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17/08/2006

Tabutoù e Maroko a fed ar yezhoù

Barzh Courrier International ag ar sizhun man (n. 822) a zo embannet ur pennad a fed an arabeg rannyezhel (an "darija", yezh ar bobl), hag an tabutoù a zo er vro se etre an arabeg lennegel ("standard"), an arabeg rannyezhel (dispriziet) ha yezh ar Berbered (an tamazight, kelennet er skolioù e Maroko abaoe un nebeut bloavezhioù). Interesus bras.

Le dernier numéro de Courrier International (n° 822) comporte un article sur l'arabe dialectal au Maroc (la "darija", langue populaire mais méprisée), et les débats entre cet arabe parlé mais non écrit et l'arabe littéraire, standard, et la langue berbère, elle-même constituée de plusieurs dialectes. Intéressant.

“What does Kenavo mean ?”

medium_cb2111.2.jpgJ’ai découvert l'année dernière dans une maison de la presse un nouveau mensuel réalisé en Bretagne : “Central Brittany journal”, édité à Callac. Cette revue est écrite en anglais , avec un peu de français également, et quelques mots de breton. On y trouve des informations pour les Britanniques qui vivent en Bretagne : comment de débrouiller avec France Télécom; comment demander une carte de séjour; comment faire une galette des Rois; ce qu’il y a à voir dans le centre-ville de Quimper pour y faire du tourisme, ou encore des sites internet...

L’on trouve également dans cette revue des contes traditionnels bretons traduits en anglais et un quizz avec des questions comme : “What is cider made from ?” (avec quoi le cidre est-il fait ?) ou “What does kenavo mean ?”, (que signifie “kenavo” ?)... Central Brittany journal est vendu dans les maisons de la presse; son adresse : BP 4, 22160 Callac.Un autre journal, Le Poher, édité chaque semaine à Carhaix, publie une page entière en anglais, et une autre en breton...

Des milliers de Britanniques trouvent agréable de venir vivre en Bretagne et y achètent une maison. L’immobilier y est meilleur marché qu’au Royaume-Uni... Certains vivent en Bretagne à l’année, d’autres n’y viennent que pour les vacances. Il y a des gens pour grogner contre cette présence britannique qui fait monter les prix des maisons et de la terre en Centre-Bretagne. C’est vrai, ces prix augmentent du fait de la demande, mais, d’un autre côté, la présence britannique permet de redonner vie à certaines communes désertifiées où ne vivent souvent plus que des personnes âgées. Les jeunes du pays sont partis travaillés en ville faute de travail sur place. Et les Britanniques ne sont nullement fautifs du fait que le Centre-Bretagne s’est dépeuplé...

Des choix politiques et économiques discutables
La nature a horreur du vide, dit-on. La faute revient plutôt aux choix politiques et économiques décidés il y a 50-60 ans. Le choix a été fait de développer l’agriculture industrielle en Centre-Bretagne, les exploitations étant regroupées pour créer une agriculture intensive employant moins de main d’oeuvre que l’agriculture traditionnelle. Le choix du tourisme a été fait pour la côte. Et là, ce sont rarement les Britanniques qui achètent les maisons et font monter les cours de l’immobilier. Le clivage se situe plutôt entre riches et pauvres.

Les maisons et les terres y deviennent également de plus en plus cher et les familles aux revenus modestes, mais aussi les familles de classe moyenne, n’ont plus les moyens de rester. Elles s’installent un peu plus loin “dans les terres”, comme on dit. Mais cette situation n’est pas inéluctable. Les communes de la côte comme celle du Centre-Bretagne peuvent adopter des politiques volontaristes permettant aux jeunes, aux familles à revenus modestes, d’acheter ou de louer dans leur commune d'origine. Plusieurs familles sont venues ainsi habiter sur l’île d’Arz l’année dernière grâce aux aides apportées par la commune. Du coup, l’école accueille en 2005 plus d’enfants qu’en 2004... Il y a donc des moyens pour ne pas créer des ghettos de riches ici, des ghettos de pauvres là, ou encore des ghettos britanniques ailleurs. Et je ne parle pas de ces quartiers de riches complètement désertés pendant six mois de l’année à Carnac-Plage, Guidel-Plage, Quiberon, Sarzeau, etc. Triste spectacle...

medium_centrebrit1110.3.jpgAttention danger, bouc émissaire !
Dès que l’on désigne une population précise, un groupe, comme responsable de nos maux, ou d’une partie de nos maux, il faut faire attention : danger. Le syndrome du bouc-émissaire est dans l’air. Il s’agit alors de désigner un responsable, un coupable et, comme par hasard, c’est toujours l’autre. L’autre, l’Anglais dans le cas qui nous concerne aujourd’hui.

Le syndrome du bouc-émissaire est une maladie fort répandue et très pratique. Elle évite de se poser trop de questions sur soi-même, sur nous-mêmes. Pourquoi le Centre-Bretagne est-il devenu un désert ? Pourquoi certains propriétaires bretons vendent-ils si cher leurs terrains ? A qui profite la spéculation ?

Ainsi nos cousins Grands Bretons seraient en train mettre la main sur la Bretagne... Mais que pensaient, il y a quinze siècles, les habitants de cette région, l’Armorique gallo-romaine, quand ils voyaient arriver dans leur pays des populations entières venant de Grande-Bretagne, déjà ? Les Bretons sont-ils arrivés en Armorique pacifiquement, comme les Britanniques aujourd’hui ? Ou ont-ils conquis ce pays au fil de l’épée ? Les deux, peut-être, suivant les coins... Mais les historiens en débattent encore...

Christian Le Meut

“What does “Kenavo” mean ?”

medium_centrebrit1110.jpgE 2005 m'boa dizoloet ur gazetenn savet e Breizh : “Central Brittany journal”, embannet e Kallag. Ar gazetenn vihan se a vez moulet bep mizh. Skrivet eo e saozneg get un tammig galleg a barzh, hag un nebeud gerioù e brezhoneg ivez... Doereieù a bep sort a vez kavet a-barzh evit ar Saozon a zo e chom e Breizh : penaos goulenn ur “carte de séjour ?”; penaos en em “zimerdiñ” get Frans Telekom; penaos fardañ ur gwastell ar roueed; ar pezh a zo da welet e kreisker Kemper evit mont da vale du-hont, ha pennadoù a ziàr-benn istoer Frans ha Breizh.Kavet vez ivez er gazetenn-se traoù é tenniñ d’ar sevenadur a zre man : kontadennoù a Vreizh troet e saozneg hag ur “quiz” get goulennoù evel-se : “What is cider made from ?”, get petra e vez graet sistr ha “What does Kenavo mean ?” (petra a sinifi “kenavo” ?)... “Central Brittany Journal” a vez gwerzhet e stalioù levrioù zo. He chomlec’h : BP 4, 22160 Kallag. Get ur gelaouenn sizhuniek all, ar Poher (Karaez), a vez embannet ivez, bep sizhun ur bajenn penn-da-benn e saozneg, hag unan all e brezhoneg.

Buhez ha begon kaset get an Anglezed
Miliadoù a dud a Vro Saoz a gav bourrapl donet da Vreizh ha prenañ tier aman. Marc’hadmatoch eo evit e Bro Saoz, ha bourraploc’h an amzer... Ul lod anezhe a chom a-hed ar bloaz, hag ul lod all a zeu e pad a nemet evit ar vakansoù. Klevet a rer Bretoned e klemm : keroc’h eo priz an tier hag an douar e Kreizh Breizh a-gaoz d’ar Saozon... Marteze, met e lec’hioù zo, ne oa ket mui den ebet e chom. A drugarez d’an Anglezed eo mand eo bet adsavet meur a di... Buhez ha begon a gasont e parrezioù deuet da vout diboblet.

Ar re yaouank a Greiz Breizh zo aet kuit peogwir ne oa ket mui kalz a labour... Mod se emañ, ha n’eo ket dre faot ar Saozon... Met kentoc’h dre faot ar bolitikerezh c’hoariet e Breizh abaoe 50 vloaz : an tourism e-koste ar mor, ha tachennoù bras, feurmoù bras, e Kreiz Breizh da sezav yer pe moc’h en ur mod “industrielle”. Koste ar mor ne vez ket aesoc’h kavout un ti da feurmiñ na douar da sevel unan. Ker-ruz eo deuet ar marc’had da vout. Ha nend eo ket d’ar Saozon e heller tammall an dra-se kennebeut. D’an dud pitaot, d’ar re o deus argant, ne lâran ket.

Harpiñ tud paour ar vro 
Ha neoazh e vehe ur moiaen da harpiñ tud ar vro hag a garahe chom eno. Ret e vehe d’ar c’humunioù preniñ douaroù ha lakaat sevel tier a vehe tu feurmiñ, pe memp gwerzhiñ goude, evit ur priz d’ar re a vez berrik an argant gete. Enezenn Arzh n’eus graet an dra-se ar bloaz paseet, da skouer, evit lakaat familhoù da zonet da chom er gumun. Ar skol oa edan serriñ du-hont, met n’eo ket bet serret, ha muioc’h a vugale zo ar bloaz man evit ar bloaz paseet. Un afer a volontez eo; ha sur eo eh eus tu tremen hep sevel evel-se seurt “ghettoioù” evit ar re binvidik d’an tu; “ghettoioù” evit ar re baour d’an tu all (pelloc’h ag ar mor); pe ghettoioù evit ar Saozon e Kreizh Breiz....

medium_cb2111.jpgUn dra all ne blij ket diñ : hiziv ar Saozon vehe kaos hon diaezamentoù. Aliez e vez klasket tud kablus, “bouc-émissaires” evel e larer e galleg, evit nompass sonjal pelloc’h. Re aes eo; ar “bouc émissaires” zo berpet ar re all. Met get piv, da skouer, a vez gwerzhet an douar hag an tier ker-ruz ? Get Bretoned, dreist-holl... Piv zo aet kuit a Greiz Breizh ? Ar Vretoned... Tud zo hag a soñj emañ ar Saozon é lakaat o c’hrabanoù àr hon bro-ni. Mechal a ouiet petra a sonje an dud a oa e chom en Armorik pa oa deuet ar Vretoned du-man, pemzek kant vloaz zo ? A Vreizh Veur e tae ar Vretoned. Habask, pasifik oa o doare da zonet er vro-man, evel ar re Saoz hiziv an deiz ? Pe taer ? Marteze, e oa bet bec’h etre ar Vretoned hag an Armorikaned... Piv ouar ? Tabut zo c’hoaz etre an istorourien a ziar benn an dra se !

Christian Le Meut*

* Sikouret on bet get ur mignon din evit skrivan ar pennad-se e brezhoneg, mersi dezhan (faota dezhan chom kuzhet!).