains habitants font preuve d’une vraie ingéniosité et d’un vrai bon goût, d’autres non, mais l’important, c’est de participer.
Un Père Noël sportif !
Quand j’étais enfant je croyais que le Père Noël livrait les cadeaux portés dans un traîneau volant tiré par des rennes et venant du Pôle nord ! Quel naïf j’étais. Aujourd’hui, sur plein de façades on voit des Pères noël grimpants... et parfois avec difficulté, jusqu’aux cheminées. Où sont passées les rennes volantes, au chômage peut-être ? Et le traîneau volant, au rancart ? Voilà donc une évolution notable : le Père Noël est devenu un alpiniste, un sportif accompli qui escalade les façades avec son sac chargé de cadeaux, et ce, dans le monde entier : il a bien du mérite. Fini le pépère Noël bedonnant sur son traîneau, voici Supère Noël. Et pourquoi pas bientôt sur vos écrans, “Spider Noël”, un papa Noël de type Spider man allant de cheminée en cheminée grâce à ces super pouvoirs arachnéens ? Il y aurait là de quoi renouveler le mythe et réaliser plein de films et de produits dérivés : ça ferait marcher le commerce ! Je m’égare...
Mais j’ai été très surpris, au mois de décembre, par la décoration d’une façade dans ma ville. Le Père Noël n’y a pas été installé face au mur, visage tourné vers le mur comme s’il grimpait, mais il a été accroché à un balcon, visage tourné vers la rue comme s’il était pendu haut et court au balcon ! Une vision un peu traumatisante pour le grand enfant que j’espère être resté. Et mes passages suivants ont bien confirmé ma première impression : on pouvait bien croire qu’ils avaient pendu haut et court le Père Noël.
Qui sait, les habitants de cette maison voulaient peut-être lui signifier leur vif mécontentement quant aux cadeaux reçus en 2004 et avertir le Père Noël suivant : “T’assures pour les cadeaux papy c’t’année, sinon on te pend encore au balcon !”... Plus probablement, les habitants de cette maison ont dû aller un peu vite et n’ont pas réalisé l’effet que pouvait susciter leur installation. J’espère, car le Père Noël n’est pas une ordure que l’on peut pendre sans jugement. Souvenons-nous que nous sommes tous des Pères et des Mères Noël en puissance, et ce tout au long de l’année. Alors, s’il vous plaît, décorez vos façades si vous voulez, mais ne pendez-pas le Père Noël !
Christian Le Meut
* Note déjà parue en janvier 2006
00:15 Publié dans Buhez pemdeziek/Vie quotidienne, Buhez sokial/Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Père Noël, fêtes, pauvreté
Krougit ket an tad Nedeleg !
Echu eo gouélioù fin ar bloaz : gwell a se ! Ya, gwell a se ! Ar bloaz man evel bep bloaz m’eus klevet ur bochad tud e lâret e vez stard, kaled, poanius ar prantad amzer Nedeleg ha Kalanna. Stard, kaled, poanius, ur prantad amzer gouel ? Met perag ta ? Penaos ta ? Ur prantad joa ha levenez eo Nedeleg, sanset. Ya, sur awalc’h, met se a zepant evit piv. Gouel an tiegezh, gouel ar familh eo met bez zo tud ne wellont ket o famillh, justawalc’h, pe tud zo ag o familh. Ur mab pe ur verc’h a chom pell; bugale bihan ne zeuont ket da welled o zud kozh; kerent zo ne wellont ket o bugale. Diaes eo dija a hed ar bloaz, met diasoc’h, kaletoc’h, d’ar prantad se.
Bugale beuzet dindan ar bresentoù
Nedeleg zo c’hoazh ur gouel kristen evit ur bern tud met deuet eo da vout gouel ar vugale dreist-holl. Roet vez dezhe ur bern traoù, ur yoc’h c’hoarioù, met betek re da vugale zo, ha re nebeut da vugale all... Mechal a ouiet mard eo ken bourrapl ar prantad se evit ar vugale o unan; kent inervet ma z’int. Inervet araok Nedeleg hag skuizh war lerc’h ! Ha beuzet edan kement se a bresentoù, a brofoù. N’on ket sur e vez prizet get ar vugale razh ar pezh a vez roet dezhe. Traou zo, zo lesket a goste; c’hoarioù zo ne servijont ket kalz. Un tammig nebeutoc’h a brofoù ‘vehe gwelloc’h, d’am sonj, evit bugale zo.
Ur sort toull trap eo ivez, reiñ re a bresentoù d’ar vugale; mod-se e vezint akourset da reseviñ profoù ha profoù hep kompreiñ priz an traoù. Hag hep kompreiñ, marteze, ar pezh talvoudusan da vare Nedeleg ha fin ar bloaz : bout get o zud, o familh, o mignonned, monet e darempred gete, komz gete, o selaou, c’hoarziñ asambles, partajiñ ha c’hoazh...
Evit bugale all, er familhoù paour, n’eo ket ar memes tra. C’hoarioù Nedeleg a vez gwellet kentoc’h dre ar skinwell, hag er stalioù konverzh... Hervez sifroù ofisiel ur million a vugale a vev barzh familhoù paour memestra ! Ha ne ya ket an traoù war wellaat. Setu perak n’eo ket bourrapl mare Nedeleg evit tud zo...
Gwelet vez tadoù Nedeleg partout !
Un dra nevez zo abaoe ur blezad pe zaoù : bravaet vez muioc’h mui a dier get garlantezioù, get korriganned plastik ha traoù a bep sort. Garlantezioù elektrik, evel rezon, hag a zo brav da welled da nozh. Bourrapl eo, gwellout tier bravaet evel se e ker pe war er maezioù. Tier zo, a zo kazimant kuzhet edan ar garlantezioù. Tredan, elektrisité, vez kollet mod-se, gwir eo lâret, met kavout a ran bourrapl memestra gwellout kement-se a dier kaer. Un digarez da vonet da bourmen eo.
Tud zo a lak tadoù Nedeleg da grapiñ war o zi, evel ma pignehent betak ar siminal da gas ar presentoù. Brav. Me, me sonje ec’h arrue an Tad Nedeleg dre an neñv, dre an oabl, barzh ur c’harr tennet get kirwi, get “rennes” el larer e galleg. Ha bremañ an tad Nedeleg zo deuet da vout ur sportour barrek a c’hell pignat betak ar siminaloù ! Nag ul labour : krapiñ betak razh ar siminaloù er bed a bezh get ur sac’h leun a brofoù ! Aesoc’h veze al labour gwezhall evit an Tad Nedeleg met hiriv an deiz muioc’h a sport a vez graet getan, ar pezh n’eo ket fall evit bout yalc’h ha frew ! Echu get an Tad kozh Nedeleg, erruet eo Supère Nedeleg !
Nag ur bed...
Met, en Hen Bont, gwellet m’eus un dra a dreuz memestra war un ti... Penn, bizaj un Tad Nedeleg ne oa ket bet lakaet a dal d’ar vangouer evel ma vehe bet pignet an ti getan, met a-dal d’ar straed, a-dal d’an dud a base er ru ! Evel ma vehe bet krouget ar paour kaezh Tad Nedeleg ! Krouget da vat er balkon. Spontet on bet pa m’eus gwellet an dra se !
Marteze, ar vugale ag an ti se ne oant ket laouen anezhe get ar c’hoarioù kaset ar bloaz araok get an tad Nedeleg. Kounaret oant bet marse ha setu perak o deus krouget ar paour kaezh tad kozh ! Ur skouer oa evit an tadoù Nedeleg all : diwallit tadoù Nedeleg kozh, mard e kasit c’hoarioù brein deomp-ni ar bloaz mañ c’hoazh e vehec’h krouget c’hwi ivez ! Nag ur bed taer...
Pe, moarvat, tud ag an ti-se n’o deus ket graet express kaer...
Met mar plij ganeoc’h tudoù, lakit garlantezioù ha tadoù Nedeleg war ho ti ma faota deoc’h met diwallit memestra : ne grougit ket Tad Nedeleg ! N’ankouit ket, ni zo tout tadoù ha mammoù Nedeleg iwez ! A hed ar bloaz, ha pas hepken e fin miz an Avent ! Ha ne faota din bout krouget... pas bremañ atav !
Christian Le Meut*
* An destenn man oa bet embannet e miz Geñver 2006 dija.
00:05 Publié dans Brezhoneg/Langue bretonne, Buhez pemdeziek/Vie quotidienne, Buhez sokial/Vie sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Brehzoneg, Breizh, gouelioù


