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26/10/2005

Immigration : l'Europe forteresse va droit dans le mur de la honte

Plusieurs associations, dont la Ligue des droits de l'Homme, diffusent cet appel concernant la politique d'immigration de la France et l'Europe, et les événements de Ceuta et Melilla.

Appel à signatures à l'initiative de l'AEDH, FIDH, LDH France, LDH Belgique, APDHA

"Tous les jours, des migrants venus d'Afrique meurent aux frontières de l'Europe pour avoir eu l’audace de croire qu’ils pourraient y vivre en paix et dans la dignité.

A Ceuta, à Melilla, la situation a atteint un seuil intolérable : un mur de barbelés se dresse entre l'Union européenne et l'Afrique et on n’hésite pas à tirer, quitte à tuer, pour empêcher qu’il soit franchi.

Au Maroc même, une véritable chasse s’est organisée. Des enfants, des femmes, des hommes, assoiffés, affamés, sont traqués et abandonnés en plein désert.

 

Est-il tolérable que l'Union européenne renie ainsi son obligation morale d’au moins entendre la demande de ceux qui viennent chercher asile ? Comment un tel traitement est-il possible ? Comment, au prétexte de réguler des flux migratoires, la politique de l'Union européenne peut-elle conduire l'Espagne à fermer ses frontières, en érigeant un mur comme si elle était assiégée par un ennemi redoutable ? Comment l'Union européenne ose-t-elle décharger ses responsabilités sur des « États tampons », en l’espèce le Maroc qu’elle laisse, sans réagir, envoyer des migrants à la mort ? Pour tenter de pénétrer sur le territoire de l'Union européenne, ils ont parcouru à pied des centaines de kilomètres, au risque de leur unique bien qui est la vie. Est-il acceptable que ceux qui fuient la pauvreté, la guerre et les conflits politiques ne trouvent comme réponse que la répression, voire la mort, quand ils tentent, dans un suprême sursaut collectif, de franchir un mur de barbelés qui se dresse entre eux et la liberté ?

 

Cette situation, aussi absurde qu’inhumaine, qui donne une telle image de l'Europe et que montrent quotidiennement les télévisions, doit cesser.

 

Aujourd’hui, nous appelons solennellement :

 

  • Le gouvernement espagnol, les gouvernements des États de l'Union et la Commission européenne,

à en finir avec ces atteintes massives et répétées aux droits de l'Homme, conséquence d’une politique migratoire de fermeture et d’externalisation qui ne mène qu’à l’impasse et à la violence ;

 

  • Le gouvernement marocain,

à cesser ses pratiques mortelles à l’égard de ceux qui transitent sur son territoire dans le seul but de trouver en Europe une réponse à leur misère ;

 

  • L'Union européenne

à mettre en œuvre, sans tarder, une politique véritable d’asile et d’immigration, respectueuse des droits, de l’intégrité physique et de la dignité des personnes.

 

Les migrants, aussi, ont le droit d’être traités dans le respect des conventions internationales : les droits de l'Homme ne se divisent pas, ils s’appliquent à tous.

 

Paris, le 13 octobre 2005"

Pour signer cet appel, envoyer un courrier à :

 

  • l’Association européenne pour la défense des droits de l’Homme : fidh_ae@yahoo.fr

ANPE : le bilinguisme n'a pas cours

"L'ANPE refuse de publier en breton des offres d'emploi pour Diwan" : Sous ce titre, l'association Diwan s'élève contre une décision administrative de l'ANPE refusant les annonces bilingues (français-breton) envoyées par cette association pour des postes de travail réclamant une connaissance de la langue bretonne...

"BREIZH - Le 29 septembre 2005 l'association Diwan demande à l'ANPE de publier deux offres d'emploi rédigées en français et en breton. Le 5 octobre, nous avons reçu en retour un courrier de la directrice de l'ANPE de Brest notifiant son refus de donner suite à notre demande. Ce refus était motivé ainsi : " Suite à votre courrier en date du 29.09.05 et après contact avec notre service juridique, nous sommes au regret de ne pouvoir diffuser vos offres d'emploi en langue bretonne. En effet, les offres d'emploi en langue bretonne seraient considérées avoir un caractère discriminatoire et, à ce titre, nous ne pouvons donc donner une suite favorable à votre demande. "

Nous protestons vivement contre une telle décision qui montre une fois de plus le mépris des institutions pour les langues régionales. Il est tout d'abord normal que l'annonce soit bilingue, puisque les emplois concernés nécessitent la connaissance et la pratique des deux langues. Cela étant acquis, la parution des offres d'emploi en breton et en français ne saurait être discriminatoire, car elle est conforme au profil des postes à pourvoir

D'ailleurs notre demande de publication est légale : elle est aussi publiée en français, permettant même à des personnes qui ne maîtrisent pas suffisamment le breton d'y avoir accès. A ce titre, l'offre d'emploi en français serait tout aussi discriminatoire, car accessible uniquement aux personnes connaissant le français. De plus la loi Toubon du 04.08.1994, à laquelle font référence sans doute les services juridiques de l'ANPE, précise bien dans son article 21 : " Les dispositions de la présente loi s'appliquent sans préjudice de la législation et de la réglementation relatives aux langues régionales de France et ne s'opposent pas à leur usage ". L'ANPE outrepasse donc la loi en refusant de faire paraître notre demande. Celle-ci s'inscrit également dans le cadre du programme de politique linguistique pour la Bretagne voté à l'unanimité des conseillers régionaux le 17 décembre 2004. Il s'agit de développer l'emploi du breton dans la vie sociale et professionnelle. Elle s'inscrit aussi dans le cadre des conventions internationales pour les droits de l'homme, le Pacte international pour les droits civils et politiques, la Convention internationale sur les droits économiques, sociaux et culturels, la déclaration universelle de l'UNESCO pour la diversité culturelle, et les objectifs de protection de la diversité des langues affichés par l'Etat et les organismes internationaux.

En outre, ce que la loi interdit, ce sont les publications en langues étrangères. Faut-il considérer le breton comme une langue étrangère en Bretagne ?

En conséquence, nous demandons à l'ANPE la publication en français et en breton de nos offres d'emploi. En cas de nouveau refus, nous souhaitons avoir connaissance des éléments juridiques qui, selon elle, s'opposeraient à la publication bilingue d'une offre d'emploi." Signé : Le Bureau Diwan.

 

Daou ginnig labour nac'het get an ANPE

 Setu ar gemenadenn kaset get Diwan e brezhoneg iwez :
"D'an 29 a viz gwengolo 2005 he deus ar gevredigezh Diwan goulennet digant an ANPE embann daou ginnig labour skrivet e galleg hag e brezhoneg. D'ar 5 a viz Here ez eus bet degemeret ul lizher digant renerez ANPE Brest o kemenn deomp penaos e nac'he asantiñ d'hor goulenn. En doare-mañ e oa abeget an nac'hadenn-se : "Da heul ho lizher eus an 29.09.05 ha goude bezañ bet e darempred gant servij al lezennoù, eo gant keuz e kemennomp deoc'h ne c'hellomp ket skignañ ho kinnigoù labour e brezhoneg. Evit gwir ar c'hinnigoù labour e brezhoneg a vefe lakaet evel diforc'hus hag abalamour da se ne c'hellomp ket asantiñ d'ho koulenn.

Gant nerzh e klemmomp ouzh seurt diviz hag a ziskouez ur wech ouzhpenn penaos e vez graet fae war ar yezhoù rannvro gant an ensavadurioù. Da gentañ ez eo reizh e vefe divyezhek ar gemennadenn dre ma z'eo ur redi evit an implijoù meneget gouzout hag implij an div yezh. Se o vezañ splann, ne vefe ket diforc'hus embannadur ar c'hinnigoù labour e brezhoneg hag e galleg rak e vefe hervez doare ar postoù da bourveziñ.

Hervez lezenn eo hon goulenn embannadur : embannet e vez ivez e galleg, o reiñ tro zoken d'an dud na vestroniont ket a-walc'h ar brezhoneg da dizhout anezho. Dre-se ar c'hinnig labour e galleg a vefe ken diforc'hus all dre ma vefe graet nemet evit an dud a ouife galleg. Ouzhpenn-se al lezenn Toubon eus ar 04.08.1994 a zo resis en he mellad 21 : reolennoù al lezenn-mañ a dalvez hep ober gaou ouzh lezennoù ha reolennoù diwar-benn ar yezhoù rannvro ha ne yeont ket a-enep o implij En tu all d'al lezenn e ya an ANPE eta pa nac'h lakaat embann hor goulenn. Hor goulenn a gemer plas ivez e framm ar program politikerezh yezh evit Breizh votet a-unvouezh gant ar guzulierien rannvro d'ar 17 a viz Kerzu 2004. Ar pal eo kreskiñ implij ar brezhoneg er vuhez sokial ha micherel.

Kemer a ra plas ivez e framm an emglevioù etrevroadel evit gwirioù mab-den, an emglev etrevroadel evit ar gwirioù keodedel ha politikel, an emglev etrevroadel war ar gwirioù ekonomikel, sokial ha sevenadurel, diskleriadur hollek an UNESCO evit al liested sevenadurel ha palioù gwareziñ ar yezhoù embannet gant ar Stad hag an ensavadurioù etrevroadel. Ouzhpenn ez eo an embannadurioù e yezhoù estren a vez difennet gant al lezenn. Daoust hag e ranker gwelet ar brezhoneg evel ur yezh estren e Breizh ?

Setu perak e c'houlennomp digant an ANPE embann hor c'hinnigoù labour e galleg hag e brezhoneg. Ma vez nac'het adarre e karfemp gouzout peseurt elfennoù lezennel, hervez an ANPE, a yafe a-enep embannadur divyezhek ur c'hinnig labour.
Ar Burev Diwan"

Pennadoù embannet war :
http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=2702