07/08/2005
Bien loin du Manitoba
Le Manitoba est un pays immense situé dans les plaines du Canada. C’est un état membre de la fédération canadienne. Après l’arrivée de Jacques Cartier à l’embouchure du fleuve St laurent, au XVIème siècle sous le règne du roi François Ier, la ville de Québec fut fondée ainsi que des établissements français. Des colons arrivèrent et s’installèrent là mais, au fil du temps, certains partirent plus loin : des agriculteurs et des chasseurs, dans des régions non contrôlées encore par la France ou l’Angleterre, où ils se mêlèrent à des populations indiennes, les Cree, notamment. Ainsi apparut une nouvelle population, des métisses et de nouvelles langues, mélanges des langues indiennes et de français, ou d’anglais, suivant les endroits.
Après quelques siècles, ces populations virent arriver l’armée anglaise. Elle voulait prendre possession de ces immenses régions, ce qui fut fait, après une courte guerre, dans les années 1860. Les métisses furent battus mais, à cette occasion, le premier gouvernement du Manitoba fut créé par l’un d’entre eux, Louis Riel, pendu haut et court en 1884 par l’armée britannique.
"Speak white" : "Parlez anglais" !
Pendant longtemps encore, les métisses et les francophones furent mal vus au Manitoba. La langue officielle était l’anglais et il n’y avait pas de place pour la français dans cette région... Un reportage est passé il y a quelques années sur la Cinquième à propos de la langue française dans cette région. Un homme d’une soixantaine d’années, francophone de naissance, racontait qu’un jour, alors qu’il parlait français dans la rue, une personne qu’il ne connaissait pas lui a dit : “Speak white”, ce qui veut dire “Parlez blanc”. Comme le français était parlé par des métisses, cette langue était vue comme une langue de “sauvage”, d’Indiens, de “ploucs” pour ainsi dire... Un peu comme l’était le breton il n’y a pas encore longtemps ici et cette image n’est pas complètement effacée...
Mais voilà, depuis une vingtaine d’années, la constitution canadienne reconnaît le français comme langue officielle. Elle a donc sa place au Manitoba. Des écoles françaises ont été créées. Certaines fonctionnent sur le mode de l’immersion, comme Diwan en Bretagne. Dans certaines grandes villes ces écoles rencontrent un succès certain car les familles considèrent que parler deux langues est un atout. Certaines familles, autrefois francophones mais passées à l’anglais, trouvent là le moyen de renouer avec leurs origines. Le français semblent donc avoir retrouver un avenir au Manitoba !
Les oeillères des médias parisiens
Toutes ces informations, je les ai apprises en regardant un documentaire sur la Cinquième et en écoutant, par hasard, une émission d’une heure sur France Inter. Et je me suis posé la question : quand ai-je entendu ou vu pour la dernière fois une émission d’une heure ou un documentaire sur l’état des langues régionales en France, sur l’état du basque, de l’alsacien, du breton, sur une chaîne nationale ?... Je ne m’en souviens même pas, sauf sur France 3 Bretagne. Mais les médias nationaux s’intéressent-ils aux langues régionales, pas si sûr. Il leur est plus facile d’aller voir des gens qui luttent pour leur langue au Manitoba, surtout s’il s’agit d’y sauver la française, plutôt que de s’intéresser aux gens qui ici, en France, veulent sauver leurs langues !
Mais il est vrai que la Constitution française ne laisse aucune place aux langues régionales, quand la Constitution canadienne reconnaît au moins deux langues et que les peuples améridiens peuvent éduquer leurs enfants dans leurs langues d’origine...
C’est vrai, nous sommes vraiment très loin du Manitoba.
Christian Le Meut
12:55 Publié dans Brezhoneg/Langue bretonne, Etrebroadel/International, Galleg/français | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Langue française
Pell emañ ar Manitoba
Ar Manitoba zo ul lodenn ag ar C’Hanada, e kornog Bro Gebek. Degouezhet oa Jacques Cartier er C’Hanada e penn kentan an XVIe kantved, mare ar roue Fanch Ie. Labourizion douar, jibouesourion, kenverzourion a Vro Frans oa daet ha savet oa bet ar ger vras Kebek. Tamm ha tamm ul lodenn ag ar re se oa aet pelloc’h, betek plaenenn ar Manitoba. Hag ar re se, jibouesourion kentoc’h, d’en em zimezhiñ get indianezed. Mod se oa bet ganet metissed ha parlantou nevez etre ar galleg ha yezhoù indian evel ar “Cree”, da skouer...
Ar Manitoba zo bet poblet evel-se betek ar dro 1860, mare aloubigigezh ar Manitaba get arme Bro Saoz. Ne oa ket bet goulennet an aotre get an Indianed, pe ar Vetissed pe ar gallegerien... Ur brezel oa bet met aet oa an trec’h get an Inglezed. Gouarnamant gentañ ar Manitoba oa bet savet, get Louis Riel e penn, ur metis, bet krouget ar lerc’h get an arme a Vro Saoz .
Ar galleg, yezh ar blouked
E pad pell amzer a c’houde, e veze fallwellet ar Vetissed hag ar re a gomze galleg er Manitoba, daoust ma oa anezhe al lodenn vrasan ag an dud er c’herioù bras betek fin an XIXe kantved. Ar saozneg oa deuet da vout ar yezh ofisiel hag ar galleg e veze gwellet evel ur yezh komzet ged sauvajed, Indianed, da lavaret plouked, tud gouez.
Barzh ur film m’eus gwellet war ar chadenn 5, un den kozh, galleger a vihan, a lâre an istor se : “Ur wezh e oan o gomz galleg er maez hag un den all, n’anaouen ket anezhan, ur saozneger, n’oa lavaret din : “Speak white””... “Speak white””. ne blije ket dezhan klevout galleg ha “speak white” a dalve : speak gwenn, komz saozneg...
Hiriv an deiz, miliadoù a gallegerien hag a vetissed a zo c’hoazh er Manitoba, met nebeutoc’h nebeut a gomz galleg pe ar yezhoù ganet ag ar galleg hag ar yezhoù indian. Dilezet a zo bet ar galleg get ur bern tud... Met, abaoe ugent vloaz, ar vonreizh, ar “gonstitution” ag ar C’hanada zo bet chanchet evit lakaat ur plas d’ar galleg deuet da vout yezh ofisiel ar C’hanada a bezh get ar saozneg. Skolioù divyezheg a zo bet krouet e lec’h ma vez kelennet ar galleg d’an doare “soubidigezh”, evel Diwan e Breizh. Muioc’h mui a familhoù a gas o bugale d’ar skolioù se peogwir e vez gwellet mat komz div yezh ! Un dazont zo bremañ evit ar galleg e Manotiba, war e seblant...
Un dazont memestra ?
Desket m’eus an traoù-se a gres d’un abadenn m’eus gwellet war ar skinwell hag, ivez, a gres d’un abadenn hir, un euriad, m’eus klewet war France Inter... Interesus tre oa ar pezh m’eus desket mod-se met biskoazh m’eus klewet pe gwellet un abadenn evel se a ziout ar yezhoù rannvroel evel an euskareg, an alzasianeg pe ar brezhoneg, war an tele pe ar radio e Frans. Nemet war Frans 3 Breizh ! Ar mediaou a Baris a ya pell, betek ar Manitoba, da welled tud a stourm evit o yezhoù. Bez eus tud a stourm aman evit o yezhoù ivez, e Frans. Met ne vezont ket gwellet war an skinwelloù, ha klewet war ar skingomzoù e Bro C’hall. Met n’int ket bet anavezet ar yezhoù-se evel yezhoù ofisiel.Ya, sur awalc’h, pell emañ ar Manitoba.
Christian Le Meut
12:40 Publié dans Brezhoneg/Langue bretonne, Etrebroadel/International, Gwirioù mab den/droits de l'être humain, Istor/Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Bretagne forever !


